Dictionnaires bibliques
Voie
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Voie », un article après l’autre.
Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Chemin, via.
Ce terme se prend dans le sens moral,
1° Pour la conduite. Par exemple : Redressez vos voies ; les voies des méchants sont tortues ; le Seigneur tonnait la voie des justes, etc.
2° La voie se met pour les lois du Seigneur. Suivre la voie du Seigneur, abandonner la voie du Seigneur ; Seigneur, conduisez-moi dans votre voie, etc.
3° Ce mot se met pour la coutume, les mœurs, la manière de vie : Toute chair avait corrompu sa voie ; la voie de toute chair (Genèse 19.31) ; l’usage de toutes les nations ; les voies des enfants d’Adam (Jérémie 32.19).
4° La voie du Seigneur marque la conduite qu’il tient à notre égard :
Nul ne peut savoir ses voies : mes voies sont autant au-dessus des vôtres, que le ciel est éloigné de la terre (Isaïe 55.9). Le Seigneur e produit la sagesse au commencement de ses voies (Proverbes 8.22). Qui pourra découvrir ses voies ? Toutes les voies du Seigneur sont miséricorde et justice (Psaumes 24.10), etc. Enfin on trouve à tout moment dans l’Écriture ces manières de parler : La voie de la paix, de la justice, de l’iniquité, de la vérité, des ténèbres. Entrer dans la voie de toute chair, Josué (Josué 23.14), marque la mort, le tombeau.
La voie dure marque souvent le chemin des pécheurs, de l’impiété (Judic 2.19). Les méchants dans la Sagesse se plaignent qu’ils ont suivi des voies difficiles (Sagesse 5.7) et l’Ecclésiastique (Ecclésiaste 32.25). Dans un sens contraire les voies, de Dieu, la voie de la piété est souvent nommée dure, étroite, serrée, difficile à trouver et à tenir (Psaumes 15.4) : Je me suis conduit avec la circonspection d’un homme qui marche à travers des précipices. Et Jésus-Christ dans l’Évangile (Matthieu 7.14).
La voie de La Vie : Vous m’avez fait connaître la voie de la vie, dit le Psalmiste (Psaumes 15.11) ; vous m’avez fait connaître vos volontés, vos commandements : (Lévitique 18.15) ; qui donnent la vie à l’homme, à l’observance desquels vous avez attaché la promesse d’une longue vie. Jésus-Christ, par sa résurrection nous a montré la voie de la vie, une voie auparavant inconnue aux hommes. Le sage dans les Proverbes (Proverbes 6.23), dit dans le même sens : Mandatum lucerna est, et lex lux, et via vitoe, increpatio disciplinoe. Les commandements de Dieu et sa loi sont une lumière brillante, et les répréhensions d’un homme sage sont la voie de la vie ; elles conduisent à la vie, elles procurent une longue et heureuse vie. Les livres de l’Ancien Testament sont pleins de ces promesses, mais les saints les plus éclairés élevaient leurs pensées et leurs espérances à une autre vie que celle-ci. Voyez encore (Proverbes 10.17).
Voie se prend pour tous les moyens dont quelque chose se fait, et vient jusqu’à nous. Savez-vous bien quelle est la voie de la lumière, où elle demeure (Job 38.19-24, 25), le chemin qui conduit à son palais, et par quelle voie elle se répand sur la terre, et la voie du tonnerre ? Le sage (Proverbes 30.19-20) avoue qu’il y a trois choses qui lui paraissent très-difficiles, et une quatrième qui lui est entièrement inconnue : la voie de l’aigle dans l’air ; la voie du serpent sur la terre ; la voie d’un vaisseau sur la mer ; la voie de l’homme dans sa jeunesse ; ou selon l’Hébreu : Via viri in adolescentula. L’Ecclésiastique (Ecclésiaste 11.5) : Vous ignorez la voie du vent.
Dans certains endroits de l’Écriture il est dit que Dieu nous détourne de ses voies (Isaïe 63.17) Et le Psalmiste (Psaumes 43.17) : Declinasti semitas nostras a via tua, etc. Mais toutes ces expressions marquent seulement que Dieu permet le dérèglement des hommes, qu’il pourrait empêcher si les lois de sa justice et de sa miséricorde le demandaient, et si les hommes par leur malice et l’endurcissement de leurs cœurs ne mettaient souvent obstacle à ses grâces et à ses miséricordes. Dieu n’endurcit pas le pécheur en lui inspirant la malice, mais en ne lui accordant pas sa miséricorde, dit saint Augustin.
Les pharisiens font dire à Jésus-Christ par leurs disciples (Matthieu 22.16) : Maître, nous savons que vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité ; c’est-à-dire, les vraies maximes de la religion sans respect humain (Marc 1.3). Préparez la voie du Seigneur, disposez les cœurs et les esprits à recevoir Jésus-Christ, et à écouter les paroles de vie. Le Sauveur dit qu’il est la voie, la vérité et la vie (Jean 14.6) ; il enseigne la voie du ciel, il est le plus parfait modèle de la perfection ; il est la vérité essentielle, et la source de toute vérité ; il est la vie de l’âme. Saint Paul sortit de Jérusalem dans la résolution d’arrêter tous ceux qui faisaient, profession de cette voie du christianisme (Actes 9.2). La voie de la vérité est blasphémée par les hérétiques, dit saint Pierre (2 Pierre 2.2) ; c’est-à-dire, les vérités de la religion chrétienne sont corrompues par les faux docteurs. Ils ont marché dans la voie de Caïn, dit saint Jude (Jude 1.5-11). Ils ont imité sa conduite.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Ancien Testament
Le mot hébreu derèk à un sens propre et un sens figuré. Au sens propre, il désigne un chemin, une route, un sentier à suivre (Genèse 49.17 ; Nombres 20.17). Puis, la distance que l’on parcourt sur un chemin en un jour par exemple ; il devient ainsi synonyme de voyage ; voir (Proverbes 7.19 ; Genèse 30.36) Journée de chemin. Enfin, il désigne le chemin de l’existence : « Je marche dans le chemin de toute la terre » (Josué 23.14 ; 1 Rois 2.2), signifie : Je vais mourir. Comp. « le chemin d’où je ne reviendrai pas » (Job 16.22). Au sens figuré, c’est le chemin où l’on marche dans sa vie morale, la conduite, la manière d’être ou d’agir d’un individu (Psaumes 1.6 ; Psaumes 139.24), ou bien les usages et coutumes d’une nation (Jérémie 12.16). C’est aussi un synonyme d’action (Proverbes 13.1), ou de volonté et de pensée, qu’il s’agisse de Dieu ou de l’homme (Exode 33.13 ; Ésaïe 58.13 ; Job 26.14). Aussi, le chemin par excellence désigne-t-il la Loi de Dieu (Job 21.14). Comme un berger, l’Éternel conduit ses brebis dans des sentiers unis, littéralement : des chemins de justice (Psaumes 23.3).
Nouveau Testament
Le mot grec hodos possède à peu près les mêmes sens au propre et au figuré (Matthieu 3.3 ; Actes 8.26 ; 1 Corinthiens 12.31 ; 1 Corinthiens 4.17 ; Jacques 1.8 ; Romains 11.33). Relevons quelques points particuliers : « La voie de Dieu » ou « la voie du Seigneur », qui dans l’Ancien Testament désignait parfois les commandements de Dieu, s’applique à l’enseignement nouveau apporté par Jésus-Christ (Matthieu 22.16) ; sa révélation, son Évangile, voilà le véritable chemin qui conduit à Dieu. En particulier dans le livre des Actes, le mot « voie » devient fréquemment synonyme d’Évangile (Actes 9.2 ; Actes 18.26 ; Actes 10.9 ; Actes 10.23 ; Actes 24.14) (Version synodale, doctrine).
Ce mot est appliqué à Jésus-Christ dans l’ép, aux Hébreux : (Hébreux 9.8 ; Hébreux 10.20) il a ouvert au travers de sa chair une voie vivante qui nous conduit à Dieu ; par lui est enlevé le voile qui séparait l’homme de Dieu (le lieu saint du lieu très saint), et le pécheur a librement accès auprès du Père. Dans ce verset comme dans toute son épître, l’auteur insiste sur la valeur expiatoire de la mort du Christ.
Ce mot enfin est appliqué à Jésus par Jésus lui-même dans le 4e Évangile : « Je suis le chemin… » (Jean 14.6), déclare-t-il en l’expliquant aussitôt par ces mots : « Nul ne vient au Père que par moi ». Si, dans sa détresse et son péché, l’homme, depuis la chute (voir ce mot), cherche vainement Dieu, c’est Dieu qui est venu trouver l’homme, en lui envoyant Celui qui représente le Père, pardonne en son nom et Lui ramène ses enfants égarés. R. R.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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