Dictionnaires bibliques
Satrape
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Satrape », un article après l’autre.
Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Satrape est un nom persan, qui dans son origine signifie proprement un général d’une armée navale ; mais depuis il a été communément donné aux gouverneurs des provinces et aux principaux ministres des rois de Perse. Nous le trouvons même bien longtemps avant les rois de Perse, dans les Satrapies des Philistins, qui subsistaient dès le temps de Josué, ou des juges. Il est vrai que les Satrapes des Philistins sont appelés dans l’Hébreu Seranim (Juges 3.3) ; d’où vint le nom de Surènes, qui était aussi un nom de dignité chez les Perses. Le général de l’armée des Parthes qui tua Crassus, se nommait Surena. Pour ce qui est du nom de Satrape, dont il s’agit ici, je le trouve dans le Chaldéen de Daniel (Daniel 2.1), dans Esdras et dans Esther, sous le nom d’Achasparné, d’où les Grecs ont fait Satrapoe, par l’élision de quelques lettres du commencement et de la fin du mot. Ce terme, selon son étymologie, signifie un grand qui voit la face du roi, ou les portiers de la majesté. Voyez les auteurs de dictionnaires hébreux et chaldéens, et les commentateurs sur Daniel (Daniel 3.2). On trouve aussi dans Jérémie (Jérémie 51.27) et dans Nahum le nom de Tapsar, que les interprètes traduisent par Satrapes.
Les satrapes des Philistins étaient comme des rois qui gouvernaient avec un pouvoir absolu les cinq satrapies, c’est-à-dire, les cinq villes principales des Philistins. Ces peuples avaient aussi quelques rois dans d’autres villes. Par exemple, Abimélech, roi de Gérare, et Achis, roi de Geth, étaient Philistins, mais différents des Surines ou Satrapes des cinq satrapies dont il est souvent parlé dans le livre des Juges et dans le premier livre des Rois. Mais les satrapes des Perses étaient de simples gouverneurs de provinces envoyés de la part du roi, ou des officiers de ses troupes. Saint Jérôme traduit quelquefois par satrapcc (2 Rois 18.24 2 Chroniques 9.14), l’Hébreu pachat, qui signifie un chef de troupes, un gouverneur de province ; d’où vient le nom de Bacha ou Pacha, qui est encore aujourd’hui en usage chez les Turcs. Mais le vrai nom de Satrape est caché sous le terme Achasdrapné, qu’on lit dans Daniel, dans Esdras et dans Esther, qui sont des livres écrits pendant ou depuis la captivité.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
(hébreu et araméen akhachdarpenim, du persan khchatrapâvan (signifiant : protecteur du royaume), rendu en grec exatrapês et plus souvent satrapes). Gouverneur de province sous le régime perse (Esdras 8.36 ; Esther 3.12 ; Esther 8.9 ; Esther 9.3 ; Daniel 3.2 ; Daniel 3.3 ; Daniel 3.27 ; Daniel 6.1),
Occupant dans sa juridiction une situation analogue à celle de vice-roi, le satrape jouissait des pouvoirs les plus étendus, et rendait compte au roi de son administration. La division de l’empire perse en satrapies fut l’œuvre de Darius Ier (521-486 avant Jésus-Christ) ; voir Darius, Perse. Darius avait judicieusement limité leurs attributions. Mais sous ses successeurs, les satrapes se rendirent de plus en plus indépendants ; à l’époque de la conquête romaine ils menaient une vie de despotes sensuels et oppresseurs qui a donné cette signification péjorative à l’emploi actuel du titre de satrape.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal