Tyndale Open Study NotesÉsaïe 5

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Lire Ésaïe 5 dans la Bible

Ésaïe 5:1-30

Le prophète prononce le jugement par le biais d'un chant (5.1–7) et de prophéties de malheur (5.8–30). Bien qu'Israël sera dans un état de pureté et en communion avec Dieu (4.2–6), cet avenir ne peut ignorer la condition pécheresse actuelle du peuple et de ses dirigeants.

Ésaïe 5:1-7

Le Chant de la Vigne traduit sous une forme poétique l'accusation de Dieu à l'égard des mauvais dirigeants qui ont ruiné sa vigne, Israël. À la manière de certains ouvrages de sagesse, il présente aux lecteurs un exposé d'une situation déconcertante (5.1–2) avant d'en donner la signification spirituelle (5.3–7). Le thème de la transformation de la vigne est repris au chapitre 27, et dans l'enseignement de Jésus (Mt 21.33 ; Mc 12.1).

Ésaïe 5:1

Il est ici question du Seigneur ; le prophète chantait ce cantique au nom du Seigneur. • Au début, le chant ressemble à un chant d'amour, mais en 5.3, les lecteurs se rendent compte qu'il s'agit en fait d'une plainte. • Concernant Israël en tant que vigne de Dieu, voir aussi 3.14 ; Mt 21.33–46 ; Jn 15.1–17.

Ésaïe 5:2

Le Seigneur a donné les meilleurs soins à sa vigne, la préparant et la soignant comme un agriculteur expérimenté. Il l'a surveillée avec beaucoup d'attention, en y plantant les meilleures plantes, celles qui avaient le potentiel de produire du raisin sucré en abondance. Dieu attendait beaucoup d'Israël, son peuple (voir Ex 19.5–6). Ainsi, les raisins amers qui étaient produits - leur conduite injuste et pécheresse - étaient inutiles et décevants (cf. Ga 5.22–23).

Ésaïe 5:3-4

Il est évident que le Seigneur avait fait, gracieusement, tout ce qui était possible pour la vigne. Il n'était pas responsable des raisins amers. • Ésaïe voulait que les auditeurs condamnent la vigne avant de révéler qu'en réalité, ils étaient cette vigne (5.7). Cette stratégie rhétorique est similaire à celle utilisée par Nathan pour confronter David (2S 12.1–5).

Ésaïe 5:5-6

Le Seigneur a annoncé qu'il ferait de sa vigne (Israël) un lieu de désolation, parce qu'elle n'était bonne qu'à être détruite. Plus tard, Ésaïe a prophétisé la gracieuse et glorieuse transformation d'Israël, la désolation faisant place à une vigne fructueuse et saine (voir 55.13).

Ésaïe 5:6

La privation de pluie était parfois un jugement divin (Dt 28.23–24 ; Ha 1.11 ; 2.16). Elle était particulièrement désastreuse pour une société qui dépendait fortement de l'agriculture.

Ésaïe 5:7

L'identification d'Israël à la vigne est une surprise qui résout l'énigme de ce passage. • Ici, un jeu de mots remarquable en hébreu met Israël au banc des accusés. Le Seigneur s'attendait à ce que de justes jugements soit exercés en Israël (mishpat en hébreu), mais au lieu de ça les nécessiteux subissaient l'oppression (mispakh). Au lieu de la justice (tsedaqah), il y avait des cris de violence (tse'aqah) contre les pauvres (voir 1.21–23).

Ésaïe 5:8-10

La première menace de jugement concernait l’oppressante cupidité. Les propriétés (maisons et champs) étaient accaparées par des moyens illégaux. Les nouveaux propriétaires étaient des voyous qui utilisaient tous les moyens pour s'enrichir aux dépens des pauvres (voir 1R 21.1–29 ; Am 2.6–7).

Ésaïe 5:8-23

Cette section contient six proclamations de malheur, qui sont six menaces d'un terrible jugement (5.8, 11, 18, 20, 21, 22). Les malheurs évoquent quelques-uns des "raisins amers" produits par la vigne d'Israël (5.1–7).

Ésaïe 5:10

Comme la sécheresse (5.5–6), les mauvaises récoltes constituaient parfois un jugement divin (voir Ha 1.6, 9 ; 2.16).

Ésaïe 5:11-17

La deuxième menace de jugement visait un style de vie excessivement luxueux. Le langage utilisé tout au long de cette section traduit une vie de corruption.

Ésaïe 5:12

Ces personnes, qui se complaisent dans l'autosatisfaction, ne pensaient jamais au Seigneur. Elles étaient trop occupées à jouir de leurs fêtes enivrantes pour réfléchir aux raisons pour lesquelles les choses allaient mal, par exemple pourquoi Dieu n'envoyait pas de pluie, ou pourquoi elles perdaient une bataille.

Ésaïe 5:13

Israël et Juda seront exilés en Assyrie (722 av. J.-C.) et à Babylone (586 av. J.-C.). • Le peuple n'a pas répondu au Seigneur parce qu'il ne le connaissait pas (voir 1.3). Ils le connaissaient probablement, mais leur conduite montrait qu'ils ne le connaissaient pas d'une manière intime.

Ésaïe 5:14

La tombe (en hébreu Sheol) représentait le lieu où résidaient les morts dans la pensée du Proche-Orient ancien (voir 14.9).

Ésaïe 5:16

Par définition, la royauté de Dieu est juste et équitable, et il sera glorifié par sa justice. Lors de sa glorification, les oppresseurs seront condamnés (voir 1.21–23).

Ésaïe 5:18-19

La troisième menace de jugement visait les moqueurs, qui méprisaient ouvertement l'autorité de Dieu.

Ésaïe 5:18

Les cordes de Dieu étaient des cordes de "douceur" et "d’amour" pour Israël (Os 11.4).

Ésaïe 5:19

Le peuple a demandé à Dieu de se dépêcher et de faire quelque chose pour prouver qu'il existe vraiment et qu'il contrôle ce monde. Le verbe "se dépêcher" traduit deux verbes hébreux : maher ("être rapide") et khush ("être prompt"). Les mêmes mots hébreux sont utilisés dans le nom Maher-shalal-hash-baz (Es 8.1). • Dieu a révélé son plan à Ésaïe. Les gens étaient loin de se douter que les desseins de Dieu se retourneraient contre eux.

Ésaïe 5:20

La quatrième menace de jugement visait le manque d'intégrité. • Cette façon tordue de voir la vie corrompt l'ordre sacré établi par Dieu.

Ésaïe 5:21

La cinquième menace de jugement portait sur la folie de l'aveuglement sur soi-même.

Ésaïe 5:22-24

La sixième menace de jugement visait le style de vie déraisonnable des méchants.

Ésaïe 5:24

L'image des racines pourries reflète la nature éphémère de l'homme (cf. 11.1 ; 27.6 ; 37.31). • Mépriser la parole du Seigneur signifie l'ignorer, et vivre sans se soucier de la respecter. Une telle attitude à l'égard de la révélation de Dieu conduit à la folie et à la ruine (Pr 1.30 ; 5.12 ; 15.5).

Ésaïe 5:25

La colère de Dieu contre les pécheurs est souvent exprimée sous la forme d'un tremblement de terre (13.13 ; 23.11 ; 24.18–19 ; 29.6 ; 54.10). On appelle théophanie une apparition de Dieu en vue du jugement ou du salut, sous la forme de phénomènes physiques tels que la fumée, l'obscurité, les éclairs et les tremblements de terre (cf. 6.1–4, 6 ; 13.13 ; Ex 19.18–19 ; Ps 18.7–15 ; Mi 1.3–4 ; Ap 8.5 ; 16.17–18 ; 18.21–22).

Ésaïe 5:26

Ce signal était une bannière dressée sur un long poteau et souvent placé sur une haute colline (voir aussi 13.2 ; 18.3 ; 30.17). L'expression ici concernant le signal adressé à un peuple lointain est fréquente chez Ésaïe, et pourrait être un appel à participer au combat (comme ici) ou au salut (11.10, 12 ; 49.22 ; 62:10). • Il est ici question des Assyriens et des Babyloniens, qui ont été les instruments du jugement de Dieu sur Israël (722 av. J.-C.) et sur Juda. Ceux-ci sont les animaux en 5.5 appelés à piétiner la vigne (5.1–7). Ils attaqueront violemment Israël et Juda, sans relâche, jusqu'à ce que Dieu ait achevé son jugement (5.27–30).

Ésaïe 5:30

Voir note d'étude sur 2.5–22. • Dans les prophéties de l'Ancien Testament, les ténèbres représentent l'expérience de l'aliénation, de la colère et du jugement de Dieu (voir aussi 8.22), tandis que la lumière représente sa sainte présence (voir en particulier 60.2, 19).

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