Dictionnaires bibliques
Racine
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Racine », un article après l’autre.
Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
La cupidité est la racine de tous les maux et de tous les péchés que nous commettons (1 Timothée 6.10), la, racine, c’est-à-dire, la source, la cause. Qu’on ne voie point parmi vous des hommes dangereux qui attirent sur vous les effets de la colère de Dieu (Deutéronome 39.18) ; des racines de fiel et d’amertume. Cherchons contre lui des sujets de discours et de répréhension, ou cherchons des occasions de l’accuser (Job 19.28) ; l’Hébreu, la racine de la parole est en moi : je suis toujours en état de me bien défendre. Il arrachera votre racine de la terre des vivants ; il vous, arrachera du monde et vous exterminera (Psaumes 51.7).
La racine peut aussi marquer la race, les descendants (Proverbes 12.3), la racine des justes ne sera point ébranlée ; et Jérémie (Jérémie 12.2) : D’où vient que les impies prospèrent en toutes choses ? Vous les avez plantés et ils ont pris racine. Dans Daniel, dans les livres des Machabées, Antiochus Épiphane, persécuteur des Juifs, est représenté comme un germe, un bourgeon, une racine d’iniquité, sortie des rois successeurs d’Alexandre le Grand. Et Jésus-Christ dans sa passion nous est dépeint comme une racine mal nourrie, plantée dans une terre aride (Isaïe 53.2). Et ailleurs, il est nommé, la racine de Jessé (Isaïe 11.1-10).
Dans un sens contraire, saint Paul dit que les Juifs sont comme la racine (Romains 11.16-18) qui porte l’arbre sur lequel les gentils sont greffés, et que les patriarches sont la racine pure et sainte, dont les Juifs sont comme les branches. Si radix sancta, et rami. Et ailleurs, que Jésus-Christ est la racine sur laquelle les chrétiens sont fondés, et dont ils tirent leur vie et leur subsistance (Colossiens 2.7).
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Pour les fonctions des racines (cf. Sagesse 7.20), et pour divers textes caractéristiques, voir Plante. Dans les passages qu’il nous reste à citer ici, l’hébreu chôrèch et le grec rhiza sont pris dans un sens figuré (à part Job 30.4). Le tableau du croyant comparé à l’arbre fertile dans Jérémie 17.8 ajoute à celui du Psaume 1 la mention de ses racines ; même mention pour le cèdre sans rival, emblème de l’Assyrie (Ézéchiel 31.7). En de telles images, les racines étendues représentent la vigueur, la permanence et les promesses d’avenir d’une personne ou d’un peuple (Osée 14.5 ; 2 Rois 19.30) =(Ésaïe 37.31 ; Job 8.17 ; Psaumes 80.10) ; la souche ébranchée mais dont les racines sont respectées est destinée à reprendre vie (Daniel 4.15 ; Daniel 4.23 ; Daniel 4.26), Aussi les annonces de châtiment total impliquent-elles des racines desséchées ou pourries (Ésaïe 5.24 ; Ézéchiel 17.5 ; Ézéchiel 17.10 ; Job 18.16 ; Marc 11.20), ou bien une destruction portée jusqu’aux racines (Amos 2.9 ; Malachie 4.1 ; Job 31.12 Siracide 10.16, Matthieu 3.10), quand ce n’est pas le déracinement proprement dit (Psaumes 52.7, Sag. 4.4, Matthieu 15.13 ; Jude 1.12), trop facile et contre-indiqué quand il s’agit d’arracher l’ivraie dans le blé en herbe (Matthieu 13.29), difficile quand il s’agit d’un arbre que Dieu peut faire reprendre vie ailleurs, fût-ce dans la mer (Luc 17.6). Si l’image de l’arbre s’applique aux générations successives, les racines deviennent l’équivalent de la race, de la postérité : celle du serpent (Ésaïe 14.29), des impurs (Siracide 40.15 ; Siracide 40.23-25), des méchants (Jérémie 12.2), celle d’un roi du Midi (Daniel 11.7), celles des prudents ou des coupables (Sagesse 3.15 et suivant), celle de David (Apocalypse 5.5 ; Apocalypse 22.16). Dans ces deux derniers textes, nos versions disent : rejeton (voir ce mot), comme ailleurs où l’original parle bien de racine (Ésaïe 11.10 ; Ésaïe 53.2 ; Siracide 3.9 ; Siracide 47.22 ; 1 Macchabées 1.10 etc.). Une inscription d’Antiochus Ier (vers 50 avant Jésus-Christ) exprime l’idée inverse, celle des ancêtres : « Les Perses et les Grecs, racine de ma très heureuse famille ». C’est que la racine peut aussi servir de terme concret pour la notion abstraite de cause (ex., Deutéronome 29.18, cité par Hébreux 12.15 d’après LXX), d’origine (Siracide 1.6 ; Siracide 1.20), de principe (Sagesse 15.3). Pour revenir à des sens concrets, la poésie hébraïque peut attribuer aussi des racines soit à la mer : ses profondeurs, soit aux montagnes : leurs fondements, soit aux pieds : leurs plantes [et non leurs pas] (Job 36.30 ; Job 28.9 ; Job 13.27). Enfin, plusieurs métaphores évoquent quelque influence extérieure s’exerçant par la racine dans un sens ou dans un autre : la plante du mal prenant racine en l’homme ( Siracide 3.28), la sagesse prenant racine en Israël (Siracide 24.12), le chrétien étant enraciné dans l’amour (Éphésiens 3.18), en Jésus-Christ (Colossiens 2.7).
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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