Dictionnaires bibliques

Philadelphie

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Philadelphie », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

(Apocalypse 1.11 ; 3.7)

Ville de l’Asie Mineure située dans la Lydie à 48 km sud-est de Sardes. On y trouva de bonne heure une église chrétienne dont le conducteur est hautement loué et approuvé par l’apôtre « comme ayant gardé la parole ». Cette ville fut bâtie par Attalus Philadelphe, roi de Pergame ; elle avait peu d’habitants à cause des fréquents tremblements de terre auxquels elle était sujette ; les Philadelphiens, livrés entièrement à l’agriculture, se retiraient dans la campagne dont le sol est très fertile ; elle tomba avec le reste du pays au pouvoir des Romains (133 ans av. J.-C.). On a fait beaucoup de suppositions sur la personne du pasteur de cette Église, on a cru que c’était saint Quadrat, mais rien ne l’établit. Dans le système d’interprétation qui voit l’histoire complète de l’Église chrétienne dans les sept épîtres de l’Apocalypse, l’Église de Philadelphie représente l’époque de la Réformation.

Philadelphie est aussi le nom que reçut, mais assez tard, la ville de Rabbath-Hammon.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Philadelphie (1)

Ville de Mysie, dans l’Asie Mineure. Du temps que saint Jean l’Évangéliste écrivit son Apocalypse, l’ange ou l’évêque de Mysie était un très-saint hoilime, à qui le Fils de Dieu adressa ces paroles (Apocalypse 3.7-9) : Voici ce que dit le Saint : le Véritable, celui qui a la clef de David ; qui ouvre, et personne ne ferme ; qui ferme, et personne n’ouvre : Je sais quelles sont vos œuvres ; je vous ai ouvert une porte, que personne ne peut fermer ; parce que vous avez peu de force, que vous avez gardé ma parole, et n’avez point renoncé mon nom. Je vous amènerai bientôt quelques-uns de ceux qui sont de la synagogue de Satan ; qui se disent Juifs, et ne le sont pas ; mais qui sont des menteurs. Je les ferai bientôt venir se prosterner à vos pieds, et ils connaîtront que je vous aime. Parce que vous avez gardé la patience ordonnée par ma parole, je vous garderai aussi de l’heure de la tentation, qui doit venir sur tout l’univers, pour éprouver tous les habitants de la terre. Je dois venir bientôt ; conservez ce que vous avez, de peur qu’un autre ne prenne votre couronne : Quiconque sera victorieux, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu : il n’en sortira plus, et j’écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel, et mon nom nouveau.

On ignore qui était cet évêque de Philadelphie. Auréolus et de Lyra croient que c’était saint Quadrat, disciple des apôtres, et apologiste de la religion chrétienne, qui présenta une apologie à l’empereur Adrien. Les Grecs, dans leur office, lui donnent le nom d’apôtre ; et Eusèbe, faisant son éloge, le nomme évangéliste, parce qu’il s’était consacré à aller de province en province annoncer l’Évangile. Mais aucun ancien ne dit qu’il ait été évêque de Philadelphie. On connaît aussi un saint Quadrat, évêque d’Athènes, et martyr vers l’an de Jésus-Christ 175. Mais il est différent de l’apologiste, et ce ne peut être celui dont parle saint Jean dans l’Apocalypse [Philadelphie est située au nord-est du mont Tmolus, et à quelques lieues vers l’est de Sardes, dont il ne reste plus que des ruines. C’est que Sardes ne tint pas compte des avertissements de l’auteur de l’Apocalypse, tandis que Philadelphie, au contraire, y eut égard. Philadelphie est aujourd’hui appelée Allah-Shehr, c’est-à-dire cité de Dieu. Cette ville seule résista longtemps à la puissance des Turcs ; et, pour employer les termes de Gibbon, à la fin elle a capitulé avec le plus superbe des Ottomans. Parmi les colonies et les Églises grecques d’Asie, ajoute-t-il, Philadelphie est encore debout ; c’est une colonne dans une scène de ruines (chapitre 64). « C’est vraiment une circonstance intéressante, dit M. Hartley, que de trouver le christianisme plus florissant ici que dans beaucoup d’autres parties de l’empire turc : les chrétiens y forment encore une population nombreuse ; ils y occupent trois cents maisons. Le service divin s’y célèbre tous les dimanches dans cinq églises. » M. Hartley dit encore (Missionary Register, juin 1827) : « La circonstance du nom Allah-Shehr, cité de Dieu, que porte maintenant Philadelphie, considérée dans son rapprochement avec les prophéties faites à cette Église, et spécialement avec celle qui dit que le nom de cité de Dieu serai técrit sur ses membres fidèles, est au moins une singulière coïncidence. » M. Keith (Accomplissement littéral des prophéties), ajoute : et Les iniquités toujours croissantes des hommes ont laissé des traces qui annoncent combien sont terribles les jugements de Dieu ; la fidélité, au contraire, de l’Église de Philadelphie à garder sa parole a laissé sur la terre un gage et un monument de la vérité du Seigneur ; et la gloire plus sublime promise à ceux qui auront vaincu aura sa réalisation dans le ciel ; et à leur égard (non pas toutefois à l’égard d’eux exclusivement), le Rédempteur glorifié confirmera la vérité de ses saintes paroles : Quiconque sera victorieux, j’en ferai une colonne dans le temple de mon Dieu : aussi est-il certain que Philadelphie, quand tout autour d’elle est renversé, se tient encore debout, de l’aveu même de nos ennemis, comme une colonne sur un théd Ire de ruines »]

Philadelphie (2)

Autrement Rabbat, ou Rabbat-Ammon, Rabbat filiorum Ammon, Ammana, ou Rabat-Amana, capitale des Ammonites, située dans les montagnes de Galaad, vers les sources du fleuve Arnon. Elle est quelquefois attribuée à l’Arabie ; quelquefois à la Coelé-Syrie. Eusèbe la place à dix milles de Jazer, vers l’orient. Il est assez vraisemblable que cette ville était occupée par le roi Og, puisque du temps de Moïse (Deutéronome 3.11) on y montrait encore son lit de fer, long de neuf, eoudées et large de quatre. Philadelphie était du nombre des dix villes de la Décapole de delà le Jourdain. Josèphe étend la Pérée ou la région de delà le Jourdain, depuis ce fleuve iusqu’à Philadelphie. Voyez ci-après Rabbat-Ammon. On dit que cette ville reçut le nom de Philadelphie de Ptolémée Philadelphe, roi d’Égypte. Saint Ignace, le martyr, y avait apparemment prêché l’Évangile et c’est à l’Église de ce lieu qu’il écrivit ; lettre intitulée : Aux Philadelphiens.

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

Colonie de Pergame, fondée par Attale II Philadelphe (159-138 avant Jésus-Christ), qui l’appela de son surnom comme il avait appelé de son nom l’autre ville par lui reconstruite : Attalie (voir ce mot). Le grand plateau d’Asie Mineure s’élève au sud de l’Hermus, dont l’affluent, le Gogamus, s’y est creusé une longue vallée ; c’est la seule voie d’accès pratique au plateau, et par elle passaient les routes de Smyrne, de Lydie et du nord-ouest vers l’est et la Phrygie. Elle devait fournir plus tard son itinéraire à la poste impériale venant de Rome par Troas, Pergame et Sardes, puis devenir la plus grande voie commerciale du Moyen âge, et recevoir enfin, de nos jours, la voie ferrée de Smyrne vers l’intérieur. C’est dans cette vallée qu’Attale II fonda Philadelphie pour faire rayonner la civilisation et la langue grecques dans la région dont elle gardait l’entrée. Elle réussit dans cette mission : en l’an 19, le lydien n’est plus parlé dans le pays ; même au point de vue religieux, la culture hellénique domine, comme l’attestent les monnaies aux divinités anthropomorphes. On trouve toutefois encore le dieu-serpent chevauchant un cheval, indice de courses célèbres en l’honneur d’Asklépios. C’est que, malgré les apparences d’hellénisation officielle, surtout en surface, le vieux paganisme anatolien restait profondément enraciné, et influent.

En 17, le grand tremblement de terre qui dévaste la Lydie détruit Philadelphie ; comme Sardes, elle a part aux libéralités de Tibère : en l’honneur de celui-ci, ou de Germanicus qui lui transmet le présent impérial, elle prend alors le nom de Neokaïsareïa (Nouvelle Césarée [= ville de César]), puis plus tard, sous Vespasien, celui de Flavia ; elle est la seule cité du pays à se revêtir ainsi d’un nom nouveau.

Le tremblement de terre de l’an 17 s’était longtemps prolongé, en secousses souvent répétées, et la terreur paralysait encore les Philadelphiens lorsque Strabon visita leur ville en l’an 20. Ils étaient sortis de la cité pour vivre aux environs dans des huttes, au milieu de leurs cultures, d’ailleurs fertiles. Aux IIe et IIIe siècle, Philadelphie retrouva la prospérité et reçut l’honneur d’un temple provincial.

Élevée sur une petite colline, Philadelphie est devenue au Moyen âge une forteresse qui soutint contre les Turcs de nombreux sièges et ne succomba que vers 1380 à une coalition de Turcs et de Byzantins. Encore aujourd’hui, sous le nom d’Alas-Scheht, c’est un centre chrétien en pays musulman.

On ne sait comment ni par qui l’Évangile y fut apporté ; comme Église chrétienne, Philadelphie devait être aussi une cité missionnaire. Elle eut de bonne heure ses martyrs, dont onze en même temps que Polycarpe de Smyrne. Elle s’illustra par le ministère de la prophétesse Ammia, reconnue comme vraiment douée de l’esprit prophétique à la manière d’Agabus et des filles de Philippe (Eusèbe, Histoire ecclésiastique, V, 17.2). Elle eut à lutter contre un parti juif, plus nationaliste que spiritualiste. Lorsque Sardes disparut, l’évêché de Philadelphie devint le premier de la région.

La lettre à l’Église de Philadelphie (Apocalypse 1.11 ; Apocalypse 3.7-13) se rapproche de celle à l’Église de Smyrne ; ce sont les plus élogieuses des sept lettres : et il faut noter que ces deux villes sont demeurées des centres chrétiens en Asie Mineure. Elle promet à l’Église éprouvée et craintive le secours à l’heure de l’épreuve, et l’assurance pour les croyants de devenir de fermes colonnes dans le temple de Dieu d’où ils n’auront plus à sortir (double allusion aux souvenirs du tremblement de terre). Ils changeront de nom en son honneur, eux aussi (comme leur ville en l’honneur de l’empereur bienfaiteur) ; et cela parce qu’ils ont été fidèles témoins (même mot, en grec, que martyrs) dans leur tâche missionnaire : c’est la « porte ouverte » par le Seigneur Lui-même, et que personne (aucune autorité humaine) ne peut fermer. Sans doute, leur Église est petite et faible, n’ayant « que peu de force », mais en « tenant ferme » ce peu qu’elle avait, elle possède déjà la couronne : elle « a gardé la parole du Seigneur », et lui la « gardera » donc dans l’épreuve.

Il ne faut pas confondre cette Philadelphie (pl. XIII) avec celle qui, ancienne Rabba des Ammonites (voir Rabba) hellénisée au IIIe siècle avant Jésus-Christ, reçut son nouveau nom de Ptolémée Philadelphe ; à l’époque de Jésus-Christ, c’était une des cités de la Décapole, en Pérée (pl. VIII), mais elle n’est pas mentionnée dans le Nouveau Testament

Comme le surnom de Philadelphe était en grec-une épithète (Philadelphos = ami du frère), le nom de Philadelphie était un substantif (Philadelphia = amour fraternel), qui se trouve plusieurs fois avec ce sens dans le Nouveau Testament (1 Thessaloniciens 4.9 ; Romains 12.10, etc. ; voir la fin de l’article Amour). D’où le choix de ce nom symbolique pour la grande ville américaine fondée au XVIIe siècle par le Quaker William Penn : Philadelphie, la cité de l’« amour fraternel », celle des « Amis ». And. R.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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