Dictionnaires bibliques

Scorpion

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Scorpion », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

Le scorpion est un animal appartenant à l’embranchement des arthropodes, classe des arachnides, ordre des scorpionides. Son habitat se trouve dans les climats chauds, particulier à l’Orient, mais bien connu partout pour le danger mortel que présentent ses piqûres. Il en est parlé dans la Bible, tantôt dans le sens matériel du mot, tantôt d’une manière figurée pour représenter les méchants (Deutéronome 8.15 ; Ézéchiel 2.6 ; Luc 10.19 ; 11.12 ; Apocalypse 9.3 ; etc.). Le scorpion a beaucoup de rapports avec l’écrevisse des rivières, et n’est guère plus petit ; il se tient volontiers dans les lieux humides, sous les pierres, dans des caves, dans des trous de murailles ; dans les nuits d’été il se promène sur les escaliers et dans les rues. Sa tête et sa poitrine semblent ne faire qu’un ; son front est orné de deux grosses pinces, et de six ou huit yeux ; de sa poitrine, sortent huit jambes qui se divisent en six parties couvertes de poils, dont la dernière est munie d’un petit ongle. Son ventre est une grosse queue composée de six anneaux qui sont liés comme des grains de chapelet (Calmet) ; du dernier, sortent un et quelquefois deux aiguillons creux qui laissent échapper, d’une glande sise à leur origine, un venin froid très âcre qui pénètre dans la partie blessée ; à moins d’un prompt secours, une fièvre ardente conduit rapidement le malade à la mort. On dit que le meilleur remède consiste à écraser immédiatement le scorpion sur la plaie ; c’est qu’entre la piqûre et l’injection du venin il se passe toujours un instant, quelque court qu’il soit, et la mort immédiate de l’animal peut souvent l’empêcher de consommer ce dernier acte. On sait que les orties, froissées avec force, ne font aucun mal, parce que la glande ne peut s’ouvrir ; c’est peut-être le même fait qui se produit, quoique sous une autre forme, dans ce qu’on appelle l’application du scorpion en emplâtre. Les scorpions d’Europe (Italie) sont du reste innocents en comparaison du scorpion oriental, qu’on a appelé scorpio afer à cause de sa couleur noir suie. Il y avait beaucoup de scorpions en Palestine, notamment dans les montagnes de Juda et dans les plaines du Jourdain, et c’est à leur abondance sans doute que cette contrée (de Sichem à Sephna) a reçu le nom d’Acrabatène (de l’hébreu hakkrab) ; de même l’Acrabatène de Idumée (1 Maccabées 3), et enfin la montée des Scorpions, ou des Hakkrabbim, à la frontière sud de la Palestine (Nombres 34.4 ; Josué 15.3 ; Juges 1.30). Les scorpions que nos versions ont rendus par écourgées (1 Rois 12.11-14 ; 2 Chroniques 10.11-14), étaient une espèce de fouet ou de knout armé de pointes. L’instrument désigné (1 Maccabées 6.51) sous le nom de scorpion, était une machine de guerre avec laquelle on lançait des flèches ; elle est décrite par Tertullien.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Scorpion (1)

Petit animal ayant la vessie pleine d’un dangereux venin. On peut le distinguer en trois parties : la tête, la poitrine et le ventre. La tête paraît jointe et continue à la poitrine. Il a deux yeux au milieu et deux vers l’extrémité de la tête, entre lesquels sortent comme deux bras, qui se divisent en deux comme les pinces ou les serres d’une écrevisse. Il a huit jambes qui sortent de sa poitrine, dont chacune se divise en six parties couvertes de poil, dont les extrémités ont de petits ongles ou serres. Le ventre se divise en sept anneaux, du dernier desquels sort la queue, qui se divise en sept petits boutons, dont le dernier est armé d’un aiguillon. Il y en a où l’on voit six yeux, et d’autres où l’on en découvre huit fort visibles. La queue est longue et faite en manière de patenôtre attachée bout à bout, l’une à l’autre, la dernière plus grosse que les autres, et un peu plus lotigue, à l’extrémité de laquelle il y a quelquefois deux aiguillons qui sont creux, remplis de venin froid, qu’il jette dans la partie qu’il pique.

Le scorpion est de couleur noirâtre comme de suie ; il chemine de biais, et s’attache si fortement, par le bec et par les pieds, aux personnes qu’il saisit, que bien difficilement on le peut arracher. Il y en a qui ont des ailes semblables à celles de sauterelles, qui volent de régions à d’autres, et qui sont semblables aux fourmis volantes, comme parlent Pline et Strabon. Il y en a de diverses couleurs. Les anciens en ont connu de noirs, de jaunes, de cendrés, de roux, de verts, de blancs, de vineux, de couleur de suie. On dit que la mère fait onze petits qui sont de petits vers ronds, qui ne sont guère plus gros que des poux. La mère les couve, et on assure que quand ils sont couvés, ils tuent la mère qui leur a donné la vie. Ils font plutôt du mal aux femmes qu’aux hommes, et aux filles qu’aux femmes. Ceux qui ont sept nœuds en la queue, sont plus dangereux que ceux qui n’en ont que six.

On assure que dans les pays froids les scorpions ne sont point venimeux, non plus que ceux qui sont de couleur blanchâtre. Le meilleur et le plus sûr remède contre la morsure du scorpion, est de l’écraser sur la plaie. Moïse dit que les Hébreux ont passé dans des déserts affreux, où l’on trouvait le scorpion : (Deutéronome 8.15), et le serpent nommé dipsas. Tertullien, au commencement de son livre intitulé Scorpiaque, a bien décrit le scorpion. [Voyez plus bas]. L’Hébreu lit hakarab ou akrab ; d’où vient le nom d’Acrabatène, donné à un canton de la Palestine, et la montée d’Acrabim, ou des Scorpions.

Dans l’Écriture les scorpions, dans un sens figuré, marquent les méchants : Vous vivez avec des méchants et des mutins, vous habitez avec des scorpions, dit le Seigneur à Ézéchiel (Ézéchiel 2.6). Celui qui lient une mauvaise femme est comme celui qui prend un scorpion, dit l’Ecclésiastique (Ecclésiaste 26.10). Il court risque d’être infecté de son venin. Le même auteur met les scorpions parmi les instruments de la vengeance du Seigneur(Ecclésiaste 39.36). Saint Jean, dans l’Apocalypse (Apocalypse 9.3-5), décrit fort bien les qualités du scorpion et la douleur que cause sa morsure : Il sortit du fond du puits de l’abîme une nuée de sauterelles qui avaient la même puissance que les scorpions de la terre : il leur fut donné, non de tuer, mais de tourmenter pendant cinq mois. Le tourment qu’elles causent est comme celui du scorpion, quand il a piqué un homme. Ils désireront la mort et ne la trouveront point, etc.

Scorpions (2)

Sorte de fouets armés de pointes. Roboam répondit aux Israélites, qui se plaignaient de la pesanteur du joug dont Salomon les avait accablés (1 Rois 22.11, 14 2 Chroniques 10.11) : Mon père vous a fouettés avec des verges ; et moi, je vous fouetterai avec des scorpions, avec des verges ou des fouets armés de pointes ou d’épines pointues comme la queue du scorpion. Isidor.

La montée du scorpion (Nombres 3.44), ou la Montée d’Acrabim, était vers l’extrémité de la mer Morte, au midi de la tribu de Juda. Quant à l’Acrabatène située dans le pays de Samarie, et qui tirait aussi son nom des scorpions, ou du lieu nommé Acrabim, voyez Acrabim et Acrabatène.

Scorpions (3)

Machine de guerre (1 Machabées 6.51), avec laquelle on lançait des flèches. On donnait aussi à ces flèches le nom de scorpions. Cette machine est décrite en ces termes par Tertullien, au commencement de son livre intitulé Scorpiaque.

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

(hébreu aqrâb). Animal de la classe des arachnides, caractérisé par 4 paires de pattes, une paire de fortes pinces, un abdomen dont la partie postérieure allongée en queue incurvée se termine par un aiguillon courbe à la piqûre venimeuse. Il se nourrit d’insectes et de vers, parfois même de ses congénères, et tue d’un coup d’aiguillon la proie qu’il retient par ses pinces ; la femelle dévore le mâle après la fécondation. Le midi de l’Europe connaît le scorpius europaeus et le huthus occitanus ; mais l’Orient possède 6 à 12 espèces des genres buthns et androctonus, qui peuvent atteindre 15 cm de long (30 sous les tropiques), sont de couleurs diverses (blancs ou gris, jaunes, bruns, rougeâtres, noirs) et se tiennent de préférence sous les pierres, dans les crevasses, les ruines, les citernes sèches ; ce sont des animaux nocturnes. Leur piqûre est très douloureuse pour l’homme et peut en certains cas être mortelle (androctonus signifie : tueur d’homme).

Dans l’Ancien Testament, les scorpions sont mentionnés au sens propre (avec les serpents) comme de redoutables dangers du désert terrible aux Hébreux (Deutéronome 8.15). Une région porte leur nom : la montée d’Akrabbîm (Nombres 34.4 ; Josué 15.3 ; Juges 1.36), c’est-à-dire des Scorpions, entre Juda et Edom, au sud-ouest de la mer Morte ; la province s’appela plus tard Acrabattène (1 Macchabées 5.3), et le même nom fut aussi porté par une province située entre Sichem et Jérico, comme un village d’Akraba et un canal d’Akrabani se trouvent dans le voisinage de Damas. Au sens figuré, le scorpion représente : les persécutions des rebelles qui entourent le prophète (Ézéchiel 2.6), une femme méchante envers son mari (Siracide 26.7), les châtiments de Dieu destinés aux impies (Siracide 39.30) ; un supplicié sur la roue est comparé au scorpion recourbant son corps (4 Macchabées 11.10).

Dans le Nouveau Testament, les scorpions sont mentionnés trois fois (dont deux, encore, avec les serpents). À propos de l’exaucement d’un fils par son père, Jésus pose la question : « S’il lui demande un oœuf, lui donnera-t-il un scorpion ? » (Luc 11.12 ; cette question n’est pas conservée dans le parallèle Matthieu 7.10). Il est vain d’expliquer ce rapprochement par une prétendue ressemblance, qui n’existe pas, entre l’oœuf et le scorpion : le choix de cet animal en fait d’exemple renouvelle l’idée d’un don mortel, déjà suggérée à propos du serpent, et opposée à celle des aliments les plus habituels et les meilleurs. Dans ses encouragements aux soixante-dix disciples, Jésus déclare : « Je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds les serpents, les scorpions et toute la puissance de l’ennemi » (Luc 10.19), ce qui doit être une allusion à Psaumes 91.13 ; l’un des deux termes parallèles désignant dans ce psaume des serpents (aspic, dragon) a pu devenir un scorpion à travers une traduction. Il y a naturellement dans ces deux passages une expression figurée évoquant les puissances infernales (cf. le verset précédent dans Luc : « Je voyais Satan tomber du ciel…  »). L’ancienne mythologie ne distinguait guère, d’ailleurs, entre les monstres terrestres et les ennemis supraterrestres ; c’est ainsi que, dans la vision de Apocalypse 9.1 ; Apocalypse 9.11, les êtres malfaisants qui doivent causer « le premier malheur » (Apocalypse 9.12) en tourmentant les hommes non marqués du sceau de Dieu, sont représentés comme des sauterelles armées du pouvoir des « scorpions de la terre » (Apocalypse 9.3) ; d’après les anciens, il y avait des scorpions de l’air, ailés, et des scorpions de la terre), capables de causer un tourment analogue à la piqûre de cet animal (Apocalypse 9.5), et ce pouvoir réside dans leurs queues (Apocalypse 9.10). On en a rapproché les deux géants-scorpions de l’épopée babylonienne de Gilgamès (IX, 2-4), homme et femme, terribles portiers, reproduits dans la sculpture de la Babylonie, et mis en relation avec les constellations du zodiaque le Scorpion et le Sagittaire ; la Balance était elle-même appelée par les anciens Grecs Khêlaï = pinces [du scorpion].

Le proverbe latin bien connu : in cauda venenum, est une allusion au scorpion. Dans l’art chrétien, cet animal est un emblème d’opposition au Christ : le peintre Luini en a placé un sur le bouclier d’un soldat romain dans la fresque de la « Crucifixion » de Sainte-Marie-des-Anges à Lugano.

Les « scorpions » de 1 Rois 12.11 ; 1 Rois 12.14 parallèle 2 Chroniques 10.11-14 étaient des espèces de fouets (voir ce mot) garnis de pointes. Ceux de 1 Macchabées 6.51 étaient des machines de guerre, fortes arbalètes servant à lancer de gros traits.

Jean Laroche

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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