Dictionnaires bibliques
Onésime
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Onésime », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
Esclave de Philémon. S’étant enfui loin de son maître, il se rendit à Rome ; la curiosité peut-être, ou le repentir, le conduisit vers Paul, qui était alors prisonnier, et il fut converti par la prédication de la parole. Dès lors, honoré par l’apôtre d’une tendre affection, Onésime reconnut, par des soins et des services, le bien que Paul lui avait fait ; mais ces soins ne pouvaient pas durer longtemps : Onésime, devenu chrétien, devait retourner auprès de son maître, et reprendre les chaînes qu’il portait avant sa conversion. C’était s’exposer à de mauvais traitements, surtout si, comme on peut le conclure de quelques versets (Phlm. 18, 19), l’esclave, en s’enfuyant, avait volé son maître (peut-être aussi ces paroles ne se rapportent-elles qu’au tort que l’absence prolongée d’un esclave devait causer à son propriétaire). Toutefois, le chrétien n’examine pas les conséquences que peut avoir la réparation d’un tort ; Paul est sans ménagement pour son ami ; Onésime lui-même ne regarde pas au danger, mais au devoir. Il part, accompagné de Tychique, porteur d’une lettre de l’apôtre à Philémon, dans laquelle Paul recommande l’esclave à l’indulgence du maître. Les deux voyageurs sont en outre chargés de lettres pour les églises d’Éphèse et de Colosses. On peut croire que Onésime obtint facilement son pardon demandé par Paul, et que le fer rouge dont les anciens marquaient les esclaves fugitifs, ne passa pas sur son front.
Onésime était de Colosses, comme on le voit par la comparaison des textes (Phlm. 1, 2 ; Colossiens 4.9-17) ; La tradition ajoute qu’il fut affranchi, que Paul le consacra lui-même évêque de Bérée en Macédoine, et que Onésime finit par souffrir le martyre à Rome.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Phrygien de nation, esclave de Philémon, et enfin disciple de l’apôtre saint Paul. Voici ce que nous savons de lui. Onésime s’étant enfui de la maison de son maître et lui ayant même dérobé quelque chose, alla à Rome vers l’an 61 de l’ère commune, pendant que saint Paul y était en prison pour la première fois. Comme Onésime le connaissait de réputation, parce que Philémon, son maître, était chrétien, il fit tant qu’il le trouva, lui raconta ce qu’il avait fait, lui avoua sa fuite, et lui rendit tous les services que Philémon lui-même aurait pu lui rendre, s’il eût été à Rome. Saint Paul fit connaître à Onésime la grandeur de sa faute, le disposa à écouter l’Évangile, l’instruisit, le convertit, le baptisa, et peu après le renvoya à Philémon, son maître, avec la lettre que nous avons parmi celles de saint Paul, et qui est reconnue pour canonique dans l’Église chrétienne.
Elle peut passer pour un chef-d’œuvre d’éloquence dans le genre de persuasion. Saint Paul y emploie toutes les considérations que l’amitié, la religion, la piété, la tendresse peuvent inspirer pour réconcilier un serviteur avec son maître. Il y mêle les prières avec l’autorité, les louanges avec les recommandations ; il fait le parallèle d’Onésime devenu chrétien et enfant de Dieu, à Onésime mauvais serviteur, et fugitif. Sa lettre eut tout le succès qu’il souhaitait. Philémon ne reçut pas seulement Onésime comme son fidèle serviteur, mais comme son frère et comme son ami. Il le renvoya peu de temps après à Rome auprès de saint Paul, afin qu’il continuât à lui rendre toutes sortes de services dans sa prison. Et nous voyons que dans la suite Onésime fut employé à porter quelques-unes des lettres que l’apôtreécrivit en ce temps-là. Par exemple, il porta celle aux Colossiens, qui fut écrite par saint Paul encore dans les liens, l’an 62 de Jésus-Christ.
Depuis ce temps, Onésime fut toujours employé au ministère évangélique. Les Constitutions des apôtres ; portent que saint Paul le fit évêque de Bérée en Macédoine. Les Martyrologes lui donnent le titre d’apôtre, et disent qu’il finit sa vie par le martyre. Le Martyrologe romain porte qu’il fut fait évêque d’Éphèse par saint Paul, après saint Timothée. D’autres ajoutent que c’est lui dont parle saint Ignace le martyr, comme étant évêque d’Éphèse l’an 107 de Jésus-Christ. Mais ce sentiment n’est fondé sur aucune preuve solide. Le même Martyrologe met sa fête le 16 de lévrier, et il dit qu’ayant succédé à saint Timothée dans l’évêché d’Éphèse, et qu’ayant été chargé par lui de prêcher l’Évangile, il fut mené prisonnier à Reine, et y rut lapidé pour la foi de Jésus-Christ. Son corps, qui y avait été enterré, fut depuis reporté au lieu où il avait été fait évêque. Les Grecs font sa fête le 15 de décembre.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
(signifiant : utile ; nom grec assez répandu dans l’antiquité, porté en particulier par des esclaves). Esclave fugitif en faveur duquel saint Paul écrivit la touchante épître à son maître Philémon (voir article).
Il était de Colosses (Colossiens 4.9). En s’enfuyant, Onésime avait probablement volé son maître (Philémon 1.18), ce qui fait penser au type d’esclave fripon et paresseux de la comédie antique. Ces fuites d’esclaves étaient si fréquentes, qu’une section de la police romaine était spécialisée dans leur recherche ; ils encouraient la peine du fouet et celle des travaux forcés. Sans doute réfugié à Rome, comme beaucoup d’autres suspects, Onésime y rencontra l’apôtre ; peut-être l’avait-il cherché, le connaissant comme un ami de son maître et espérant l’appui de sa compassion agissante.
L’influence de saint Paul amena d’abord sa conversion, et une très vive affection les unit bientôt (Philémon 1.12). Paul aurait bien voulu garder Onésime auprès de lui ; mais pour être parfaitement loyal et correct envers Philémon il le lui renvoie, lui demandant de le recevoir non plus comme un esclave, mais comme un frère en Christ (voir la gradation, (Philémon 1.16)). Faisant allusion aux services que désormais Onésime pourrait lui rendre à lui-même, ou pourra rendre à Philémon, l’apôtre joue familièrement sur le sens de son nom : utile (Philémon 1.11). D’après une tradition, Onésime aurait été affranchi par Philémon, puis consacré évêque de Bérée par Paul lui-même, et finalement martyr à Rome.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal