Dictionnaires bibliques
Silas
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Silas », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
(Hébreux Trois ; Actes 15.22ss)
Appelé Silvain dans les épîtres de Paul, fut le compagnon des voyages de l’apôtre depuis le concile de Jérusalem. Citoyen romain comme lui, et exerçant le ministère prophétique dans l’église de Jérusalem, il le suivit dans son second voyage missionnaire en Asie Mineure, passa avec lui en Macédoine, partagea sa prison à Philippes, resta quelque temps seul à Bérée, et ne rejoignit Paul qu’à Corinthe, où il se distingua par son zèle évangélique (Actes 15 et 18 ; 1 Thessaloniciens 1.1 ; 2Thes. 1.1 ; 2 Corinthiens 1.19). C’est probablement le même dont il est parlé 1 Pierre 5.12. La tradition grecque le fait évêque de Corinthe sous le nom de Silas, et de Thessalonique sous celui de Silvain.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Silas (1)
Ou Sylvanus, était, selon saint Luc (Actes 15.22), un des principaux d’entre les frères : ce qui fait juger qu’il était du nombre des soixante et dix disciples. Lorsque la dispute sur l’observation des cérémonies légales s’éleva à Antioche, on choisit Paul, Barnabé, Judas et Silas, pour aller consulter sur cela les apôtres à Jérusalem. On croit que c’est le même Silas qui est marqué sous le nom de Sylvanus dans le titre des deux Épîtres de saint Paul aux Thessaloniciens. Saint Pierre (1 Pierre 5.12) l’avait chargé de sa première lettre écrite de Rome, où il l’appelle un frère fidèle. Silas s’attacha à saint Paul ; et après que Paul et Barnabé se furent séparés à l’occasion de Jean-Marc (Actes 15.37-41). Silas suivit saint Paul et alla visiter avec lui les Églises de Syrie et de Cilicie. De là ils passèrent dans la Lycaonie, dans la Phrygie et dans la Galatie ; et enfin ils traversèrent la mer et vinrent en Macédoine. On peut voir l’article de saint Paul, qui eut la principale part à tout cela.
Étant à Philippes (Actes 16.11-12), saint Paul délivra de l’esprit de Python une fille qui en était possédée. Les maîtres de cette fille, qui perdaient beaucoup par la guérison de leur esclave parce que le démon qui la possédait lui faisait auparavant prononcer des espèces d’oracles et de prédictions, se saisirent de Paut et de Silas, les traînèrent devant les magistrats et les accusèrent de vouloir introduire dans la ville des coutumes contraires à celles des Romains. Le peuple accourut au bruit ; et les magistrats ayant fait battre publiquement de verges Paul et Silas, les envoyèrent en prison. La nuit il se fit un grand tremblement de terre, les portes de la prison s’ouvrirent, et les liens des prisonniers se rompirent. Le geôlier croyant que ses prisonniers s’étaient sauvés, voulait se tuer ; mais Paul lui cria de ne se point faire de mal, parce qu’aucun des prisonniers n’était sorti. Après cela le geôlier se convertit et reçut le baptême avec toute sa maison, ainsi que nous l’avons raconté dans l’article de saint Paul. Le lendemain les magistrats envoyèrent dire que l’on pouvait mettre en liberté Paul et Silas : Mais Paul répondit qu’on ne traitait point de cette sorte des citoyens romains, et que les magistrats vinssent eux-mêmes les tirer de prison. Ces, paroles de saint Paul font juger que Silas pouvait être aussi citoyen romain.
De Philippes ils allèrent à Thessalonique et à Bérée, où ils prêchèrent Jésus-Christ, et saint Paul s’étant retiré de Bérée à Athènes, il y manda Silas, lequel ne put néanmoins l’aller joindre qu’à Corinthe ; et ce fut là qu’ils écrivirent ensemble les deux Épîtres aux Thessaloniciens. Silas l’aida beaucoup dans la prédication de l’Évangile (2 Corinthiens 1.19). Le Martyrologe romain met la fête de saint Silas le 13 juillet. Adon dit qu’il mourut en Macédoine et semble marquer que ce fut par le martyre. Les Grecs distinguent mal à propos Silos et Sylvain, et font la fête de l’un et de l’autre le 30 juillet. Il y en a qui rapportent à Silas ce que dit saint Paul aux Corinthiens (2 Corinthiens 8.18-19). Je vous envoie mon frère, qui est devenu célèbre dans toutes les Églises, et qui a même été choisi par elles pour être le compagnon de mes voyages.
Silas et Campus. (2)
On prétend que ce sont ces deux disciples que saint Jean-Baptiste envoya à Jésus-Christ pour lui demander s’il était le Christ (Matthieu 11.2-3) : non qu’il en doutât, mais afin de procurer à ces deux disciples la connaissance du Sauveur, et pour donner au Sauveur occasion de les catéchiser et de se faire connaître à eux pour ce qu’il était. Voyez Gerhard, Comment ad Matth. 2 et Baron., Not in Martyrol. Romains 13 Jul et 13 Octobre.
Il y a sur le motif de cette députation de saint Jean à Jésus-Christ divers sentiments dans les anciens et les nouveaux commentateurs ; les uns croyant que Jean avait conçu quelque doute sur Jésus-Christ ; d’autres, que ses disciples seuls doutaient de sa mission ; d’autres, que Jean lui demandait ses ordres pour l’autre vie.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Disciple et missionnaire qui joua un rôle important dans l’Église primitive (Actes 15 à 18). On voit généralement en lui le même personnage que les épîtres de Paul appellent Silvanos ou Silvain : cette identification découle de leurs activités comparées, au cours du deuxième voyage missionnaire de Paul d’après les Actes et les épîtres (cf. Actes 17.4 ; Actes 18 et 1 Thessaloniciens 1.1 ; 2 Corinthiens 1.19). Il se pourrait qu’étant citoyen romain (car il semble compris dans le pluriel de Actes 16.37) il ait pris comme Saul un surnom romain, Silvanus (signifiant : silvain), ressemblant à son nom grec d’origine sémitique Silas (équivalant de Cheîlâ)
Le livre des Actes le montre pour la première fois à Jérusalem, jouissant dans l’Église d’une grande considération, due sans doute à ses inspirations prophétiques (Actes 15.32). Il fait partie de la délégation qui accompagne Paul et Barnabas à Antioche avec les décisions du concile de Jérusalem. Ici, un flottement : reste-t-il à Antioche (Actes 15.34), ou y revient-il après être rentré à Jérusalem (Actes 15.33) ? Il est choisi par Paul pour son deuxième voyage (au lieu de Jean Marc dont l’apôtre des païens ne voulait plus alors à aucun prix), et ceci probablement en raison de sa connaissance particulière de la vie des églises de Palestine. Il demeure à Bérée avec Timothée, tandis que Paul poursuit sa route vers Athènes ; mais celui-ci leur envoie bientôt l’ordre de le rejoindre au plus tôt (Actes 17.14 et suivant).
On les trouve plus tard à Corinthe (Actes 18.5), secondant Paul ; mais, d’après 1 Thessaloniciens 3.1 et suivant, s’est placée entre temps une mission auprès des chrétiens de Macédoine : si Paul ne cite que Timothée comme leur ayant été envoyé par lui, il déclare pourtant être resté « seul » à Athènes. Le même texte permettrait d’ailleurs de supposer que l’activité de Silas était distincte de celle de Timothée (voir ce mot). C’est à Corinthe, en tout cas, que l’on voit pour la dernière fois Silas collaborer avec Paul, comme le montrent les lettres aux Thessaloniciens écrites de cette ville (1 Thessaloniciens 1.1 ; 2 Thessaloniciens 1.1). Rien ne permet de conclure qu’il y ait eu brouille entre les deux amis, ou défection comme dans le cas de Marc. Dans 2 Corinthiens 1.19, lettre écrite au cours du troisième voyage, l’apôtre rend témoignage à la prédication de son compagnon.
Un personnage du nom de Silvain apparaît encore dans le Nouveau Testament : c’est le secrétaire qui écrivit la première épître de Pierre (1 Pierre 5.12) sous la dictée ou l’inspiration de l’apôtre (voir Pierre [1ère épître de]). Pour beaucoup d’auteurs il est extrêmement probable qu’il s’agit encore du compagnon de Paul devenu ici celui de Pierre, à peu près comme Marc (voir ce mot) nommé au verset 13. On ne sait rien et il n’existe aucune tradition plausible sur la fin de la vie de ce missionnaire.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal