Dictionnaires bibliques
Cinnamome
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Cinnamome », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
Substance dont Dieu ordonne de la joindre avec d’autres aromates, et d’en faire une huile sainte pour le service du tabernacle. Selon toute apparence, c’est une espèce de cannelle. Quelques auteurs veulent faire de la casse, du cinnamome et de la cannelle, trois plantes ou arbrisseaux différents ; mais le plus probable est que les Hébreux désignaient par ces différents noms trois nuances ou familles différentes d’une même espèce d’arbre, dont le cinnamome aurait été la plus rare et la plus précieuse, et la casse, la moins fine et la moins estimée. Le cannelier, ou laurus cinnamomum de Linnée (nionogynie, 9e classe) est un arbrisseau qui, près des côtes, atteint déjà une hauteur de 8 à 9 mètres, avec une circonférence de 1 mètre environ, mais qui dans les forêts et dans un terrain favorable s’élève beaucoup plus haut, et prend plus de consistance. Ses nombreux rameaux sont ornés de feuilles semblables à celles du laurier, longues de 12 à 18 cm, d’un vert clair ; de jolies fleurs blanches, mais peu odoriférantes, se forment au mois d’avril, en baies à noyaux, dans le genre des grains de genièvre. Le tronc, et les branches âgées de trois ans au moins, sont également recouverts d’une double écorce dont la plus extérieure, grisâtre, est presque sans odeur, tandis que l’autre, longue, mince, roulée et d’un rouge brun, nous donne, après avoir été séparée de l’aubier et séchée au soleil, cette cannelle que nous connaissons tous, d’un goût piquant, aromatique, et si agréable. Les marchands orientaux en faisaient un grand commerce (Apocalypse 18.13), et les hommes riches qui s’en servaient soit pour l’assaisonnement, soit en guise de parfums, allaient jusqu’à en bassiner leurs divans et leurs lits de repos (Proverbes 7.17).
Le cinnamome dont il est parlé dans les livres saints se tirait probablement de l’Arabie ou de l’Éthiopie ; on en trouvait aussi dans l’île de Ceylan une espèce très estimée, v. Casse. Outre ces différentes espèces, on connaît encore la cannelle girofflée de Madagascar, la cannelle blanche qui croît en Amérique, à la Jamaïque et à Saint-Domingue, enfin l’écorce d’un arbre nommé katoukarva sur les côtes du Malabar.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Dieu ordonne à Moïse (Exode 30.23) de prendre du cinnamome et divers autres aromates, et d’en composer une huile de parfum pour oindre le tabernacle et tous ses vases. Le cinnamome est un arbrisseau dont l’écorce a une odeur admirable. Plusieurs modernes le confondent avec la canelle et la case aromatique d’autres distinguent ces aromates. Il est certain que le vrai cinnamome est très-rare. Matthiole assure que, quelque recherche qu’il en ait pu faire, il n’en a jamais trouvé de vrai ; et du temps de Galien, il était déj à si rare que l’on n’en trouvait que dans les cabinets des empereurs. Pline dit que le prix du cinnamome était autrefois à mille deniers ; mais que le prix en était crû de moitié par le dégât des barbares qui en avaient brûlé tous les plants. Matthiole croit que le cinnamome a manqué en Arabie, de même que le baume en Judée. Quelques Rabbins entendent l’hébreu cinnamon de l’aloes.
On ne doute plus à présent que le cinnamome dont les anciens ont parlé si confusément ne soit la canelle : or, la canelle est une écorce longue, mince, roulée, d’une couleur rouge-brun, d’un goût piquant, arornatique et fort agréable. La canelle fine vient toute de l’île de Ceylan. On donne aussi le nom de canelle à quelques autres écorces, comme la canelle giroflée, la canelle blanche, la cassia lignes. La canelle giroflée est l’écorce d’un arbre qu’on trouve dans l’île de Madagascar, et qu’on appelle Ravendsara. La canelle blanche est l’écorce d’un arbre qui croit en Amérique, à la Jamaïque et à Saint-Domingue : La Casia lignea est l’écorce d’un arbre nommé Katoukarva par les Malabarois. Quelques-uns croient que c’est la seconde écorce du franc canelier.
Mais il n’y a guère d’apparence que Moïse ait voulu parler de la canelle de Ceylan, ni même de celles de l’Amérique : Le pays de l’Amérique n’était pas connu, et selon même les apparences, n’était pas même peuplé de son temps ; et le commerce avec l’île, de Ceylan, ou de Tapobrane n’était pas encore ouvert. Mais il pouvait y avoir de la canelle dans l’Arabie ou dans l’Éthiopie ; ou en tout cas le terme hébreu cinnamome dont se sert Moïse, signifie autre chose que la canelie l’Hébreu (Exode 30.23) lit kinnamon ici et (Cantique 4.14). Matthiole dit que le cinnamome a manqué en Arabie, de même que le baume en Judée. Il semble que ce-devrait être une gomme ou une huile, plutôt qu’une écorce où un bois odorant.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
(qinnamôn). Lauracées aromatiques des régions chaudes de l’Asie, comprenant le cannelier, le camphrier, la casse, etc.
Parmi les nombreuses espèces tropicales et subtropicales d’Asie et d’Australie, dont plusieurs produisent l’écorce qui fournit la cannelle, la plus recherchée est celle du cinnamomum zeylanicum Breyn., du sud-est de l’Arabie et de Ceylan.
Arbres ou arbrisseaux à feuilles persistantes, coriaces, subopposées, à fleurs disposées en grappes de cymes, à fruit en baie couronnée par le périanthe persistant. La cannelle, produit de l’écorce interne ou du fruit, était un parfum (Proverbes 7.17 ; Apocalypse 18.13) qui entrait dans la préparation de l’huile sainte (Exode 30.23) ; on cultivait le cinnamome dans les jardins avec d’autres arbres odoriférants (Cantique 4.14).
Ch.-Ed. M.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal