Dictionnaires bibliques

Sosthene

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Sosthene », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

Successeur de Crispus comme chef de la synagogue de Corinthe, à l’époque de Gallion et du second voyage missionnaire de Paul (Actes 18.17). Compromis dans l’émeute provoquée par son troupeau contre les chrétiens, et le tribunal ayant décliné sa compétence en matière de controverses religieuses, il fut battu par les Grecs, qui voulaient peut-être faire leur cour au président du tribunal, en protestant de cette manière contre l’appel au bras séculier que les Juifs avaient inutilement tenté. D’autres leçons, moins probables, portent que ce furent les Juifs qui battirent leur chef, soupçonné d’être favorable à l’apôtre. Il paraît en effet, qu’à l’exemple de son prédécesseur, il se joignit plus tard aux disciples (1 Corinthiens 1.1). (Michaélis, Winer, etc., pensent qu’il ne s’agit pas de la même personne dans ce dernier passage). Eusèbe le range au nombre des soixante-dix disciples, et le fait devenir évoque de Colophon.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Chef de la synagogue de Corinthe. Les Juifs de Corinthe s’étant saisis de saint Paul, le menèrent au tribunal de Gal-lion, et l’accusèrent de vouloir introduire parmi eux une nouvelle manière d’adorer Dieu. Mais le proconsul les renvoya, disant qu’il n’entrait point dans ces contestations, qui ne regardaient que leur loi. Alors ils se saisirent de Sosthène chef de la synagogue (Actes 17.12-13), et commencèrent à le battre devant son tribunal, sans que Gallion s’en mît en peine. Voilà ce que porte le texte des Actes. On dispute si ce furent les Juifs ou les gentils qui se saisirent de Sosthène, et qui le battirent. Le grec imprimé des Actes porte que ce furent les gentils. Saint Augustin et Bède lisaient de même. Ils croyaient que lus païens, ayant vu que Gallion avait mal reçu les Juifs, voulurent, pour leur insulter encore davantage, maltraiter le chef de leur synagogue, qui était à leur tête, soit qu’ils le fissent simplement en haine des Juifs, ou par amitié pour saint Paul. Ce sentiment est suivi par Cajetan, Lyran, Grotius et quelques autres.

D’autres croient que Sosthène, tout chef de la synagogue qu’il était, pouvait être ami et disciple secret de saint Paul, et que les Juifs, se voyant rebutés par Gallion, déchargèrent leur mauvaise humeur sur Sosthène, chef de leur synagogue. Ceux-là veulent aussi que ce soit le même Sosthène dont le nom se lit avec celui de saint Paul à la tête de la première Epltre aux Corinthiens, écrite d’Éphèse l’an 56 de l’ère vulgaire, trois ans après ce qui était arrivé à Corinthe. Il faut pourtant avouer que ce sentiment n’a pas toujours été commun dans l’Église, puisque, du temps d’Eusèbe on croyait que Sosthène était un des soixante et dix disciples ; et par conséquent il n’était pas chef de la synagogue de Corinthe vingt ans après la mort de Jésus-Christ. Les Grecs font sa fête le 8 de décembre, et lui donnent le titre d’apôtre, comme à l’un des septante disciples, et la qualité de premier évêque de Colophon. Les Latins l’honoraient dès le neuvième siècle comme un disciple de saint Paul, le 11 de juin et le 28 de novembre.

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

(du grec sôs = intact, et sthénos = force). Ce nom grec, qu’on retrouve à la fois dans les inscriptions et dans les papyrus des premiers siècles, est porté par deux personnages du Nouveau Testament ayant quelque connexion avec la ville de Corinthe.

1.

Chef de la synagogue de cette ville (Actes 18.17) ; probablement successeur en cette qualité de Crispus devenu chrétien (Actes 18.8). Le proconsul Gallion ayant refusé de juger l’apôtre Paul, que les Juifs de Corinthe avaient amené à son tribunal pour l’accuser de culte illégal, la foule juive (« tous », dit le récit) se vengea sur Sosthène et le roua de coups en plein tribunal, pour la déception que leur causait sans doute la faiblesse de l’accusation de Sosthène, leur porte-parole.

2.

Compagnon de saint Paul, nommé par celui-ci dans l’adresse de la 1ère épître aux Corinthiens, comme s’associant à sa rédaction (1 Corinthiens 1.1). Il était donc avec l’apôtre à Éphèse, où Paul écrivit cette lettre. Si la mention de Sosthène en tête de l’épître devait indiquer qu’il avait quelque accointance particulière avec les chrétiens de Corinthe, on pourrait se demander s’il ne s’agirait pas du Sosthène chef de la synagogue de cette ville (Actes 18.17), qui dans ce cas se fût converti entre l’incident rapporté plus haut (№ 1), survenu au cours du 2e voyage missionnaire (vers l’an 51), et la rédaction de 1 Corinthiens au cours du 3e voyage (vers l’an 55). Mais un nom aussi fréquent à cette époque pouvait bien se rencontrer deux fois, et même davantage, dans la région d’une cité grecque cosmopolite comme l’était Corinthe.

D’autre part, le nom de Sosthène accompagnant celui de l’apôtre au début de l’épître peut le désigner comme son secrétaire, qui l’aurait écrite sous sa dictée : saint Paul précise lui-même qu’il n’en écrit de sa propre main que quelques mots à la fin (1 Corinthiens 16.21) ; en ce cas, la mention de Sosthène n’impliquerait pas qu’il fût tout spécialement connu des Corinthiens.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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