Dictionnaires bibliques
Thomas
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Thomas », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
Surnommé Didyme, deux noms qui, l’un en hébreu, l’autre en grec, signifient jumeau ; (d’après la tradition, sa sœur jumelle s’appelait Lysia) ; apôtre de Jésus (Matthieu 10.3 ; Marc 3.18 ; Luc 6.13 ; Actes 1.13), que l’on suppose avoir été originaire de la Judée (cf. Jean 21.2). L’Évangile de Jean est celui qui nous le fait le mieux connaître, quoiqu’il ne mentionne que des faits relatifs aux derniers temps de la vie de Jésus, et l’on peut dire qu’il est peu d’apôtres dont le caractère soit généralement plus mal connu et plus faussement apprécié. Thomas est presque toujours pris pour le symbole du doute, du manque de foi ; et si une circonstance de sa vie (Jean 20.24 ; cf. 14.5), semble indiquer en lui un homme positif, qui ne se paie pas de paroles, il faut ajouter que ses doutes furent partagés par tous les disciples, que ses doutes ne forment pas non plus l’unique trait, ni le trait distinctif de son caractère.
C’est lui qui, voyant Jésus partir pour la Judée où l’attendait la famille de Lazare, s’écrie en songeant aux dangers que son maître allait courir : Allons-y aussi, et mourons avec lui (Jean 11.16) ; ce fait seul montre que Thomas était dévoué, chaleureux, mais d’une vivacité d’esprit semblable à celle de Pierre, souvent peu réfléchie ; comme Pierre l’aurait fait, il interrompt Jésus, qui préparait ses disciples à sa fin prochaine, par cette exclamation : Seigneur nous ne savons où tu vas, comment pourrions-nous en savoir le chemin ? (Jean 14.5). Et lorsque le berger eut été frappé, lorsque les brebis se trouvèrent dispersées, Thomas éloigné des autres apôtres par un motif quelconque, ayant quitté peut-être, comme les disciples d’Emmaüs, un théâtre de deuil et d’amers souvenirs, ne put assister à la première apparition du Sauveur à ses disciples. Ceux-ci n’avaient pas cru à la parole des femmes qui étaient venues leur annoncer la résurrection du maître ; ils ne crurent que lorsqu’ils l’eurent vu.
Thomas n’eut pas plus de foi qu’eux, mais il n’en eut pas moins, et lorsqu’il eut entendu leur récit, il s’écria comme, eux, mais dans un langage plus expressif : « Si je ne vois les marques de ses clous en ses mains, et si je ne mets mon doigt dans la plaie des clous, et si je ne mets la main dans son côté, je ne croirai point », le dimanche suivant il obtint la preuve qu’il demandait et Jésus faisant allusion à ses paroles, l’engagea à vérifier par lui-même la réalité de sa résurrection. Thomas, confus et transporté, ne put que s’écrier dans l’élan de sa joie : Mon Seigneur et mon Dieu ! Jésus n’ajouta pas un mot de blâme, et les paroles : Ne sois pas incrédule, mais fidèle, est plus une exhortation qu’une censure. De même les paroles qui suivent : « Bienheureux ceux qui n’ont pas vu, mais qui ont cru » sont à l’adresse des disciples de tous les temps ; ce qui elles avaient d’actualité se rapportait aux autres apôtres comme à Thomas, et ce qu’elles avaient de général n’est qu’une déclaration des promesses faites à tous ceux qui ont dû croire sans voir, depuis les patriarches qui ont dû espérer, jusqu’aux futurs membres de cette Église chrétienne qui ne pouvait reposer que sur la foi. Si quelque chose distingue Thomas de Pierre, c’est plus de modestie, moins de confiance en lui-même ; il a moins promis, et sa chute n’a été que celle des autres disciples ; à cela près, on trouve en lui la même droiture et la même chaleur.
Il assista à la réintégration de Pierre (Jean 21.2), et aux assemblées qui suivirent l’Ascension (Actes 1.13) ; dès lors on perd ses traces, et l’on en est réduit aux traditions qui le font, les unes évangéliser les Parthes et mourir à Edesse, les autres passer aux Indes et y mourir martyr. L’existence des chrétiens de Saint-Thomas, sur la côte de Malabar, a donné à cette dernière opinion quelque probabilité, et elle est presque généralement admise. En revanche son Évangile et ses Actes, mentionnés par les Pères et déjà condamnés par Gélase, sont rejetés comme apocryphes.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
L’un des douze apôtres ; son nom se trouve dans les quatre listes que nous donnent les Synoptiques et les Actes (Marc 3.16 ; Marc 3.19 ; Matthieu 10.2 ; Matthieu 10.4; Luc 6.14 ; Luc 6.16 ; Actes 1.13), et tout ce qu’on sait à son sujet se trouve dans le 4e Évangile. Il donne la traduction grecque de son nom : didumos (signifiant : didyme), qui a le même sens que l’araméen thomâh (signifiant : jumeau), « était sans doute le nom par lequel on désignait le plus ordinairement cet apôtre chez les chrétiens grecs au milieu desquels écrivait Jean ; c’est ainsi que s’explique la répétition de cette traduction : Jean 11.16 ; Jean 20.24 ; Jean 21.2 » (Godet, Comment.)
Jean rapporte aussi quelques paroles de Thomas : autant de traits qui révèlent un caractère entier, peut-être enclin au pessimisme, résolu pourtant et courageux (Jean 11.16), positif, ne comprenant pas toujours le langage symbolique et mystique de Jésus (Jean 14.5) ; dans le désespoir, n’acceptant pas une consolation facile et sentimentale, mais ayant besoin de faits et d’évidence (Jean 20.24 ss). quand il les a allant aussi, loin, ou plus loin que les autres dans la foi et l’adoration : (Jean 20.28) « Après avoir été le dernier à croire à la résurrection de son Maître, il est le premier à l’appeler d’un nom qu’aucun autre peut-être n’avait prononcé » (Bonnet, Comment.).
Au lieu de didumos, quelques versions portent dipsukhos (signifiant : âme double) ; ce n’est qu’une interprétation, comme celle des théologiens qui ont vu dans le nom de Jumeau une allusion à ce que Thomas portait deux hommes en lui : un croyant et un incrédule (cf. Godet, Comment.). Une considération d’ordre plus historique est le grand nombre de porteurs du nom ou du surnom de Didyme dans l’Égypte hellénisée à partir du IIIe siècle avant Jésus-Christ, que les personnages ainsi nommés fussent ou non des jumeaux, et qu’ils fussent ou non des officiants des cultes de dieux jumeaux comme les Dioscures (voir ce mot). Il se peut que le nom même de Thomas, comme son équivalent grec, soit aussi un surnom. Une version syriaque lit, dans Jean 14.22,
Thomas au lieu de Judas ; et les deux noms sont réunis dans la source syriaque de l’histoire d’Abgar traduite par Eusèbe : « Judas qui est aussi [appelé] Thomas », ainsi que dans les Actes de Thomas (édition Lipsius-Bonnet, II, 2, p. 100 : « Judas-Thomas »). D’après certaines traditions, toutes incontrôlables, Thomas alla évangéliser les Parthes et mourut à Édesse ; d’après d’autres, il gagna les Indes et y mourut martyr. Cette dernière tradition serait en honneur parmi les communautés chrétiennes de saint Thomas, sur la côte de Malabar.
Pour l’Évangile de Thomas et les Actes de Thomas, voir Évangiles apocryphes.
A. E.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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