Dictionnaires bibliques
Vision
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Vision », un article après l’autre.
Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Visio, se dit des diverses manières dont Dieu se manifeste aux patriarches, aux prophètes, aux autres saints. Il leur envoie des anges prophétiques, il leur apparaît en songe pendant la nuit, il éclaire leur esprit, il leur fait entendre sa voix, il les ravit hors d’eux-mêmes et leur fait entendre des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues, et que le cœurde l’homme n’a point comprises. Le Seigneur se fait voir à Moïse, et parle devant lui pendant qu’il est à l’entrée d’une caverne ; Jésus-Christ se manifeste à ses apôtres dans sa transfiguration sur le Thabor et en plusieurs autres rencontres après sa résurrection. Dieu apparaît à Abraham sous la figure de trois voyageurs ; il se montre à Isaïe et à Ézéchiel dans l’éclat de sa gloire : tout cela dans le style de l’Écriture s’appelle vision.
Le Seigneur se fit voir à Abraham en vision (Genèse 15.1-2,5), et lui dit : Ne craignez point, je suis votre protecteur et votre récompense… Ceci arriva la nuit, puisqu’il le conduisit dehors et lui dit : Regardez le ciel et comptez les étoiles si vous pouvez : c’est ainsi que sera votre postérité. Le Seigneur apparut aussi à Jacob pendant la nuit, et lui parla. Il lui dit de ne pas craindre de descendre en Égypte (Genèse 46.2). Moïse ayant aperçu le buisson qui brûlait sans se consumer, dit (Exode 3.3) : J’irai, et je verrai cette grande vision. Aaron et Marie ayant murmuré contre Moïse (Nombres 12.6-8) : S’il se trouve parmi vous un prophète du Seigneur, je lui apparaîtrai en vision, ou je lui parlerai en songe : mais il n’en est pas ainsi de Moïse, mon serviteur ; je lui parle bouche à bouche, et il voit le Seigneur, non en figure et par énigme, mais visiblement et manifestement. Balaam, ce mauvais prophète dont le cœur était si corrompu, dit de lui-même qu’il voit les visions du Tout-Puissant (Nombres 24.14-16). En effet Dieu lui fit paraître son ange qui l’arrêta en chemin, et il lui mit en la bouche d’excellentes prophéties concernant la venue du Sauveur. Du temps du grand prêtre Héli, la parole du Seigneur était rare et précieuse dans Israël, et la vision n’y était pas manifeste (1 Sam 3.1). Il n’y avait point de prophète reconnu. En voilà assez pour donner une juste notion du terme vision.
Vision se prend pour les prophéties écrites des prophètes : Visions d’Abdias. Liber visionis Nahum. Visio Isaioe filii Amos. Scriptum est in visione Addo videntis, etc.
Vision se met aussi pour les instructions ou les maximes de sagesse contenues dans les chapitres 30 et 31 des Proverbes. Le premier est attribué à Agur, et le second à Lamuel (Proverbes 30.1)
Vision signifie souvent une simple apparence, ce qui paraît aux yeux. Le Messie ne jugera pas selon l’apparence (Isaïe 11.3). Ézéchiel décrivant le trône de Dieu, dit que les roues sur lesquelles il était porté ressemblaient à la mer (Ézéchiel 1.16). Et ailleurs il dit que la majesté de Dieu lui parut depuis les reins jusqu’en bas comme un métal tout eu feu (Ézéchiel 8.2). Saint Jean dans l’Apocalypse (Apocalypse 4.3) dit qu’il vit autour du Seigneur comme l’iris de couleur d’émeraude.
Vision marque quelquefois les vaines prophéties des visionnaires. Les faux prophètes n’ont que des visions trompeuses (Jérémie 23.16). Ceux qui voient des visions, les visionnaires, seront confondus (Michée 3.7).
