Dictionnaires bibliques
Philippe
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Philippe », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
Les livres apocryphes connaissent trois hommes de ce nom, que nous ne rappelons ici que pour mémoire, le père d’Alexandre-le-Grand (1 Maccabées 1.4 ; 6.2), le roi de Macédoine fils de Démétrius II, vaincu par le proconsul Quinctius Flaminius ; il y est fait allusion (1 Maccabées 8.5) ; enfin un favori d’Antiochus Epiphanes qui fut nommé gouverneur de la Judée (2 Maccabées 5.22).
On trouve dans le Nouveau Testament quatre hommes et une ville de ce nom.
1°. Fils d’Hérode le Grand et de Cléopâtre, qui devint à la mort de son père tétrarque dans la Batanée, la Gaulonite, la Trachonite, la Panéade, l’Auranite et l’Iturée (Luc 3.1). D’un caractère doux et facile, de beaucoup le meilleur des fils d’Hérode, il s’occupa avec zèle des affaires publiques, agrandit la ville de Bethsaïda qu’il nomma Juliade en l’honneur de la fille d’Auguste, embellit et fortifia la ville de Panéade au pied du Panium, non loin des sources du Jourdain, la nomma Césarée en l’honneur de Tibère, et vit son nom réuni à celui de son maître dans la désignation de cette ville qu’il était nécessaire de distinguer de l’autre Césarée (Matthieu 16.13 ; Marc 8.27). Il mourut à Juliade, la vingtième année de Tibère, l’an 33 ou 34 de l’ère chrétienne, après un règne d’environ trente-cinq ans. Comme il n’avait point d’enfants, ses possessions passèrent à la province romaine de Syrie.
2°. Connu dans l’histoire sous le nom d’Hérode (Luc 3.19), paraît avoir, en effet, porté ces deux noms. Il était frère de père du précédent, fils de Hérode le Grand et de la seconde Mariamne, fille du Grand prêtre Simon. Déshérité par son père, il eut une vie obscure, et n’est guère connu que par sa femme et sa fille. Hérodiade, aigrie peut-être de l’obscurité de son mari, se laissa séduire par Hérode Antipas, frère de celui-ci (Matthieu 14.3 ; Marc 6.17). Salomé sa fille épousa, dit-on, son oncle, Philippe, celui dont il est parlé ci-dessus, voir Hérode.
3°. Apôtre, de Bethsaïda, disciple d’abord de Jean-Baptiste, puis de Jésus (Matthieu 10.3 ; Marc 3.18 ; Luc 6.14 ; Actes 1.13). Il fut l’un des premiers à qui le maître dit : Suis-moi. C’est l’Évangile de selon Jean qui nous donne le plus de détails sur sa vie, sans qu’il y en ait assez cependant pour qu’on puisse déterminer bien exactement son caractère. Ainsi sa vocation est racontée (1.43ss), et d’après les détails qui en accompagnent le récit, d’après la conversation de Philippe avec Nathanaël, on voit que Jésus avait eu déjà un entretien particulier avec son nouveau disciple, et qu’il s’était fait connaître à lui. Les paroles de Philippe à Nathanaël : « Viens et vois » montrent déjà que l’esprit du christianisme est le prosélytisme, et en outre que c’est un prosélytisme chrétien qui repose sur la preuve et la persuasion. Le Seigneur veut éprouver la foi de Philippe (Jean 6.5), c’est pour cela qu’il lui dit lors du miracle de la multiplication des pains : « D’où achèterons-nous des pains, afin que ceux-ci mangent ? » Il est inutile de rechercher si Philippe était chargé de quelques fonctions spéciales dans le collège des apôtres ; c’est peu probable, et d’ailleurs ce n’est pas là qu’on doit chercher pourquoi notre Seigneur s’adresse à Philippe plutôt qu’aux autres ; l’évangéliste nous explique la demande du Seigneur. L’apôtre ne comprenant pas même que Jésus voulût l’éprouver, lui répond comme ayant oublié les miracles précédents de son maître : Deux cents deniers de pain ne suffiraient pas, quand chacun n’en prendrait qu’un petit morceau. Sa foi, comme celle de ses collègues, avait encore besoin d’être raffermie. Quelques Grecs prosélytes, ou des Juifs demeurant parmi les gentils, désirant voir Jésus, s’adressent à Philippe (12.21) qui n’ose les présenter seul, consulte André, et se rend avec lui auprès du Seigneur ; la réponse qu’il leur donna permet de croire que ces Grecs nourrissaient à son sujet quelques-unes des idées alors assez répandues d’une royauté terrestre (cf. Matthieu 20.20 ; Marc 10.35) ; ils avaient peut-être été témoins de son entrée triomphale à Jérusalem, ils avaient entendu les cris et les vœux de la multitude, ils désiraient voir pour se le concilier le futur roi du pays. L’historien sacré ne dit pas si la réponse du Seigneur les attira ou si elle les repoussa, s’ils se joignirent à lui ou s’ils s’en éloignèrent. Enfin, comme Jésus enseignait ses disciples et qu’il les préparait à une prochaine séparation en leur disant que quiconque le connaissait connaissait aussi son père (14.8), Philippe, dont la foi n’était pas encore assez simple pour comprendre le sens naturel des paroles de son maître, ni assez éclairée pour se rappeler qu’il y a dans les révélations de Dieu des mystères insondables, lui dit : « Montre-nous le père, et cela nous suffit » ; il reçut pour réponse ces paroles pleines à la fois de douceur et de reproche : Philippe, je suis depuis si longtemps avec vous, et tu ne m’as point connu ! celui qui m’a vu a vu mon père. Paroles qui résument toute la doctrine chrétienne sur les rapports du Père et du Fils, en établissant leur inséparable unité sans confusion des deux personnes, et qui devaient en même temps rappeler au chrétien, encore juif par ses habitudes et ses souvenirs, que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ne se manifeste aux yeux de la chair que dans la personne de son fils.
Le caractère de cet apôtre apparaît donc comme un mélange de promptitude et de timidité, de droiture et de simplicité, de respect et de confiance.
Depuis le moment où le récit sacré le nomme pour la dernière fois (Actes 1.13), sa vie est peu connue. La tradition lui donne une femme et des enfants. Il prêcha l’Évangile en Phrygie, et mourut à Hiérapolis ; on ignore s’il souffrit le martyre. Un évangile apocryphe a été écrit sous son nom ; les gnostiques l’ont reçu comme authentique. On lui a attribué la demande faite à Jésus qu’il lui fût permis d’ensevelir son père avant de le suivre (Matthieu 8.21 ; Luc 9.59) ; mais rien ne l’établit, et le silence de Jean est une forte présomption contre l’exactitude de cette tradition.
4°. Un des sept premiers diacres de Jérusalem, (Actes 6.5 ; 21.8), appelé aussi évangéliste (cf. Éphésiens 4.11 ; 2 Timothée 4.5). Il prêcha l’Évangile avec succès dans la Samarie ; ses paroles, confirmées par ses miracles, trouvèrent le chemin de bien des cœurs, et le magicien Simon lui-même vint lui demander l’entrée de l’Église. Si ce dernier triomphe dura peu, les fruits du ministère de Philippe furent plus sûrs et plus durables chez un grand nombre de Samaritains, et le bruit de cette belle mission vint jusqu’à Jérusalem. Au milieu de ses travaux, l’évangéliste reçoit, pour un instant, l’ordre de les abandonner ; il doit se rendre au midi de la Judée, sur la route (la moins fréquentée) qui conduit à Gaza, et là il fait la rencontre de cet eunuque éthiopien dont la conversion est un des récits les plus touchants du livre des Actes. Il le baptise près d’une source que la tradition nous montre encore à Bethsur, dans les montagnes de Juda ; puis il retourne en arrière, s’arrête à Azote, où le Saint-Esprit lui a dit de se rendre (Actes 8), et se fixe enfin à Césarée, où, plus tard, il eut la joie de donner l’hospitalité au grand apôtre des gentils. Une tradition le fait évêque de Tralles, une autre le fait mourir en paix à Césarée. Il eut quatre filles douées du don de prophétie (Actes 21.8-9), circonstance qui est relevée peut-être parce qu’elles rendirent des oracles à Paul, oracles dont il n’est rien dit, du reste, dans le livre des Actes, mais qui ne seraient point un fait isolé ni extraordinaire (cf. 20.23).
Quelques détails de l’histoire de Philippe ont besoin d’être éclaircis. Trois fois dans le chapitre 8.26-29, 39, le Saint-Esprit agit directement sur sa conduite, et, dans le troisième de ces passages, il est dit que « l’esprit l’emporta, et l’eunuque ne le vit plus » ; paroles qui semblent avoir quelque chose de mystérieux, et que l’on comprend ordinairement en ce sens que le Saint-Esprit transporta Philippe mystérieusement dans les airs, et que l’eunuque, qui le cherchait des yeux, fut étonné de sa disparition. On peut les comprendre d’une manière plus simple, sans faire la moindre violence au texte ; cette œuvre achevée, l’Esprit conduisit Philippe vers un autre champ de travail, et l’eunuque ne le revit plus, Le Saint-Esprit a agi sur l’esprit de l’évangéliste, et non sur son corps ; l’action, pour être spirituelle, n’en a pas moins été réelle, et c’est ainsi que le même Esprit agit encore sur nous. Heureux ceux qui le discernent !
Quoique le texte ne dise pas positivement qu’il s’agisse de l’évangéliste, et non de l’apôtre Philippe, cela ressort de ce qui est dit (8.1), que tous les membres de l’Église furent dispersés par les persécutions, excepté les apôtres, qui restèrent à Jérusalem. Le même fait résulte encore de la comparaison des versets 14 et 16, où nous voyons Philippe baptiser, mais les apôtres seuls imposer les mains, et prier pour l’effusion du Saint-Esprit. Il importe de remarquer aussi que, s’il y avait alors un apostolat, il n’y avait déjà plus de clergé ; Philippe le diacre n’était pas ce qu’on appellerait volontiers un ecclésiastique, et cependant il baptise. Il baptise, mais le baptême lui-même n’est qu’un signe extérieur, il n’entraîne pas nécessairement les dons du Saint-Esprit. Le baptême n’est donné qu’à ceux qui confessent leur foi ; il n’est donc donné qu’aux adultes. La profession exigée est brève ; elle se résume en ces mots : « Croire que le Christ est le fils de Dieu ». Enfin cette profession n’est éprouvée que d’une manière générale, et le premier simoniaque est au nombre des professants, exception peut-être, mais cependant baptisé.
À notre point de vue, il peut sembler étonnant que Philippe soit appelé à quitter une œuvre pleine d’intérêt, un immense champ de travail, une mission bénie, pour se rendre auprès d’une seule âme travaillée, lui adresser quelques paroles, l’éclairer, et abandonner de nouveau cette contrée, témoin d’une conversion isolée. Mais ce récit doit nous être précieux à plus d’un titre ; il nous montre d’abord que Dieu dirige les pas de ses serviteurs (s’ils l’écoutent) là où leur ministère peut être utile. Ce n’est donc qu’après de sérieuses prières que chaque pasteur doit chercher une direction nouvelle à ses travaux, ou plutôt il doit être vigilant à consulter sans cesse, non la chair, mais l’esprit de Dieu ; à épier les signes qu’il lui donne de sa volonté, de manière à pouvoir dire : l’Esprit m’a enlevé. Les sociétés religieuses ont des devoirs semblables, et il ne suffit pas toujours qu’une œuvre soit plus bénie qu’une autre pour qu’on doive y faire affluer les ouvriers ; Philippe devra souvent quitter la Samarie en fleurs pour la route déserte de Gaza.
