Dictionnaires bibliques

Laodicee

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Laodicee », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

Ville de l’Asie Mineure, qui fut des premières évangélisée, et dans laquelle on trouva de bonne heure une église chrétienne, mais qui s’endormit dans le relâchement (Apocalypse 1.11 ; 3.14). Paul adressa à cette église (Colossiens 4.16), une lettre qui, selon les uns, s’est perdue ; ou plutôt (voir ce que nous avons dit à l’art. Éphèse) c’était la même que la lettre aux Éphésiens, et elle devait servir d’encyclique à plusieurs églises de l’Asie Mineure. Laodicée était dans le voisinage d’Hiérapolis et de Colosses, à 7 lieues de cette dernière ville (Colossiens 4.13-15). On trouve encore sur une inscription Laodicée, Lycus, Caprus ; et sur d’autres, Laodicée sur te Lycus, pour la distinguer d’autres villes ou endroits du même nom. Laodicée était en effet située non loin du Cadmus, où le fleuve assez considérable du Lycus prend sa source, et près du confluent du Caprus et du Méandre. C’était une ville fort commerçante ; on y trouvait surtout des changeurs d’argent. Elle porta d’abord le nom de Diospolis, plus tard celui de Rhoas ; celui de Laodicée lui fut donné en l’honneur de Laodice, épouse d’Antiochus II le Divin. Une source considérable d’eau chaude se trouvait entre Laodicée et Apamia, exhalant une espèce de fumée qui planait sur sa surface. Quelques-unes des eaux de Laodicée même avaient la vertu de pétrifier les objets. Strabon dit que les murs dont on entourait ces sources, se faisaient en bois, et qu’ils ne tardaient pas à être pétrifiés par la source. L’an 66 de Christ, sous Néron, cette ville fut détruite par un tremblement de terre, mais déjà rétablie sous Marc Aurèle. Tacite place ce tremblement de terre dans la septième année de Néron, c’est-à-dire entre 60 et 61, en ajoutant que, malgré la grandeur du désastre, les riches habitants de Laodicée la firent reconstruire, au moins en grande partie, dans la même année, voir Phrygie. On en voit encore des ruines assez considérables sous le nom d’Eskihissar.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Il y a plusieurs villes de ce nom : mais l’Écriture ne parle que de celle de Phrygie, sur le fleuve Lycus, et voisine de Colosses. Son ancien nom était Diospolis. On l’appela ensuite Rhoas. Enfin Antiochus, fils de Stratonice, la fit rebâtir et la nomma Laodicée, du nom de sa femme Laodicé.

Saint Paul n’avait jamais été dans cette ville, et les fidèles de Laodicée ne le connaissaient point de visage et ne l’avaient jamais vu (Colossiens 2.1). Cependant, ayant appris par Epaphras, leur apôtre, que les faux docteurs répandaient dans Colosses et dans Laodicée une pernicieuse doctrine, il écrivit à ceux de Colosses pour les prémunir contre ces mauvais docteurs ; et il prie les Colossiens, lorsqu’ils auront lu sa lettre, de l’envoyer à ceux de Laodicée ; et de même il souhaite que ceux de Laodicée envoient leur lettre à ceux de Colosses (Colossiens 4.16).

L’expression de saint Paul, qui dit aux Colossiens : Et lisez aussi celle des Laodicéens, est équivoque. Elle peut signifier ou la lettre que saint Paul a écrite à ceux de Laodicée, au celle que les Laodicéens ont écrite à saint Paul. C’est ce qui a partagé les interprètes, les uns l’ayant prise dans le premier sens, et d’autres dans le second. On voit encore à présent une lettre sous le nom de saint Paul aux Laodicéens. Théodoret et saint Jérôme en ont connu une sous ce titre. Les Pères du septième concile disent que leurs anciens en ont aussi eu connaissance. Mais et les uns et les autres l’ont rejetée comme fausse et supposée ; et tous les savants sont aujourd’hui convaincus de la supposition de celle que l’on cite sous le nom de saint Paul, et que l’on a mise dans quelques anciennes Bibles imprimées en Allemagne et à Anvers. On la trouve aussi dans d’anciens manuscrits. Il y a même sujet de douter que celle-ci soit la même que celle dont parlent les anciens, puisque nous ne la voyons pas en grec ; celle que Hutterus a donnée en cette langue ayant été traduite par lui sur l’exemplaire latin. De plus, saint Philastre dit que les hérétiques ont ajouté quelque chose à l’épître aux Laodicéens ; et Timothée, prêtre de Constantinople, dit qu’elle a été forgée par les manichéens. Or nous ne voyons aucune trace de manichéisme ni d’autre hérésie dans celle qui est entre nos mains, et dont voici la copie :

Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus-Christ, aux frères qui sont à Laodicée. Que la grâce et la paix vous soient données par Dieu notre Père, et par Notre-Seigneur Jésus-Christ. Je rends grâces à Dieu dans toutes mes prières de ce que vous êtes fermes et persévérants dans les bonnes œuvres, attendant la promesse de Dieu au jour du jugement. Ne vous laissez point ébranler par les vains discours de ceux qui accusent la vérité, pour vous faire quitter la vérité de l’Évangile que j’ai précité. J’espère que Dieu fera en sorte que mes disciples demeurent attachés à la perfection de la vérité évangélique, et clans la pratique des bonnes œuvres, qui leur mériteront la vie éternelle. Les liens que je porte pour Jésus-Christ sont connus de tout le monde : je m’en réjouis et je m’y plais : et cela me servira pour le salut éternel, par le moyen de vos prières, et par le secours du Saint-Esprit, soit pour la vie ou pour la mort. Ma vie est en Jésus-Christ, et ma mort est ma joie. Il vous accordera par sa miséricorde que vous soyez toujours unis par une charité parfaite.

Ainsi, mes très-chers frères, comme vous avez appris que le Seigneur doit venir, demeurez dans les mêmes sentiments, et conduisez-vous dans sa crainte, et vous aurez la vie éternelle ; car c’est Dieu qui opère en vous ; faites donc tout ce que vous faites sans péché, et pratiquez toujours ce qui est plus parfait. Mes très-chers frères, réjouissez-vous en Notre-Seigneur Jésus-Christ, et évitez tout gain sordide. Adressez à Dieu toutes vos demandes. Demeurez fermes dans les sentiments que vous avez de Jésus-Christ, et pratiquez toujours ce qu’il y a de plus parfait, de plus vrai, de plus pur, de plus juste et de plus aimable. Retenez dans votre cœur ce que vous avez appris, et vous jouirez de la paix. Tous les saints vous saluent. Que la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit avec votre esprit. Ainsi soit-il. Faites lire celle-ci aux Colossiens, et lisez celle qui est adressée aux Colossiens.

Mais si cette épître est supposée, comme on eu convient, quelle est donc celle des Laodicéens, que saint Paul veut que les Colossiens lisent dans leur assemblée ? Marcion prétendait que c’était celle aux Éphésiens, et Grotius le croit de même, aussi bien que M. Le Clerc et Hammond. Ils disent que saint Paul, ayant écrit aux Éphésiens et aux Laodicéens une lettre conçue en mêmes termes, voulait que ces deux lettres fussent comme circulaires dans toute l’Asie Mineure, et qu’on les envoyât d’une Église à une autre. Comme Laodicée était plus voisine de Colosses que d’Éphèse, saint Paul aime mieux que les Colossiens s’adressent aux Laodicéens qu’aux Éphésiens, pour avoir communication de cette épître.

D’autres, en grand nombre, tant parmi les anciens que parmi les nouveaux, enseignent que c’est une épître que ceux de Laodicée avaient écrite à saint Paul, et dont cet apôtre souhaitait que les Colossiens fissent la lecture, pour leur édification et leur instruction. Cette hypothèse est assez probable, mais on ne peut la donner comme véritable. Il semble que saint Paul devait plutôt envoyer de Rome la lettre qu’il avait reçue des Laodicéens, s’il voulait qu’on la lût à Colosses, que de renvoyer les Colossiens pour la demander à ceux de Laodicée, dans l’incertitude si ceux-ci en avaient conservé une copie.

D’autres veulent que saint Paul ait écrit aux Laodicéens, en même temps qu’aux Colossiens, une lettre qui n’est-point venue jusqu’à nous. Mais une preuve indubitable que saint Paul n’écrivit pas alors à ceux de Laodicée, c’est que dans l’Épître aux Colossiens il prie qu’on salue de sa part les frères de Laodicée (Colossiens 4.15). Il vaut donc mieux supposer que saint Paul veut parler de la lettre qui lui avait été écrite par ceux de Laodicée, et qui s’est perdue. Ce fait n’est pas certain, il est vrai, mais c’est la plus plausible des hypothèses que l’on propose pour éclaircir l’endroit dont il est ici question [Laodicée était la métropole de la Phrygie Paratienne. Elle était une des sept Églises d’Asie, et saint Jean fut chargé de lui reprocher sa tiédeur, son aveuglement, sa nudité (Apocalypse 3.14) etc. Elle ne voulut pas suivre le conseil divin qui lui fut donné, et elle a subi le sort que devait lui attirer le christianisme commode et raisonnable qu’elle avait arrangé à son goût : Dieu l’a vomie de sa bouche ! elle expie depuis longtemps sa raison et ses plaisirs sous ses propres ruines ! Voyez Keith, Accomplissement littéral des prophéties, dans les Démonstr. évangél., tome 15 col. 1167 et suivants]

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

Ancienne Diospolis, puis Rhoas, Laodicée devint une ville importante au milieu du IIIe siècle avant Jésus-Christ, grâce à Antiochus II qui lui donna le nom de sa femme Laodice ; les Séleucides la conservèrent jusqu’en 190 avant Jésus-Christ ; Rome la prit alors et la confia à Eumène, roi de Pergame, puis l’administra directement. Laodicée devint un centre du culte impérial. Mais après un tremblement de terre en 60, elle refusa l’aide pécuniaire de Rome, que les plus grandes cités d’Asie avaient toujours acceptée en pareil cas : « Je suis riche, dit-elle, je n’ai besoin de rien ! »

Enlevée par Tamerlan en 1402, Laodicée est aujourd’hui en ruines, appelées Eski-Hissar. Cité à peu près carrée, Laodicée, dans la basse vallée du Lycus, affluent du Méandre, près de Colosses, était située au nœud de plusieurs grandes routes : voies principales de Milet et Éphèse vers l’Est, de Pergame et l’Hermus vers la Pisidie et la Pamphylie, de Carie et de Phrygie ; d’où commerce important de transit ou de débouché. La contrée élevait des troupeaux à laine d’un noir brillant, très appréciée, dont on fabriquait étoffes et vêtements de luxe, courts manteaux, tuniques, etc. Aussi la ville était-elle riche : c’était un centre bancaire sur lequel, en 51 avant Jésus-Christ, Cicéron pouvait tirer des chèques de Rome (Strabon).

La population était très mélangée : Phrygiens, Cariens et Lydiens autochtones, colons grecs et macédoniens, Syriens, Juifs très nombreux.

La divinité indigène était le Men-Karou phrygien dont le sanctuaire se trouvait à 21 km de la ville, vers les « portes de Phrygie » ; plus tard, le dieu s’hellénisa sous forme de Zeus. Un marché se tenait sous ses auspices : il a duré, hebdomadaire, jusqu’au siècle dernier. De ce temple relevait aussi une école de médecine alors célèbre ; Aristote et Galien parlent de ses découvertes : une huile pour les oreilles, une poudre pour les yeux.

Dans sa position frontière à l’entrée de la Phrygie à la population arriérée, Laodicée eût dû lui apporter la civilisation hellénique et plus tard contribuer à son évangélisation : elle manqua à cette mission.

C’est une ville sans caractère, sans rôle intéressant dans l’histoire : telle apparaît l’Église à laquelle s’adresse la 7e lettre de l’Apocalypse. Sans doute fondée ou développée par Épaphras, car elle était en rapports étroits avec sa voisine de Colosses (Colossiens 1.7 ; Colossiens 4.12 ; Colossiens 4.15), cette communauté avait donc eu quelques relations avec saint Paul, qui lui adressa une lettre (Colossiens 4.16) : on s’est demandé si ce n’était pas l’épître aux Éphésiens (voir ce mot), ou tout au moins une copie pour Laodicée de cette épître qui aurait été une sorte de lettre circulaire destinée aux églises de la province proconsulaire d’Asie. L’auteur de l’Apocalypse écrit ensuite à l’Église de Laodicée, qui n’est « ni froide ni bouillante », au nom du « témoin fidèle et véritable ». Dans son orgueil elle se dit riche et s’isole égoïstement ; elle est fière de ses étoffes magnifiques et de ses remèdes fameux : elle a besoin des vraies richesses, or éprouvé par le feu, vêtements blancs, collyre du Seigneur, qui se trouvent dans la repentance et le zèle à son service. L’appel d’En-haut s’exprime enfin dans l’émouvant tableau du Sauveur frappant à la porte du cœur pour lui apporter sa compagnie et, par sa communion, la victoire (Apocalypse 2.14 ; Apocalypse 2.22). A.R.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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