Tyndale Open Study NotesMatthieu 27

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Lire Matthieu 27 dans la Bible

Matthieu 27:1-26

Selon les évangiles, Jésus a subi cinq procès : (1) une audience informelle devant le grand prêtre Anne (Jn 18.13–24) ; (2) une audience nocturne devant le tribunal réligieux, le Sanhédrin (Mt 26.59–66) ; (3) une autre audience matinale devant le Sanhédrin (27.1–2) ; (4) une audience devant Hérode Antipas (Lc 23.6–12) ; et (5) un procès en deux étapes devant Pilate (Mt 27.11–31 ; voir Lc 23.6–12). Cela revient en fait à deux procès – un procès juif et un procès romain.

Matthieu 27:1-2

Les dirigeants juifs étaient prêts à porter des accusations contre Jésus devant Pilate afin qu'il ordonne son exécution. Pilate, un païen, accomplissait ainsi la prédiction de Jésus (20.19).

Matthieu 27:1

L'accusation de blasphème (26.65–66), bien que suffisante pour justifier la peine de mort pour les juifs, ne pouvait pas suffire à un juge romain. Par conséquent, les chefs des prêtres et les anciens conspirèrent ensemble pour préparer une accusation plus politique conforme aux crimes capitaux décrits dans la loi romaine (voir 27.11–26 ; Luc 23.2).

Matthieu 27:2

Tibère César a nommé Pilate pour être le gouverneur (ou préfet) de la Judée. Pilate a gouverné en général depuis Césarée (pas Jérusalem) de 26 apr. J.-C. à 36 apr. J.-C. Bien qu'il disposait d'un pouvoir souverain en Judée, Pilate était responsable en dernier ressort devant le légat de Syrie, l'autorité centrale dans la partie orientale de l'Empire romain. Josèphe raconte plusieurs cas où le mépris de Pilate pour des aspects sacrés des coutumes juives a provoqué des révoltes.

Matthieu 27:3-10

Il existe deux récits de la mort de Judas – celui-ci et Ac 1.18–19. Certaines différences entre les deux récits méritent d'être relevées : (1) Matthieu affirme que les prêtres ont acheté le champ (Mt 27.6–7), tandis que le récit des Actes semble suggérer que Judas l'a acheté (Ac 1.18) ; (2) Matthieu rapporte que Judas s'est suicidé en se pendant (Mt 27.5), tandis que les Actes font énigmatiquement référence à une chute suivie d'une rupture abdominale (Ac 1.18) ; (3) Matthieu laisse entendre que le champ du sang a été ainsi nommé parce qu'il est devenu un lieu d'ensevelissement des morts (Mt 27.7–8), tandis que Luc, dans les Actes, suggère que c'était à cause de la mort violente de Judas à cet endroit (Ac 1.19). Les deux récits sont compatibles si l'on considère le récit des Actes comme décrivant les effets des actions décrites dans Matthieu.

Matthieu 27:3

Judas était plein de remords (grec metamelomai), mais il ne s'est pas repenti (grec metanoeō), ce qui aurait changé son cœur et aurait conduit à l'obéissance et à une relation avec Dieu basée sur la foi.

Matthieu 27:4

L'innocence de Jésus est un thème dominant dans le récit de sa souffrance (voir 23.35 ; 26.55–56, 59–60 ; 27.18–19, 24 ; voir aussi Lc 23.47).

Matthieu 27:5

Le suicide de Judas est le résultat d'une conscience tourmentée par la culpabilité mais dénuée de repentance. Sa mort satisfait la loi de l'Ancien Testament concernant la punition d'un faux témoin (voir Dt 19.16–21).

Matthieu 27:7

Les étrangers étaient des païens morts à Jérusalem. Les biens dont les propriétaires et leurs héritiers ne pouvaient pas être retrouvés étaient utilisés pour des œuvres de charité publique. Dans ce cas, de l'argent impur a servi à acheter un lieu impur pour des personnes impures.

Matthieu 27:8

Le "Champ du Sang" est un terme qui sert à décrire un cimetière (cf. Ac 1.18–19).

Matthieu 27:9-10

La citation vient en réalité de Za 11.12–13. Matthieu se conforme peut-être à la coutume juive de citer des livres en se référant au premier livre dans le rouleau spécifique –le premier livre dans le rouleau contenant Zacharie aurait été Jérémie. Ou, Matthieu pensait peut-être à des passages similaires dans Jérémie (Jr 19.1–13 ; 18.2–6 ; 32.6–15) ainsi que Za 11.12–13. • Matthieu a repéré une ressemblance flagrante entre les actions de Zacharie et celles des chefs des prêtres. Les deux contextes parlent du rejet d'un messager divin qui devait être le roi du peuple de Dieu.

Matthieu 27:11-26

Le procès romain comprenait une audience initiale devant Pilate (27.11–14), une autre devant Hérode Antipas (Lc 23.6–16), et une deuxième audience devant Pilate (Mt 27.15–26).

Matthieu 27:11

L'accusation initiale de blasphème portée par le Sanhédrin (26.65–66 ; 27.1) n'intéressait pas les Romains, qui la considéraient comme une question religieuse juive (cf. Ac 25.18–20). L'accusation a donc été modifiée pour incriminer Jésus aux yeux des Romains en tant que rebelle politique (voir Lc 23.2).

Matthieu 27:15

Cette habitude de Pilate ne semble pas correspondre à son caractère ; il n'était pas connu pour sa volonté de plaire à ses sujets juifs. Cependant, si la position de Pilate aux yeux de César était précaire à ce moment-là (voir note d'étude sur Jn 19.12 ; voir Philon, Sur l'ambassade à Caïus 159–161), ce geste pouvait avoir été motivé par son désir de maintenir la paix et ainsi éviter une attention négative de la part de Rome.

Matthieu 27:16

Ailleurs, Barabbas est appelé un "révolutionnaire" (Mc 15.7 ; Jn 18.40), un terme qui désigne également un voleur ou un insurrectionniste (voir Lc 23.19). Pour les zélotes, Barabbas était un héros.

Matthieu 27:19

Il est ironique qu'une païenne reconnaisse l'innocence de Jésus et prenne position pour lui, tandis que la foule des juifs ne le fait pas.

Matthieu 27:24

C'est votre affaire ! Les prêtres avaient dit la même chose à Judas (27.4).

Matthieu 27:25

La foule ne parle pas au nom de tous les juifs de tous les temps. Ceux qui demandent la condamnation de Jésus représentent "Israël incroyant." Leurs actions entraîneront des conséquences pour la nation entière (par exemple, la destruction de Jérusalem en l'an 70). • (voir 23.35 ; 2S 1.16 ; 14.9 ; Jr 51.35 ; Ac 5.28 ; 18.6 ; 20.26). Les chrétiens ont parfois mal compris et mal utilisé ce verset pour persécuter les juifs, mais il ne s'agit pas d'une accusation contre les juifs en général.

Matthieu 27:26

Quand un homme était fouetté, il était battu avec des fouets aux lanières de cuir. Certains fouets avaient des fragments d'os pointus ou des morceaux de roche attachés aux extrémités des lanières (voir aussi Dt 25.1–3 ; 1R 12.11, 14 ; Ac 16.22 ; 22.25 ; 2Co 11.24–25).

Matthieu 27:27-31

Dans le procès juif, Jésus a été ridiculisé pour son rôle de prophète (26.67–68) ; ici, c'est en tant que roi qu'il subit les moqueries.

Matthieu 27:27

Les soldats du gouverneur étaient des troupes auxiliaires recrutées parmi les résidents non-juifs de Palestine. • Leur quartier général était situé dans la résidence officielle du gouverneur à Jérusalem (la forteresse Antonia au coin nord-ouest du complexe du Temple).

Matthieu 27:28-29

La robe écarlate était probablement le manteau d'un soldat destiné à imiter les vêtements royaux dans le but de ridiculiser Jésus. • Tisser des branches d'épines en couronne était une jaçon de se moquer de Jésus en tant que roi.

Matthieu 27:32-44

Ironiquement, les railleries et les moqueries de la foule exprimaient la vérité sur Jésus : il était le Fils de Dieu et le Roi d'Israël, le Messie.

Matthieu 27:32

En général, la victime portait sa propre croix. Seule la traverse était portée ; le poteau vertical attendait sur le site de la crucifixion. Simon a peut-être été forcé à aider car Jésus était affaibli par les effets du fouet. Mais le fait d'avoir enrôlé Simon était peut-être également conçu comme une moquerie supplémentaire. Jésus était traité comme quelqu'un qui méritait un serviteur même si ses bourreaux le conduisaient à sa mort.

Matthieu 27:34

Donner du vin mélangé à du fiel amer à Jésus était probablement une façon de chercher à le ridiculiser (voir Ps 69.21). C'était aussi un sédatif – Jésus l'a probablement rejeté afin de souffrir pleinement pour nos péchés (voir Es 53.10). • Le fiel, également connu sous le nom d'absinthe, est un narcotique amer fabriqué à partir de l'huile d'Artemisia (cf. Mc 15.23).

Matthieu 27:35

La crucifixion, bien que peu pratiquée par les Juifs, était une punition romaine répandue pour les délinquants militaires et politiques, en particulier les esclaves, les rebelles et les insurgés. La cruauté atroce et le spectacle public de la crucifixion fonctionnaient comme un puissant moyen de dissuasion sociale. Les victimes étaient fouettées puis crucifiées nues, ajoutant à l'humiliation de la situation. C'était considéré comme la mort la plus douloureuse possible. Elle impliquait une souffrance intense, une exposition aux intempéries et aux insectes, la suffocation, et souvent un dernier coup violent d'une lance pour mettre fin à la vie. De plus, puisque la crucifixion représentait une malédiction divine (Dt 21.22–23), l'acte était particulièrement odieux pour la sensibilité juive. Paradoxalement, ce qui était si méprisable parmi les humains est devenu l'instrument de notre salut. Jésus avait précédemment dit à ses disciples de se charger de leur croix et de le suivre (Mt 16.24).

Matthieu 27:37

L'accusation officielle était fixée sur la croix au-dessus de la tête du criminel ; Jésus a été crucifié pour sédition politique.

Matthieu 27:38

Crucifier Jésus entre deux révolutionnaires condamnés était une façon d'ajouter une humiliation supplémentaire et une culpabilité par association.

Matthieu 27:40

Cette raillerie au sujet de l'identité de Jésus rappelle sa tentation au tout début de son ministère public (4.1–11). Le diable avait fait appel au statut privilégié de Jésus pour le tenter avec l'idée d'éviter la souffrance (voir aussi 16.21–23).

Matthieu 27:45

Les ténèbres symbolisent le jugement de Dieu ou, plus spécifiquement, l'arrivée du jour du Seigneur (voir Am 5.18, 20 ; 8.9–10 ; aussi Jr 4.27–28 ; 13.16 ; 15.9).

Matthieu 27:46

Le cri "Eli, eli" signifie Mon Dieu, mon Dieu, mais la similarité des sons explique la confusion des spectateurs (27.47). •  Jésus subit la colère de Dieu pour les péchés de l'humanité.

Matthieu 27:47

Beaucoup croyaient qu'Élie reviendrait avant le jour du Seigneur (11.14–15 ; 17.10–13 ; Ml 4.5).

Matthieu 27:48

Ce vin aigre était une forme de vinaigre. La boisson était probablement offerte comme une moquerie à l'égard de Jésus (comparer Ps 69.21 avec Mt 27.34) ; quelqu'un faisait semblant de l'aider à apaiser sa soif. Mais certains commentateurs pensent cependant qu'il s'agissait d'un acte de miséricorde sincère.

Matthieu 27:50

Chacun des quatre Évangiles met en lumière différents aspects des derniers moments de Jésus. • Il s'agit d'une référence à la souveraineté de Jésus en ce qu'il s'est livré lui-même à la mort (voir aussi Jn 19.30). • Ce nouveau cri (voir Mt 27.46) était la prière finale de Jésus (voir Lc 23.46).

Matthieu 27:51

Le déchirement du rideau dans le Temple signifie la destruction de la séparation entre les êtres humains et Dieu par la mort de Jésus-Christ (voir aussi Ep 2.11–22 ; Hé 6.19 ; 9.1–10.25). • Ce sont des signes annonciateurs de l'arrivée du jugement (voir Ex 19.18 ; Jg 5.4 ; Ps 18.7 ; Jl 3.14–17 ; Am 8.8–10). Josèphe raconte l'apparition d'une étoile en forme d'épée (vers 30 apr J.C.) et l'ouverture spontanée des portes du Temple (Josèphe, La Guerre des Juifs 6.5.3–4).

Matthieu 27:52-53

La mort dramatique de Jésus a inauguré le Royaume de Dieu en brisant les pouvoirs de la mort et en instaurant les prémices de la résurrection finale (voir Es 26.19 ; Dn 12.2 ; 1Co 15.1–58 ; Col 1.18 ; Hé 2.14–15). • Ces personnes fidèles à Dieu ne sont entrées dans la ville qu'après la résurrection de Jésus et n'ont été ressuscitées qu'à ce moment-là, Jésus étant le premier-né d'entre les morts (voir 1 Cor 15.20, 23 ; Col 1.18). Si c'est le cas, Matthieu a inclus cet épisode pour exprimer un commentaire encore plus puissant sur l'impact de la mort de Jésus.

Matthieu 27:54

Le centurion romain et les autres soldats étaient des païens. • Il s'agit peut-être d'une affirmation sans réserve que Jésus était le Fils unique de Dieu (voir 14.33 ; 16.16), mais cela pouvait aussi être une déclaration plus générale de l'innocence de Jésus (voir Lc 23.47). Pour eux, le tremblement de terre et les autres événements étaient des indications de l'intérêt divin pour cette occasion.

Matthieu 27:58

Selon la forme fréquente de la crucifixion romaine, on laissait souvent les corps des criminels pourrir sur la croix. Dt 21.22–23 interdit qu'un corps reste sur une croix ou une potence pendant la nuit. L'action de Joseph était conforme à la loi juive, et probablement motivée par sa loyauté envers Jésus. • Pilate agit de manière conciliante, peut-être parce qu'il ne croyait pas Jésus coupable d'insurrection (voir Mt 27.24–26).

Matthieu 27:59-60

Les coutumes funéraires étaient importantes dans le judaïsme, et différaient de celles des Grecs et des Romains, qui incinéraient leurs morts. Laisser un cadavre sans sépulture était la forme la plus sévère de jugement (Dt 21.22–23 ; 2R 9.37 ; Ps 79.3 ; Jr 16.4, 6 ; Ez 29.5 ; Ap 11.9). La mort donnait lieu à des pleurs et des lamentations (Mc 5.38–39). Le corps du défunt était lavé (Ac 9.37), oint (Mt 26.6–13 ; Jn 12.3, 7 ; 19.39), et enveloppé dans des linges funéraires (Mt 27.59 ; voir Gn 50.2–3). Il était alors placé dans un tombeau (Mt 23.27) creusé dans une roche ou taillé dans le flanc d'une paroi de grotte. L'entrée d'un tombeau était souvent fermée avec une énorme pierre et scellée pour empêcher l'impureté cérémonielle ou le vol. • L'utilisation d'un tombeau neuf et des linges propres reflètent la pureté cérémonielle. Joseph avait acheté le tombeau pour sa propre famille, mais il ne l'avait pas encore utilisé.

Matthieu 27:62-66

Cet incident renforce la vérité de la résurrection de Jésus – il est impensable que cette histoire soit une invention de Matthieu, puisque de nombreux témoins auraient pu contredire ses affirmations.

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