Bible Annotée de NeuchâtelJob 38
Collectif Bonnet, Bovet, Godet et collaborateurs
Lire Job 38 dans la BibleJob 38:1
1 à 3 Introduction.
L'Eternel répondit à Job, que le discours d'Elihu a préparé à tirer profit de cette apparition. On s'est étonné que l'Eternel ne fasse aucune allusion à Elihu. Mais il y a plusieurs manières d'approuver quelqu'un ; l'une d'elles consiste à marcher sur ses traces, même sans le faire remarquer.
Du milieu du tourbillon : de l'orage qui se formait dans le lointain pendant que parlait Elihu (37.2), et qui maintenant éclate. Job n'était point assez mâté ; il a fallu que Dieu lui montrât une force terrible. Pour cette cause donc il a tonné et a ému ce tourbillon, afin que Job connût à quel maître il avait affaire.(Calvin).
Job 38:2
Conseil. Le mot que nous rendons ainsi n'a pas d'adjectif qui le détermine. Il est question du conseil par excellence, celui de Dieu.
Job 38:4
4 à 7 La création. Comment Dieu s'y est-il pris pour fonder l'immense édifice qui s'appelle la terre ?
Job 38:5
Qui en a fixé les mesures ? Chacun sait que c'est Dieu qui a créé la terre, et le verset 4 vient de le rappeler. La question a une autre portée : Te rends-tu compte de la grandeur de celui qui a formé la terre ?
Job 38:7
Sur l'habitude de célébrer par des chants et de joyeux cortèges la pose de la pierre angulaire ou de la pierre de faîte de quelque grand édifice, voir Esdras 3.10 et Zacharie 4.7.
Ici il n'y avait pas encore de témoins humains. Les étoiles et les anges (fils de Dieu, comme 1.6 ; 2.1) seuls assistaient et se réjouissaient.
Les astres sont appelés étoiles du matin précisément parce qu'ils brillaient déjà dans l'étendue lorsque commençait seulement la journée de la création de la terre.
Job 38:8
8 à 11 L'océan. Comment Dieu l'a-t-il endigué ?
Sein maternel : l'intérieur de la terre, d'où la mer est censée avoir jailli avec impétuosité. Si elle n'a pas submergé toute la terre, c'est que Dieu lui a assigné des limites.
Job 38:9
Langes. L'image commencée verset 8 est fidèlement observée. Les nuages et la brume qui couvrent l'océan sont les langes de ce gigantesque nouveau-né.
Job 38:12
12 à 15 L'aurore. Est-ce Job qui a imaginé ce bienfaisant retour périodique de lumière ?
Job 38:13
La terre est figurée comme un tapis que, le matin, l'aurore secoue ; la poussière qui en tombe, ce sont les méchants, que la lumière met en fuite ou permet de saisir (24.17).
Job 38:14
Comme l'argile. On se servait parfois de terre en guise de cire (Hérodote, II, 38). La lumière du matin donne du relief à la contrée qu'elle éclaire et qui, de nuit, ne présentait que des formes confuses.
Comme un [riche] vêtement : aux teintes et aux plis harmonieux.
Job 38:15
Leur lumière, c'est-à-dire les ténèbres (24.17) : les méchants n'opèrent que dans la nuit ; elle est pour eux ce que le jour est pour les justes.
Le bras qui se levait, pour frapper ou accomplir un crime, retombe comme brisé quand parait le jour. Pour comprendre certains termes de ce verset et de plusieurs autres (saisisse, verset 13) de ce chapitre, il faut se rappeler que, dans le midi, le passage de la nuit au jour et du jour à la nuit est beaucoup plus brusque que dans les régions septentrionales.
Job 38:16
16 à 18 Profondeurs de l'abîme et étendue de la terre.
Qu'est-ce que l'homme sait de ces lieux, sans voiles devant Dieu (26.6), et de ces distances, qui n'existent pas pour le Très-Haut (Psaumes 139.9-10) ?
Job 38:17
L'empire des morts est mis en relation avec les lieux les plus bas de la croûte terrestre (26.5-6).
Job 38:18
Les vastes espaces de la terre ? Dieu les voit (28.24). Remarquez la vivacité de toutes ces questions. Dieu semble vouloir étourdir Job en transportant si promptement sa pensée du haut du ciel au fond des abîmes.
Job 38:19
19 à 21 Lumière et ténèbres. Ces deux forces cosmiques que Dieu jadis a séparées (Genèse 1.4), Job est assez âgé pour qu'elles n'aient pas de secret pour lui, et assez puissant pour qu'elles n'aient pas de résistance à lui opposer ! L'ironie est particulièrement forte ici.
Job 38:22
22 à 27 Neige, grêle et pluie.
Trésors : dans le sens de lieux où l'on amasse des provisions quelconques, arsenaux, greniers.
Job 38:23
Que j'ai réservés... Ceci se rapporte, non seulement à la grêle, mais aussi à la neige, qui peut faire beaucoup de mal en Palestine en arrêtant tout commerce et en décimant les troupeaux.
Pour le jour de la bataille. Allusion à des interventions divines telles que celle de Josué 10.14, du moins si l'on y voit des grêlons, et non pas des aérolithes. Voir aussi Psaumes 18.14 ; 68.15 ; Esaïe 28.17 ; 30.30, et bien d'autres passages qui présentent l'Eternel combattant pour les siens du sein d'un orage.
Job 38:24
Par quel chemin la lumière se répand-elle ? On a vu ici les éclairs, qui se partagent en tombant ; mais à tort, car il en va être question aux versets 25 et 35. Il s'agit de la lumière, qui se répand partout avec une si incroyable rapidité.
Et le vent d'orient. Voir 27.21. Ici, peut-être, tout vent d'orage en général.
Job 38:25
Des canaux à la pluie. Dieu se sert d'invisibles canaux quand il dirige la pluie vers une contrée qu'il veut arroser.
Job 38:26
26 et 27 L'homme, qui rapporte tout à lui, trouve étrange que la pluie tombe aussi là où elle ne profite à personne. Dieu a des vues plus larges.
Job 38:28
28 à 30 Formation de la pluie, de la rosée, de la glace et du givre. Ce sont là des phénomènes qui n'ont ni père (verset 28), ni mère (verset 29). Le verset 30 revient à la mystérieuse production de la glace.
Job 38:31
31 à 33 Astres.
Pléiades, Orion : déjà mentionnés 9.9. Comment se fait-il que les Pléiades soient toujours réunies, sans qu'une de ces étoiles se détache du groupe ? Les poètes persans se représentaient les Pléiades comme un assemblage de brillants.
D'autre part, Job est-il capable de séparer les unes des autres les étoiles qui composent la constellation d'Orion ?
Job 38:32
Fais-tu sortir les Hyades en leur temps ? Constellation de l'hémisphère septentrional, dont l'apparition annonce la saison des pluies. La principale de ses étoiles est Aldébaran.
Conduis-tu la Grande Ourse avec ses petits ? La Grande Ourse, ce sont ici les quatre étoiles qui forment le carré ; les petits, qui suivent leur mère, ce sont les trois autres étoiles. prises ordinairement pour la queue de l'animal.
Job 38:33
Son influence. Les astres dominent sur le jour et la nuit (Genèse 1.16-18). L'astrologie a exagéré et défiguré une idée vraie ; nous parlons encore d'astres heureux.
Job 38:34
34 à 38 Phénomènes célestes considérés dans leur dépendance d'une volonté qui n'est certainement pas celle de l'homme.
Fin du verset identique à celle de 22.11.
Job 38:36
De la sagesse..., de l'intelligence. Ces phénomènes participent à la sagesse divine, qui les a soumis à des lois certaines (Matthieu 16.2 ; Ecclésiaste 11.4).
Job 38:37
Qui compte avec sagesse les nues, de sorte qu'il y en ait toujours la mesure voulue. Comparez 28.25-26.
Les outres du ciel : les nuages.
Job 38:38
Quand la poussière coule, rendue fluide par la pluie.
Puis se durcit. Seconde transformation : la poussière était devenue boue. Maintenant la boue devient solide.
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Introduction
Chapitres 38 à 42 Apparition de l'Eternel.
Cette apparition, tant de fois réclamée par Job (10.2 ; 13.3,15,22 ; 14.15 ; 23.3 ; 31.35), a lieu enfin. Et Dieu ne fond point sur lui pour l'anéantir. Par les injustes reproches de ses amis, Job avait été amené à trop abonder dans son sens ; aussi Dieu l'humilie-t-il et achève-t-il à cet égard l'uvre commencée dans son cur par Elihu. Mais, quand Job aura reconnu ce tort, l'heure du relèvement sonnera ; cette apparition, somme toute, est bienveillante et libératrice. Et comment l'Eternel va-t-il procéder ? Il n'explique point à Job, comme on aurait pu s'y attendre, ce qui s'est passé à son égard dans les lieux célestes ; il ne lui fournit point, sous la forme d'un enseignement oral, la vraie solution du problème de sa souffrance : les faits parleront (voir l'Introduction). Dieu ne peut condescendre à instruire Job de la scène racontée dans le prologue, car ce serait contrevenir aux conditions de l'espèce de pari qu'il a trouvé bon de conclure. Ce qui s'est passé derrière le voile doit demeurer un secret pour Job jusqu'à la fin de l'épreuve. (F.Godet, Etudes bibliques).
Chapitres 38 et 39 Premier discours de l'Eternel et réponse de Job.
Ce discours peut se diviser comme suit : L'Eternel interroge Job sur les merveilles de la nature inanimée (chapitre 38) et sur celles du monde animal (39.1-33) ; puis il résume ses interrogations en une dernière question (39.34-35), à laquelle Job répond (39.36-38).
Chapitre 38 Les merveilles de Dieu dans la nature inanimée.
Nous trouvons ici la reprise de la seconde pensée traitée par Etihu. Pourquoi l'Eternel ne revient-il pas sur la première ? Il est remarquable que le premier sujet, développé par Elihu, l'influence purifiante des épreuves, ne soit nulle part reproduit dans ces discours de Jéhova. La dignité de Dieu ne comportait pas même un commencement de justification. (F.Godet Etudes bibliques.) Mais n'est-ce pas un défaut dans notre poème, que cette répétition de la même donnée dans des chapitres si rapprochés ? Car nous allons retrouver ici ce que nous venons de voir déjà dans le discours d'Elihu : une série de questions ironiques, destinées à faire sentir à Job sa petitesse et la grandeur infinie du Créateur. Il est vrai. Mais l'auteur semble avoir réservé toute sa force pour les discours de l'Eternel, et l'infériorité de ceux d'Elihu, dont on s'est fait une arme contre leur authenticité, s'explique précisément par le fait que l'auteur réservait toute la plénitude de sa puissance pour faire parler Jéhova d'une manière digne de lui. (ibidem).