Seventh-day Adventist Bible Commentary1 Samuel 13

Francis D. Nichol (dir.) et contributeurs

Lire 1 Samuel 13 dans la Bible

1 Samuel 13:1

Saül régna un an. Le sens de ce passage de l’Écriture n’est pas clair, comme tous les traducteurs et commentateurs en ont convenu. Une traduction littérale du texte hébreu tel que nous l’avons aujourd’hui se lit ainsi : « Saül [âgé de] an[s] lorsqu’il commença à régner, et il régna deux ans sur Israël » (au sujet de « âgé de an[s] », voir vol. I, p. 181 ; également au sujet de Gen. 5:32). Depuis l’époque de la première version de la Bible, ce texte a dérouté les traducteurs. Les premières éditions de la LXX évitaient la difficulté en omettant entièrement le verset. Les targums le paraphrasaient ainsi : « Saül était aussi innocent qu’un enfant d’un an lorsqu’il commença à régner. » Le syriaque

le rend ainsi : « Lorsque Saül eut régné un ou deux ans. » Comme les traductions précédentes du texte, celle de la KJV est une paraphrase qui donne non pas l’hébreu tel que nous l’avons aujourd’hui, mais ce que les traducteurs pensaient être le texte hébreu original. La RSV suppose deux omissions : « Saül avait … ans lorsqu’il commença à régner ; et il régna … et deux ans sur Israël. » Certains commentateurs conviennent qu’il s’agit sans doute ici d’un cas où une omission s’est produite au cours de la copie, bien que personne ne puisse dire à quel moment de la transmission du texte elle a pu avoir lieu (voir vol. I, p. 15). Si le texte hébreu existant est le résultat d’une omission, il témoigne du soin et de la conscience des copistes ultérieurs dans leur travail de production de nouveaux manuscrits, car ils n’ont pas modifié le texte lui-même, mais l’ont laissé tel qu’ils l’avaient trouvé, même si son sens était obscur. Les conjectures apportent peu ; toutefois, une explication provisoire peut être proposée. La forme de l’énoncé considéré correspond exactement à celle de la formule couramment employée par les auteurs bibliques pour indiquer l’âge d’un roi lorsqu’il commençait à régner et la durée de son règne. La formule correspondante pour David apparaît dans 2 Sam. 5:4 (voir aussi 2 Rois 21:1; 24:8, 18; etc.). Si des omissions semblables à celles qui semblent s’être produites dans 1 Sam. 13:1 avaient été faites dans un texte comparable, tel que 2 Rois 21:1, il se lirait ainsi : « Manassé avait … ans lorsqu’il commença à régner, et il régna … et cinq ans à Jérusalem. » Dans leur construction fondamentale, les deux passages sont identiques. L’insertion d’un chiffre pour l’âge de Saül lorsqu’il devint roi, et d’un autre pour la durée de son règne, rendrait l’énoncé parallèle à ceux concernant David et les autres rois. Dans le texte original, l’expression « … et deux » se lisait peut-être « quarante » (voir Actes 13:21). Le texte hébreu de 1 Sam. 13:1 tel qu’il se présente actuellement implique donc qu’il constituait à l’origine une indication de l’âge de Saül et de la durée de son règne. Si ce n’est pas le cas, Saül est alors le seul roi hébreu pour lequel l’AT ne fournit pas une telle indication. Selon une autre explication 1 Sam. 13:1 devrait se lire ainsi : « Saül régna un an ; et il régna deux ans sur Israël. » C’est-à-dire qu’il avait achevé la première année de son règne (voir p. 138) et se trouvait dans la deuxième année lorsque les événements de ce chapitre se produisirent. Il faut toutefois admettre qu’interpréter l’hébreu de 1 Sam. 13:1 pour signifier que les événements du chap. 13 se produisirent durant la deuxième année de Saül est une interprétation peu naturelle et une construction sans parallèle exact dans le récit biblique des rois. Le passage peut raisonnablement être compris comme signifiant que Saül tenta de soumettre les Philistins durant sa deuxième année, bien que le premier véritable coup — celui de Jonathan, rapporté ici — ait été porté un peu plus tard. Compris ainsi, le passage s’accorde avec la traduction et la première interprétation mentionnées ici pour 1 Sam. 13:1. Si l’on conclut que PP 616 semble se fonder sur l’interprétation de la KJV pour ce verset, on peut signaler que l’énoncé lui-même peut être considéré comme faisant référence à la première tentative. Mais quelle que soit la traduction ou l’interprétation donnée à ce passage, nous demeurons perplexes quant à la lecture originale du texte. Cependant, comme dans d’autres cas de textes difficiles et obscurs, aucune question de doctrine, et donc de salut, n’est en jeu.



Ellen G. White


Le Seigneur dispose d’agents qu’il a désignés ; si ceux qui sont associés à son œuvre ne les discernent pas et ne les respectent pas, si les hommes se sentent libres de mépriser les exigences de Dieu, ils ne doivent pas être maintenus dans des postes de confiance. Ils n’écouteraient ni les conseils ni les commandements de Dieu transmis par ses agents désignés. Comme Saül, ils se précipiteraient dans une œuvre qui ne leur a jamais été confiée, et les erreurs qu’ils commettraient en suivant leur jugement humain placeraient Israël de Dieu dans une situation où son Chef ne pourrait pas se révéler à lui. Les choses sacrées se trouveraient mêlées aux choses communes (The Youth’s Instructor, November 17, 1898).
Il y en a beaucoup aujourd’hui qui suivent une voie semblable. Comme Saül, ils sont aveuglés quant à leurs erreurs. Lorsque le Seigneur cherche à les corriger, ils prennent le reproche pour une insulte et trouvent à redire à celui qui apporte le message divin.
Si Saül avait été disposé à voir et à confesser son erreur, cette amère expérience lui aurait servi de sauvegarde pour l’avenir. Il aurait ensuite évité les erreurs qui avaient suscité le reproche divin. Mais, estimant avoir été condamné injustement, il aurait naturellement été porté à commettre de nouveau le même péché.
Le Seigneur voudrait que son peuple, en toutes circonstances, manifeste une confiance implicite en lui. Bien que nous ne puissions pas toujours comprendre le fonctionnement de sa providence, nous devrions attendre avec patience et humilité jusqu’à ce qu’il juge bon de nous éclairer. Nous devons prendre garde à ne pas nous charger de responsabilités que Dieu ne nous a pas autorisés à porter. Les hommes ont fréquemment une trop haute estime de leur propre caractère ou de leurs capacités. Ils peuvent se croire capables d’entreprendre l’œuvre la plus importante, alors que Dieu voit qu’ils ne sont pas préparés à s’acquitter correctement du plus petit et du plus humble devoir (The Signs of the Times, August 10, 1882).
Selon quel cœur ?—Saül avait été selon le cœur d’Israël, mais David est un homme selon le cœur même de Dieu (The Signs of the Times, June 15, 1888).

1 Samuel 13:2

Guibea. Guibea est aujourd’hui généralement identifiée à Tell el–Fūl, un poste d’observation situé sur la crête de la chaîne centrale de montagnes, à 3 1/2 mi (5,6 km) au nord de Jérusalem. Les ruines de ce qui aurait été la capitale-forteresse de Saül y ont récemment été fouillées (voir vol. I, p. 124).

1 Samuel 13:3

La garnison. Hébr. neṣib, « pilier », « préfet », « adjoint », « garnison » ou « poste ». Les commentateurs ont généralement estimé que le sens « préfet » ou « gouverneur » devait être

compris ici comme étant davantage en harmonie avec le contexte (mais voir PP 616). Dans Gen. 19:26 neṣib est rendu par « pilier », et dans 1 Rois 4:19 et 2 Chron. 8:10comme « officier » ou « officiers ». Guéba. À environ 4 mi (6,4 km) au nord-est de cette Guibéa se trouve le Wadi Medineh, une grande crevasse à la surface de la terre, à peine perceptible même à faible distance du bord. Ses flancs s’élèvent en précipices infranchissables, hauts de plusieurs centaines de pieds. Guéba se trouve du côté sud-ouest du wadi, et à 1 3/4 mi (2,8 km) au nord-est, de l’autre côté du wadi, se trouve la ville de Mikmas, sur un plateau situé environ 700 pi (213,4 m) plus bas que la région entourant Guibéa (Tell el–Fūl). À l’est de Mikmas, le terrain descend doucement sur une certaine distance, formant de bonnes terres agricoles, et la route venant de Jéricho est bien visible. Béthel se trouve à environ 6 mi (9,6 km) au nord de Guibéa et à plus de 100 pi (30,5 m) au-dessus de Guibéa. Mikmas commandait la route principale allant de Jéricho et de la vallée du Jourdain à Béthel, ainsi que la grande route qui se dirigeait vers le nord, de Jérusalem à Sichem. Saül posta son fils Jonathan et un tiers des soldats armés à Guibéa, tandis qu’avec les deux tiers de la troupe, il surveillait l’approche de Béthel et de Guibéa par l’est. C’était probablement la route que les Ammonites auraient empruntée s’ils avaient cherché à se venger de Saül pour sa victoire à Jabès-en-Galaad. Il ne prévoyait pas de difficultés venant de l’ouest, car la paix régnait avec les Philistins (ch. 7:13). La bataille de Mikmas

Nichol, F. D. (1978). Commentaire biblique adventiste du septième jour : La Sainte Bible avec commentaire exégétique et expositif. Série de références de commentaire (1 Sa 10:1). Washington, D.C. : Association Review and Herald.

Les Philistins. Bien que les Philistins ne fussent pas en guerre avec Israël, ils maintenaient néanmoins des postes dans les collines, comme celui de Guéba, au sud-ouest de Mikmas, de l’autre côté du wadi et à plus de 200 pi plus haut. Le mot neṣib, traduit par « garnison », vient du verbe naṣab, « prendre position », « être posté », c’est-à-dire par nomination ou dans l’exercice de ses fonctions. Non loin de là, à Rama (voir le commentaire sur le ch. 1:1), se trouvait une école de prophètes organisée par Samuel. De toute évidence, Samuel tenta de contrecarrer l’influence païenne des Philistins en installant son école à proximité, espérant ainsi ramener le peuple au culte de Jéhovah. Si seulement l’influence de l’école prophétique avait imprégné la vie personnelle des habitants de Guéba, de sorte que les Philistins puissent comprendre la véritable portée du salut de Dieu, une guerre sanglante aurait pu être évitée et beaucoup de Philistins auraient pu accepter Dieu, comme Naaman le Syrien le fit des années plus tard (2 Rois 5). Que les Hébreux l’apprennent. Le nom « Hébreu », employé pour désigner le peuple hébreu, n’apparaît que 35 fois dans toute la Bible, 31 fois dans l’AT et 4 fois dans le NT. Sur les 31 références de l’AT, 16 sont liées au séjour d’Israël en Égypte et 5 à cette guerre contre les Philistins (chs. 13 et 14). En revanche, le mot « Israël » est employé

des centaines de fois dans les Écritures, et l’on se demande pourquoi un tel contraste apparaît dans ces deux cas. Mais un fait est clair. Le terme « Hébreu » est toujours employé par des étrangers ou par des Israélites lorsqu’ils parlent d’eux-mêmes à des étrangers. On croit maintenant généralement que « Hébreu » était le nom commun sous lequel les Israélites étaient connus de leurs voisins (voir le commentaire sur Gen. 10:21; 14:13). Pharaon et son peuple semblent avoir employé les deux noms indifféremment (voir Ex. 1:16; 5:2; 14:5 ; etc. ; voir aussi le commentaire sur 1 Sam. 13:7).

1 Samuel 13:4

4. Ils étaient en abomination. Le même verbe est utilisé pour décrire la manne qui a été laissée pendant la nuit(Ex. 16:20, 24).

Après Saül, à Guilgal. La royauté ayant été confirmée à Guilgal(chap. 11:14, 15), Saül appela tout Israël à s'y rassembler plutôt qu'à Guibéa ou Michmash, où les Philistins pouvaient observer leurs préparatifs. Les Philistins n'auraient eu que peu de difficultés à atteindre ce dernier lieu, en marchant à travers les différents wadies tributaires. Il est difficile de comprendre pourquoi Saül ne demanda pas à Israël de renforcer l'armée déjà stationnée dans le district de Benjamin. Celui-ci aurait été proche de la maison de Samuel et du site sacré de Béthel (voir ch. 1:1). Les rochers de l'oued de Guéba feraient une magnifique forteresse, et les habitants de ce district connaissaient certainement mieux le terrain défensif que les Philistins, alors animés d'un désir de vengeance. Dans son dilemme, Saül semble s'être souvenu de ce que Samuel lui avait dit à propos de Gilgal(ch. 10:8).

1 Samuel 13:5

5. Trente mille. La différence entre les mots hébreux pour 3 et 30 est minime, et l'on pourrait facilement confondre l'un avec l'autre.

1 Samuel 13:6

6. Se cacher. Se souvenant de la défaite subie des années auparavant près de Silo, et surtout en l'absence de Samuel, les Israélites sont pris de panique. La mobilisation des Philistins effraie tellement le peuple que Saül ne parvient pas à maintenir l'ordre dans le camp et le moral se dégrade rapidement. La victoire remportée quelques mois plus tôt à Jabesh est complètement oubliée. Oubliés aussi les confessions et les sacrifices lorsque, plus récemment, ils s'étaient réjouis devant Dieu en ce même lieu(ch. 11:15). Quel contraste entre leur frayeur et la foi manifestée plus tard par Elisée lorsque son serviteur, terrifié par l'armée des Syriens devant la porte de la ville, eut les yeux ouverts pour voir la montagne remplie de forces angéliques. Combien il était important, en ce temps de crise, que Saül et ses hommes attendent les conseils et la bénédiction du prophète avant de se lancer dans la bataille !

1 Samuel 13:7

7. Les Hébreux sont passés. Lorsque Saül a lancé l'appel aux armes, il a dit : "Que les Hébreux entendent"(v. 3). Pourtant, le v. 7 note que " les Hébreux" s'enfuirent de l'autre côté du Jourdain (les mots " certains " n'étant pas dans le texte original), alors que le v. 6 indique qu'Israël se cacha dans les cavernes " dans la montagne d'Ephraïm "(ch. 14, 22, RSV). Le mot "Hébreux" est utilisé systématiquement par les Philistins pour désigner leurs adversaires, mais l'auteur de Samuel semble faire la différence entre les deux termes, "Israël" et "Hébreux", comme, par exemple, au v. , où il est fait mention d'Israël et d'Hébreux. 19, où il est fait mention du fait que les Philistins contrôlaient tous les travailleurs du fer, " de peur que les Hébreux ne leur fabriquent des épées ", alors que l'auteur lui-même dit que " les Israélites descendaient chez les Philistins " pour faire aiguiser leurs outils. Les LXX, cependant, traduisent ici le mot " Hébreux " par " esclaves " Voir v. 3.

1 Samuel 13:8

8. Attendu sept jours. Cela ne signifie pas nécessairement que Saül avait déjà attendu sept jours entiers et que Samuel n'est arrivé qu'au début du huitième jour et qu'il était donc en retard d'un jour par rapport au rendez-vous. Il est possible que, lorsque le prophète ne s'est pas présenté au début du jour fixé (voir PP 617, 618), Saül ait assumé la responsabilité d'offrir le sacrifice. Lors de l'onction de Saül comme roi, Samuel lui avait donné des instructions à ce sujet : il devait se rendre à Guilgal et y attendre l'arrivée de Samuel (voir ch. 10:8; cf. PP 617). Samuel arriva cependant peu après l'heure fixée pour le sacrifice et découvrit l'acte de désobéissance de Saül(ch. 13:10).



Ellen G. White


8-10. Dieu révélait le véritable caractère de Saül—En retenant Samuel, Dieu avait pour dessein de révéler le cœur de Saül, afin que les autres sachent ce qu’il ferait dans une situation d’urgence. C’était une position éprouvante dans laquelle il était placé, mais Saül n’obéit pas aux ordres. Il estimait que peu importait qui s’approchait de Dieu, ou de quelle manière ; et, plein d’énergie et de suffisance, il s’avança lui-même dans la fonction sacrée.

1 Samuel 13:9



Ellen G. White


9. Saül aurait pu prier—Il [Saül] aurait pu offrir à Dieu une humble prière sans le sacrifice ; car le Seigneur accepte même la supplication silencieuse d’un cœur accablé ; mais au lieu de cela, il s’imposa dans la prêtrise (The Youth’s Instructor, November 17, 1898).

1 Samuel 13:11

11. Le peuple était dispersé. En prédisant la demande d'Israël pour un roi, Moïse a averti que le dirigeant ne devait pas " multiplier les chevaux ", c'est-à-dire se fier à l'équipement matériel pour se protéger(Deut. 17:16; cf. Isa. 31:3). Au contraire, le roi, en tant que chef de la nation et exemple pour le peuple, devait se procurer un exemplaire de la loi, l'étudier assidûment et obéir aux instructions qui y étaient consignées.

Mais Saül, pensant à l'équipement militaire des voisins d'Israël, avec leurs armées permanentes, en vint à penser à la sécurité et au succès en dehors de la simple foi et de la confiance en Dieu. Avec ce concept en tête, il ne parvint pas à inspirer à ses hommes le courage qui résulte de la foi en Dieu. Sans cela, et sans armes sur lesquelles s'appuyer, ses hommes - dont la vue était plus claire que celle de Saül - ne voyaient aucune raison d'espérer la victoire. La perspective semblait sans espoir. C'est ainsi qu'au premier signe de danger réel, la majeure partie de l'armée de Saül déserta, craignant pour sa sécurité, et le laissa avec 600 hommes au maximum à Guilgal. Ses éclaireurs avaient signalé la concentration de l'ennemi à Michmash, à 18,4 km de là, et Saül craignait non seulement pour la nation, mais aussi pour sa propre sécurité.

Saül a perdu la confiance et le respect de son armée. Chaque jour, ses hommes sont de plus en plus nombreux à déserter. Il est complètement découragé. Sa popularité s'effrite rapidement. Il est prêt à rejeter toute la responsabilité de la situation sur Samuel, qui ne s'est pas présenté. Saül se sentait lésé par l'absence de Samuel. C'est dans cet esprit qu'il rencontra le prophète, non pas pour s'excuser, mais pour se justifier. Quel contraste avec l'esprit dans lequel il s'était préparé à l'attaque d'Ammon !



Ellen G. White


11. Accuser Samuel conduisit à un péché supplémentaire—Saül s’efforça de justifier sa propre conduite et accusa le prophète au lieu de se condamner lui-même.

1 Samuel 13:13

13. Tu as fait une folie. C'est-à-dire qu'il a permis que ce soient les sentiments plutôt que la confiance en Dieu, fondée sur les événements passés, qui contrôlent la situation. Si Dieu est avec toi, qui peut être contre toi ? Ce que Gédéon a fait avec 300 hommes sur 32 000, Saül pourrait certainement l'accomplir avec 600 hommes sur 3 000 ! Mais s'il refusait d'avoir confiance dans les promesses de Dieu et dans la parole de son prophète, et s'il manifestait une attitude d'incrédulité et d'hésitation dans un moment de crise, comment Dieu pourrait-il continuer à être avec lui ? Si Saül avait accepté d'humilier son cœur, l'histoire d'Israël aurait pu être bien différente.



Ellen G. White


13, 14. La folie de Saül conduit au rejet—La transgression de Saül le révéla indigne de se voir confier des responsabilités sacrées. Celui qui avait lui-même si peu de révérence pour les exigences de Dieu ne pouvait être un chef sage ni sûr pour la nation. S’il avait patiemment supporté l’épreuve divine, la couronne lui aurait été confirmée, ainsi qu’à sa maison. En fait, Samuel était venu à Guilgal précisément dans ce but. Mais Saül avait été pesé dans la balance et trouvé insuffisant. Il devait être écarté pour faire place à quelqu’un qui respecterait religieusement l’honneur et l’autorité divins (The Signs of the Times, August 3, 1882).

