Dictionnaires bibliques
Sort
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Sort », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
L’usage du sort est fort ancien chez les peuples orientaux, comme chez tous les peuples primitifs dont l’intelligence n’a pas encore été développée par la connaissance. Non seulement il plaît à l’imagination en lui fournissant une préoccupation vive et facile, mais encore il ne fatigue pas le jugement, il le laisse reposer, et décharge de toute responsabilité celui qui s’abandonne en aveugle à l’aveugle destin. Quant au fidèle, il s’en remet à Dieu seul pour les décisions importantes de sa vie.
L’Ancien Testament nous fournit plusieurs exemples de païens consultant le sort ; Haman le consulte (Esther 3.7), pour fixer le jour où les Juifs devront être exterminés ; les marins l’interrogent (Jonas 1.7), pour connaître quel est au milieu d’eux le coupable que poursuit sur la mer la vengeance céleste ; Nebucadnetsar le jette sur deux flèches pour savoir le chemin qu’il doit prendre (Ézéchiel 21.26), etc. Les Hébreux aussi le consultent, d’après l’ordre de Dieu, pour le partage de Canaan conquis (Nombres 26.55 ; 33.54 ; 34.13 ; 36.2 ; Josué 14.2 ; 18.6 ; 19.51). C’est le sort qui assigne à chaque famille son héritage, et aux Lévites les villes de leur possession ; de même au retour de l’exil (Néhémie 11.1).
Le sort décide, au temps de David, de l’ordre dans lequel les vingt-quatre classes de prêtres doivent servir dans le temple (1 Chroniques 6.54-61 ; cf. Néhémie 10.34 ; Luc 1.9). Il désigne ceux des hommes du pays, dix sur cent, qui doivent prendre part à l’expédition contre les Benjaminites (Juges 20.10). Il préside au partage du butin (1 Chroniques 24 et 25), et les vêtements de notre Sauveur sont jetés au sort (Matthieu 27.35 ; Jean 19.24 ; cf. Psaumes 22.18). Dans les enquêtes criminelles, et en l’absence de témoins suffisants, on procède de la même manière : Acan, Jonathan, Jonas sont découverts (Josué 7.14 ; 1 Samuel 14.42 ; Jonas 1.7). Saül enfin est nommé roi, et Matthias apôtre par le sort (1 Samuel 10.20 ; Actes 1.26).
La législation mosaïque ne fournit qu’un seul exemple où l’emploi du sort soit commandé, c’est celui de la mise en liberté d’un des boucs offerts pour le peuple en expiation de ses péchés (Lévitique 16.8-10), et les passages (Proverbes 16.33 ; 18.18), sont les seuls où la sagesse divine semble accorder une espèce d’approbation à cette manière hasardée de trancher les questions difficiles, Dieu lui-même décidant toujours des événements, quels que soient les moyens qu’on emploie. La Bible ne donne pas de détails sur la manière dont le sort était jeté ; on suppose que c’était de dés (une fois de flèches) qu’on se servait habituellement ; quelques-uns pensent aussi, mais à tort, que l’Urim et le Thummim était une espèce de sort. Quant à la fête des sorts, voir Purim.
Les chrétiens ne sont pas d’accord sur la légitimité actuelle de l’emploi du sort ; quelques-uns, les frères Moraves surtout, l’emploient sans scrupule, et peut-être trop souvent, là même où les directions ordinaires de l’Évangile devraient suffire ; d’autres regardent comme un péché d’y avoir recours ; c’est un point sur lequel nous croyons que la conscience chrétienne doit rester libre, Le sort n’est pas défendu, et nous voyons le collège apostolique nous donner le premier l’exemple non seulement de la tolérance, mais de l’usage même. Il peut se présenter des cas décidément douteux, et dans ces cas s’en remettre au sort avec un esprit de prière, c’est s’en remettre au Seigneur.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
sors, en hébreu goral, en grec kléros, en persan pur ; d’où vient la fête Purim, ou la fête des Sorts. On voit l’usage du sort en une infinité d’endroits dans l’Écriture. Dieu ordonne par exemple (Lévitique 16.8-9, 10) que l’on jette le sort sur les deux boucs que l’on offre pour les péchés de la multitude, le jour de l’expiation solennelle, pour savoir lequel des deux sera immolé, et lequel sera mis en liberté. Il veut aussi que l’on partage au sort la terre promise (Nombres 26.53-56 ; 33.54 ; 34.13), lorsqu’on en aura fait la conquête ; et c’est ce que Josué exécuta en effet (Josué 14 Josué 15 Josué 16). On donna de même aux prêtres et aux lévites les villes qui leur échurent par le sort (1 Chroniques 6.54-61). Enfin du temps de David on distribua par le sort les vingt-quatre classes des prêtres et des lévites, pour savoir en quel rang elles serviraient dans le temple (1 Chroniques 24 1 Chroniques 25). Dans le partage du butin après la victoire, on jetait aussi le sort, pour distribuer à chacun sa portion (Abdias 1.11 Nahum 3.10). Dans le Nouveau Testament, les soldats tirèrent au sort les habits de Jésus-Christ (Jean 19.24-25), ainsi qu’il avait été prédit par le prophète (Psaumes 21.19) ; enfin après la mort de Judas le traître, on jeta le sort sur les deux sujets qu’on avait choisis, pour connaître lequel des deux serait mis en la place de Judas (Actes 1.26).
Quant à la manière de jeter le sort, nous ne la voyons pas distinctement marquée dans l’Écriture, et les interprètes ne sont pas d’accord sur cela ; car il y a plusieurs manières de tirer au sort. Salomon dans les Proverbes (Proverbes 16.33), en marque une sorte : Les sorts sont jetés dans le sein ; mais c’est le Seigneur qui les conduit. On jetait donc les sorts ou dans le sein, ou dans un habit, ou dans un casque, ou dans un vase de terre, ou d’autre matière ; on les y mêlait, et ensuite on les jetait, ou on les tirait : mais il y a toute apparence que tout cela dépendait du goût et de la volonté de ceux qui en usaient.
L’usage du sort en lui-même n’était pas défendu par la loi, puisque Dieu même l’ordonnait en quelques rencontres, et que les plus saints personnages de l’Ancien et du Nouveau Testament l’ont pratiqué en certains cas. Le Sage même en reconnaît l’utilité, lorsqu’il dit (Proverbes 17.18) : Le sort apaise les disputes, et décide les difficultés même entre les puissants. Mais on ne peut nier que le sort ne soit quelquefois défendu ; lors, par exemple, qu’on l’emploie sans nécessité, ou par un esprit de superstition, ou pour tenter Dieu, et dans des choses où l’on a d’autres moyens naturels pour découvrir la vérité, enfin lorsque la raison et la religion nous fournissent d’autres voies pour nous déterminer. Aman (Esther 3.7), par exemple, usa du sort non-seulement dans un esprit de superstition, mais aussi dans une matière injuste et criminelle, lorsqu’il entreprit de détruire les Juifs du royaume de Perse. Nabuchodonosor en usa de même d’une manière superstitieuse, lorsqu’étant sur le chemin de Jérusalem et de Rabbat-Ammon, il tira au sort à laquelle des deux villes il irait (Ézéchiel 21.18-19). Les nautonniers qui avaient Jonas dans leur vaisseau (Jonas 1.7) tentèrent Dieu en tirant au sort pour savoir d’où venait la tempête dont ils étaient accueillis. Cet orage pouvait être naturel, et il était très-possible qu’ils fussent tous coupables. Enfin Dieu n’était pas obligé de leur découvrir par le sort qui était le coupable. Voyez notre Dissertation sur les élections par le sort, à la tête des Actes des apôtres.
Sort se met aussi pour le partage. Par exemple (Juges 1.3) : Venez avec moi dans mon sort, dans mon partage (Psaumes 15.5) : Seigneur, c’est vous qui soutenez mon sort, qui défendez mon lot (Psaumes 124.3) : Vous ne permettrez point que le sceptre des méchants s’étende sur le sort des justes, sur le partage de vos serviteurs.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Pour la Fête de Purim (sorts), voir Esther.
Pour Tirage au sort, voir Divination, Éphod.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal