Dictionnaires bibliques
Sceva
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Sceva », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
Principal sacrificateur, ou plutôt rabbin principal d’Éphèse, et père de sept jeunes gens qui faisaient de ville en ville le métier d’exorcistes (Actes 19.14). Jaloux de Paul qui faisait plus de miracles qu’eux, et ne voyant en lui qu’un concurrent plus heureux, ils essayèrent de lui emprunter sa formule, et invoquèrent contre le mauvais esprit dont un homme était possédé, le nom « de ce Jésus que Paul prêche ». Mais cette invocation du nom de Jésus n’étant pour eux qu’une formule, elle ne servit qu’à provoquer encore plus le mauvais esprit, qui ne leur reconnaissait aucune puissance ; il se jeta sur eux, les maltraita et les chassa honteusement. Nous ne reviendrons pas sur ce que nous avons dit ailleurs des possessions, et par conséquent des exorcismes ; que toutes les maladies, ou qu’un certain nombre d’entre elles seulement soient produites par l’habitation d’un mauvais esprit, et deviennent susceptibles d’être guéries par des prières pleines de foi, par des secrets diaboliques, ou par des influences humaines d’un ordre surnaturel, peu importe ; l’histoire des fils de Scéva nous montre un homme malade, dont la maladie a résisté aux paroles sans foi de quelques charlatans, et qui a reconnu la puissance de Paul par Jésus.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Prince des prétres (Actes 19.14-16), c’est-à-dire, ou chef de la Synagogue d’Éphèse, selon quelques-uns, ou plutôt chef d’une des vingt-quatre familles sacerdotales (1 Chroniques 24.7-8) qui servaient chacune à leur tour dans le temple de Jérusalem. Enfin en donnait le nom de princes des prétres aux grands prétres déposés nui n’étaient plus en charge. Josèphe parle du grand prêtre Jésus, fils de Siah, qui vivait neuf ou dix ans après la naissance de Jésus-Christ. Le même auteur parle aussi en plus d’un endroit d’un autre prêtre nommé Jésus, fils de Sapha ou Saphia, qui eut grande part aux affaires des Juifs durant leur dernière guerre contre les Romains. Ce pouvaient être les fils de l’un ou de l’autre de ces prêtres qui allaient de ville en ville, comme plusieurs autres Juifs, pour exorciser les possédés. Ces exorcistes, étant à Éphèse, entreprirent d’invoquer le nom de Jésus sur ceux qui étaient possédés, en disant : Nous te conjurons par Jésus que Paul prêche. Mais le malin esprit leur répondit : Je connais Jésus et je sais qui est Paul, mais vous, qui êtes-vous ? En même temps celui qui était possédé se jeta sur deux de ces exorcistes et les traita si mal, qu’ils furent obligés de s’enfuir de la maison tout nus et blessés.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Père de sept exorcistes juifs rencontrés par Paul à Éphèse et maltraités par un possédé sur lequel ils invoquaient « le nom de Jésus que Paul prêche » (Actes 19.13 ; Actes 19.16). Scéva est désigné comme « un des chefs des prêtres » (arkhiéreus) juifs : or il n’y en a pas eu de ce nom ; peut-être faut-il entendre qu’il appartenait à la famille des grands-prêtres.
Le récit offre une autre anomalie ; le verset 14 mentionne sept fils de Scéva, le verset 16 ne parle plus que « des deux » (amphotérôn) : « le possédé, s’élançant sur eux, les maîtrisa tous les deux » (Bible du Centenaire) ; Segond harmonise en supprimant le chiffre : « l’homme… s’élança sur eux, s’en rendit maître » Segond révisée a rétabli : « de tous deux » ; la Version synodale harmonise en interprétant : « l’homme… se rendit maître de deux d’entre eux ». La difficulté tomberait si à l’époque du Nouveau Testament le grec amphotèroï pouvait avoir le sens de « tous », quel que soit le nombre, comme le pensent plusieurs autorités : Moulton, Thumb, Radermacher (VGT, I, p. 28).
On a remarqué aussi que la transcription en hébreu du nom de Scéva : Cheba, est le chiffre sept, qui a pu être introduit par erreur au verset 14 à côté du nom propre du père (Moulton, Proleg., pages 80, 246). De toute manière, le texte de cet épisode paraît incertain, peut-être incomplet, ce qui a donné lieu aux variantes de certains copistes : le manuscrit de Bèze (D) simplifie le verset 14 : « parmi eux, les fils d’un certain prêtre Scéva… » À ce compte, celui-ci pourrait être un prêtre païen, et toutes les difficultés du texte tomberaient. Mais cette leçon est isolée parmi les manuscrits.
Le nom de Scéva a été retrouvé dans une inscription comme étant celui d’un gladiateur de Milet, ville toute proche d’Éphèse où demeurait le Scéva du récit biblique.
Pour le fond même du récit, voir Possession démoniaque.
A. E.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal