Dictionnaires bibliques

Sang

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Sang », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Dieu défendit dès le commencement du monde (Genèse 9.4-6) de manger ni le sang seul, ni le sang mêlé avec la chair, c’est-à-dire, les chairs étouffées et dont on n’aurait pas tiré le sang, parce que l’âme de l’animal est dans le sang (Lévitique 19.11 Deutéronome 12.23) ; c’est-à-dire, la vie animale dépend tellement du sang, que l’animal ne peut vivre sans cela. De là viennent les diverses acceptions du terme sang.

1° Il se prend pour la vie. Dieu répétera le sang de l’homme ; c’est-à-dire, il punira l’homicide, de quelque manière qu’il soit arrivé. Que son sang soit sur nous : qu’on nous impute sa mort. La voix du sang d’Abel crie vers le Seigneur ; le meurtre commis sur sa personne crie vengeance (Nombres 25.24-27) celui qui doit tirer vengeance d’un meurtre commis en la personne de son parent.

2° le sang se met pour la parenté. Nul ne s’approchera de la femme qui est sa proche parente : (Lévitique 18.6). Aman était étranger au sang des Perses (Esther 16.10) ; il était d’une race étrangère.

3° le sang se met pour ce qui arrive d’ordinaire aux femmes (Lévitique 20.18). Et (Lévitique 15.24).

4° La chair et le sang sont souvent opposés à l’esprit et à la raison. Ce n’est pas la chair et le sang qui vous ont révélé cela ; c’est mon Père qui est dans les cieux (Matthieu 16.17). La chair et le sang ne posséderont point le royaume de Dieu (1 Corinthiens 15.50). Vous n’avez point à combattre contre la chair et le sang, contre des ennemis visibles, composés de chair et de sang, mais contre les princes et les puissances de ce monde (Éphésiens 6.12), contre les démons, etc.

5° Le vin est aussi nommé le sang de la vigne (Deutéronome 32.14). Et Juda lavera son manteau dans le sang du raisin.(Genèse 49.11).

6° Les prêtres sont établis de Dieu pour juger entre lèpre et lèpre, entre sang et sang (Deutéronome 17.8) ; c’est-à-dire, pour juger dans les matières criminelles et où il s’agit de la mort d’un homme, si le meurtre est casuel ou volontaire, ou s’il est digne de pardon.

7° David dit qu’il ne boira point le-sang (1 Chroniques 11.19) de ses héros qui avaient exposé leur vie pour lui aller quérir de l’eau à la citerne de Béthléem ; c’est-à-dire, qu’il ne boira pas de cette eau qui a failli leur coûter la vie.

8° Dieu s’était réservé le sang de toutes les victimes, comme maître absolu de la vie et de la mort. On devait répandre le sang des animaux sur son autel, ou au pied de son autel, selon la nature des sacrifices ; et si l’on était trop éloigné du temple, on le versait à terre et on le couvrait de poussière. Ce sang des victimes de l’Ancien Testament n’était que la figure du sang que Jésus-Christ a versé pour nous, et qui nous a mérité le pardon de nos péchés.

Homme de sang, époux de sang, c’est-à-dire, un homme cruel et sanguinaire ; une ville meurtrière et coupable du sang des saints et des prophètes ; un époux acheté au prix du sang, ou qui est l’occasion et la cause innocente de l’effusion du sang de ses fils : c’est ainsi que Séphora appela Moïse, son mari, lorsqu’elle eût donné la circoncision à ses fils pour les garantir de la mort dont ils étaient menacés. Bâtir sa maison dans le sang (Hébreux 2.11) ; c’est-à-dire, par l’oppression et le sang des malheureux. Laver ses pieds dans le sang (Psaumes 57.11) ; remporter une victoire sanglante et signalée. La Vulgate lit : Laver ses mains : mais l’Hébreu porte : Il lavera ses pieds. Le vengeur du sang (Nombres 35.27) est celui qui, selon l’usage, était chargé comme plus proche parent de poursuivre la vengeance du meurtre de son parent. Rechercher le sang, c’est-à-dire, se venger.

Délivrez-moi du sang : (Psaumes 50.16) ; pardonnez-moi le meurtre d’Urie que j’ai fait mettre à mort. Je visiterai le sang de Jézabel (Osée 1.4) ; je vengerai le sang qu’elle a répandu (Osée 4.2) : Ils commettent meurtre sur meurtre. Un sang n’est pas essuyé qu’ils en répandent un autre. La lune se changera en sang (Joël 2.31), elle paraîtra rouge comme le sang. Vivez dans votre sang (Ézéchiel 16.6). Je vous ai vue toute souillée du sang de votre naissance, et je vous ai dit : Malgré cette impureté dont vous êtes chargée, je veux vous donner la vie (Zacharie 9.11). Il parle de Jésus-Christ. Vous avez délivré vos captifs, les saints Pères qui étaient dans l’enfer, vous les avez rachetés par le sang de votre alliance que vous avez répandu pour eux. Quelques-uns l’expliquent de la délivrance des Hébreux de l’Égypte : Dieu les a tirés de cette prison par le sang de son alliance, de son Agneau pascal. On dit que le sang crie (Genèse 4.10-11) de dessus la terre, que la terre a bu le sang, qu’elle est enivrée de sang (Isaïe 34.7) ; que le sang est dans les mains de quelqu’un ; que le sang est sur la tête de quelqu’un, etc. Toutes ces expressions s’entendent mieux par la force qui les accompagne que par tous les commentaires qu’on pourrait faire pour les expliquer.

Le sang de Jésus-Christ est le prix de notre salut ; c’est par son sang qu’il a acquis son Église (Actes 20.28). C’est par le mérite de son sang que nous acquérons la justification et la rémission de nos péchés : (Romains 5.9). Et encore (Éphésiens 1.7 Colossiens 1.4). C’est par son sang qu’il a pacifié toutes choses au ciel et en la terre (Colossiens 1.20). C’est par son sang qu’il est entré dans le ciel et qu’il nous en a procuré l’entrée (Hébreux 9.14). Son sang est le sang de l’alliance nouvelle et éternelle (Hébreux 13.20), qui a été répandu pour les péchés des hommes, qui nous sert de breuvage, et qui est en nous un gage de l’immortalité.

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

L’article dans Calmet

Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

Comme la plupart des peuples orientaux, les Hébreux ont considéré le sang avec un sentiment de crainte religieuse : il était à leurs yeux chose sacrée parce qu’ils y voyaient le véhicule de la vie. « L’âme de la chair, disaient-ils, est dans le sang » (Lévitique 17.11), ou même, de façon plus catégorique encore : « L’âme de toute chair, c’est son sang » : (Lévitique 17.14 ; Deutéronome 12.23) cette conception résultait, sans doute, du fait d’observation courante qu’avec le sang qui s’écoule d’un corps s’échappe en même temps la vie.

De cette façon de voir dérivait toute une série de tabous, d’usages et de prescriptions d’ordre rituel ou social (voir Sacrifices).

1.

Interdiction absolue de faire entrer le sang dans l’alimentation (Deutéronome 12.16 ; Deutéronome 12.23 ; Lévitique 3.17 ; Lévitique 7.27 ; Lévitique 17.10 ; Lévitique 17.12 ; Lévitique 17.14 ; Genèse 9.4) ; les animaux de boucherie ne devaient être ni assommés, ni étouffés, mais toujours égorgés : leur sang devait être « répandu comme de l’eau et recouvert de terre » (Deutéronome 12.24 ; Deutéronome 15.23 ; Lévitique 17.13 ; Ézéchiel 24.7) ; même pour le gibier tué à la chasse on devait veiller avec soin à en exprimer tout le sang avant de le cuire (Lévitique 17.13). C’était une abomination de violer ces prescriptions (1 Samuel 14.31-35 ; Ézéchiel 33.25), et quiconque s’en rendait coupable devait être « retranché du milieu du peuple », c’est-à-dire exclu de la communauté théocratique (Lévitique 17.10 ; Lévitique 17.14). Les règles rabbiniques de la mise à mort des animaux destinés à l’alimentation étaient d’une minutie extrême. Au début du christianisme, on attachait encore tant d’importance à cette interdiction dans les milieux judéo-chrétiens que ceux-ci obtinrent du concile de Jérusalem qu’elle fût nettement imposée aux païens convertis (Actes 15.29 ; Actes 21.25). Voir Pur et impur.

2.

Obligation de recueillir à part le sang des victimes des différents sacrifices : il ne devait pas être brûlé avec la chair et la graisse, mais, selon les cas, répandu en aspersion autour de l’autel ou sur les cornes de l’autel (Lévitique 1.5 ; Lévitique 1.11 ; Lévitique 1.15 ; Lévitique 3.2 ; Lévitique 3.8 ; Lévitique 3.13 ; Lévitique 4.5-7 ; Lévitique 5.9).

3.

Valeur attribuée au sang comme moyen de sceller solennellement un pacte (cf. Genèse 15.10 ; Genèse 15.17 ; Jérémie 34.18) et d’établir une sorte de lien de vie entre les parties contractantes (Exode 24.4 ; Exode 24.8 ; Hébreux 9.18-21) ; cette idée se retrouve dans le symbole de la sainte Cène (1 Corinthiens 11.25 ; Matthieu 26.28) et dans les notions de propitiation et d’expiation (voir ces mots) appliquées au sacrifice de Jésus-Christ (Hébreux 13.20).

4.

Recherche de la protection par le sang dont on enduit les portes des maisons : (Exode 12.7) rite en rapport avec la fête de l’agneau pascal.

5.

Emploi du sang à titre de symbole ou même d’agent dans les cérémonies de purification rituelle, qu’il s’agisse d’êtres vivants ou de choses inanimées (Lévitique 14.4-7 ; Lévitique 14.14 ; Lévitique 14.49-53).

6.

Pratique de la vengeance du sang : étant admis que dans le sang versé par meurtre réside l’âme de la victime qui crie et appelle son vengeur (Genèse 4.10 ; Job 16.18), c’était un devoir de prendre vie pour vie (Exode 21.23 ; Lévitique 24.18 ; Deutéronome 19.21 ; Genèse 9.6 ; Juges 8.18-21 ; 2 Samuel 3.27 ; 2 Samuel 14.4-7). Voir Vengeur du sang.

Le sang est naturellement très souvent mentionné dans la Bible, au sens propre (1 Rois 22.35 ; Marc 5.25 ; Marc 5.29 etc.) et en divers sens figurés. Il représente le plus souvent la victime d’une mort violente (Deutéronome 22.8 ; Matthieu 27.24 et suivant, etc.), et plus spécialement d’un crime (Proverbes 1.16 ; Siracide 8.16 ; Siracide 12.16 etc.) ; d’où la personnification mise dans les locutions courantes : le sang innocent (Proverbes 6.17 ; Ésaïe 59.7 ; Matthieu 27.4 etc.), la voix du sang qui crie (Genèse 4.10, 2 Macchabées 8.3), et le symbolisme du sang dans l’Apocalypse à propos des martyrs (Apocalypse 6.10 ; Apocalypse 17.6 ; Apocalypse 18.24 etc.).

Signalons aussi la métaphore poétique désignant le vin comme le sang des raisins, ou de la vigne (Deutéronome 32.14 ; Siracide 39.26 ; Siracide 50.15). L’événement tragique auquel il est fait allusion dans Luc 13.1 dut consister en une répression de surprise commandée par Pilate aux soldats romains, qui durent égorger sur place des Galiléens en train d’offrir des sacrifices ; un incident analogue est rapporté dans Josèphe (Antiquités judaïques, XVII, 9.3).

La sueur de sang dont la mention est due au seul évangéliste médecin (Luc 22.44) rappelle des cas constatés par la science, où sous l’effet de grandes émotions le sang traverse la paroi des vaisseaux et transpire par les pores avec la sueur.

De même l’épanchement de sang et d’eau, sous le coup de lance porté au côté du Seigneur crucifié, permet de penser que sa mort était due à une rupture du cœur, qui pouvait être suivie, à l’intérieur du péricarde, d’une décomposition du sang extravasé en grumeaux rouges et en sérum aqueux. L’Église primitive a vu là un symbole des sacrements (cf. 1 Jean 5.6-8).

Pour l’expression « la chair et le sang », au sens de nature humaine et parenté humaine (Matthieu 16.17 ; Galates 1.16 etc.), voir Chair 2.

Pour le « champ du sang », voir Aceldama.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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