Adam Clarke Bible CommentaryActes 25
Adam Clarke
Lire Actes 25 dans la BibleActes 25:2
Le souverain sacrificateur - l'informa contre Paul - Ils pensaient que, de même que Félix, pour leur plaire, avait laissé Paul lié en démissionnant de son gouvernement, de même Festus, en assumant ce gouvernement, le livrerait entre leurs mains pour leur plaire ; mais, comme ils voulaient que cela se passât sous le couvert de la justice, ils exposèrent un certain nombre d'accusations contre Paul, qui, espéraient-ils, paraîtraient à Festus une raison suffisante pour qu'un nouveau procès fût accordé, et qu'il fût envoyé à Jérusalem pour y subir ce procès. Leur motif est mentionné dans le verset suivant.
Actes 25:4
Festusrépondit que Paul serait gardé à Césarée - Il est vraiment étonnant que Festus ait refusé aux chefs de la nation juive cette faveur qui, pour ceux qui n'étaient pas dans le secret, devait paraître très raisonnable, et d'autant plus que, lorsqu'il arriverait au gouvernement, cela pourrait être considéré comme un acte propre à le rendre populaire, et qu'il n'aurait eu aucun intérêt à rejeter leur demande. Mais Dieu avait dit à Paul qu'il devait témoigner de lui à Rome, et il disposa le cœur de Festus à agir comme il le fit ; il déçut ainsi la malice des Juifs et accomplit son propre et gracieux dessein.
Il devait partir bientôt - La providence de Dieu avait disposé les choses de telle sorte que Festus fut obligé de retourner rapidement à Césarée, et n'eut donc pas le temps de présider un tel procès à Jérusalem. Cette raison devait paraître suffisante aux Juifs, d'autant plus qu'il leur donnait toute liberté de venir comparaître contre lui, s'ils étaient en mesure de prouver les faits qui leur étaient reprochés.
Actes 25:5
Qu'ils - ceux d'entre vous qui sont capables - Οἱ δυνατοι, ceux qui ont autorité ; car c'est ainsi que ce mot est souvent employé par les bons auteurs grecs et par Josèphe. Festus semble avoir dit : "J'ai entendu les clameurs de la foule au sujet de cet homme ; mais ce n'est pas sur de telles clameurs qu'il faut fonder une accusation : vous n'avez que la voix de la foule comme fondement de la demande que vous faites maintenant. Je ne puis, sous de tels prétextes, prendre à mon compte des accusations qui pourraient porter atteinte à la vie d'un citoyen romain. Y a-t-il parmi vous des hommes respectables, des hommes de charge et d'autorité, dont le caractère est un gage de la véracité de leurs dépositions, qui puissent prouver quoi que ce soit contre lui ? Si c'est le cas, qu'ils descendent à Césarée, et la cause sera jugée devant moi ; nous saurons ainsi si c'est un malfaiteur ou non"
Actes 25:6
L 'étrangeté de ce mode d'expression suggère l'idée que notre texte imprimé n'est pas tout à fait correct à cet endroit ; et ce soupçon est confirmé par un examen des MSS. et des versions : ἡμερας ου πλειους οκτω η δεκα, Pas plus de Huit ou dix jours, est la lecture de l'ABC, plusieurs autres de grande respectabilité, avec le Copte, l'Arménien, et la Vulgate. Griesbach admet cette lecture dans le texte, et le professeur White dit à son sujet, Lectio indubie genuina: "C'est sans doute la lecture authentique."
Actes 25:7
Les Juifs - portèrent contre Paul des plaintes nombreuses et graves - Comme ils devaient savoir que les gouverneurs romains ne se mêlaient pas des questions relatives à leurs lois, etc., ils inventèrent sans doute de nouvelles accusations, telles que sédition, trahison, etc., afin de rendre l'esprit du gouverneur mal disposé à l'égard de Paul ; mais leurs malveillants desseins furent déjoués, car l'affirmation ne voulait pas être prouvée devant un tribunal romain : ce tribunal exigeait des preuves, et les persécuteurs sanguinaires de l'apôtre ne purent en produire aucune.
Actes 25:8
Alors qu'il répondait lui-même - Dans ce cas, saint Luc ne donne qu'un compte rendu général des accusations et de la défense de saint Paul. Mais d'après les mots de ce verset, les accusations semblent avoir été triples :
- Il avait enfreint la loi.
3. A toutes ces accusations, il répondit sans doute d'une manière particulière, bien que nous n'ayons rien d'autre ici que ceci : Je n'ai rien offensé, ni contre la loi des Juifs, ni contre le temple, ni même contre César.
Actes 25:9
Voulant faire plaisir aux Juifs - C'était simplement pour leur plaire et se concilier leur estime ; car il savait que, Paul étant citoyen romain, il ne pouvait l'obliger à subir un nouveau procès à Jérusalem.
Actes 25:10
Je suis devant le tribunal de César - Chaque procurateur représentait la personne de l'empereur dans la province qu'il présidait ; et comme le siège du gouvernement était à Césarée, et que Paul était maintenant devant le tribunal où siégeait le représentant de l'empereur, il pouvait dire, avec la plus stricte convenance, qu'il était devant le tribunal de César, où, en tant qu'homme libre de Rome, il devait être jugé.
Tu sais très bien - Le compte rendu de ce procès devant Félix a sans doute été laissé à la disposition de Festus, car, en laissant le prisonnier à son successeur, il devait aussi lui laisser les accusations portées contre lui et le procès qu'il avait subi. De plus, Festus devait être assuré de son innocence par le procès qu'il venait de subir.
Actes 25:11
Car si je suis un délinquant - S'il est prouvé que j'ai enfreint les lois, au point de m'exposer à la peine capitale, je ne veux pas sauver ma vie par des subterfuges ; je suis devant le seul tribunal compétent ; c'est là que mon affaire doit être décidée en dernier ressort.
Personne ne peut me livrer à eux - Les paroles de l'apôtre sont très fortes et appropriées. Les Juifs avaient demandé à Festus, comme une faveur, χαριν, d'envoyer Paul à Jérusalem ( Actes 25:3). Festus, désireux de faire cette faveur aux Juifs χαριν, demanda à Paul d'aller à Jérusalem et d'y être jugé (Actes 25:9). Paul dit : Je n'ai rien fait de mal, ni contre les Juifs, ni contre César ; c'est pourquoi personne με δυναται αυτοις. χαρισασθαι, peut leur faire un présent de moi, c'est-à-dire les favoriser au point de mettre ma vie entre leurs mains, et de les gratifier ainsi de ma mort. Festus, dans son discours à Agrippa, Actes 25:16, l'admet et utilise la même forme de discours : Ce n'est pas la coutume des Romains, χαριζεσθαι, de livrer gratuitement quelqu'un, etc. Une grande partie de la beauté de ce passage est perdue si l'on ne tient pas compte des mots originaux. Voir Actes 25:16; (note).
J'en appelle à César - Un citoyen libre de Rome, jugé pour un crime et condamné, avait le droit d'en appeler à l'empereur, s'il jugeait la sentence injuste ; mais, avant même que la sentence fût prononcée, il avait le privilège d'en appeler, dans les affaires criminelles, s'il estimait que le juge faisait quelque chose de contraire aux lois. Ante sententiam appellari potest in criminali negotio, si judex contra leges hoc faciat. - Grotius.
L'appel à l'empereur était très respecté. La loi julienne condamnait comme violateurs de la paix publique les magistrats et autres détenteurs de l'autorité qui avaient mis à mort, torturé, flagellé, emprisonné ou condamné tout citoyen romain qui avait fait appel à César. Lege Julia de vi publica damnatur, qui aliqua potestate praeditus, Civem Romanum ad Imperatorem appellantem necarit, necarive jusserit, torserit, verberauerit, condemnaverit, in publica vincula duci jusserit. Pauli Recept. Sent. lib. v. t. 26.
Cette loi était si sacrée et si impérative que, lors de la persécution sous Trajan, Pline n'a pas tenté de mettre à mort des citoyens romains dont il était prouvé qu'ils étaient devenus chrétiens ; c'est pourquoi, dans sa lettre à Trajan, lib. x. Ep. 97, il dit : Fuerunt alii similis amentiae, quos, quia cives Romani erant, annotavi in urbem remittendos. il y avait d'autres personnes coupables d'une folie similaire, que j'ai décidé d'envoyer dans la ville, parce qu'elles étaient des citoyens romains" Il est très probable que ces personnes aient fait appel à César.
Actes 25:12
Conféré avec le conseil - Cette circonstance nous apprend que l'appel de Paul à César était conditionnel, sinon Festus n'aurait pas pu délibérer avec son conseil pour savoir s'il devait être accordé, car il n'avait pas le pouvoir de refuser d'admettre un tel appel. Nous pouvons donc comprendre Paul ainsi : "Si tu refuses d'entendre et de juger cette cause, plutôt que d'aller à Jérusalem, j'en appelle à César." Festus consulta donc le conseil pour savoir s'il devait juger la cause ou envoyer Paul à Rome, et il semble que la majorité ait été d'avis de l'envoyer à César.
As-tu fait appel à César, etc. - Plutôt : Tu en as appelé à César, et c'est à César que tu iras. Les Juifs furent déçus dans leur espoir, et Festus se tira honorablement d'une affaire qui aurait pu le mettre dans un grand embarras.
Actes 25:13
Roi Agrippa - C'était le fils d'Hérode Agrippa, mentionné dans Actes 12:1. À la mort du plus jeune frère de son père, Hérode, il lui succéda dans le royaume de Chalcis, par la faveur de l'empereur Claude : Jos. Antiq. lib. xx. cap. 4, s. 2 ; et Bell. lib. ii. cap. 12, s. 1. Par la suite, Claude le fit passer de ce royaume à un autre plus vaste, en lui donnant la tétrarchie de Philippe, qui comprenait Trachonitis, Batanea et Gaulonitis. Il lui donna également la tétrarchie de Lysanias et la province que Varus avait gouvernée. Jos. Antiq. lib. xx. cap. 6, s. 1 ; Bell. lib. ii. cap. 19, s. 8. Néron fit une autre addition et lui donna quatre villes, Abila, Julias en Pérée, Tarichée et Tibériade en Galilée : Jos. Antiq. lib. xx. cap. 7, s. 4 ; Bell. lib. ii. cap 13, s. 2. Claudius lui donna le pouvoir de nommer le grand prêtre parmi les Juifs ; Joseph. Antiq. lib. xx. cap. 1, s. 3 ; et des exemples de l'exercice de ce pouvoir peuvent être vus dans Joseph. Antiq. lib. xx. cap. 7, s. 8, 11. Ce roi était très attaché aux Romains, et fit tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher les Juifs de se révolter contre eux ; et, quand il ne put l'emporter, il unit ses troupes à celles de Titus, et contribua au siège de Jérusalem : il survécut plusieurs années à la ruine de son pays. Voir l'évêque Pearce et Calmet.
Bérénice, ou, comme on l'appelle quelquefois, Berenice, était soeur de cet Agrippa, et de la Drusilla mentionnée Actes 24:24; : Elle fut d'abord mariée à son oncle Hérode, roi de Chalcis, Jos. Antiq. lib. xix. cap. 9, s. 1 ; et, à sa mort, elle alla vivre avec son frère Agrippa, avec lequel elle était violemment soupçonnée de mener une vie incestueuse. Juvénal, comme à son habitude, mentionne cela de la manière la plus large - Sat. vi. ver. 155 : -
Deinde adamas notissimus, et Berenices
In digito factus pretiosior : hunc dedit olim
Barbarus incestae, dedit hunc Agrippa sorori.
"Ensuite, un diamant de grande valeur, rendu plus précieux par le fait qu'il a été mis au doigt de Bérénice ; un barbare l'a donné à cette femme incestueuse autrefois, et Agrippa l'a donné à sa sœur
Josèphe mentionne le rapport de sa conversation criminelle avec son frère Agrippa, φημης επισχο.υσης, ὁτι τἀδελφῳ συνῃει. Pour se protéger de ce scandale, elle persuada Polémo, roi de Cilicie, d'embrasser la religion juive et de l'épouser, ce qu'il fut incité à faire en raison de ses grandes richesses ; mais elle le quitta bientôt, et il se révolta vers le païen : voir Jos. Antiq. lib. xx. cap. 7, s. 3. Après cela, elle vécut souvent avec son frère, et sa vie n'était pas du tout honorable ; elle s'était cependant adressée à Titus Vespasien pour se lier d'amitié avec lui, et il y avait même des rumeurs selon lesquelles elle deviendrait impératrice - propterque insignem reginae Berenices amorem, cui etiam nuptias pollicitus ferebatur. - Suet. in Vit. Titi. Ce qui fut empêché par les murmures du peuple romain : Berenicen statim ab urbe dimisit, invitus invitam. - Ibid. Tacite aussi, Hist. lib. ii. cap. 1, parle de son intrigue amoureuse avec Titus. D'après tous les témoignages, elle devait être une femme d'une grande adresse et, dans l'ensemble, d'un caractère exceptionnel.
Actes 25:14
Festus savait qu'Agrippa était plus au courant que lui de ces questions, et il voulait en quelque sorte le faire participer à cette affaire.
Actes 25:15
Désirant avoir un jugement contre lui - Au lieu de δικην, jugement, καταδικην, condamnation, sentence de mort, on trouve la lecture de ABC, et de plusieurs autres, qui est probablement authentique. C'est évidemment le sens de l'endroit, quelle que soit la lecture que nous préférons. Rien ne pouvait satisfaire ces hommes que la mort de l'apôtre. Ce n'était pas la justice qu'ils voulaient, mais sa destruction.
Actes 25:16
Il n'est pas dans les habitudes des Romains de livrer un homme à la mort - Χαριζεσθαι τινα. ανθρωπον, Faire un cadeau à un homme ; renoncer gratuitement à la vie d'un homme, par faveur ou par caprice. Il s'agit ici d'une référence au sujet discuté dans Actes 25:11.
Avant que celui qui est accusé ait les accusateurs face à face, etc. - C'est pour cette juste procédure que les lois romaines ont été célébrées dans le monde civilisé. Appien, dans son Hist. Romaine, dit : ου πατριον σφισιν ακριτ ους κατ αδικαζεσθαι. Ils n'ont pas l'habitude de condamner les hommes avant qu'ils n'aient été entendus. Et Philon De Praesid. Rom, dit : τοτε γαρ κοινους ἑαυτους παρεχοντες δικαϚας εξ ισου, και των κατηγορων και απολογουμενων ακουομενοι, μηδενος ακριτου προκαταγινωσκειν αξιουντες, εβραβευον ουτε προς εχθραν, ουτε προς χαριν, αλλα προς την φυσιν της αληθειας, τα δοξαντα ειναι δικαια. "En effet, en prononçant la sentence en commun et en écoutant impartialement le demandeur et le défendeur, sans penser qu'il soit juste de condamner quelqu'un sans l'avoir entendu, ils décidaient de ce qui leur paraissait juste, sans inimitié ni faveur, mais selon le bien-fondé de la cause Voir Bp. Pearce. L'Angleterre peut se vanter d'avoir de telles lois, non seulement dans ses livres de lois, mais aussi en application constante dans toutes ses cours de justice. Même le roi lui-même, s'il le voulait, ne pourrait ni emprisonner ni punir un homme sans la procédure régulière de la loi ; et douze hommes honnêtes, devant lesquels les preuves ont été apportées, l'affaire plaidée, et la loi établie et expliquée, doivent en fin de compte juger si l'homme est coupable ou non coupable. Ici, dans ce pays favorisé, il n'y a pas d'emprisonnements arbitraires - pas de Bastiles - pas de lettres de cachet. Lex facit Regem: la loi fait le roi, dit Bracton, et le roi est le grand exécuteur et gardien des lois - des lois aux yeux desquelles le caractère, la propriété et la vie de chaque sujet sont sacrés.
Actes 25:18
Ils n'ont pas porté d'accusation telle que je l'avais supposée - Il était naturel que Festus, à la première vue des choses, suppose que Paul devait être coupable de quelque crime très atroce. Quand il s'aperçut qu'il avait été arraché deux fois des mains des Juifs, qu'il avait été amené deux ans auparavant à Césarée comme prisonnier, qu'il avait été jugé une fois devant le sanhédrin et une fois devant le gouverneur de la province, qu'il était depuis deux ans en prison, que le souverain sacrificateur et tous les chefs de la nation juive s'étaient unis pour l'accuser, et qu'ils demandaient à grands cris sa condamnation, alors il considéra tout cela comme un crime ; quand, dis-je, il considéra tout cela, il était naturel pour lui de supposer que l'apôtre était quelque misérable flagrant ; mais quand il eut jugé le cas, et entendu leurs accusations et sa défense, quelle ne fut pas sa surprise de constater que presque rien de ce qui équivalait à un crime n'était mis à sa charge ; et que rien de ce qui était mis à sa charge ne pouvait être prouvé !
Actes 25:19
Questions - de leur propre superstition - Περιτης ιδιας δειδιδαιμονιας; Questions concernant leur propre religion. La superstition avait chez les Romains la même signification que chez nous ; et est-il vraisemblable que Festus, qui n'était qu'un procurateur, parlât ainsi à Agrippa, qui était roi, de sa propre religion ? Il n'aurait pu le faire sans lui adresser la plus haute injure. Le mot δεισιδαιμονια doit donc signifier simplement religion - le credo national et le culte national, comme je l'ai largement prouvé dans les observations à la fin de Actes 17:34.
Et d'un seul Jésus, qui était mort, etc. - C'est ainsi que ce pauvre païen parle de la mort et de la résurrection du Christ ! Il y a beaucoup de ceux qui professent le christianisme qui ne semblent pas être beaucoup plus éclairés.
Actes 25:20
J'ai douté de telles questions - Par exemple, s'il avait violé leur loi, souillé leur temple, ou si ce Jésus, qui était mort, était revenu à la vie.
Actes 25:21
A l'écoute d'Auguste - Εις την του ΣεβαϚου διαγνωσιν; A la discrimination de l'empereur. En effet, bien que σεβαϚος soit habituellement traduit par Auguste, et que les empereurs romains aient généralement pris cette épithète, qui ne signifie rien de plus que le vénérable, l'auguste, il semble ici qu'elle soit utilisée simplement pour exprimer l'empereur, sans aucune référence à l'un de ses attributs ou de ses titres.
Actes 25:22
Je voudrais aussi l'entendre moi-même - Un esprit de curiosité semblable à celui d'Hérode, Luc 23:8.
Comme Hérode, le père de cet Agrippa, avait été un instrument si actif pour tenter de détruire le christianisme, qu'il avait tué Jacques et qu'il était sur le point de faire mourir Pierre aussi, si Dieu ne l'avait envoyé à sa place, il n'y a pas de doute qu'Agrippa avait beaucoup entendu parler du christianisme ; et quant à saint Paul, sa conversion était si remarquable que son nom, en rapport avec le christianisme, était connu non seulement dans toute la Judée, mais aussi dans toute l'Asie Mineure et la Grèce. Agrippa pouvait donc naturellement souhaiter voir et entendre un homme dont il avait tant entendu parler.
Actes 25:23
En grandepompe - Μετα πολλης φαντασιας; avec beaucoup de fantaisie, une grande splendeur, une grande parade, une superbe assistance ou une suite splendide : c'est dans ce sens que le mot grec est utilisé par les meilleurs écrivains. Wetstein a très justement remarqué que ces enfants d'Hérode le Grand firent cette pompeuse apparition dans la ville même où, quelques années auparavant, leur père, à cause de son orgueil, avait été frappé par Dieu et dévoré par les vers ! Comme il est rare que les vivants prennent à cœur les jugements de Dieu !
Le lieu d'audience - Une sorte de salle d'audience dans le palais de Festus. Il ne s'agissait pas d'un procès contre Paul ; aucun Juif n'était présent pour l'accuser, et il ne pouvait être jugé qu'à Rome, puisqu'il en avait appelé à César. Ces grands personnages souhaitaient entendre l'homme parler de sa religion et de sa propre défense, par curiosité.
Actes 25:26
Je n'ai rien de certain à écrire - Rien de ce qu'on lui reproche n'a été prouvé.
A mon Seigneur - Le titre de Κυριος, Dominus, Seigneur, Auguste et Tibère l'avaient tous deux absolument refusé et interdisaient, même par des édits publics, de se l'appliquer à eux-mêmes. Tibère lui-même avait coutume de dire qu'il n'était seigneur que de ses esclaves, empereur ou général des troupes, et prince du sénat. Voir Suétone, dans sa vie de ce prince. Les empereurs qui lui succédèrent n'eurent pas cette modestie ; ils portèrent le titre. Néron, alors empereur, l'aurait voulu ; et Pline le jeune le donne continuellement à Trajan dans ses lettres.
Actes 25:27
Car cela me paraît déraisonnable, etc. - Tout lecteur doit se rendre compte de la situation embarrassante dans laquelle se trouvait Festus. Il était sur le point d'envoyer un prisonnier à Rome, pour comparaître devant Néron, bien qu'il n'eût pas un seul chef d'accusation à soutenir contre lui ; et cependant il fallait l'envoyer, parce qu'il en avait appelé à César. Il espérait donc qu'Agrippa, qui était de religion juive, serait capable de discerner plus particulièrement les mérites de cette affaire et pourrait, après avoir entendu Paul, lui indiquer comment rédiger les lettres qui, après l'envoi du prisonnier, devaient être transmises à l'empereur.
Ce chapitre se termine de façon aussi exceptionnelle que le vingt et unième. Il aurait dû commencer à Actes 25:13 et se poursuivre jusqu'à la fin du vingt-sixième chapitre, ou bien les deux chapitres ont été réunis en un seul.
- L'appel de saint Paul à César nous montre qu'il est licite de se prévaloir, même dans la cause de Dieu, des privilèges civils dont sa miséricorde nous a comblés. Il vaut souvent mieux tomber entre les mains des païens qu'entre celles de ceux qui, par suite d'une conception erronée de la religion, ont le coeur rempli d'un zèle amer et persécuteur. Ceux qui peuvent assassiner un homme, prétendument pour l'amour de Dieu, parce qu'il ne pense pas exactement comme eux sur des points cérémoniels ou spéculatifs de la divinité, n'ont aucune part de la religion qui est descendue de Dieu.
Adam Clarke Bible Commentary — Adam Clarke. Domaine public
Actes 25:1
En effet, après la mort d'Hérode Agrippa, Claude jugea imprudent de confier le gouvernement à son fils Agrippa, qui n'avait alors que dix-sept ans ; c'est pourquoi Cuspius Fadus fut envoyé comme procurateur. Lorsque Claude eut remis à Agrippa le tétrarchat de Philippe, celui de Batanea et d'Abila, il conserva néanmoins la province de Judée entre ses mains et la gouverna par l'intermédiaire de procurateurs envoyés de Rome. Joseph. Ant. lib. xx. cap. 7, sec. 1. Félix ayant été destitué, Porcius Festus est envoyé à sa place ; et étant arrivé à Césarée, où le gouverneur romain avait généralement sa résidence, après avoir séjourné trois jours, il monta à Jérusalem pour prendre connaissance de la nature et de l'aspect du gouvernement ecclésiastique des Juifs, sans doute dans le but d'améliorer l'administration de la justice parmi eux.