1 Samuel 13:14

14. Ton royaume. Saül ne s'est pas excusé en disant qu'il avait mal compris ses instructions ou qu'elles n'étaient pas clairement énoncées. En revanche, il a franchement admis la violation délibérée de ses instructions en faveur de ses propres désirs. Comparez la position de Saul à celle d'Adam dans le jardin d'Eden, ou à celle du Christ sur la montagne de la tentation. Avant d'entrer dans le désert pour être tenté par le diable, le Christ avait l'assurance d'être le Fils bien-aimé de Dieu. Six semaines plus tard, affamé et ne sachant pas ce qui l'attendait, il a patiemment attendu les conseils divins. C'est lorsqu'il était apparemment négligé, usé et hagard à cause de la fatigue mentale, que Satan a tenté par tous les moyens d'ébranler sa confiance en la Parole de Dieu. Mais là où Adam a échoué, et là où Saül a choisi le chemin le plus bas, le Christ a gagné !

La réprimande de Samuel fut prononcée de manière à inviter à la contrition et à l'humilité, mais en vain. La seule présence du prophète aurait dû rappeler la sollicitude et l'intérêt désintéressé de Samuel au cours des mois passés. Mais hélas ! Tout cela était oublié. Saül cherche à se justifier en accusant Samuel d'être fautif. Il en a été ainsi pour Saül, et il en a été de même pour l'homme à travers les âges. Lorsque les ennuis s'accumulent, la crainte d'un danger imminent étouffe le raisonnement raisonnable et provoque une impatience nerveuse de voir le problème réglé sur-le-champ. Sous l'effet d'un tel stress, la raison est aveuglée quant au devoir et remplace celui-ci par une condamnation critique des autres et une détermination violente à justifier la ligne de conduite choisie. L'ancienne confiance dans la protection et la direction de Dieu fait place à une incrédulité cynique et finalement à la rébellion.

1 Samuel 13:15

15. Gibeah. Heb. gib'ah (voir v. 16).

1 Samuel 13:16

Guibéa. L’hébreu porte ici Guéba, et non Guibéa comme au v. 15. Guéba se trouvait directement de l’autre côté du wadi par rapport à Mikmas (voir ch. 14:4, 5, où l’original du v. 5 porte Guéba, et non Guibéa). La confusion dans la traduction provient probablement de l’opinion selon laquelle Guéba et Guibéa n’étaient que des graphies différentes du même lieu, comme le montrent encore les cartes anciennes. Il est vrai que Guéba est parfois appelée Guibéa, mais il semble qu’il y ait eu deux lieux distincts (voir le commentaire sur le ch. 14:16). Si les fouilles récentes, en plus d’autres indices bibliques, ont correctement situé la forteresse de Saül à Tell el–Fūl, à 3 mi (5 km) au sud-ouest de Guéba et directement au nord de Jérusalem (voir vol. I, p. 124), Jonathan ne s’y rendit pas, mais « demeura » apparemment à Guéba, en face de Mikmas, comme cela est sous-entendu ici, après l’avoir prise aux Philistins (v. 3), et Saül le rejoignit probablement après son retour de Guilgal.

1 Samuel 13:17

17. Trois compagnies. Ophra était probablement située à l'intersection de deux routes principales, au nord-ouest de Jéricho. Le pays de Shual, littéralement " le pays des chacals ", désigne probablement les pentes caverneuses du district situé à l'est d'Ophra, les montagnes s'abaissant rapidement de la crête du mont Ephraïm vers le Jourdain. Ce pays est parsemé de grottes calcaires, excellents endroits pour se cacher.

1 Samuel 13:18

Beth-Horon. Beth-Horon Supérieure et Beth-Horon Inférieure se trouvent respectivement à 9 1/2 et 11 1/2 mi. (15.2 et 18.4 km.) à l’ouest de Michmash, près de la frontière entre Éphraïm et Benjamin, là où les montagnes descendent brusquement vers la Shéphélah. Tseboïm est mentionné dans Néh. 11:34 comme étant situé dans les environs d’Anathoth et d’autres villes au sud de Michmash, en direction du désert de Juda. La bataille de Michmash montre clairement que les Philistins n’avancèrent pas vers Guilgal ; mais, par des mouvements de flanc vers le nord, l’ouest et le sud, ils cherchèrent à couper les renforts de ceux des hommes de Saül qu’ils croyaient désormais enfermés dans les grottes à l’est de Michmash.

1 Samuel 13:19

19. Pas de forgeron. Il semble que pendant un certain temps, les Philistins aient joui d'un quasi-monopole en Canaan sur la fabrication du fer et peut-être d'autres métaux. À cette époque, le fer utilisé en Palestine provenait d'Asie Mineure et était importé par les villes côtières. Celles-ci étaient bien entendu sous le contrôle des Philistins. Il leur était donc relativement facile d'appliquer ce qui était, de leur point de vue, une politique judicieuse pour maintenir les Hébreux désarmés.

1 Samuel 13:20

20. Partager. Ou, "plowshare".

Coulter. Ou, "mattock".

Mattock. Ou, "faucille".

1 Samuel 13:21

21. Ils avaient un dossier. Les découvertes récentes montrent clairement que l'énoncé ainsi traduit devrait se lire : "the charge was a pim"(RSV; voir Vol. I, p. 164). Un "pim" était une unité monétaire équivalente à 2/3 de shekel, soit 7,6 g. ou .27 oz. avoir.

Pour les mattocks. L'hébreu dit : "pour les socs et pour les mattocks".

Les fourches. Heb. lishelosh qilleshon. Le sens n'est pas certain. Lishelosh vient de shalosh, qui signifie "diviser en trois parties" ; il est composé de deux mots, le, "pour", et shelosh, une "troisième partie". Le mot qilleshon n'est pas utilisé ailleurs dans l'AT, et sa signification est douteuse. La traduction par "fourche" n'est qu'une conjecture, basée en partie sur un mot araméen similaire signifiant "être mince" et sur le mot précédent, lishelosh, qui semble suggérer que l'objet "mince", quel qu'il soit, était "divisé en trois parties"."La traduction hébraïque moderne de Harkavy rend l'expression par "fourchettes à trois dents", ce qui est plus proche du sens de l'hébreu que le mot "fourche" seul.

La RSV traduit lishelosh qilleshon, "un tiers de shekel". Comme celle de la KJV et d'autres, cette traduction est également une conjecture, et est probablement basée sur une transposition de lettres dans le mot qilleshon, lisant sheqel, "shekel", au lieu de qilleshon, le on étant considéré comme un diminutif.

La traduction par "fourche" est discutable, car les "fourches" de l'époque, comme dans de nombreux endroits d'Orient où des outils primitifs sont encore utilisés aujourd'hui, étaient en bois et non en métal. Les Israélites n'allaient pas apporter des fourchettes en bois aux Philistins pour les faire aiguiser (voir vs. 19-21). De toute évidence, si le lishelosh qilleshon doit être considéré comme un outil, il doit avoir été fabriqué par un "forgeron"(v. 19). Etant donné que l'on sait maintenant que le " pim " du v. 21 est une unité monétaire et non une " lime ", la traduction de la RSV, " un tiers de sicle ", devient plausible, bien qu'elle ne soit pas concluante (voir Vol. I, p. 164). La traduction " la charge était un pim pour les socs "(RSV) semble donc préférable.

1 Samuel 13:22

Ni épée ni lance. Après des années d’oppression philistine, Saül et Jonathan semblent être les seuls à posséder ces armes métalliques. Les hommes de troupe auraient pu avoir des arcs et des frondes—un équipement qui n’était pas négligeable entre les mains d’experts (voir Juges 20:16)—mais ils ne pouvaient rivaliser au corps à corps avec les armes de fer des Philistins. Ce verset révèle deux choses : (1) la bataille eut lieu avant qu’Israël ne soit bien organisé, probablement au début du règne de Saül, et (2) le manque d’équipement rendait évident pour les deux camps que Dieu intervenait en faveur de son peuple. Saül pouvait se rebeller et, par conséquent, faire beaucoup de choses insensées ; mais Dieu continuait d’agir pour Israël de manière à encourager certains à rejoindre son royaume et à placer leur confiance en lui. Saül refusa de suivre là où Dieu le conduisait, mais Jonathan était prêt et désireux de faire ce que son père aurait pu faire.

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