Dictionnaires bibliques

Lezard

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Lezard », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

Animal dont on connaît plusieurs espèces de diverses grandeurs, et que, selon quelques commentateurs, on retrouve dans l’Écriture sous six noms différents, qui sont traduits dans nos versions (Lévitique 11.29-30), par les noms de tortue, hérisson, crocodile, lézard, limace, taupe. Disons quelques mots sur chacun de ces animaux, en réservant toujours l’incertitude qui règne sur tous ces noms, dont la plupart ne se trouvent qu’une seule fois dans l’Écriture :

1°. Hébr. tzùb (Martin, tortue) ; l’animal désigné par nos versions est un amphibie dont le nom est tout à fait déplacé au milieu de ceux qui l’entourent, et que la plupart des commentateurs, déjà les Septante, Damir, Avicenne, puis Bochart, Hasselquist, Léon l’Africain, Shaw, Wi-ner, Gesenius, Harris, sont d’accord à traduire par lézard d’Égypte (cauda verticillata) ; cet animal, qui porté encore le nom de dab ou dsab, a environ 35 à 40 cm de long, et 10 à 12 de large sur le dos ; il ne boit pas d’eau ; ses écailles sont dentelées, sa peau jaunâtre et ses formes assez agréables à la vue ; non venimeux ; très vif ; ovipare.

2°. Anakah (hérisson). D’après la version anglaise, ce serait le furet ; d’après Bochart, l’espèce de lézard tacheté, appelée par Pline stellio ; d’autres (le docteur James), remontant à l’étymologie du mot hébreu, qui indique un cri plaintif ou un grognement, pensent à la grenouille ; Hasselquist, au lézard du Nil ; Harris, au lézard gecko, couvert de taches rouges, et dont le cri aigu lui aurait valu son nom égyptien, et aux Indes celui de tockaï, qui correspondent à la signification du nom hébreu ; Winer enfin voit l’anakah dans l’ouaral ou guaral des Arabes : laid, méchant, venimeux, redoutable, long de 80 cm, il ne craint ni le crocodile, ni les plus gros serpents ; sa peau est brun-rouge, semée de taches noires ; sa force a fait penser à plusieurs auteurs (Bochart, Léon l’Africain, Harris) qu’on devait le voir dans l’animal nommé en hébreu co’ach, qui signifie force ; mais cette étymologie n’est pas une preuve absolue, car, ainsi que l’ont déjà démontré Michaélis et Rosenmuller, le nom de co’ach peut avoir encore d’autres significations.

3°. Co’ach (crocodile) ; les Septante et l’anglais, caméléon ; Harris, guaral ; Winer le traduit par lézard stellion ; brun, avec des taches, les unes blanches, les autres noires ; le corps est plus court que la queue, qui a 40 cm de long., voir ci-dessus 2°.

4°. Letaah (lézard) ; Vulgate, stellion ; tous les interprètes reconnaissent que c’est une espèce de lézard, mais ils varient sur l’espèce. Winer, d’après Castellion, y voit la salamandre, de 9 ou 10 cm de long, large de trois, noire et tachetée de raies jaune-orange, avec deux rangs de glandes sur le dos, qui suintent une humeur laiteuse suffisante pour éteindre un très petit feu ; de là la fable de la salamandre qui peut vivre dans le feu. D’après Bochart, ce serait une autre espèce de lézard, venimeux, et qui peut se coller à la terre de manière à ce qu’on ne puisse l’en arracher qu’avec beaucoup de peine (de l’arabe atah).

5°. Chomet (limace). D’après Bochart, qui s’appuie d’une étymologie vague et incertaine, ce serait une espèce de lézard ; c’est aussi l’opinion de Harris, et la nature des animaux dont il est parlé avant et après, semble justifier cette interprétation ; cependant l’hébreu chamat, qui signifie sable, permet de voir dans cet animal la limace ou l’escargot, ainsi que le font nos versions et Winer ; ce serait alors le même que l’on trouve (Psaumes 58.8), sous le nom de shabeloul (Bochart). Dieu a donné à ce pauvre animal une peau dure et visqueuse, qui doit lui servir de moyen de locomotion par le mouvement de contraction dont elle est douée ; en même temps il peut s’attacher à toute espèce de surface, soit par la viscosité même de son ventre, soit par la pression atmosphérique et le vide que l’animal fait entre son corps et l’objet sur lequel il rampe. La coquille de l’escargot lui est aussi une protection contre les intempéries de l’air ; il peut s’y retirer et se mettre à l’abri contre les petits dangers qui menacent incessamment sa frêle existence. Le psalmiste en a fait l’emblème du méchant qui se consume lui-même dans ses entreprises, laisse partout des traces de son passage, mais se détruit, se fond en son chemin, en perdant à mesure et ses forces et sa substance.

6°. Thinshémeth (taupe). C’est le même mot qui sert (Lévitique 14.18 et Deutéronome 14.16), à désigner un oiseau impur, voir Cygne. Ici on le traduit de deux manières différentes, sans compter celle de la Vulgate, acceptée par les versions française et anglaise ; Saadias, puis Hasselquist, Golius, Winer, entendent par cet animal le lézard gecko (voir 2°), petit, à queue courte et ronde, venimeux, mais avec cette singularité que c’est par les lobes de ses doigts de pied qu’il laisse échapper son venin ; il recherche les lieux où se trouvent des dépôts de sel marin, il s’y promène plusieurs fois de suite et y laisse après lui son venin, d’autant plus dangereux qu’il rend le sel amer, et le corrompt de telle manière que son usage peut engendrer la lèpre. D’après Bochart, Geddes et Harris, et cette opinion se recommande davantage selon nous, il faut traduire thinshémeth par caméléon ; ce petit animal atteint une longueur de 25 cm ; sa queue est longue, plate et flexible ; il s’en sert quelquefois pour s’attacher aux branches d’un arbre et reste ainsi suspendu ; il n’a pas de cou visible ; sa tête est unie au corps comme chez les poissons, sans séparation ; elle a deux ouvertures qui lui servent de narines, et pas d’oreilles ; le caméléon ne rend aucun son, ni cri, ni grognement ; ses yeux sont extrêmement mobiles, beaux et d’un jaune d’or ; il les promène à droite et à gauche sans avoir besoin de tourner la tête, ce qui lui serait assez difficile ; ordinairement ses yeux sont obliques et regardent de deux côtés à la fois. Sa couleur est gris d’acier, mais devient facilement jaune ou noire quand il sort de son état naturel et qu’une passion l’anime. Ce qui est vrai c’est qu’il peut rester longtemps sans nourriture. Hasselquist raconte qu’il en a gardé un trente-deux jours sans lui rien donner, et que c’est dans les derniers jours seulement qu’il parut un peu éprouvé de ce régime ; il se nourrit, principalement d’insectes. Son nom hébreu thinshémeth, dont la racine est nasham respirer, rappellerait l’ancien préjugé d’après lequel le caméléon ne serait ni herbivore, ni carnivore, mais un simple respirateur.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

L’article dans Bost

Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Moïse (Lévitique 11.30) met entre les animaux impurs, dont il défend de manger, deux sortes de lézards, stellio et lacerta. On connaît plusieurs sortes de lézards. Il y en a dans l’Arabie d’une coudée de long ; mais on dit que dans les Indes on en voit de vingt-quatre pieds de longueur. On mange des lézards dans l’Amérique, où ils sont fort bons. Un lézard peut rassasier quatre hommes. Il y a beaucoup d’apparence que l’on en mangeait aussi quelquefois dans l’Arabie et dans la Judée, puisque Moïse les met au rang des animaux immondes.

Nous trouvons plusieurs sortes de lézards dans l’Écriture, du moins nous trouvons jusqu’à trois ou quatre termes pour l’exprimer ; letaa, chotneth, tinschemeth, et schetnamith. Les trois premiers mots se trouvent dans l’endroit cité de Moïse. Les deux premiers sont traduits par, stellio et lacerta. Le troisième est traduit par, une taupe ; mais Bochart soutient que c’est un caméléon. Le quatrième est décrit dans les Proverbes (Proverbes 30.28), et il y est traduit par stellio, un lézard. Le même auteur, à qui nous déférons beaucoup dans ces matières, appuie la version de la Vulgate et des Septante contre ceux qui traduisent un singe, une sangsue, ou une araignée. On le peut voir de Animal sacris, prima parle, lib. 4.C. 4.5, et 7.

Le stellio de la Vulgate est rendu par lézard dans la traduction de Sacy, adoptée par dom Calmet, Vence et M. Glaire. Dans la Bible de Vence, 5° édition (Paris, 1829) nous lisons sur le mot dont il s’agit la note suivante : « Plusieurs nouveaux interprètes pensent que le terme de l’original se doit entendre de l’araignée. » Toutefois le texte latin y est rendu de cette manière : « Le lézard, qui se soutient sur ses mains… » La Bible de M. Glaire (Paris, 1835) reproduit la même note ; mais la traduction est paraphrasée en ces termes : « Le lézard, ou plutô l’araignée, qui se soutient sur ses mains… » Nous devons ajouter que M. Glaire paraît avoir abandonné cette interprétation et adopté celle de Bochart, qui trouve que le semamith n’est autre que le stellio ou lézard dont la peau est couverte de taches semblables à des étoiles. Voyez l’Introduction aux livres de l’Ancien et du Nouveau Testament, tome 2 pages 99.

Le révérend David Scot a fait sur le Semamith de Salomon, On the Semamith of Salomon, une notice qu’il communiqua à la Société d’histoire naturelle Wernérienne le 7 avril 1827. Nous allons la reproduire ici tout entière. Laissons donc parler l’auteur.

« Nous lisons, dans le 25e verset du 30e chapitre des Proverbes de Salomon, qu’il y a quatre êtres de peu d’importance sur la terre, mais qui sont doués d’une grande sagesse ; et, dans le 28e verset du même chapitre, nous lisons que le dernier de ces quatre êtres s’appelle Semamith, qui se tient suspendu par les paae-s, et habite les palais des rois.

Comme aucun autre sens de ce mot Semamitha ne se rencontre dans la Bible hébraïque ; les docteurs juifs en ont donné plusieurs interprétations absurdes. Nous ne nous arrêterons qu’à deux, qui nous paraissent les moins déraisonnables, en outre de l’interprétation la plus générale.

La première fait de Semamith une hirondelle, mais sans que nous puissions y trouver d’autre raison que la similitude du son de Senunith, nom chaldéen de cet oiseau. On peut quelquefois trouver la signification d’un mot par un autre qui a le même son, mais souvent cette ressemblance pourrait conduire à de graves erreurs.

Il est certain que l’hirondelle bâtit son nid dans les encoignures des fenêtres et parfois dans les cheminéesde nos maisons, et qu’elles font de même en Palestine ; mais il n’en résulterait pas l’assurance qu’elles se tiennent suspendues par les pattes, et qu’elles habitent les palais des rois, car il serait tout à fait absurde de parler de cette manière d’aucun animal ailé.

L’autre interprétation tendrait à traduire Semamith par singe, qui est un animal très-rusé, dont les princes s’amusent de temps en temps, et qui a aussi deux pattes, avec lesquelles il peut saisir les objets, ce qui, dans un style relâché, peut s’appeler des mains.

Peut-être le singe ne peut être regardé comme trop gros pour être appelé une chose de peu d’importance sur la terre ; on convient généralement qu’il peut exciter l’attention, si ce n’est même l’admiration, par ses tours ; mais il n’habite point les palais, à moins d’y être contraint ; il faut qu’ils soient déserts, pour qu’il les choisisse et y fasse son séjour.

Pour éviter ces inconvenances, on a songé à l’araignée, et assurément cet insecte peut citer une foule de noms en sa faveur. Sa cause a été soutenue avec une étonnante uniformité par Levi, Elias et Kiruchi, parmi les Juifs ; par Santes, Arias, Mercer, Munster, Castalio, Junius et Tremellus parmi les chrétiens ; et enfin par les traducteurs anglais, italiens et genevois.

Il est indubitable que l’araignée se trouve aussi bien dans les palais des rois que dans les maisons des pauvres. Il y a beaucoup d’espèces d’araignées, et l’une d’elles habite spécialement les maisons.

Pourtant, cette espèce d’araignée se trouve plus, souvent dans les chaumières que dans les palais, parce que l’on souffre moins ces insectes dans ces édifices, où l’on tient davantage à la propreté. Les araignées sont plus disposées à fixer leur séjour dans des lieux abandonnés, où l’on serre de gros meubles inutiles ou mis en oubli.

Semamith n’est pas le nom ordinaire de l’araignée en hébreu. Elle s’appelle Ocubish, qui s’est changé en Ocubim dans la Chaldée, et en Unkabus dans l’Arabie., mots qui tous signifient une araignée.

Il y a dans la Bible hébraïque deux passages où il est fait mention de l’araignée sous le nom d’Ocubish. L’un de ces passages est dans le livre de Job (Job 8.14) : « L’espérance de l’hypocrite sera détruite, et son crédit sera le trou ou la toile d’une araignée, » L’autre est dans lsaie (Isaïe 59.5) : « Ils font éclore des œufs du basilic, et tissent la toile des araignées. » Tout le monde voit qu’il est question dans ces passages, des travaux de l’araignée.

Nous admettons que cet insecte ou tout autre être puisse avoir deux noms, pourvu que l’un rappelle quelque idée que l’autre ne donne pas ; et nous n’aurions aucune objection à faire contre le nom Semamith, comme le nom de l’araignée, pas plus qu’à celui de Ocubish, si les détails qui accompagnent l’emploi du premier correspondaient aussi bien avec les habitudes de l’insecte qu’elles y correspondent quand on se sert du dernier.

Par ce défaut de rapport, plusieurs interprètes, tant anciens que modernes, se sont persuadé que l’animal désigné sous le nom de Semamith appartenait au lézard, et non à l’insecte.

Les Septante, qui sont les plus anciens traducteurs, et dont l’autorité est si respectable, ont traduit Semamith par le mot Calabotes, que le lexicographe Hésychius déclare titre un certain poisson ou un lézard.

Comme les lézards n’ont pas la forme des poissons, et que quelques-uns d’entre eux vivent aussi bien dans l’eau que sur terre, on peut excuser cet interprète, qui prétendait que par Semamith Salomon entendait un poisson, ne fallût pas un grand effort de raisonnement pour découvrir que les poissons n’habitent pas les palais des rois, quoiqu’ils puissent habiter leurs étangs.

Le Calabotes des Septante est traduit par les interprètes de la Vulgate par le mot stellio ; et beaucoup de lézards peuvent être appelés stelliones, à raison de la variété des couleurs de leur peau, qui sont principalement brillantes, dans les pays chauds.

« Cette traduction de Semamith par les Septante et par les interprètes de la Vulgate est appuyée par les traducteurs du syriaque, du chaldéen et du samaritain. Le terme que chacun d’eux emploie signifie stellio, ou lézard tacheté.

Bochart, dans son Hierozotcon, dit qu’il y a deux espèces de stellio, l’une venimeuse, et l’autre qui ne l’est pas ; mais il a des doutes sur ce qu’on entend par Semamith. Si c’est le stellio réputé venimeux, Sem avec un samech, qui peut se changer en sin, suivant quelques-uns, signifiera poison, et, par conséquent, le Semamith sera le lézard venimeux. Il y a cependant d’autres personnes qui prononcent Schemamith, et le font venir d’un verbe qui signifie étonner ou stupéfier, et ils pensent que le lézard a reçu ce nom, parce qu’il étonne ou stupéfie le scorpion, dont on prétend qu’il est l’ennemi le plus terrible et le plus déterminé. Aussi Galien, De Theriaca Pisonem, affirme que le stellio étonne et détruit les scorpions, dès l’instant que son regard les frappe ; et AÉlien et Isidore, etc., sont d’accord avec Galien pour donner au stellio ce pouvoir sur le scorpion.

Mais ce qui vient encore plus à l’appui de notre prétention à prouver que le Semamith est le stellio, est cette maxime du Thalmud. Traité sur le sabbat chapitre 8 « Le Semamith » remplit de terreur le scorpion », maxime qui ne pourrait s’appliquer à aucune araignée, quelque effroyable qu’elle fût. Nulle araignée ne peut attraper sa proie qu’en l’enveloppant dans sa toile : le scorpion doit avoir à se débattre contre un ennemi plus fort et plus cruel, puisque son seul regard le prive presque tout à fait du sentiment et de la vie.

Si le Semamith est le lézard réputé venimeux, Bochart nous apprend que les Arabes ont un lézard auquel ils donnent le nom de Samabras, qui signifie lézard tacheté, ou lézard qui a des tachetures comme un lépreux, et auquel le Semamith, s’il est le lézard venimeux, peut se rapporter.

Si cependant le Semamith est le stellio inoffensif, Bochart pense que ce peut être le Wezgu, qui est moins gros que le Samabras, et convient tellement à la description que donne Salomon du Semamith, que c’est un petit être sur la terre.

Mais si le Semamith est le Samabras ou le Wezgu, comme Bochart a cherché à l’établir, les lézards sont plus abondants dans les pays chauds et secs ; et, comme l’Arabie ne le cède à aucun pays sous ces deux rapports, elle peut s’appeler la terre des lézards. On en voit partout où l’on dresse une tente, partout où l’on bâtit une maison. Les Arabes, qui en sont continuellement infestés, ont des noms pour chaque espèce ; et nous sommes persuadés que, dans aucune langue, la nomenclature de cette race d’animaux n’est plus complète qu’en arabe.

À tort ou à raison, les lézards sont détestés par les Arabes, comme ils l’étaient par les Grecs et les Romains ; Jahius, fils de Chomer, affirmait que l’individu qui aurait tué cent stelliones lui serait plus cher que celui qui aurait racheté cent esclaves, et Antoine Libérales prétendait qu’ils étaient abhorrés des dieux et des hommes, et que quiconque en tuait quelques-uns rendait un service très-agréable à Cérès.

Tous les lézards, à quelque espèce qu’ils puissent appartenir, stelliones, geckos, iguanas, ont quatre pattes ; celles de derrière, mais surtout celles de devant, ressemblent beaucoup aux bras et aux mains de l’homme. Quiconque a vu quelque lézard a été sur-le-champ frappé de cette ressemblance ; et, par cette raison, tous les lézards, et il y en a immensément, ont été avec raison et convenablement appelés lacertoe, c’est-à-dire, créatures avec des bras ou des mains.

En supposant que le Semamith de Salomon soit un lézard, on a plus de raison de dire qu’il se tient suspendu par les bras ou par les mains, en courant çà et là pour attraper des mouches, qui sont sa nourriture ordinaire ; éviter la poursuite de ses ennemis, lorsqu’il glisse le long des endroits où ils ne peuvent atteindre, ou pour assurer sa retraite, si elle est au-dessous ; sous ces rapports, il était naturel qu’il admirât leur dextérité, et qu’il déclarât qu’elle signalait une grande sagesse, quoiqu’ils fussent peu de chose sur la terre.

Ce que dit Bruce démontre que les lézards de toutes espèces sont très-nombreux dans la Syrie : « Je puis dire positivement, sans exagération, que j’en vis un jour au-delà de plusieurs mille dans la grande cour du temple du Soleil, à Balbec. La terre, les murailles et les pierres, en étaient couvertes, et la variété des couleurs qu’ils présentaient faisaient un effet extraordinaire, étant éclairées par le soleil pendant qu’ils jouissaient de sa chaleur, ou qu’ils dormaient. »

Là où il existe tant de lézards, il doit y en avoir de beaucoup d’espèces ; et, après avoir tout fait pour les préciser, il reste encore une grande confusion, deux ou plus d’espèces étant décrites comme une seule, tandis qu’on donne le même nom à deux ou plusieurs espèces.

En avouant les obligations que nousavons à Bochart pour les principaux matériaux de cet essai, nous regrettons de n’avoir pu parcourir Scheuchzer, qui a traité en grand l’histoire naturelle de la Bible ; et nous n’avons ni lu ni appris le nom de celui qui a essayé de signaler l’espèce de lézard qui correspond au Semamith de Salomon.

Le stellio du Levant de Cuvier peut être cité ; §es synonymes sont le stellio lacerta de Linnée, le koscordylos des Grecs modernes, qui n’est pas le hardun des Arabes, qui, si nous ne nous trompons pascorrespond mieux à ce qu’on appelle crocodile de terre. C’est ce stellio du Levant que les Mahométans tuent souvent, parce qu’ils supposent qu’il se moque d’eux en baissant la tête pendant qu’ils disent leurs prières.

Ou le Semarnith de Salomon peut être le Gecko des murons de Cuvier, dont les synonymes sont le Gecko d’Hasselquista de Schneider. Il est très-commun dans les maisons de ce pays, sur les bords de la Méditerranée à l’est et au sud. Au Caire, on l’appelle Abou burg, ou le père de la lèpre, parce qu’on suppose qu’il communique la lèpre à ceux qui mangent ce qu’il a touché avec ses pattes. Quand il se promène sur la main de quelqu’un, il survient une inflammation à la peau ; ce qui vient plutôt, dit Cuvier, de ses griffes aiguës, que de la matière délétère qu’il y communique.

Nous ignorons si le Lacerta ocellata, comme quelques-uns l’appellent, diffère des lézards dont on vient de faire mention ; il a envi ron une palme de long ; il a les pieds courts, et en général cinq articulations aux doigts. Il est d’un gris verdâtre, avec des tachetures ou des rondeurs brunes. Il est originaire d’Égypte, et nous présumons qu’il l’est également de la Palestine ; il fréquente les maisons.

Enfin les autorités et les probabilités sont à l’appui de l’idée que le Semamith de Salomon est le lézard des maisons et non l’araignée, quoique pour le moment nous ne puissions dire quelle espèce de lézard est celle que l’on doit désigner parmi toutes les autres (Edinburgh new Philosophical Journal ; octobre à décembre 1827, p.30) »

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

L’article dans Calmet

Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

La liste, dans Lévitique 11.30, de petits animaux rampants déclarés impurs en « nomme cinq que les interprètes modernes croient appartenir à la famille des lézards, mais sur l’identification desquels ils ne s’accordent pas » (Bible du Centenaire). On ne s’étonnera donc point de la variété des traductions des mots hébreux :

1. anâqâh

(signifiant : celui qui soupire ou gémit) : plusieurs lézards, entre autres le gecko, émettent des cris plaintifs ; autres traductions  : musaraigne (LXX et Version Synodale), hérisson, furet (Talmud) ;

2. koâkh

Petit crocodile terrestre ; traduction antique : caméléon ;

3. letââh

Autre traduction : tortue ;

4. khômèt

Lézard des sables ; autres traductions : serpent, limace, limaçon (voir article) ;

5. tinchémèt

Caméléon (voir ce mot) ; autre traduction : taupe. Il faut y ajouter :

6. tsâb

Sans doute un terme générique (Lévitique 11.29), auquel ressemble l’arabe dabb ; autre traduction  : tortue ;

7. semâmit

(Proverbes 30.28), peut-être lézard, mais voir Araignée. Les lézards surabondent en Palestine et dans les pays voisins, où l’on en distingue plus de 40 espèces. On les retrouve partout, mais le désert est leur terre d’élection.

Le plus beau est le lézard vert (lacerta viridis), qui est d’un vert Clair parsemé de taches noires ; il se nourrit d’insectes, de vers et d’oœufs de petits oiseaux qu’il déniche jusque sur les arbres.

Un groupe très proche du premier est celui des lézards de murailles (zootocince), encore plus nombreux, qui vivent de mouches et autres insectes ailés ; on les capture et apprivoise aisément ; ils sont intelligents, dociles ; les bédouins pauvres s’en nourrissent, mais les musulmans stricts regardent cette chair comme abominable.

Le dabb est un grand lézard à longue queue épineuse (uro-mastix spinipes)

Le gecko (ptyodactylus Hassel-quistii) fréquente les rochers, les ruines, les habitations indigènes ; grâce à la conformation spéciale de ses doigts, il circule le long des murs et parcourt même les plafonds en position renversée ; il est silencieux et noctambule ; en faisant vibrer sa langue contre son palais, il fait parfois entendre un claquement sec, que son nom reproduit ; sa couleur varie : rouge, brun, bleu clair, dos et flancs tachetés de blanc ; les Arabes le disent, à tort, venimeux ; malgré sa belle teinte, sa forme et son aspect général le rendent répugnant.

Le crocodile terrestre est un grand lézard qui peut atteindre jusqu’à 1 m 50 et dont la vallée du Jourdain compte deux espèces : psammosaurus scincus et monitor niloticus

Les lézards des sables foisonnent dans les déserts de Palestine, où l’on en a distingué 7 espèces ; une des plus belles et des plus grandes est le plestiodon aureatus : sa peau jaune est magnifiquement tachetée de rouge et d’orange ; il fréquente surtout les environs de la mer Morte ; ses pattes étant très courtes, souvent dissimulées dans les replis de la peau, il ressemble à un serpent. Très difficile à capturer : de la couleur du désert, il disparaît dans le sable à la première alerte. On peut encore citer le lézard gris (stellio vulgaris), qui se trouve aussi dans la région de la mer Morte.

E. D.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

L’article dans Westphal