Vision
En quelque endroit marque les spectres et les fantômes qui paraissent quelquefois et qui effrayent les méchants. Moïse semble vouloir désigner les horribles visions de cette nature qu’eurent les Égyptiens pendant que leur pays fut couvert de ténèbres (Deutéronome 4.34). L’auteur de la Sagesse en parle distinctement (Sagesse 17.9-10 ; 18.19). Éliphaz dans Job, décrit la frayeur dont il fut saisi lorsque l’esprit lui parla pendant la nuit (Job 4.13) : Dans l’horreur d’une vision nocturne la frayeur me saisit, je fus tout tremblant, tous mes os furent frappés de crainte, les çheveux me dressèrent, lorsque l’esprit passa devant moi. Il se présenta en ma présence sous un visage inconnu, etc. Voyez aussi Job (Job 7.14).
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Dans l’Ancien Testament, la vision est tenue pour un phénomène étroitement apparenté au songe (voir ce mot), voie normale de la révélation divine.
Ces deux termes font souvent allusion à la même expérience, et sont à peu près équivalents dans le parallélisme hébreu, le songe étant plutôt la forme et la vision le contenu (Daniel 1.17 ; Daniel 2.28 ; Daniel 4.5, cf. Joël 2.28).
L’expression « vision de la nuit » (Daniel 2.19 ; Job 4.13 ; Genèse 46.2, cf. 1 Samuel 3.1-15 ; Actes 16.9) reflète la même conception : Dieu parle aux hommes pendant la nuit, quand les yeux sont fermés et les facultés conscientes suspendues par le sommeil.
Mais la vision est présentée aussi comme un état d’exaltation, d’extase (voir ce mot) accompagné de perception spirituelle très vive (Actes 11.5 ; Actes 22.17, cf. Genèse 15.12 dans les LXX). Cet état, différent du songe, est favorisé par le jeûne, la prière et la discipline intérieure (Daniel 10.2 ; Daniel 10.9).
Toutefois, la vision extatique objective, avec représentations symboliques destinées à révéler les choses à venir (Daniel) ou la nature et les intentions de Dieu (Ézéchiel, Zacharie), n’apparaît que dans les derniers livres de l’Ancien Testament. Ces expériences mystiques sortent du cadre habituel dans lequel se manifeste la révélation divine.
Pour les premiers prophètes déjà, la vision était avant tout un moyen dont Dieu se servait pour faire connaître sa volonté ; la révélation était essentiellement intérieure et morale (Ésaïe 1.1 ; Ésaïe 2.1, etc., cf. 1 Samuel 3.1 ; Psaumes 89.20). La conscience prophétique est née, non pas tant de théophanies particulières, que d’une sorte de contrainte intérieure poussant certaines individualités à rechercher, à discerner les intentions de Dieu et à les proclamer (Amos 7.14 et suivant, Ésaïe 6.5 ; Jérémie 1.4 et suivants, Ézéchiel 3.12 et suivant). Les extases (voir ce mot) et les visions restent des expériences exceptionnelles (Amos 7.1 ; Amos 8.1 ; Ésaïe 6 ; Jérémie 1.11 ; Jérémie 1.13).
Dans le Nouveau Testament, on trouve une allusion de Paul à des visions qu’il a eues (2 Corinthiens 12.1). Ce passage souligne peut-être le caractère objectif de l’expérience qu’il a faite sur le chemin de Damas (Galates 1.11 ; Galates 1.17 ; 1 Corinthiens 9.1 ; 1 Corinthiens 15.8). Des visions sont aussi rapportées dans Luc 12 ; Actes 10,11,16. Le même terme est appliqué à la transfiguration dans Matthieu 17.9 (cf. Marc 9.9; Luc 9.36 : « les choses qui ont été vues »). Mais dans le Nouveau Testament, c’est l’Apocalypse (voir ce mot), avec ses scènes symboliques et imagées, qui est par excellence le livre des visions. Alc. R.
Voir Prophète, Apocalypses, etc.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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