Dictionnaires bibliques
Pélican
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Pélican », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
C’est ainsi que doit être traduit l’hébreu kaath, ainsi qu’on l’a vu à l’art. Cormoran. Quant au mot racham, rendu par pélican, il désigne plutôt le vautour percnoptère qui porte encore le même nom chez les naturalistes arabes, et que l’on trouve en Arabie, en Syrie, et surtout en Égypte ; sa taille varie entre celle d’une grosse corneille et celle d’un fort aigle commun. D’une vilaine figure et mal proportionné, cet oiseau est lourd, paresseux, lâche, se laissant battre par les corbeaux, toujours criant, lamentant, dit Buffon, toujours affamé, et cherchant les cadavres ; il est en outre dégoûtant par l’écoulement continuel d’une humeur qui sort de ses narines. On comprend que Moïse l’ait rangé au nombre des oiseaux impurs (Lévitique 11.18 ; Deutéronome 14.17).
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
pelicanus. L’auteur du commentaire sur les psaumes, qui porte le nom de saint Jérôme, dit qu’il y a deux sortes de pélicans. L’un demeure sur les eaux et se nourrit de poissons, l’autre demeure dans les déserts et se nourrit de serpents et d’autres reptiles. Eusèbe dit que le pélican a une tendresse particulière pour ses petits. Il place ordinairement son nid sur un rocher escarpé, afin que les serpents n’y puissent monter ; mais le serpent, ennemi de cet oiseau, observe le vent, et lorsqu’il porte vers le nid du pélican, il y darde son venin et tue les petits. Le pélican pour leur rendre la vie, s’élève au-dessus des nues, et se frappant les côtés avec ses ailes, en fait sortir du sang, lequel tombant à travers les nues dans son nid, rend la vie à ses petits. Saint Augustin et saint Isidore de Séville observent la même chose, quoique avec quelque différence. Ils veulent que le pélican se tire du sang à coups de bec, et qu’en arrosant sa nichée il lui rende la vie. Mais on peut mettre ces histoires parmi les erreurs de l’ancienne philosophie.
Le terme hébreu kaath, que les Septante ont rendu par pelicanus en (Psaumes 101, 7 Lévitique 11.18), est traduit, en d’autres endroits, par mergulus, un plongeon, comme (Deutéronome 14.17), ailleurs, par des oiseaux, comme (Isaïe 34.11), et ailleurs, par des lions, comme (Sophonie 2.14). Saint Jérôme l’a rendu par onocrotatus (Lévitique 11.18, Isaïe 34.11 Sophonie 2.14). D’autres entendent sous ce nom le butor, ou le héron, ou le cygne, ou la huppe, ou le coucou. Bochart croit que le terme hébreu kaath signifie le pélican, oiseau aquatique qui se remplit, dit-on, le jabot de coquillages, qu’il vomit ensuite pour en tirer le poisson, lorsque la chaleur de son jabot les a fait entr’ouvrir. Kaath vient de kaah qui signifie vomir.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
(hébreu qàât). L’un des oiseaux impurs de la loi cérémonielle (2e nom dans Lévitique 11.18 ; Ier dans Deutéronome 14.17) ; les autres livres qui le citent le placent dans les lieux desséchés et les ruines désertes (Ésaïe 34.11 ; Sophonie 2.14 ; Psaumes 102.7), comme un emblème de morne désolation. Si en effet le pélican, dont la Palestine possède deux espèces : Pelicanus onocrotalus (pélican blanc) et P. crispus (pélican frisé, ou de Dalmatie), vit en troupes dans les endroits non habités, il ne s’éloigne pourtant guère de l’eau où il trouve sa nourriture ; aussi certains auteurs suggèrent-ils une autre identification du mystérieux qâât : par exemple hulotte (Bible du Centenaire), sorte de chat-huant (voir Chouette).
On sait que la femelle du pélican apporte à ses petits des poissons emmagasinés dans la poche membraneuse placée sous son bec, poche qu’elle vide en pressant ce bec contre sa poitrine et qui livre parfois des provisions plus ou moins sanguinolentes. D’où la légende populaire d’après laquelle le pélican se perce la poitrine pour nourrir ses enfants (comparez les célèbres vers d’Alf. de Musset). Cette légende a fourni des emblèmes à la symbolique chrétienne : le pélican y est devenu le type du Christ se sacrifiant, dans la Cène et sur la croix, puis de son Église nourrissant les fidèles, enfin de la vertu suprême, la charité ; le pélican « avec sa piété » est une noble figure de blason. Mais ces divers symboles n’ont pas plus de base biblique que de valeur scientifique.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal