Dictionnaires bibliques

Syrie

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Syrie », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

Hérodote dit que c’est le nom d’Assyrie, abrégé par les Grecs ; d’autres pensent que c’est une corruption de l’hébreu Tsor, Tyr. Quoi qu’il en soit, la Syrie est l’ancien Aram, passé entre les mains des Grecs et des Romains, avec ses incertitudes géographiques. Dans les Apocryphes, ce nom désigne essentiellement le royaume des Séleucides, dont Antioche était la capitale ; dans le Nouveau Testament, la Syrie est une province romaine, qui comprenait la Phénicie (Actes 21.3), et à laquelle, sauf de courts intervalles, la Judée se rattachait depuis six ans avant la naissance de Christ. Si ce nom se rencontre quelquefois dans nos traductions de l’Ancien Testament, il n’y a été introduit que par la substitution des noms nouveaux aux noms anciens, car l’original désigne uniformément la Syrie et ses subdivisions par le nom d’Aram.

Les données des anciens géographes sur les limites de la Syrie, varient considérablement. Les limites les plus probables et les plus constantes seraient au nord le Taurus, à l’ouest la Méditerranée, au sud l’Égypte et les déserts de l’Arabie, à l’est des plaines arides et monotones s’étendant jusqu’à l’Euphrate, la Phénicie et la Judée étant exceptées, et demeurant indépendantes à côté de ce puissant et redoutable voisinage. Au nord du Liban, des chaînes de montagnes couvrent en se ramifiant la partie haute du pays, et vont s’abaissant d’un côté vers l’étroite côte de la Phénicie, de l’autre vers les vastes déserts qui se maintiennent longtemps à une hauteur considérable avant de s’incliner vers l’Euphrate. Une vallée profonde sépare la Syrie occidentale et maritime de la Syrie orientale et intérieure ; elle est arrosée par l’Oronte qui, prenant sa source dans la contrée du Liban, court au nord-ouest et se jette dans la Méditerranée un peu au-dessous de Séleucie, après avoir baigné les murs d’Antioche ; le Chrysorrhoas fertilise les environs de Damas, et ces deux fleuves, fécondant les prairies et les rendant propres à l’élevage des bestiaux, tempèrent en même temps l’ardeur du climat, qui est doux et salubre. Les tremblements de terre et les nuées de sauterelles sont malheureusement deux plaies qui, tour à tour, visitent la Syrie, et mettent à néant les espérances que ce beau pays serait par lui-même de nature à faire concevoir.

La Syrie a été de tout temps la grande voie de communication entre l’Orient et l’Occident, et Damas, le principal entrepôt du commerce entre les deux mondes.

Strabon divise la Syrie en un certain nombre de provinces, qui sont, en venant du nord, la Comagène, la Séleucie, la Cœlésyrie, la Phénicie et la Judée ; Ptolémée en compte davantage, mais omet les deux dernières. La Bible mentionne les subdivisions suivantes, sans que rien indique qu’elles forment un tout complet : Aram-Mahaca, c’est-à-dire les contrées voisines de l’Hermon (2 Samuel 10.6-8 ; Deutéronome 3.14) ; Aram-Dammések (la Syrie de Damas, 2 Samuel 8.5-6) ; Aram-Beth-Réhob, ou la Syrie dans la contrée du passage (qui conduit à Hamath, 2 Samuel 10.6-8) ; Aram-Tsoba, ibid. ; etc.

Quant à l’histoire de ce royaume jusqu’à Alexandre le Grand, voir Aram, et Damas. Après la domination chaldéenne, la Syrie passa avec la Judée et la Phénicie sous la domination perse, puis sous celle des Grecs au temps d’Alexandre (330 av. J.-C.). On se rappelle comment la mort soudaine de ce conquérant (323 av. J.-C.), fut l’occasion de luttes acharnées entre ses généraux, comment la possession de la Syrie fut longtemps disputée, comment enfin, après la bataille d’Ipsus (301 av. J.-C.), elle passa, moins la Cœlésyrie et la Palestine, sous le sceptre de Séleucus Nicator, qui l’occupait déjà depuis vingt ans comme gouverneur, avec la Mésopotamie, la Babylonie, et toutes les conquêtes orientales des armes macédoniennes. La Syrie proprement dite fut dès lors, pendant une période assez longue, le noyau d’une grande monarchie, qui reçut le nom des Séleucides ses maîtres, et eut Antioche pour capitale. Les puissants et rapides progrès de ce royaume (qui ne tarda pas à former des relations avec la Judée), et les premiers symptômes de sa décadence, sont compris entre Séleucus, son fondateur, et Antiochus III, dit le Grand (301-187 av. J.-C.). Antiochus II avait déjà perdu les Parthes (256), qui s’étaient constitués en un royaume séparé ; Antiochus III, après avoir donné la Palestine et la Cœlésyrie en dot à sa fille Cléopâtre, épouse de Ptolémée V roi d’Égypte, succomba dans la bataille de Magnésie (189), sous les armes romaines qu’il avait inconsidérément provoquées, et dut abandonner toutes les provinces situées en deçà du Taurus. Un grand nombre de Juifs s’étaient déjà établis en Syrie, notamment à Antioche, où ils éprouvèrent, comme en Palestine, la protection des maîtres du pays.

La seconde période de l’histoire de ce royaume va de Séleucus Philopator à Démétrius Soter (187-151) ; la Cœlésyrie et la Palestine sont de nouveau provinces syriennes ; le cruel Antiochus Epiphanes (175) opprime les Juifs, et les pousse à cette résistance désespérée dont les Apocryphes ont essayé d’esquisser le tableau. La guerre de succession qui commence à sa mort, finit par assurer la victoire aux patriotes juifs, qui érigent leur pays en une principauté libre (1 Maccabées 13). Les rois de Syrie la flattent et cherchent à se la rendre favorable. L’influence croissante de la politique romaine, des luttes intérieures sans cesse renouvelées, la couronne toujours disputée, toujours des prétendants en présence pour recueillir la couronne au moment où elle tombera, des conflits continuels et sans résultats avec l’Égypte, tels sont les traits principaux qui caractérisent cette période de la domination séleucide. Le royaume marchait à sa ruine, mais son agonie fut longue.

La troisième période, depuis 151, nous montre dans un jour plus vif encore ces déchirements intérieurs, cette agonie politique ; aucun roi qui n’ait son compétiteur, et souvent des prétendants divers, ayant chacun leurs partisans, occupent des lambeaux de territoire, et se livrent des guerres d’escarmouches ; le pays s’affaiblit, et la Judée y trouve son compte. Las enfin de toutes ces dissensions, le peuple appelle à son secours Tigrane d’Arménie, qui monte sur le trône, règne quatorze (ou dix-huit) ans, s’embarrasse dans une guerre avec les Romains, et doit abandonner la Syrie à ses vainqueurs ; Pompée déclare le pays une province romaine (64 ou 63 av. J.-C.). Les proconsuls, gouverneurs de la Syrie, intervinrent dès lors assez fréquemment dans les affaires de la Palestine, et surtout dans celles de la dynastie régnante de Judée.

La Palestine eut beaucoup à souffrir des guerres qui se livraient ainsi dans son voisinage avec tant de chances diverses, et ce fut presque un bonheur pour ce pauvre pays qu’Hérode le Grand, protégé par Auguste, pût occuper le trône en paix, pendant un certain temps, et libre de toute dépendance à l’égard des provinces voisines (37-4 av. J.-C.). Mais, peu après sa mort (6 ans après Jésus-Christ), la Judée et la Samarie furent formellement annexées à la Syrie, et des procurateurs romains, sous la direction des proconsuls de la Syrie, furent chargés de l’administration dans ces fragments de province. La Batanée, la Gaulonite et la Trachonite subirent le même sort, l’an 33. Hérode Agrippa, par une faveur spéciale de Caligula et de Claude, réunit pendant quelque temps, sous son sceptre, tout le pays qui avait appartenu à Hérode le Grand ; mais, déjà en 44, la Judée vit recommencer le régime des procurateurs et de leurs concussions, qui dura jusqu’à la fin du siècle, sauf pour quelques parties de la Palestine transjourdaine, qui furent données à Hérode Agrippa II (32-99).

Les dialectes parlés en Syrie, le syrien ou syriaque, le syro-chaldéen, le samaritain et le phénicien, avaient beaucoup de rapports entre eux, et appartenaient à la famille sémitique. Le syriaque lui-même, une branche de l’araméen, était parlé dans la Syrie proprement dite et dans la Mésopotamie ; le grec cependant prévalut à la cour des Séleucides et dans les villes les plus importantes, de sorte que plusieurs termes grecs, et même des tournures de phrases, s’introduisirent dans la langue syriaque, comme précédemment sous la domination perse des mots persans y avaient également pénétré. Le syriaque est maintenant une langue morte, car on ne saurait accorder une grande créance aux récits de quelques voyageurs incompétents, qui racontent qu’à deux journées de Médine, en Mésopotamie, ils ont trouvé cent mille Syriens qui parlent encore la langue de leurs pères.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Nommée dans l’Hébreu Aram, du nom du patriarche qui en peupla les principales provinces (Genèse 10.22). Nous en avons déjà parlé sous l’article d’Aram. Les Araméens, ou les Syriens, occupaient la Mésopotamie, la Chaldée, une partie de l’Arménie, la Syrie proprement dite, comprise entre l’Euphrate à l’orient, la Méditerranée à l’occident, la Cilicie au nord, la Phénicie, la Judée et l’Arabie Déserte au midi. Les Hébreux étaient Araméens d’origine, puisqu’ils venaient de Mésopotamie, et qu’il est dit que Jacob était un pauvre Araméen (Deutéronome 26.5). Il est pourtant certain qu’il ne descendait pas d’Aram, mais d’Arphaxad, autre fils de Sem. Amos (Amos 9.7) semble dire que le Seigneur a fait venir Aram de Kir, comme les Philistins de Caphtor ; c’est-à-dire, qu’Aram ou ses descendants sont venus habiter dans la Syrie, après avoir quitté le voisinage du fleuve Cyruse qui est dans l’Arménie.

La Syrie des deux fleuves, ou La Mésopotamie de Syrie, comme elle est nommée dans la Vulgate, ou Aram Naharaïm, comme elle est appelée dans l’Hébreu, est comprise entre les fleuves de l’Euphrate et du Tigre.

La Syrie de Damas est celle dont Damas était la capitale, et qui s’étendait à l’orient le long du Liban. Ses limites ne sont point fixes ; elles ont varié selon que les princes qui ont régné à Damas ont été plus ou moins puissants.

La Syrie de Soda, ou Zoba, ou de Sobal, comme l’appellent les Septante, était apparemment la Célé-Syrie, ou la Syrie Creuse. Sa capitale était Soba, ville inconnue, à moins que ce ne soit la même ville que Hoba ou H obal, à la gauche, c’est-à-dire, au nord de Damas (Genèse 14.15). Voyez Roba ou Abila.

La Syrie de Maacha, ou de Beth-Maaca, ou de Machati, était aussi vers le Liban. Voyez (2 Samuel 10.6,8 1 Rois 23.20 2 Rois 15.29). Elle s’étendait au delà du Jourdain, et fut donnée à Manassé (Deutéronome 3.14 Josué 12.4).Voyez Maacha.

