Dictionnaires bibliques
Chus
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Chus », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
1°. Fils aîné de Cam et père de Nimrod. Il a donné son nom à une contrée qui est citée fréquemment dans l’Écriture, même avec quelques détails assez précis, et sur la situation exacte de laquelle il règne cependant encore, chez les interprètes, bien des incertitudes. L’Écriture semble donner à ce nom une signification tantôt plus étendue, tantôt plus restreinte, mais toujours avec l’idée générale que les Cusites sont des peuples de couleur, habitant vers le Sud. La traduction ordinaire est l’Ethiopie : elle est exacte si l’on veut donner au mot Éthiopie le même sens que lui donnaient déjà les anciens. Un Éthiopien signifie, dans son étymologie grecque, un homme brûlé par le soleil. Avant que le nom grec eût prévalu, et même longtemps après, au temps de Josèphe, les Éthiopiens portaient le nom de Cuséens, nom que l’on retrouve encore chez quelques auteurs syriens du cinquième siècle. Dans son sens le plus restreint, le pays de Cush comprenait donc ce qu’on pourrait appeler l’ancienne Ethiopie, savoir toute la contrée située entre la haute Égypte, depuis Syène jusqu’à l’entrée de la mer Rouge dans l’Océan indien, la Nubie, l’Abyssinie et le royaume d’Adel. C’est le sens qu’il faut donner au mot Cush (Ésaïe 18.1) : « Malheur au pays qui fait ombre des deux côtés (entre les tropiques), qui est au delà des fleuves de Cush ! » De même (2 Rois 19.9), le royaume de Tirhaca ne peut être Cush que dans le sens moins étendu (cf. Daniel 11.43 ; Ézéchiel 29.10). Dans son acception plus générale Cush, ou l’Éthiopie, comprend toute la partie sud et sud-est de l’ancien monde, et a pu s’appliquer à plusieurs de ces contrées en particulier (Genèse 2.13 ; Nombres 12.1 ; Psaumes 87.4 ; 2 Chroniques 14.9 ; Jérémie 13.23). Cush est appelé Cushan (habakuk 3.7). Dans le passage de la Genèse, nous voyons un des quatre fleuves du paradis tournoyer par tout le pays de Cush ; évidemment ce ne peut être en Afrique ; nous verrons ailleurs quel était ce fleuve, et comment le nom de Cush se rapporte aux contrées situées au sud-est de la mer Caspienne et de l’Asie. En Nombres 12.1, Séphora, la femme de Moïse, originaire de Madian en Arabie, est appelée Cushite ou Éthiopienne par Moïse lui-même (cf. habakuk 3.7). En suivant la marche de la postérité de Cush, on la verra se répandre en rayonnant depuis l’Indu-Cush sur toutes les vallées et les hauteurs de la Chine, sur les deux presqu’îles de l’Inde, et jusqu’aux îles de l’Océan pacifique. Il est à remarquer que les auteurs profanes ont, aussi bien que la Bible, distingué deux classes de Cushites ou d’Éthiopiens : « Ils demeurent séparément, dit Homère (Odys. 1, 23.), aux frontières les plus éloignées, les uns au couchant, les autres à l’orient ». Si donc nous voulions établir cette grande famille sur une carte géographique, nous lui donnerions toutes les contrées comprises entre l’Abyssinie, l’Arabie, la Perse méridionale, les monts Thibet, I’Himalaya,et le Yantsé-Kiang pour frontière nord, et l’Océan pour frontière sud, en laissant ici et là quelques districts plus ou moins grands, qui furent occupés par d’autres branches des descendants de Noé. (v. les articles spéciaux, et en particulier Éthiopie).
2°. On trouve encore dans l’épigraphe du Psaume 7, le nom d’un homme appelé Cush, et qui a donné beaucoup à faire aux interprètÉsaïe Qui est ce Cush, benjaminite, ce violent persécuteur du roi David, ce fléau dont il demande d’être délivré ? Les uns ont pensé à Simhi (2 Samuel 19.16), qui est appelé (16.11), fils de Jémini. en hébreu benyemini, et dont on a cru qu’il était Benjaminite à cause de cela. D’autres ont pensé à Saül, mais on ne sait pas pourquoi il serait appelé Cush ; d’autres enfin, rapportant également ce psaume à l’époque des persécutions de Saül, entendent par Cush un individu inconnu, peut-être un parent de Saül.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Premier fils de Cham et père de Nemrod (Genèse 10.8). Les Orientaux donnent à Chus, fils de Chanaan et petit-fils de Cham, un fils nommé Habaschi ou Haboschi, père des Abyssins ou Éthiopiens, que les Perses appellent Indiens noirs. Les grammairiens arabes dérivent le mot Habaschah, qui signifie l’Etliiopie, de Hobouscha, qui signifie un peuple mêlé de différentes nations, originaires de différents pays ; qui vivent unis ensemble, et que c’est la véritable origine du nom Habasch, qui comprend les Abyssins, les Nubiens et les Fouges. Les livres sacrés ne connaissent point ni Chus fils de Chanaan, ni Habasch fils de Chus, mais seulement Chus fils de Cham, à qui ils donnent pour fils Saba (Genèse 10.7-8), Hevila, Sabatha, Rhegma, Sabathaca et Nemrod. Une partie de l’Arabie, et particulièrement celle que nous appelons Heureuse, a autrefois été comprise sous le nom d’Éthiopie, à cause que les Abyssins qui l’avaient conquise la possédèrent longtemps. Dhou-Izen, roi de l’Iemen, les en chassa avec le secours des Perses.
Nous ne connaissons dans l’Écriture qu’un seul homme du nom de Chus : mais on trouve plusieurs pays qui portent ce nom ; soit que le même homme ait demeuré en plus d’un endroit, soit qu’il y ait eu quelque autre Chus qui ne nous est point connu. La Vulgate, les Septante et les autres interprètes, tant anciens que nouveaux, traduisent ordinairement Chus par l’Éthiopie, mais il y a plusieurs passages où certainement cette traduction ne peut pas avoir lieu. Il faut donc examiner en particulier les diverses acceptions du nom de Chus.
Chus marque le pays qui était arrosé par l’Araxe (Genèse 10.13). Ceux qui ont traduit en cette occasion Chus par l’Éthiopie, ont donné lieu à l’opinion insoutenable qui a entendu le Gehon du Nil. Le Nil est trop éloigné de l’Euphrate et du Tigre, pour qu’on puisse dire qu’il sortait, comme eux, du paradis terrestre. Nous croyons donc que Chus, sur le Géhon, n’est autre que l’ancien pays des Scythes sur l’Araxe. Hérodote dit que la première demeure de ces peuples fut sur l’Araxe, et qu’ils passèrent ce fleuve étant chassés par les Massagètes, et se retirèrent dans le pays des Cimmériens. Justin met l’Araxe et le Phasis comme limites des Scythes, du côté du midi. Diodore de Sicile dit que les Scythes, qui sont voisins de l’Inde, habitèrent d’abord sur l’Araxe, et que les Suces et les Massagètes sont diverses branches des Scythes. Le nom de Cuthcei et de Cutha, d’où t’on a fait Scythce ou Scuthce, est le même que Chus. Les Chaldéens mettent d’ordinaire le tau où les Hébreux emploient le schin. Ils disent Chut, au lieu de Chus (Chusch, Chut, ou Chuta, d’où l’on a fait Scytha). Les Cuthéens qui vinrent habiter le pays de Samarie étaient originaires du pays des Mèdes, sur la mer Caspienne. Ils étaient donc du pays de Chus dont nous parlons. On trouve aux environs de ce pays des vestiges sensibles du nom de Chus ; les Quitiens, les Cethéens ou Coace, les Cythéens ; les villes de Cotatis, Cetemane, Cythanum, Cyta, Cytaia, Cethyceunt, Cethena. [Voyez Achad] [« Il y avait dans la Susiane un peuple qui se nommait Chusii, et encore aujourd’hui la Susiane elle-même porte le nom de Khouzistan propre. Ces dénominations ne se rattacheraient-elles pas au nom de Chus ? Il n’est rien de plus naturel à penser ; car la colonie dont Nemrod fut le père, et qui était par conséquent Chusite, put certes bien facilement s’étendre dans les contrées situées à l’orient du Tigre, et en Susiane plutôt qu’ailleurs. » Barbié du Bocage].
Chus. Josèphe dit que les Éthiopiens s’appellent eux-mêmes du nom de Chus, et que toute l’Asie les nomme de même. Saint Jérôme dit aussi que les Hébreux donnent aux Éthiopiens le nom de Chus ; et les Septante ne les nomment pas autrement. Jérémie (Jérémie 13.23) dit que : Comme un Chuséen (ou Éthiopien) ne peut changer la couleur de sa peau, ainsi les Juifs ne peuvent changer de condtitte. Dans Ézéchiel (Ézéchiel 29.10) le Seigneur menace de réduire l’Égypte en solitude, depuis Migdol jusqu’à Sienne, et jusqu’aux confins de Chus, ou de l’Éthiopie ; et dans Isaïe (Isaïe 11.11), il dit qu’il rappellera son peuple qui est dispersé dans l’Assyrie, dans l’Égypte, dans Pathurès et dans le pays de Chus. Tous ces caractères conviennent à l’Éthiopie proprement dite, qui est au midi de l’Égypte. [Les Égyptiens eux-mêmes appelaient ainsi l’Éthiopie. Voyez la correspondance de Champollion le Jeune].
Chus. Bochart a fort bien montré qu’il y avait une terre de Chus dans l’Arabie Pétrée, frontière d’Égypte ; que ce pays s’étendait principalement sur le bord oriental de la mer Rouge ; et au fond, à la pointe de cette mer, tirant vers l’Égypte et la Palestine. Voici les preuves de ce sentiment. Séphora, femme de Moïse, qui était de Madian, est nommée Chusite par Moïse lui-même (Nombres 11.1). Or, Madian habitait sur la mer Rouge, à l’orient de cette mer, dans l’Arabie, du consentement de Josèphe, de Ptolémée et de saint Jérôme. Chus était donc dans le même pays. Habacuc (Habakuk 3.7) met le pays de Chus ou Chusan comme synonyme à celui de Madian : J’ai vu les tentes de Chusan mal assurées ; j’ai vu les pavillons de Madian ébranlés. Job (Job 28.19) parle du topase de Chus. Or, le topase ne se trouvait que dans une île de la mer Rouge, voisine du pays dont nous parlons. Isaïe (Isaïe 18.1) et Sophonie (Sophonie 3.10) nous décrivent l’Égypte comme située au delà des fleuves de Chus ; ce qu’on ne peut pas entendre des fleuves de l’Éthiopie. Le roi Tharaca (2 Rois 19.9), qui vint attaquer Sennachérib et Zara (2 Chroniques 14.9), qui vint une autre fois faire irruption dans le pays de Juda, étaient rois de Chus, du pays dont nous venons de parler, frontière d’Égypte et de Palestine, comme le montrent toutes les circonstances de l’histoire. Ainsi, voilà trois pays de Chus bien marqués dans l’Écriture, tous confondus par les interprètes sous le nom général d’Éthiopie. [Voyez Éthiopie].
On connaît encore aujourd’hui une ville autrefois considérable du nom de Chus, ou Kous, sur le bord oriental du Nil, à une petite journée de Carie. Voyez Paul Lucas, Voyage d’Égypte, t. 3 page 1, 2.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
(égyptien Cosh)
1.
Fils aîné de Cham (Genèse 10.6 ; 1 Chroniques 1.8), ancêtre des Éthiopiens, mais aussi, d’après Genèse 10.7 et 1 Chroniques 1.9, de plusieurs tribus du sud de l’Arabie, auxquelles devaient appartenir les Éthiopiens de 2 Chroniques 14.9-15 ; 2 Chroniques 21.16. Dans l’Ancien Testament ce nom de Cus désigne ordinairement l’Éthiopie (voir ce mot) et ses habitants.
2.
Toutefois le Cush de Genèse 10.8-12 et 1 Chroniques 1.10 représente une race habitant du côté de l’Assyrie, probablement les Cosséens ou Kassites (babylonien Cachchî), qui auront été confondus avec Cush-Éthiopie (voir Asianiques, Table des peuples). C’était un peuple semi-barbare occupant la région montagneuse entre la Médie et l’Élam, et dont la puissance fut à son apogée du XVIIIe au XIIe siècle, lorsqu’une de leurs dynasties gouverna la Babylonie. Ce peut être à la même région, considérée comme s’étendant indéfiniment vers l’est de la Caldée, que renvoie le Cush de Genèse 2.13 ; dans ce cas le fleuve Guihon pourrait être l’Indus. Mais s’il s’agit du Nil (que l’auteur du récit pouvait croire le même fleuve que l’Indus), ce Cush serait alors l’Éthiopie (voir Éden).
3.
Benjamite, ennemi de David et probablement partisan de Saül, cité dans Psaumes 7.1.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal