Dictionnaires bibliques

Jupiter

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Jupiter », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

Voir Chaldéens.

Cette divinité bien connue des Grecs et des Romains, n’a été connue des Juifs sous ce nom qu’après l’exil quand Antiochus Épiphanes voulut les contraindre d’adorer Jupiter Olympien à Jérusalem, et Jupiter l’Hospilier à Guérizim (2 Maccabées 6.2). À l’époque des apôtres, Barnabas fut pris pour Jupiter en même temps que Paul pour Mercure, et on voulut leur offrir des sacrifices dans le temple de Jupiter qui était à Lystre (Actes 14.12-13). Des taureaux couronnés sont désignés dans ce passage comme victimes.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

était fils de Saturne et de Rhéa ou d’Opis, et frère jumeau de Junon, qui devint sa femme. Opis le cacha après sa naissance, pour le dérober à la connaissance de Saturne, qui, en vertu d’une convention faite entre lui et son frère Titan, dévorait tous les enfants mâles qui lui naissaient. Il fut élevé par les Curètes dans un antre du mont Ida, et nourri du lait de la chèvre Amalthée. Dans la suite, il chassa son père du ciel, et partagea l’empire du monde avec ses frères. Il eut pour lui l’empire du ciel et de la terre, Neptune eut la mer et les eaux, Pluton eut les enfers. On prétend que toute cette fable enveloppe l’histoire de Noé et de ses trois fils, Cham, Sem et Japheth. Selon ce système, Noé est Saturne, qui vit périr tous les hommes dans les eaux du déluge, et qui les engloutit en quelque sorte, en ne les recevant pas dans l’arche qu’il avait bâtie pour lui et pour sa famille. Jupiter est Cham, Neptune est Japheth, Sem est Maton. On s’est expliqué ailleurs plus au long sur ce sujet. [Voyez Belus, Cham, Japheth, Nemrod, Sem).

Les Titans entreprirent de détrôner Jupiter, comme il avait détrôné Saturne, son père. Ces Titans étaient des géants, fils de Titan et de la Terre ; ils déclarèrent la guerre à Jupiter, et, pour escalader le ciel, entassèrent montagnes sur montagnes : leurs efforts furent inutiles. Jupiter les renversa à coups de foudre et les enferma sous les eaux et au-dessous des montagnes, d’où ils ne peuvent sortir. Ces Titans nous représentent les anciens géants qui bâtirent la tour de Babel, et dont Dieu confondit l’orgueil et la présomption, en changeant leurs langues et en répandant parmi eux l’esprit de discorde et de division.

Le nom de Jupiter, ou de Jovis Pater, vient apparemment du nom Jéhovah, prononcé avec la terminaison latine Jovis, au lieu de Java. On trouve Jovis au nominatif aussi bien qu’aux cas obliques, par exemple dans les médailles, Jovis Custos, Jovis Propugnator, Jovis Stator. On y a ajouté Pater, et pour dire Jovis Pater, on a dit Jupiter, et comme Jéhovah, ou Jova, est le vrai nom de Dieu, son nom incommunicable, le nom qui signifie son essence, le Dieu par essence et par excellence, à la distinction des dieux, des anges, des princes et des juges, à qui l’on donne quelquefois ce nom, parce qu’ils agissent au nom de Dieu, et qu’ils exercent sur la terre une partie de son autorité : ainsi chez les païens on donne au premier et au plus grand des dieux le nom de Jovis, pour marquer son indépendance, sa supériorité ; d’où vient qu’on assure que Jupiter est le Baal des Phéniciens, le Relus des Assyriens et des Babyloniens, le Zeus des Grecs, le Moloch des Ammonites, le Marnas de ceux de Gaze ; enfin sous le nom de Jupiter les anciens adoraient toute la nature.

Les anciens Pères chrétiens soutenaient contre les païens que Jupiter était un simple homme, né dans l’île de Crète. Ceux qu’on appelle théologiens, dit Cicéron, comptent jusqu’à trois Jupiter, dont le premier et le second sont nés en Arcadie ; le troisième est le fils de Saturne qui naquit en Crète, où l’on montre son sépulcre. On prétend qu’il régna dans cette île, et on dit même qu’il y a eu deux rois de ce nom dans cette île, n’étant pas possible qu’un seul homme ait pu faire tout ce qu’on attribue à Jupiter. Par exemple, il est certain que Jupiter qui fut élevé par les Curètes, n’est pas le même qui enleva Europe, fille d’Agénor, roi de Phénicie, plus moderne que lui de plusieurs siècles. Varron, au rapport de Tertullien, comptait jusqu’à trois cents Jupiter : il y a apparence qu’il les comptait par le nombre de ses épithètes et des lieux où il était adoré ; car il est vrai qu’on lui donne une infinité de surnoms. L’aigle lui était principalement consacré ; on le dépeint portant dans ses griffes la foudre de Jupiter.

Le nom de Jupiter n’a été connu aux Hébreux que depuis le règne d’Alexandre le Grand et des rois ses successeurs dans l’Asie. Antiochus Épiphane fit mettre l’idole de Jupiter Olympien dans le temple de Jérusalem, et celle de Jupiter l’Hospitalier dans le temple du mont Garizirn. Saint Paul et saint Barnabé étant à Eystres, ville de Lycaonie, furent pris pour des dieux, parce qu’ils avaient guéri sur-le-champ, par leur seule parole, un boiteux de naissance. On prit saint Paul pour Mercure, à cause apparemment de son éloquence, et saint Barnabé pour Jupiter, à cause de sa bonne mine. Voyez ci-après ce que l’on a remarqué sur l’article Olympien. Jupiter Olympien.

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

(ou plutôt Zeus, car dans la langue grec du Nouveau Testament nous ne trouvons pas mention du Jupiter latin, mais bien du Zeus grec), était le roi des dieux. Jupiter est la traduction de Zeus pater, analogue lui-même à l’appellation sanscrite Dyaus Pitar, ce qui veut dire le Ciel-lumineux-Père. C’était le dieu de la lumière et des phénomènes célestes, pluie, tonnerre, etc. Il était fils de Khronos

(Saturne) qu’il avait détrôné après une lutte terrible. Il était représenté sous la forme d’un homme dans la force de l’âge, puissant, majestueux, intelligent. Il tenait dans sa main la foudre. Il avait pour animal consacré l’aigle, pour arbre le chêne. Lorsqu’Antiochus voulut imposer aux Juifs le paganisme gréco-romain, il ordonna de dédier le Temple de Jérusalem à Zeus Olympien et le sanctuaire de Garizim à Zeus Hospitalier : (2 Macchabées 6.2) deux des aspects sous lesquels le grand dieu était objet de culte. De même, lorsqu’en 135 après Jésus-Christ. Adrien réduisit Jérusalem en colonie païenne, il l’appela Ælia (d’Ælius, un des noms d’Adrien) Capitolina (sous la protection de Jupiter Capitolin de Rome).

L’erreur naïve des habitants de Lystre, qui prennent Barnabas et Paul pour Zeus et Hermès (Actes 14.12), s’explique par la légende phrygienne de Philémon et Baucis, très populaire en Asie Mineure : ces deux dieux, descendus sous forme humaine dans un village de Phrygie, se voient refuser l’hospitalité par tous les habitants, excepté par Philémon et Baucis, deux vieux époux qui les reçoivent au contraire avec empressement : le lendemain, les dieux se font reconnaître à eux et les récompensent de leur hospitalité (légende rendue célèbre par Ovide, Métamorph., VIII, et surtout par le poème de La Fontaine). Le Zeus dieu patron de Lystre pouvait être assez différent du Zeus traditionnel, mais nous ne savons pas autre chose de lui que ce qui en est dit dans le récit de Actes 14 : et suivants. L’expression du verset 13 : « dont le temple est à l’entrée de la ville », doit être un qualificatif du dieu plutôt qu’une indication topographique.

Dans Actes 19.35, l’épithète diopétês (littéralement tombée de Zeus), appliquée à l’idole d’Artémis (voir Diane), doit se comprendre « tombée du ciel » et non pas à la lettre, comme dans les anciennes versions : « son image descendue de Jupiter » (Ostervald, Martin, etc).

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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