Tyndale Open Study NotesMarc 15

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Lire Marc 15 dans la Bible

Marc 15:1-15

Après le récit concernant le reniement de Pierre, Marc se tourne à nouveau vers Jésus et ce qui s'est passé lors de son procès. Pilate va hésiter sous la pression, ce qui correspond à la manière dont sa personnalité est décrite par d'autres sources.

Marc 15:1

Les procès romains commençaient très tôt, généralement à l'aube. Il est difficile de savoir s'il s'agit d'une deuxième réunion de l'ensemble du sanhédrin, ou si le récit fait référence à la décision prise en 14.63–64. • Étant donné que le grand sanhédrin n'a pas le pouvoir de prononcer la peine capitale (Jn 18.31), ils doivent emmener Jésus devant Pilate, qui était gouverneur romain de Judée de l'an 26 à l'an 36. Pilate résidait habituellement à Césarée, sur la côte, mais il se rendait à Jérusalem pendant la Pâque, lorsque la célébration de l'exode d'Israël pouvait susciter des espoirs de délivrance de la domination romaine, et donc des révoltes.

Marc 15:2

Pour un païen, le titre "roi des Juifs" est équivalent au titre juif "roi d'Israël" (15.32). • La réponse de Jésus à la question de Pilate se retrouve dans les quatre évangiles, et il est évident que Jésus est réellement conscient de sa royauté (10.37–38 ; 11.9–10 ; 12.35–37). C'est en raison de cette prétention à la royauté que Pilate consent à crucifier Jésus (15.26), bien que Pilate ait bien compris que Jésus n'est pas une menace politique (Jn 18.33–39).

Marc 15:3-5

Pilate a invité Jésus à se défendre des accusations lancées contre lui.

Marc 15:6-8

La coutume décrite dans 15.6–8 n'est pas connue en dehors des évangiles, mais les quatre évangiles y font référence (Mt 27.15–21 ; Lc 23.18–25 ; Jn 18.37–40) ; dans l'Antiquité, des prisonniers étaient souvent libérés lors de jours de fête spéciaux. • Barabbas (voir aussi Mt 27.16–17 ; Lc 23.19) avait commis un meurtre lors d'une révolte, mais le fait que Pilate propose de le libérer (Mt 15.15) indique sûrement que la personne qu'il avait tuée n'était pas de citoyenneté romaine.

Marc 15:9-14

Pilate espère apparemment faire libérer Jésus, mais la foule est dans une excitation frénétique qui empêche toute discussion.

Marc 15:15

Pour apaiser la foule et ne pas mettre en péril sa fonction, Pilate ordonne de crucifier un homme totalement innocent. • Il ordonne que Jésus soit fouetté, et le fouet était un passage obligé avant la crucifixion. Il était fait de lanières de cuir munies de métal, de pierre ou d'os. Cette lacération de la chair pouvait elle-même entraîner la mort. La prophétie de Jésus en 10:34 est maintenant en train de se réaliser.

Marc 15:16-41

Le récit de la crucifixion est l'un des récits les plus attestés historiquement de toute l'histoire ancienne. Pour quelles raisons l'Église primitive aurait-elle créé une histoire dans laquelle l'objet de leur foi a été crucifié ? Le récit raconté dans l'Évangile reste une offense pour les juifs et une folie pour les païens (1Co 1.23).

Marc 15:16

Toute la troupe (c'est à dire une cohorte qui comportait un dixième d'une légion) représentait environ 600 hommes. Ce sont probablement tous les soldats en service à ce moment-là dans le prétoire qui sont appelés.

Marc 15:17

Les tissus pourpres étaient fabriqués à partir d'un colorant d'une grande valeur. Ils étaient portés par les rois et les personnes fortunées (Lc 16.19 ; 1M 10.20,62 ; 11.58). Cette robe appartenait peut-être à un centurion qui n'était pas en service.

Marc 15:18

Il se moque de lui en reprenant dans leur salutation le motif d'accusation (15.2) pour lequel Jésus a formellement été reconnu coupable (15.26).

Marc 15:21-22

Après avoir quitté l'enceinte fortifiée de la ville de Jérusalem, les forces de Jésus commencent à s'amenuiser. Les soldats romains contraignent ainsi Simon de Cyrène, une ville située en Afrique du Nord, à porter la croix de Jésus (voir Mt 5.41). Habituellement, le crucifié était forcé de porter le poteau transversal (le patibulum) de sa propre croix jusqu'au lieu de l'exécution. À la suite de l'exécution, le poteau vertical (le staticulum) était parfois laissé sur le sol de manière permanente, comme un avertissement et un élément de dissuasion (comme pouvait l'être par la suite un échafaud sur une place publique). • Simon était le père d'Alexandre et de Rufus, qui étaient probablement connus des lecteurs de l'évangile de Marc (voir Rm 16.13). • Golgotha est un mot araméen qui signifie "lieu du Crâne". Dans la Vulgate latine, "crâne" se traduit par calvariae ("calvaire"). Au temps de Jésus, Golgotha se trouvait à l'extérieur de la ville fortifiée de Jérusalem (Jn 19.20 ; voir Mt 27.32 ; Hé 13.12). Lorsque Hérode Antipas agrandira plus tard la ville avec ce qu'on a appelé "la troisième muraille", Golgotha fut incluse en son sein.

Marc 15:23

Il est difficile de savoir si c'est par bonté ou par moquerie qu'on a donné à Jésus du vin mêlé de myrrhe (Pr 31.6). Toujours est-il que Jésus a refusé de boire ce breuvage, car il s'était engagé à boire la coupe que Dieu lui avait donnée de boire (Mc 10.38–39 ; 14.36). • À l'époque de Jésus, la myrrhe était utilisée pour traiter les blessures, les infections et les troubles digestifs.

Marc 15:24

La pratique de la crucifixion remonte aux Mèdes et aux Perses, qui ont inventé ce mode d'exécution dans les années 600 av. J.-C. Elle s'est propagée dans le monde méditerranéen oriental dans les années 300 av. J.-C., grâce à Alexandre le Grand, et elle est devenue le mode d'exécution principal dans l'empire romain jusqu'en 337 apr. J.-C., date à laquelle elle a été interdite par Constantin. Mourir crucifié était une mort lente et très douloureuse. La victime pouvait parfois rester en vie durant plusieurs jours, et les corbeaux et les chiens se repaissaient des victimes, parfois même avant leur mort. Une personne pouvait être attachée à la croix par des cordes ou, comme Jésus (Lc 24.39 ; Jn 20.25,27 ; voir Col 2.14), par des clous entre les os des poignets de la victime. Pour éviter une mort prématurée par asphyxie, un repose-pied était souvent placé sur le montant vertical. • Les quatre évangiles rapportent que les soldats se sont partagé ses vêtements.

Marc 15:25

Marc écrit que la crucifixion de Jésus a eu lieu à la troisième heure, soit neuf heures du matin. Jn 19.14 parle de la sixième heure, soit midi. Ce sont des estimations approximatives de l'heure, et les événements se déroulant en fin de matinée sont généralement décrits comme se produisant autour de la troisième (Mt 20.3 ; Ac 2.15) ou de la sixième heure (Mc 15.33 ; Mt 20.5 ; 27.45 ; Lc 23.44 ; Jn 4.6 ; 19.14 ; Ac 10.9).

Marc 15:26

Bien que le titre de "roi des Juifs" vise à se moquer de Jésus, il est en réalité très pertinent et juste pour parler du Messie.

Marc 15:27

Jésus, la victime la plus "importante" lors de cette exécution, a été placé entre les deux brigands.

Marc 15:29-32

Jésus est moqué et maltraité par les passants, les chefs des prêtres et les brigands. • Les passants hurlent des insultes (littéralement blasphèment), secouent la tête avec mépris (voir Lm 2.15), et ridiculisent son affirmation selon laquelle il va détruire le temple (voir Mc 14.58).

Marc 15:32

Alors qu'on pourrait s'attendre à de la compassion de la part de ceux qui subissent un sort aussi cruel, les deux hommes crucifiés avec Jésus se moquent également de lui (voir Lc 23.39–43).

Marc 15:33

À midi ( littéralement "la sixième heure" ), l'obscurité est tombée sur toute la terre jusqu'à trois heures de l'après-midi (littéralement "la neuvième heure" ). En parlant de toute la terre, Marc veut probablement parler de tout Juda. L'obscurité est à la fois littérale et symbolique : elle révèle la nature sinistre de ce qui est en train de se passer, et elle est un avant-goût du jugement que Jésus a prédit comme devant s'abattre sur Israël (voir 13.1–31 ; 14.58 ; 15.29).

Marc 15:34

Le grand cri de Jésus est rapporté dans sa langue originale, en araméen, puis traduit pour les lecteurs de langue grecque. • Jésus cite le Ps 22.1, et sa plainte se comprend mieux à la lumière de Mc 14.27 ; Ps 22 ; Es 53.10 ; 2Co 5.21 ; et Ga 3.13. Le dessein divin, visant à faire de Jésus une rançon pour beaucoup (Mc 10.45), est maintenant en train de se réaliser.

Marc 15:35-36

Le terme araméen Eloi et son équivalent hébreu Eli (Mt 27.46) ont des sonorités proches du nom "Élie". C'est la raison pour laquelle certains passants pensent que Jésus appelle le prophète Élie à son secours (voir Ml 4.5).

Marc 15:37

La mort de Jésus (tout comme la crucifixion) est racontée de manière très sobre.

Marc 15:38

Le rideau qui s'est déchiré en deux est peut-être celui qui séparait le sanctuaire de la cour (une magnifique draperie de 25m de haut) ou celui qui séparait le saint des saints du reste du sanctuaire. S'il s'agit du premier, la déchirure (comme les ténèbres, 15.33) a été visible pour toutes les personnes ; cela indique que la prophétie de Jésus quant à la destruction du sanctuaire (14.58 ; 15.29) s'est accomplie spirituellement (voir Rom 9–11), avant de s'accomplir aussi physiquement en l'an 70. S'il s'agit du rideau intérieur qui s'est ouvert, c'est probablement un signe que tout comme les cieux se sont ouverts pour que Jésus révèle l'accès direct à Dieu (voir note d'étude sur Mc 1.10), sa mort étend maintenant cet accès à ses disciples (voir Hé 6.19–20 ; 9.3–14 ; 10.19–20).

Marc 15:39

Un centurion romain est un officier responsable de 100 hommes. • Jésus a été désigné comme le Fils de Dieu par : Dieu (1.11 ; 9.7), les démons (1.24,34 ; 3.11 ; 5.7), Marc (1.1), Jésus lui-même (12.6 ; 13.32 ; 14.61–62), et maintenant par un officier païen.

Marc 15:40-41

Ces femmes ont contribué aux besoins économiques de Jésus (voir Lc 8.2–3). Elles ont également été présentes lorsqu'il fut mit au tombeau (Mc 15.47) et à la découverte du tombeau vide (16.1–8) : elles ont en effet été les premiers témoins de la résurrection de Jésus. • Marie Madeleine, du village de Magdala près de la rive du lac de Galilée, a été une figure clé dans les récits de la résurrection (16.1,9 ; Mt 28.1 ; Lc 24.10 ; Jn 20.1,11–18). • Le Jacques, fils de Marie, dont il est question ici (Jacques le jeune) est peut-être Jacques fils d'Alphée (Mc 3.18). • Salomé n'est mentionnée qu'ici et dans Mc 16.1.

Marc 15:43-45

Joseph d'Arimathée (qui vient peut-être du village de Ramathaim, à 30km au nord-ouest de Jérusalem) était un membre honoré du sanhédrin, et un disciple secret de Jésus qui attendait la venue du Royaume de Dieu (voir Mt 27.57 ; Lc 23.50–51 ; Jn 19.38). Il vient courageusement demander le corps de Jésus à Pilate afin de pouvoir l'enterrer. Compte tenu du fait qu'il était un membre du sanhédrin et n'était pas connu comme étant un disciple de Jésus, cela servait les intérêts de Rome d'accéder à sa demande : cela permettait de satisfaire les juifs qui ne devaient pas exposer le corps des morts après le coucher du soleil (Dt 21.22–23), et cela empêchait les disciples de Jésus de recevoir le corps.

Marc 15:46

Joseph a préparé le corps de Jésus pour son ensevelissement, et l'a déposé dans son propre tombeau (voir Mt 27.60).

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