La communion avec Dieu peut seule nous faire connaître la volonté de Dieu. D’ailleurs, si la conversion de l’officier éthiopien nous apparaît comme un fait isolé, elle ne le fut peut-être pas, et nous ne saurons que dans la vie éternelle les conséquences qu’elle a eues sur la conversion de cette Éthiopie si anciennement chrétienne, et qui, sur les confins de l’empire du mahométisme et du paganisme, est encore, à l’heure qu’il est, comme une oasis de lumière au milieu des ténèbres, lumière bien pâle sans doute, lumignon fumant, mais non éteint.
5°. Philippes, la première ville d’Europe où Paul prêcha l’Évangile (Actes 16.12). Venant de Troas, il aborda à Néapolis, dans le golfe formé par le Strymon, lequel servait de port à Philippes. L’ancien nom de cette ville était Crénidès (sources), à cause des nombreuses sources d’eau vive qui jaillissaient de la colline sur laquelle elle était située. Elle avait été fondée en Thrace par des habitants de l’île de Thasos. Philippe de Macédoine ayant réuni à son territoire une partie de la Thrace, fortifia Crénidès, l’agrandit en l’étendant sur toute la hauteur de la colline, et lui donna son nom (358 av. J.-C.). Son territoire renfermait des mines d’or qui contribuaient à la rendre importante et riche en toutes choses. Réduite en province romaine (148 av. J.-C.), illustrée par la triste défaite des chefs du parti républicain (42 av. J.-C.), elle déchut peu à peu de son ancienne grandeur. Auguste, maître de Rome et du monde (34 av. J.-C.), transporta dans cette ville un certain nombre de colons d’entre ses ennemis, les punissant par l’exil de leur attachement à la liberté, et donna à Philippes le droit de bourgeoisie italique, et le nom de colonie romaine (Actes 16.12).
La même chose est attestée par des monuments historiques et par diverses monnaies qui portent : Colonia Julia Philippensis. Luc l’appelle la première ville du quartier de Macédoine, non qu’elle fût la capitale de la Macédoine ou de l’un de ses quatre districts, mais comme un nom d’honneur qui lui avait été accordé par Auguste (Hug), ou peut-être parce que ce fut la première ville que Paul toucha dans son voyage, Néapolis n’étant, en quelque sorte, que le faubourg maritime de Philippes (Rilliet). L’arrivée des colons italiens fut, pour cette ville, le commencement d’une ère nouvelle ; les circonstances lui étant redevenues favorables, elle se releva de la décadence que la domination romaine lui avait originairement fait subir, et certains indices de commerce et de prospérité semblent annoncer qu’elle avait déjà repris un rang honorable quand Paul la visita pour la première fois. Quoique Félibah ne soit plus maintenant qu’un pauvre village, on y retrouve encore en ruines les monuments de sa grandeur. Au seizième siècle, elle était encore la métropole de cent cinquante églises grecques.
Paul vint à Philippes, mû par une apparition ; il y trouva un champ qui promettait beaucoup. Quelques Juifs peu nombreux, et privés d’une synagogue, s’y réunissaient en dehors de la ville, près d’une rivière dans un lieu entouré d’un mur mais découvert, et destiné au culte. Lydie, marchande de pourpre, fut convertie et baptisée avec toute sa famille ; il en fut de même d’une servante pythonisse. Les apôtres, mis en prison, furent délivrés par l’intervention de la Providence. Paul et Silas quittèrent la ville après avoir reçu dans l’Église leur geôlier et sa famille (Actes 16 ; cf. 1 Thessaloniciens 2.2). Il y eut donc simultanément à Philippes les cultes les plus divers, un culte romain, un grec, un macédonien, un Asiatique, les mystères de Samothrace, une assemblée juive, une église de judéo chrétiens et de chrétiens d’entre les gentils. Luc et Timtthée restèrent à Philippes, comme cela ressort de la forme du récit, le dernier moins longtemps que le premier. Cette église resta en rapports avec l’apôtre et lui envoya des dons pour subvenir à ses besoins à Thessalonique (Fil. 4.16), et à Corinthe (2 Corinthiens 11). Paul fait l’éloge de ses membres (2 Corinthiens 8.1-2). Dans son troisième voyage missionnaire, allant d’Éphèse à Corinthe, il passe pour la seconde fois par la Macédoine ; il visite les Philippiens à son retour en rompant avec eux les Pains sans levain (Actes 20.3-6) ; c’est alors seulement que Luc paraît s’être réuni de nouveau à l’apôtre, et avoir quitté Philippes.
Le livre des Actes ne nous dit rien de plus sur cette église, mais l’Épître aux Philippiens nous montre qu’elle s’était agrandie et qu’elle avait derechef envoyé des dons à Paul par Épaphrodite, un de ses membres (4.18). Paul avait donc reçu directement de ses nouvelles ; il lui donne des siennes dans sa lettre, et annonce à l’Église le prochain retour de Épaphrodite et l’arrivée de Timothée (2.19-25). Les circonstances de cette Église, le but dans lequel l’épître a été composée, le temps où elle a été écrite, ne peuvent être compris que par la lettre même ; voir Paul. Son authenticité est presque incontestée, et dans tous les cas incontestable ; les plus anciens témoignages parlent en sa faveur ; Ignace, Polycarpe, Irénée, Tertullien, Clément d’Alexandrie, Origène et Cyprien la citent directement ou indirectement ; les plus anciens canons la contiennent, même le recueil de Marcion ; enfin elle porte en elle-même l’empreinte de la spontanéité, le cachet de l’authenticité au plus haut point, repoussant toute apparence même de falsification motivée par l’intérêt d’une secte. L’esprit qu’elle respire, c’est surtout celui de l’humilité, de l’amour, et de l’abnégation chrétienne ; l’apôtre y parle à plusieurs reprises de la joie que lui donne l’état spirituel de ce troupeau. On peut indiquer comme un excellent commentaire, celui de M. Rilliet (Genève 1841) ; à la fois savant, clair, et sobre, il est précédé d’une introduction qui sera lue avec intérêt par des lecteurs de cultures fort diverses. Un commentaire autographié de Steiger (Lausanne 1836) publié après la mort de l’auteur et d’après les notes de quelques-uns de ses meilleurs élèves, se recommande également sous plusieurs rapports, malgré l’imperfection inséparable d’une publication de ce genre. Enfin nous avons lu avec bénédiction les Notes sur cette épître, autographiées à Lausanne 1843, par un frère de l’École de Plymouth. Les ouvrages spéciaux sont au reste nombreux sur cette épître ; on en trouvera la liste à la page 96 du commentaire de Rilliet, nous n’y ajouterons que le nom d’Usteri (Zurich), et celui de Storr (Tubingue 1783).
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Philippe (1)
Roi de Macédoine et père d’Alexandre le Grand. Il est parlé de ce prince en quelques endroits de l’Écriture, mais seulement par incident, à l’occasion d’Alexandre le Grand, son fils. Philippe fut tué à Egée, ville de Macédoine, par Pausanias, fils de Céraste, lorsqu’il faisait les noces de sa fille Cléopâtre avec Alexandre, roi d’Epire, l’an du monde 3668, avant Jésus-Christ 332, avant l’ère vulgaire 336. Alexandre le Grand dans sa lettre à Darius soutient que les Perses avaient engagé par une grande somme d’argent les meutriers de son père à commettre ce crime.
Philippe (2)
Surnommé aridée, frère d’Alexandre le Grand, succéda à ce prince dans le royaume de Macédoine, l’an du monde 3681. Il fut mis à mort en 3687, avant Jésus-Christ 313, avant l’ère vulgaire 317.
Philippe (3)
Frère de lait d’Antiochus Épiphane, était Phrygien d’origine et fort avant dans les bonnes grâces d’Antiochus. Ce prince l’établit gouverneur de Jérusalem, où il fit une infinité de maux aux Juifs, pour les obliger de renoncer à leur religion. Voyant qu’Apollonius et Séron avaient été défaits par Judas Machabée, il demanda de nouveaux secours à Ptolémée, gouverneur de la Coelé-Syrie, qui lui envoya Gorgias et Nicanor avec une puissante armée. Quelque temps après, Antiochus étant allé au delà de l’Euphrate pour y ramasser de l’argent, Philippe l’y accompagna ; et Antiochus, se voyant près de sa mort, l’établit régent du royaume, lui mit entre les mains son diadème, son manteau royal et son anneau, afin qu’il les rendît à son fils le jeune Antiochus Eupator. Mais Lysias s’étant emparé du gouvernement sous le nom du jeune Eupator, qui n’était qu’un enfant, Philippe, qui n’était pas le plus fort, n’osa revenir en Syrie ; mais il alla en Égypte, portant avec lui le corps d’Épiphane, pour demander du secours à Ptolémée Philométor contre Lysias, usurpateur du gouvernement du royaume de Syrie. L’année suivante, pendant que Lysias était occupé à la guerre contre les Juifs, Philippe se jeta dans la Syrie et s’empara d’Antioche. Mais Lysias étant retourné en diligence dans le pays, reprit Antioche et fit mourir Philippe, qui fut arrêté dans la ville. Voyez Josèphe, Antiquités judaïques 1.12 chapitre 15.
Philippe (4)
Fils d’Hérode le Grand et d’une de ses femmes nommée Cléopâtre, épousa Salomé, fille d’Hérode surnommé Philippe et d’Hérodiade. Cette Hérodiade est celle qui est si connue dans l’Évangile (Matthieu 14.3 Marc 6.17-19,22) par la mort de Jean-Baptiste ; et Salomé, sa fille, épouse de Philippe, et cette danseuse qui demanda la tête du saint Précurseur. Philippe fut nommé dans le testament d’Hérode après Archelaüs, et il porta le titre de tétrarque de la Trachonite, de la Gaulonite, de la Batanée et de Panéade. Pendant qu’Archélaüs fit le voyage de Rome pour aller demander à Auguste la confirmation du mariage de son père, il laissa en Judée Philippe, son frère, pour la gouverner et pour avoir soin de ses affaires. Quelque temps après, Varus, gouverneur de Syrie, envoya aussi Philippe à Rome pour soutenir Archélaüs, son frère, ou pour veiller à ses propres intérêts.
Après qu’Auguste eut confirmé le testament d’Hérode, Philippe vint dans sa tétrarchie, où il vécut plusieurs années en prince modéré et paisible, qui se contentait de sa condition, et qui mettait son plaisir à bien gouverner son peuple. Lorsqu’il sortait, si quelqu’un venait lui demander justice, il s’arrêtait, en quelque endroit qu’il fût, y faisait mettre un siège que l’on portait exprès, entendait les parties, et les jugeait sur-le-champ. Ce fut lui qui entoura de murailles la ville de Panéade, et qui lui donna le nom de Césarée de Philippes. Il augmenta aussi le bourg de Betzaïde, patrie de saint Pierre sur le lac de Génézareth, et lui donna le nom de Juliade, en l’honneur de Julie, fille d’Auguste. Il mourut l’an 33 de l’ère vulgaire, 37 de Jésus-Christ, après trente-sept ans de règne. C’était la vingtième année de Tibère.
Philippe (5)
Autrement Hérode Philippe (Marc 6.17), fils du grand Hérode et de la seconde Mariamne, fille du grand prêtre Simon. Cet Hérode Philippe épousa Hérodias, dont il eut Salomé la danseuse, dont on a parlé dans l’article précédent, et qui demanda a son père la tête de Jean-Baptiste. Hérodias le quitta pour épouser Hérode Antipas, son frère. Voyez Hérode-Antipas et Hérode Philippe dans l’article des Hérode.
Philippe (Saint) (6)
Apôtre, était natif de Bethzaïde en Galilée. Eusèbe dit qu’il était marié et avait plusieurs filles. Jésus-Christ l’ayant vu, l’invita à le suivre (Jean 1.43-44) et lui dit : Suivez-moi. Philippe le suivit ; et peu de temps après, ayant trouvé Nathanaël, Philippe lui dit : Nous avons trouvé le Messie, dont Moïse et les prophètes ont parlé ; c’est Jésus, fils de Joseph de Nazareth. Nathanaël lui répondit : Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? Philippe repartit : Venez et voyez-le vous-même. Ainsi il amena Nathanaël à Jésus, et ils allèrent avec lui aux noces de Cana en Galilée. Saint Clément d’Alexandrie dit comme une chose dont tout le monde convenait, que ce fut saint Philippe qui répondit à Jésus-Christ, lorsqu’il lui dit de le suivre (Matthieu 7.21-22) : Permettez-moi d’aller premièrement ensevelir mon père ; et à qui le Sauveur repartit : Laissez les morts ensevelir leurs morts. Tertullien assure expressément que ce fut un apôtre qui fit cette réponse à Jésus-Christ : mais les évangélistes ne nous ont point dit qui était cet apôtre ; et il serait fort étrange que saint Jean, qui nous raconte en détail ce que Jésus-Christ dit à saint Philippe, en l’appelant à l’apostolat, n’eût pas fait mention de cette circonstance si remarquable.
Saint Philippe fut appelé tout au commencement de la mission du Sauveur, l’an 30 de l’ère vulgaire, et environ un an après, il fut désigné apôtre (Luc 6.13 Matthieu 10.2). Lorsque le Sauveur voulut nourrir cinq mille hommes (Jean 6.5-7) qui le suivaient, il demanda à saint Philippe, pour le tenter, d’où l’on pourrait acheter du pain pour tant de monde. Saint Philippe répondit qu’il en faudrait pour plus de deux cents deniers. Quelques gentils, voulant voir Jésus-Christ un peu avant sa passion (Jean 12.20-21), s’adressèrent à saint Philippe, qui en parla à saint André ; et ces deux ensemble le dirent à Jésus-Christ. À la dernière cène, saint Philippe demanda au Sauveur qu’il lui plût leur faire voir le Père (Jean 14.8-10), et que c’était tout ce qu’ils demandaient. Mais Jésus leur répondit qu’en voyant le Fils ils voyaient le Père. C’est tout ce que nous trouvons de lui dans l’Évangile.
Saint Clément d’Alexandrie dit que saint Philippe maria quelques-unes de ses filles. Théodoret dit qu’il prêcha dans les deux Phrygies et Eusèbe raconte qu’il fut enterré à Hiéraple, dans la Phrygie Pacatienne. Polycrate, évêque d’Éphèse, assure que saint Philippe, avec saint Jean, célébraient la Pâque au quatorze de la lune. Le même auteur semble dire que Papias avait appris des filles de saint Philippe qu’il y avait eu un mort ressuscité du temps de cet apôtre. Les fausses histoires que l’on a de saint Philippe portent qu’il mourut âgé de quatre-vingt-sept ans, sous Domitien ou sous Trajan. On a faussement attribué à cet apôtre des Actes, qui furent condamnés par le pape Gélase, et un Évangile, dont les gnostiques se servaient. On peut consulter les bollandistes sur l’histoire de ce saint, an premier jour de mai.
Quant à ses filles, Polycrate, évêque d’Éphèse, dit qu’il y en eut deux qui gardèrent la virginité et furent enterrées avec lui à Hiéraple. C’est d’elles que Papias avait appris la résurrection d’un mort ; et Sozomène croit même que c’étaient elles-mêmes qui l’avaient ressuscité. Polycrate parle encore d’une autre fille de saint Philippe, qui avait vécu dans une grande sainteté, et reposait à Éphèse. C’est apparemment celle-là qui avait été mariée ; et c’est peut-être cette dernière que les Grecs honorent sous le nom de sainte Hermione, qu’ils disent avoir été enterrée à Éphèse, et qu’ils font fille de saint Philippe, apôtre.
Philippe (Saint) (7)
Le second des sept diacres, que les apôtres choisirent après l’ascension de Jésus-Christ (Actes 6.5). Ce diacre était, dit-on, de Césarée en Palestine. Il est certain que ses filles demeuraient dans cette ville. Après la mort de saint Étienne, tous les chrétiens, excepté les apôtres, ayant quitté Jérusalem, et s’étant dispersés en divers endroits, saint Philippe alla prêcher à Sébaste ou Samarie (Actes 8.1-3), où il fit plusieurs miracles, et convertit plusieurs personnes. Il leur donna le baptême ; mais n’étant que diacre il ne pouvait leur donner le sacrement de confirmation et le Saint-Esprit. C’est pourquoi il fit savoir aux apôtres qui étaient à Jérusalem que Samarie avait reçu la parole de Dieu, et qu’ils vinssent leur imposer les mains et leur donner le Saint-Esprit. Saint Pierre et saint Jean s’y rendirent, et les Samaritains convertis reçurent le Saint-Esprit par leur moyen. Simon le Magicien fut admis au baptême avec les autres, par saint Philippe ; mais saint Pierre ne lui imposa pas les mains, et rejeta avec exécration la proposition qu’il lui fit d’acheter de lui le pouvoir de donner le Saint-Esprit.
Saint Philippe était encore apparemment à Samarie, lorsqu’un ange lui vint ordonner-d’aller du côté de la partie méridionale du-pays (Actes 8.26-27), dans le chemin qui menait de Jérusalem à Gaze la Déserte (Car il gavait deux villes de Gaze ; l’ancienne et la nouvelle. L’ancienne était alors déserte et était sur le chemin de l’Égypte). Philippe obéit et rencontra un Éthiopien, eunuque de Candace, reine d’Éthiopie, et surintendant de ses finances, lequel étant venu à Jérusalem pour y adorer Dieu, s’en retournait dans son pays, lisant dans son chariot le prophète Isaïe. Alors l’Esprit de Dieu dit à Philippe : Avancez et approchez-vous de ce chariot. Philippe s’étant approché, et entendant que cet homme lisait le prophète Isaïe, lui dit : Croyez-vous entendre ce que vous lisez ? Il répondit : Comment l’entendrais-je, si quelqu’un ne me l’explique ? Et il pria Philippe de monter et de s’asseoir auprès de lui.
Or le passage qu’il lisait était celui-ci : Il a été mené comme une brebis à la boucherie, et n’a point ouvert la bouche, non plus qu’un agneau qui demeure muet devant celui qui le tond, etc. L’eunuque dit donc à Philippe : Je vous prie de me dire de qui le prophète entend parler ? Si c’est de lui-même, ou de quelque autre. Alors Philippe commença à lui annoncer Jésus. Et après avoir marché quelque temps, ils rencontrèrent une fontaine, et l’eunuque dit à Philippe : Voilà de l’eau ; qui empéche que je ne sois baptisé ? Philippe lui répondit : Vous pouvez t’être, si vous croyez de tout votre cœur. Il lui repartit : Je crois que Jésus-Christ est le Fils de Dieu. Il fit aussitôt arrêter son chariot, ils descendirent tous deux dans l’eau, et Philippe baptisa l’eunuque. Étant remontés hors de l’eau, l’Esprit du Seigneur enleva Philippe, et l’eunuque ne le vit plus. Or Philippe se trouva à Azoth, et il annonça l’Évangile à toutes les villes par où il passa, jusqu’à ce qu’il vint à Césarée de Palestine, environ à trente lieues d’Azoth [Avant la découverte de l’Abyssinie par les Portugais, avant qu’on sût qu’une tribu juive habitât ce pays depuis près de trois mille ans, on ne concevait pas pourquoi un Elhiopien était venu à la solennité de Pâques, et comment il pouvait connaître et lire la prophétie d’Isaie ; qu’à cette époque il vînt à Jérusalem des Juifs de tous les royaumes et des extrémités de l’Orient ; qu’il en vint de la Babylonie, de l’Assyrie, de la Médie, de la Perse, etc., rien d’étonnant ; il était resté dans toutes ces régions, depuis les deux captivités, un grand nombre de Juifs, et conformément a la loi (Deutéronome 16.27), ils arrivaient tous les ans en foule à Jérusalem pour adorer Dieu dans le temple qu’il s’était choisi. Mais hors le fait rapporté par l’historien des apôtres, aucun monument n’indiquait qu’il en dût venir de l’Éthiopie. Rien de plus simple aujourd’hui, rien de plus clair, et la rencontre de saint Philippe et de l’eunuque est J’autant plus certaine, q n’elle est racontée dans la Chronique d’Axant., avec les mêmes circonstances et plus de détails encore que dans les Actes des apôtres. Voyez Tellez et Bruce].
On croit que cet eunuque fut le premier apôtre de l’Éthiopie ; et les Abyssins se vantent d’avoir reçu de lui la foi chrétienne. Quelques-uns croient qu’il annonça Jésus-Christ dans l’Arabie Heureuse, dans la Tapobrane ; mais ce sont ceux qui tiennent que la reine Caudace, sa maîtresse, régnait dans l’Arabie Heureuse. Le sentiment le plus commun est que cet eunuque appartenait à une reine de la presqu’île de Méroé, au midi de l’Égypte. Les femmes régnaient dans cette partie de l’Éthiopie, et plusieurs d’entre elles ont porté le nom de Candace. Les Grecs font la fête de ce saint eunuque le 27 d’août.
Pour revenir à saint Philippe, l’Écriture ne nous dit point ce qu’il fit depuis ce temps, c’est-à-dire, depuis l’an 33 de l’ère vulgaire. Les nouveaux Grecs disent que ce saint diacre quitta la Palestine pour aller à Tralles en Asie, où il fonda une Église, dont il fut l’apôtre et l’évêque, et où il reposa en paix, après y avoir fait beaucoup de miracles. Les Latins, après Ilsuard et Adon, disent, sur le 6 de juin, qu’il mourut en paix à Césarée, et que trois de ses filles y furent enterrées avec lui. Adon ajoute que la quatrième mourut à Éphèse ; mais il a confondu cette quatrième fille de saint Philippe diacre avec sainte Hermione, fille de saint Philippe apôtre, dont nous avons parlé immédiatement auparavant. Caïus, ancien prêtre de l’Église romaine, confond aussi apparemment les filles de saint Philippe diacre avec celles de l’apôtre de même nom, lorsqu’il dit que les quatre filles du diacre demeuraient à Hiéraple en Phrygie. Lorsque sainte Paule vint à Césarée, l’an 38G de Jésus-Christ, elle y voulut voir le logis de saint Philippe et les chambres de ses filles. Les Grecs font la fête de saint Philippe diacre le 11 octobre, et les Latins le 6 de juin.
Philippes (8)
Ville de Macédoine et colonie romaine. Saint Paul y vint prêcher (Actes 16.12-13) l’an 52 de l’ère commune, et y convertit quelques personnes, entre autres une marchande de pourpre nommée Lydie. Il délivra aussi du démon une servante, qui avait un esprit farnilier qui la faisait deviner plusieurs choses, et qui produisait un grand profit à ses maîtres. Ceux-ci émurent toute la ville contre saint Paul, et les magistrats le firent arrêter, fouetter et mettre en prison. Mais le lendemain on le renvoya avec excuses, ayant appris qu’il était citoyen romain.
La ville de Philippes, auparavant Crenides, était située, dit Barbié du Bocage, dans cette partie de la Macédoine que l’on nommait Edonide, entre le fleuve Strymon et la mer, et dont elle était la ville principale. Elle devait son nom au père d’Alexandre, qui l’avait réparée, embellie et fortifiée ; elle était alors importante par les riches mines d’or que l’on y exploitait au pied du mont Pangée. Ce fut dans ses plaines que furent défaits, 42 ans avant Jésus-Christ, les meurtriers de César, Brutus et Cassius, poursuivis par Octave et Antoine. Philippes était la métropole de la province de Macédoine. Octave en fit une colonie romaine sous le nom de Colonia Aug. Julia Philippensis. Aujourd’hui elle est en ruines ; on la nomme Félibé.
M. Henr. Mich. Rettig est auteur d’un petit écrit intitulé Qucestiones Philippenses (Gissas, 1831). Il s’occupe d’abord de la ville de Philippes, d’après un texte des Actes (Actes 16.12), où elle est qualifiée de prima Macedonioe urbs. Comment expliquer cette dénomination ? Philippes était-elle la première ville de Macédoine pour la dignité ? Est-ce un titre qu’on lui a concédé et dont elle jouit concurremment avec d’autres ? L’affirmative était une opinion partagée par de savants auteurs ; M. Rettig la rejette. La qualification de prima Macedonioe urbs, ne paraît avoir appartenu qu’aux cités de l’Asie Mineure ; nulle médaille, nulle inscription, ne l’applique à Philippes. L’auteur pense donc que cette ville n’est appelée prima Macedonioe urbs que parce qu’elle se trouvait la première sur la route de l’Apôtre qui venait par la Samothrace répandre l’Évangile en Macédoine. Cette interprétation n’était pas nouvelle ; elle avait déjà de nombreux soutiens ; mais M. Rettig prouve grammaticalement qu’elle est conforme aux locutions employées par les auteurs profanes, puis il s’appuie de la position géographique de Philippes, et fournit des renseignements importants qui, pour toutes les époques, laissent cette ville sur la frontière. Quant aux autres questions examinées par M. Rettig, les deux suivantes ont pour objet deux passages de l’Épître aux Philippiens. Dans la quatrième il réfute l’opinion de ceux qui prétendent, d’après un passage de saint Polycarpe, que saint Paul écrivit plusieurs lettres aux habitants de Philippes. Enfin dans la cinquième et dernière il cherche à quelle époque l’Apôtre écrivit l’Épître aux Philippiens.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Nom grec (signifiant : amateur de chevaux) très répandu dans toute l’antiquité.
I Dans les apocryphes
1.
Père d’Alexandre le Grand (1 Macchabées 1.1 ; 1 Macchabées 6.2), connu dans l’histoire sous le nom de Philippe II de Macédoine.
2.
Avant-dernier roi de Macédoine, qui régna sous le nom de Philippe V et qui fut défait par le consul romain Quintius Flamininus à Cynocéphales, en 197 avant Jésus-Christ (1 Macchabées 8.5). Son fils Persée lui succéda en 178.
3.
Conseiller d’Antiochus Épiphane ; peut-être son frère de lait ou son compagnon d’enfance (pour le sens du terme grec suntrophos oui lui est appliqué dans 2 Macchabées 9.29, voir Manahem). D’après 1 Macchabées 6.14 ; 1 Macchabées 6.16, Antiochus, sur le point de mourir, en Perse, l’aurait fait appeler, comme ami de confiance, pour lui remettre l’empire et le soin de diriger son jeune fils, Antiochus Eupator, jusqu’à sa majorité. Mais un autre des généraux d’Antiochus Épiphane, Lysias, à qui la même charge avait été donnée auparavant, s’empressa, à la mort du roi, de faire monter sur le trône Antiochus Eupator (1 Macchabées 6.17), âgé seulement de neuf ans selon les uns, de quatorze ans selon les autres. Philippe, après avoir ramené le corps de son maître, se heurta à l’hostilité de Lysias et d’Antiochus Eupator, se réfugia en Égypte (2 Macchabées 9.29) et fut finalement vaincu par son rival à Antioche et mis à mort. Ce Philippe est sans doute le même que le Phrygien dont il est question dans 2 Macchabées 5.22 et 6.11, qu’Antiochus Épiphane nomma gouverneur de Jérusalem et qui se distingua par sa cruauté.
II Dans le Nouveau Testament
1. Frère d’Hérode Antipas
Premier époux d’Hérodias ; voir (Marc 6.17 ; Matthieu 14.3) Hérodes (les), paragraphe 9.
2. Autre frère d’Hérode Antipas
Tétrarque de la Trachonite et de l’Iturée ; voir (Luc 3.1 ; Marc 8.27 ; Matthieu 16.13) Hérodes (les), paragraphe 10. Pour ces deux personnages, voir aussi Palestine au siècle de Jésus-Christ
3. L’apôtre Philippe
L’un des Douze (Marc 3.18 parallèle Matthieu 10.3 parallèle Luc 6.11), que Jésus appela lui-même et personnellement. Clément d’Alexandrie pense que c’est lui qui aurait dit à Jésus : « Laisse-moi d’abord ensevelir mon père » (Luc 9.59 parallèle Matthieu 8.21), hypothèse qui ne cadre pas avec la place de cet incident dans le ministère du Maître, mais qui s’explique par une certaine analogie de situation avec le caractère de Philippe. En dehors des listes des Douze, c’est le 4e Évangile seul qui nous renseigne à son sujet, comme c’est aussi le cas pour André (voir ce mot). Dans les 4 listes, André est nommé le quatrième du premier groupe de quatre, et Philippe le suit comme le premier du deuxième groupe de quatre. Comme André et Pierre, il est de Bethsaïda en Galilée (Jean 14.4), et deux fois André se trouve nommé, au moment d’agir, à côté de Philippe (Jean 6.8 ; Jean 12.21 et suivant). De même qu’André appelé par Jésus va porter à Pierre la nouvelle qu’il a trouvé le Messie attendu, de même Philippe appelé à son tour va l’annoncer à Nathanaël ; mais au lieu d’un bref cri du cœur comme celui d’André : « Nous avons trouvé le Messie ! » le témoignage de Philippe est un exposé documenté, plutôt pesant, et dont tous les mots portent : « Celui dont Moïse a parlé dans la loi et dont les prophètes aussi ont parlé, nous l’avons trouvé : c’est Jésus de Nazareth, le fils de Joseph » (Jean 1.41 ; Jean 1.45). La réponse étourdie de Nathanaël (voir ce mot) : « Peut-il venir quelque chose de bon de Nazareth ? » provoque la réplique calme et positive d’un esprit qui s’attache aux faits : « Viens et vois ! » (Jean 14.6). Ce tour d’esprit précis, méticuleux, se manifeste encore dans sa réponse à Jésus sur l’endroit où acheter des pains pour la foule : il calcule instantanément la quantité nécessaire, dont il connaît le prix, et doute que 200 deniers soient « suffisants » (Jean 6.7). De même, dans la chambre haute, sur les assurances spirituelles de Jésus il est préoccupé des conditions positives suffisantes : « Montre-nous le Père, et cela nous suffit » (Jean 14.8). C’est une nature religieuse lente à se donner, par besoin de preuves décisives, mais à l’abri des ardeurs irréfléchies, présomptueuses et inconstantes. Le fait que Jésus l’ait pris à partie parmi les Douze, pour le problème de la foule à nourrir, permet de penser qu’il devait avoir des qualités pratiques d’organisateur, et qu’il pouvait même être chargé du ravitaillement de la petite troupe. Il est à remarquer aussi que c’est lui qu’abordent les Grecs désireux de voir Jésus (Jean 12.21), et qu’André et Philippe, de nouveau cités ensemble ici, sont les deux seuls apôtres porteurs de noms grecs. Encore une fois mentionné, dans la liste des Onze réunis après l’ascension du Seigneur (Actes 1.13), Philippe ne reparaît plus dans le Nouveau Testament
Pour l’apocryphe « Évangile de Philippe », voir Évangile, Apocryphes. La seule tradition vraisemblable qu’on puisse conserver des extravagants « Voyages de Philippe » (IIIe siècle) est sa mission en Phrygie, où d’après Polycrate il fut enterré, à Hiérapolis. On y a découvert une inscription prouvant que l’église de cet endroit était dédiée à la mémoire « du saint et glorieux apôtre et théologien Philippe ».
4. L’évangéliste Philippe
L’un des sept diacres (voir ce mot) mis à part à la demande des Hellénistes de l’Église primitive pour s’occuper du problème des aumônes et de l’aide aux veuves. Comme cinq de ses compagnons, c’était un Juif de langue grecque, le septième, Nicolas, étant le seul prosélyte, c’est-à-dire ancien païen devenu juif (Actes 6.5). Après la dispersion qui suivit le martyre d’Étienne, ses missions parmi les païens en Samarie (Actes 8.4 ; Actes 8.8) contribuèrent fortement à préparer la victoire de l’Église sur les préjugés judaïques. Il fut aussi l’instrument de la conversion de l’officier d’Éthiopie, qu’il baptisa après l’avoir instruit (8.26 et suivants). Nous le retrouvons à Azot, d’où il gagna Césarée en prêchant dans les villes du littoral (8.40). C’est là qu’il résida et travailla sans doute, avec ses quatre filles qui étaient prophétesses, pendant tout le temps qui sépare ces faits de l’arrivée de Paul. Celui-ci, au retour de son dernier voyage vers Jérusalem (Actes 21.8 et suivant), séjourna en effet dans la maison du vieil évangéliste qui avait tant fait lui aussi pour combler l’abîme entre les Juifs et les païens. Peu après, Paul fait prisonnier à Jérusalem était amené à Césarée pour une captivité de plus de deux ans (Actes 23.33-26.31) ; le pronom « nous » dans le récit de son départ pour Rome (Actes 27.1 et suivants) montre que Luc s’y était trouvé avec lui au moins un certain temps : d’où l’hypothèse souvent faite que Luc, en train de recueillir les témoignages les plus sûrs pour la composition de son Évangile, dut en recevoir de l’évangéliste Philippe, peut-être en particulier quelques éléments spéciaux à son Évangile dans le long récit (Luc 9.51-18.14) des voyages de Jésus se dirigeant vers Jérusalem (voir Évangiles synoptiques, IV, 2, B). On ne sait rien des circonstances de sa mort : des traditions provenant des Montanistes indiquent que la tombe des prophétesses et celle de leur père seraient à Hiérapolis ; il semble y avoir là quelque confusion avec l’apôtre du même nom (paragraphe 3).
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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