La Syrie de Rohob était cette partie de la Syrie dont Rohob était la capitale. Or Rohob était à l’extrémité septentrionale de la terre promise, Nombres 13.21, sur le chemin ou sur le défilé qui conduisait à Emath. Elle fut donnée à la tribu d’Aser (Josué 19.28-32 ; 21.32 ; Juges 1.31), et èlle est jointe à Aphec, qui était dans le Liban. Laïs, nommée autrement Dan, située aux sources du Jourdain, était dans la contrée de Rohob (Juges 18.28). Adarezer, roi de la Syrie de Soba, était fils de Rohob, ou peut-être originaire de la ville de ce nom (2 Samuel 8.3-12). Les Ammonites appelèrent à leur secours contre David le Syrien de Rohob, celui de Maacha et celui d’lstob (2 Samuel 20.6-8).

La Syrie de Tob (2 Samuel 10.6-8), ou d’Istob, ou de La terre de Tob (Juges 11.3-5), ou des Turiéniens, comme ils sont appelés dans les Machabées (1 Machabées 5.13 2 Machabées 12.17), était aux environs du Liban et à l’extrémité septentrionale de la Palestine. Voyez Tob. Jephté, chassé de Galaad, se retira dans le pays de Teh (Juges 11.3-5).

La Syrie D’Sehon est celle dont la ville d’Emath sur l’Oronte était la capitale. Voyez Sehon [A propos de la Syrie, le géographe de la Bible de Vence se borne à ceci : « Syrie, province de la grande Asie, qui est toujours nommée en hébreu Agam, comme ayant été d’abord habitée par les descendants d’Aram, fils de Sem (Genèse 10.22). Elle est désignée sous le nom de Syrie simplement dite dans le Nouveau Testament (Luc 2.2) et alibi. Dans l’Ancien Testament elle est divisée en trois provinces, savoir : Syrie de Damas, dont Damas était la capitale (2 Samuel 8.5) ; Syrie de Rohob, dont la capitale était Rohob (2 Samuel 10.6) ; Syrie de Soba, dans laquelle se trouvait Emath (2 Samuel 10.6 ; 1 Chroniques 18.3)].

La Syrie simplement, marque le royaume de Syrie, dont Antioche devint la capitale, depuis le règne des Séleucides. Avant ce temps il est rare de trouver le nom de Syrie mis absolument ; on désigne ordinairement les provinces de Syrie par la ville qui en était la capitale.

La Célé-Syrie, ou Basse-Syrie, est connue dans plus d’un endroit des Machabées (1 Machabées 6.69 2 Machabées 3.5-8 ; 4.4). Le nom de Célé–Syrie, selon la force du Grec, signifie la Syrie Creuse, Syria Cava, ou profonde. Elle peut être considérée ou dans un sens propre et resserré, et alors elle ne comprend que ce qui est entre le Liban et l’Antiliban ; ou dans un sens plus étendu, et alors elle comprend tout le pays qui obéissait aux rois de Syrie, depuis Séleucie jusqu’à l’Arabie et l’Égypte. C’est ce que nous apprenons de Strabon. Nous avons déjà remarqué que la Syrie de Soba était à-peu-près la même que la Syrie Creuse ou la Célé-Syrie.

La Syrie de Palestine, Syria Paloestina, est connue dans quelques anciens, et Josèphe lui-même comprend quelquefois la Palestine sous la Syrie. C’est que cette province fut longtemps sous la domination des rois de Syrie, et qu’ils y établirent des gouverneurs, qui se disaient gouverneurs de Syrie.

Nous avons parlé assez au long des rois Benadad, Hazael, Adarezer, Adad, Bazin et autres, rois de Syrie. On peut voir leurs articles. Comme on ne sait ni la succession de ces princes, ni la durée de leur règne, on n’en saurait donner une liste ; mais nous donnerons ci-après celle des rois de Syrie connus sous le nom de Séleucides.

La Syrie, dans les commencements, fût gouvernée par ses propres rois, qui régnaient chacun dans leurs villes et dans leur canton. David les assujettit (2 Samuel 8.5) vers l’an du monde 2960, avant Jésus-Christ 1040, avant l’ère vulgaire 1044, et encore en 2969, avant Jésus-Christ 1031, avant l’ère vulgaire 1035, à l’occasion de la guerre qu’il fit aux Ammonites, auxquels les Syriens voulurent donner du secours (2 Samuel 10.6-19). Ils demeurèrent dans l’obéissance jusqu’après la mort de Salomon. Alors ils secouèrent le joug et ne purent être réduits à leur devoir que par Jéroboam II roi d’Israël (2 Rois 14.24-25), qui commença à régner en 3179, avant Jésus-Christ 821, avant l’ère vulgaire 825. Rasin, roi de Syrie, et Phacée, roi d’Israël, ayant déclaré la guerre à Achab, roi de Juda, ce prince se vit obligé, pour se délivrer de ces deux ennemis, de recourir à Téglatphalassar, roi d’Assyrie (2 Rois 15), qui fit mourir Rasin, prit Damas, et transporta les Syriens de ce pays-là au delà de l’Euphrate. Depuis ce temps la Syrie demeura assujettie aux rois d’Assyrie. Elle passa ensuite sous la domination des Chaldéens, puis sous celle des Perses, et enfin sous celle d’Alexandre le Grand, sujette à toutes les révolutions des grands empires d’Orient.

Séleucides, ou Rois de Syrie.

Après la mort d’Alexandre le Grand, arrivée l’an du monde 3681, avant Jésus-Christ 319, avant l’ère vulgaire 323, son empire fut partagé entre ses principaux officiers, qui (l’abord se contentèrent du titre de gouverneurs, et prirent ensuite celui de rois. Séleucus I surnommé Nicator ou Nicanor, chef de la famille des rois Séleucides, prit le diadème et le nom de roi de Syrie en 3682, et régna quarante-deux ans ; mort en 3724, avant Jésus-Christ 276, avant l’ère vulgaire 280.

Antiochus I surnommé Soter, régna dix ans, depuis l’an du monde 3724 jusqu’en 3743.

Antiochus II surnommé le Dieu, régna quinze ans, depuis l’an du monde 3743 jusqu’en 3759.

Séleucus II surnommé Collinicus, ou Pogon, c’est-à-dire le Barbu, régna vingt ans, depuis l’an du monde 3758 jusqu’en 3778.

Séleucus III surnommé Keraunos ou la Foudre, régna trois ans, depuis l’an du monde 3778, jusqu’en 3781.

Antiochus III surnommé le Grand, régna trente-six ans, depuis l’an du monde 3781 jusqu’en 3817.

Séleucus IV surnommé Philopator, régna douze ans, depuis l’an du monde 3817 jusqu’en 3828.

Antiochus IV surnomme Épiphane, fils d’Antiochus le Grand, et frère de Séleucus IV régna onze ans, depuis l’an du monde 3828 jusqu’en 3840.

Antiochus V surnommé Eupator, régna deux ans, depuis l’an du monde 3840 jusqu’en 3842.

Démétrius I surnommé Soter, fils de Séleucus IV régna douze ans, depuis l’an du monde 3842 jusqu’en 3854.

Démétrius II surnommé Nicanor, régna dix ans dans le trouble. H eut pour compétiteurs Alexandre Balas ou Balles, et Antiochus le Dieu, fils de Balas. Démétrius Nicanor mourut en 3864, Alexandre Balas en 389, et Antiochus le Dieu, son fils, ayant commencé à régner sous la régence de Tryphon, en 3860, fut tué en 3861, et le royaume fut usurpé par Tryphon, qui fut mis a mort en 3866.

Antiochus VI surnommé le Pieux, ou Soter, ou Sidétès, c’est-à-dire le Pêcheur ou le Chasseur, frère de Démétrius Nicanor, régna environ dix ans, depuis 3864 jusqu’en l’an 3873, qu’il fut mis à mort par les Parthes.

Démétrius II surnommé Nicanor, étant remonté sur le trône, eut pour concurrent Alexandre Zébina. Démétrius fut vaincu et mis à mort en 3878, et Zébina en 3882.

Séleucus V fils de Démétrius Nicanor, régna deux ans dans le trouble, depuis l’an du monde 3878 jusqu’en 3880.

Antiochus VII surnommé Gryphus ou Philométor, dépouilla Zébina en 3882, et régna huit ans en paix, jusqu’en 3890. Alors Antiochus, surnommé de Cyzique, son frère, s’éleva contre lui el le vainquit en 3892. Ils partagèrent le royaume. Antiochus Gryphus mourut en 3910, ayant régné en tout vingt-neuf ans ; et Antiochus de Cyzique, son frère, fut vaincu et mis à mort la même année par Séleucus, fils de Gryphus.

Séleucus VI fils de Gryphus, ne régna qu’un an. Il fut vaincu et dépouillé du royaume en 3911 par Antiochus Eusèbès, ou le Pieux, fils de son oncle Antiochus de Cyzique ; et il fut mis à mort la même année 3911, à Mopsueste en Cilicie.

Antiochus VIII surnommé le Pieux, régna dans le trouble environ deux ans. Il eut pour concurrents Antiochus et Philippe, frères de Séleucus son oncle, et Démétrius Euccerus, fils d’Antiochus Gryphus, qui le vainquit et l’obligea de se sauver chez les Parthes, l’an du monde 3912.

Ainsi la Syrie fut partagée entre Philippe et Démétrius Euccerus. Celui-ci régna à Damas. Mais les Syriens, voyant que le royaume

était ruiné par les guerres civiles qui avaient été entre les divers concurrents qui s’étaient contesté le royaume pendant tant d’années, eurent recours à une puissance étrangère pour soutenir leur monarchie. Les uns voulaient qu’on appelât Mithridate, et les autres Ptolémée Lathure, roi d’Égypte. Enfin ils s’accordèrent tous à faire venir Tigrane, roi d’Arménie, qui gouverna la Syrie pendant dix-huit ans, depuis l’an du monde 3921 jusqu’en 3939.

Antiochus IX surnommé l’Asiatique, et son frère, fils d’Antiochus le Pieux, qui possédaient encore cette partie de la Syrie qui n’était point occupée par Tigrane, allèrent à Rome en 3932 pour demander au sénat le royaume d’Égypte, qu’ils prétendaient leur appartenir par le droit de leur mère, Cléopâtre, Sélène. Mais Tigrane ayant fait mourir Sélène en 3934, Antiochus l’Asiatique perdit l’espérance qu’il avait eue d’obtenir le royaume d’Égypte, et revint en Syrie en 3935, où il régna pendant quatre ans, jusqu’à ce que Pompée ayant réduit la Syrie en province des Romains, l’an du monde 3939, cette monarchie fut entièrement éteinte, après avoir subsisté pendant deux cent cinquante-sept ans.

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

Contrée dont les habitants ont souvent été appelés Araméens. Dans la Bible française (comme dans LXX et Vulgate), Aram est traduit par « Syrie », sauf dans Genèse 10.22 et suivant, 1 Chroniques 1.17 (Aram) ; de même « Syrien » est la traduction du mot hébreu signifiant « araméen ». Hérodote est le premier qui emploie le mot Syrie, qu’il confond avec Assyrie. Strabon désigne par ce mot la région entre la Méditerranée et l’Euphrate, c’est-à-dire la province romaine de Syrie (Luc 2.2) ; mais, dans le langage populaire et dans le Nouveau Testament, la Syrie est l’une des trois divisions de cette vaste région (les deux autres sont la Palestine et la Phénicie). Depuis Adrien, qui divisa officiellement la province de cette façon, le terme de Syrie est employé dans son sens restreint.

C’est probablement vers 1500 avant Jésus-Christ, que les Araméens sortirent de l’Arabie : les Ahlamè, nomades sémites appartenant au groupe araméen, sont nommés vers 1400 dans une lettre fragmentaire de Tell el-Amarna ; et, de 1325 à 1100, les rois d’Assyrie doivent combattre contre ces Ahlamè, qui poussent vers le nord, longeant les bords de l’Euphrate. C’est à cette époque que les Araméens commencent à bâtir des villes le long de l’Euphrate moyen, du Khabour et du Balih et, en partie à la suite de la pression assyrienne, à former des petits royaumes en Syrie. D’après 1 Samuel 14.47, Saül aurait battu « Moab, les enfants d’Ammon, Aram Beth-Réhob, le roi de Tsoba et les Philistins » (texte corrigé d’après LXX) ; mais l’historicité de ces campagnes contre les Araméens n’est pas certaine. David défit les Araméens de Beth-Réhob, de Tsoba et de Maaca, qui étaient les alliés des Ammonites (2 Samuel 10.6-19 ; 2 Samuel 8.3 et suivant), mais il fit une alliance avec l’Araméen Talmaï, roi de Guésur, dont il épousa la fille (2 Samuel 3.3 ; 2 Samuel 3.13:37 etc.). Sous Salomon, Rézon, capitaine de Hadadézer roi de Tsoba, fonda à Damas, qui était déjà devenue une ville araméenne, un royaume puissant (1 Rois 11.23 ; 1 Rois 11.25). Les Araméens de Mésopotamie avaient aussi organisé des royaumes : le plus important était celui de Beth-Éden (Amos 1.5, cf. 2 Rois 19.12 ; Ésaïe 37.12 ; Ézéchiel 27.23), tributaire d’Ashour-natsir-pal II (884-860) et anéanti pour toujours par Salmanasar III en 857 (cf. les passages bibliques précités). Ashour-natsir-pal soumit de même les principautés araméennes de Bit-Zamani, Bit-Hadippi, Hindanou, Laki, Souhou (dans la région de l’Euphrate moyen, du Khabour et du Tigre supérieur). Les fouilles à Sendjirli ont fait connaître les inscriptions araméennes de trois rois de Sam’al (ou Yaoudi) : Kilammou (dont le père Haïani fit acte de soumission à l’Assyrie en 858), Panammou Ier (petit-fils de Kilammou), Bar-Rekoub (dont le père Panammou II, petit-fils de Panammou Ier, mourut en 732, pendant le siège de Damas), ce dernier paraissant dans deux inscriptions. Bar-Rekoub se révolta contre Sargon II ; mais ce roi, dans ses campagnes de 720 et de 709, mit fin pour toujours aux petits États araméens de Syrie. Sous les rois assyriens suivants, les Araméens apparaissent seulement dans la Babylonie : (cf. Ézéchiel 23.23) ce sont des tribus de pâtres, de marchands et de pillards.

Comme les Phéniciens sur mer, ainsi les Araméens sur terre furent les intermédiaires entre les grandes nations anciennes. Depuis l’époque perse, leur langue devint internationale : d’Arabie et d’Égypte jusqu’en Asie Mineure, on parle et l’on écrit l’araméen (voir Langue parlée par Jésus) ; d’où les traductions de l’Ancien Testament et du Nouveau Testament faites de très bonne heure par les églises chrétiennes de Syrie (voir Texte de l’Ancien Testament, du Nouveau Testament). Le grec ne devait pas supplanter l’araméen, mais celui-ci disparut presque complètement devant l’arabe.

Bibliographie

  • E.G.H. Krjeling, Aram and Israel, New York 1918.
  • J.-B. Chabot, Langues et Littératures Araméennes, Paris 1910.
  • M.J. Lagrange, Étude sur les Religions Sémitiques, 2e édition 1905.
  • Voir aussi article Damas, Assyrie et Babylonie, Israël, Mésopotamie.

R.H. Pf.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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