Dictionnaires bibliques
Verre
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Verre », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
Il n’est pas douteux que les Israélites n’aient appris de bonne heure à connaître ce produit de l’industrie phénicienne ; leurs relations de voisinage et de commerce ne purent leur laisser ignorer longtemps une découverte aussi remarquable qu’utile, et nous voyons déjà le verre mentionné dans Job 28.17, sous le nom de zekoukith, quoique quelques interprètes pensent que ce nom désigne le cristal de roche, et que nos versions (et Luther) l’aient rendu par diamant. Les Arabes actuels n’ont qu’un mot pour désigner le cristal et le verre, et il est possible qu’il en ait été de même des Hébreux. D’après le Targum de Jonathan, c’est aussi au verre que Moïse fait allusion dans la bénédiction de Zabulon et de Issacar, lorsqu’il dit qu’ils suceront l’abondance de la mer, et les choses les plus cachées dans le sable (Deutéronome 33.19). Il est enfin parlé de verre dans le Nouveau Testament (Apocalypse 21.18-21 ; cf. 4.6 ; 13.2). Les anciens ne s’en servirent pendant longtemps que pour faire des vaisseaux à boire et des vases à liqueur ; l’usage des fenêtres et des miroirs ne fut introduit que plus tard.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Vitrum. Le verre est aujourd’hui fort commun, et personne n’ignore ce que c’est. On ne convient pas de son origine ; je veux dire de celui qui en est le premier inventeur. Pline raconte que quelques marchands étant arrivés avec leur navire au bord de Ptolémaïde, et voulant faire du feu pour cuire à manger, prirent dans leur vaisseau quelques mottes de nitre qu’ils portaient, parce qu’il ne se trouva pas de pierres communes sur le rivage propres à leur dessein, et ayant allumé un grand feu, ils virent avec étonnement que le sable se fondait et formait la liqueur transparente dont on a fait le verre. Cette invention se perfectionna bientôt, et les Phéniciens, toujours laborieux et industrieux, répandirent l’usage du verre dans tous les lieux où ils trafiquèrent ; c’est-à-dire, sur toutes les côtes et dans toutes les lies de la Méditerranée. On ne nous dit pas quand ceci arriva ; on ne donne pas même cette histoire comme chose fort certaine ; mais il paraît indubitable que c’est dans la Palestine et aux environs de Ptolémaïde et de Sidon, que l’on trouva la manière de faire le verre.
Moïse (Deutéronome 33.19) semble avoir voulu marquer le verre et le grand trafic qui s’en faisait dans les lieux dont nous avons parlé, lorsqu’en donnant sa dernière bénédiction à Zabulon, qui avait son partage dans ces cantons-là, il dit : Ils suceront comme le lait les richesses de la mer et les trésors cachés dans le sable. Ces richesses de la mer et ces trésors cachés dans le sable ne sont autres, selon le paraphraste Jonathan, le rabbin Salomon, et quelques autres interprètes, que la pourpre que l’on teignait à Tyr et le sable dont on faisait du verre dans le même pays. Josèphe parle du sépulcre de Memnon, près de Ptolémaïde et du fleuve Bélus, dont le sable sert principalement à faire du verre. C’est, dit-il, une espèce de vallon d’environ cent coudées, où s’amasse quantité de sable propre à faire du verre, et quoiqu’on en lire souvent de quoi remplir plusieurs vaisseaux, il ne s’épuise jamais, mais se remplit d’un nouveau sable. Pline parle du même fleuve Bélus, qui se dégorge dans la mer proche de Ptolémaïde. Le sable qui est à son embouchure, à la longueur de cinq cents pas, fournit depuis tant de siècles la matière pour faire le verre. Strabon assure pourtant que tout le sable du bord de la mer, depuis Ptolémaïde jusqu’à Tyr, est propre à faire ces sortes d’ouvrages. Quoi qu’il en soit, l’hébreu chol, ou hot, ou hul, qui signifie du sable, est apparemment la racine du grec yalos, qui signifie du verre.
Job parle aussi du verre sous le nom de séchochit (Job. 28.17) : L’or et le verre ou le cristal ne sont pas comparables au prix de la sagesse. Le nom sechochit vient d’une racine qui signifie briller, être pur, net, transparent, ce qui convient parfaitement au verre et au cristal. Ces matières autrefois étaient beaucoup plus précieuses et plus recherchées qu’elles ne sont aujourd’hui. Ces deux passages de Moïse et de Job prouvent l’antiquité du verre.
On trouve assez souvent dans l’Écriture le nom de crystallus ; mais le plus souvent il signifie de la glace ou de la gelée ; par exemple (Psaumes 147.17) : crystallum suam sicut buccellas. Dieu envoie la glace ou la grêle comme des morceaux de pain ; l’Hébreu : Il envoie la glace comme des bouchées. La grêle est une glace ou une eau gelée et comme coupée en morceaux. L’Ecclésiastique parle aussi de cristal ou plutôt de glace (Ecclésiaste 43.22) ; et Ézéchiel (Ézéchiel 1.22) : Quasi aspectus crystalli. Il y avait au-dessus des quatre animaux comme un ciel de cristal ou de glace, selon l’Hébreu. Et saint Jean dans son Apocalypse (Apocalypse 4.6) décrit une mer de verre semblable au cristal ou à la glace : Mare vitreum simile crystallo. Comme dans le grec crystallus se prend pour la glace, et pour le cristal, on ne peut deviner s’il a voulu désigner l’un ou l’autre.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Son invention remonte à une très haute antiquité, et il dut être connu de bonne heure par les Hébreux (Job 28.17).
La soufflerie du verre est représentée par de très vieilles peintures découvertes à Beni-Hassan ; nombre de tombeaux antiques remis au jour par les fouilles archéologiques, en Égypte en particulier, renfermaient des objets de verre : perles, colliers, etc. Des découvertes semblables ont été faites dans les palais assyriens de Nimrod ou de Sargon.
À qui appartient la découverte du verre ? Les Phéniciens en fabriquaient à Sidon et en exportaient dans tous les pays : la découverte leur est-elle due ? On l’ignore. Sans doute Pline raconte que des marins phéniciens en eurent la révélation en se servant de blocs de natron comme de dessous de plats ; mais plus probable est l’hypothèse de feux allumés sur des sables riches en natron et en soude. Les sables fins déposés par la rivière Belus (aujourd’hui Nahr Namân), dont l’embouchure est à 2 km au sud d’Acre, sont comme le disait aussi Pline particulièrement propices à la fabrication du verre ; on les exportait en grandes quantités aux ateliers de fabrication de Sidon et d’Alexandrie. Ce fut évidemment, avec les coquillages dont on tirait la pourpre, un des « trésors cachés dans le sable » qui devaient faire vivre les tribus côtières (Deutéronome 33.19).
Le verre était en effet tenu par l’antiquité pour une substance précieuse, presque autant que l’or (Job 28.17) ; on l’employait surtout pour les objets de toilette et de luxe (voir Ornements). Coloré, il était comparable aux plus belles pierres précieuses. Les Égyptiens savaient particulièrement le travailler, le rehaussant même d’or et d’émail. Les colliers de verre qu’on a retrouvés de l’époque de la célèbre reine égyptienne Hatsepout (ou Hatasou) représentent en effet le temps où le commerce entre Égypte et Phénicie battait son plein. Le verre antique était opaque : aussi un verre transparent comme du cristal était-il extraordinaire ; c’est le sens de la vision de la mer transparente (grec hyaline), ou de verre, comme du cristal, dans Apocalypse 4.6 ; Apocalypse 15.2 (voir Mer).
Quant au « verre » d’eau (Marc 9.41 ; Matthieu 10.42), le grec potèrion désigne seulement un récipient servant à boire ; nos versions le traduisent par coupe (voir ce mot) dans Marc 7.4 ; Matthieu 23.25 et suivant, Luc 11.39, etc. Le verre étant encore un luxe à cette époque, il s’agit plus probablement de la coupe ordinaire, de terre cuite ou de métal bon marché.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal