Dictionnaires bibliques
Naboth
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Naboth », un article après l’autre.
Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Israélite de la ville de Jézrael, vivait sous Achab, roi des dix tribus. Il avait une vigne dans Jezrael, près le palais d’Achab (1 Rois 21.1-4). Ce prince lui demanda à acheter sa vigne., pour en faire un jardin potager, ou offrit, de lui en, donner une meilleure. Naboth lui répondit : Dieu me garde de vendre l’héritage de mes pères. Cette réponse irrita Achab ; et étant rentré dans sa maison, il se jeta sur son lit, se tourna contre la muraille, et ne voulut pas manger. Jézabel sa femme l’étant, venue trouver,Jui dit : Qu’est-ce donc que cela ? Certes votre autorité est grande dans. Israël, comme je vois. Allez, levez-vous, mangez, et ayez l’esprit en repos ; je me charge de vous livrer la vigne de Naboth. En même temps elle écrivit des lettres au nom d’Achab, les cacheta du sceau du roi, et les envoya aux anciens de Jezrael, où demeurai Naboth.
Ces lettres portaient : Publiez-un, jettne, faites asseoir Naboth au milieu des premiers dit peuple, gagnez contre lui deux enfants de Bélial, deux faux témoins, qui déposent que Naboth a blasphémé contre Dieu et contre le roi. Le texte porte qu’il a béni Dieu et le roi. Mais on convient que bénir est mis ici pour maudire, de même qu’en plusieurs autres endroits. Voyez Job (Job 1.5 ; 2.9). Le texte sacré par respect évite jusqu’au terme de maudire, quand il se trouve avec le nom de Dieu. La chose fut exécutée comme la reine l’avait ordonné ; Naboth comparut dans l’assemblée des principaux de Jézrael ; il fut accusé d’avoir proféré des paroles injurieuses et blasphématoires contre Dieu et contre le roi, et aussitôt il fut condamné, mené hors de la ville, et lapidé.
Ces lâches juges envoyèrent aussitôt donner avis à Jézabel que Naboth était mort, et que, comme coupable du crime de lèse-majesté, tous ses biens étaient confisqués au profit du roi. Jézabel l’ayant appris, alla trouver Achab, et lui dit : Allez à présent vous mettre en possession de la vigne de Naboth ; car il est mort. Achab partit aussitôt de Samarie, et vint à Jezrael, pour se mettre en possession de cet héritage. Mais le Seigneur ordonna au prophète Élie de l’aller trouver, et de lui dire : Vous avez donc fait mourir Naboth, et vous vous êtes emparé de sa vigne ? Mais voici ce que dit le Seigneur : En ce même lieu où les chiens ont léché le sang de Naboth, ils lécheront aussi votre sang. Si Achab meurt dans la ville, il sera mangé par les chiens ; et s’il meurt à la campagne, il sera mangé par les oiseaux du ciel. Jézabel sera aussi mangée des chiens dans le champ de Jézrael. Ces menaces du prophète frappèrent ce prince : il s’humilia, il se couvrit d’un sac : mais sa pénitence ne fut pas assez sincère pour réparer le mal qu’il avait fait. L’effet des menaces d’Élie fut différé, mais non pas révoqué. Voyez les articles d’Achab et de Jezabel.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Israélite de Jizréel, qui possédait une vigne attenante au palais royal d’Achab. Celui-ci lui ayant offert de l’acheter ou de l’échanger, Naboth refusa de « céder l’héritage de ses pères » : son motif n’était donc pas surtout l’attachement du paysan à sa terre, mais le point de vue religieux qui considérait comme sacré, intangible, le lot attribué aux ancêtres par l’Éternel lui-même (cf. Nombres 36 ; voir Héritage). La reine Jézabel, raillant le dépit du faible monarque et s’emparant de son autorité, fit alors faussement accuser Naboth d’avoir insulté Dieu et le roi, et par cette inculpation de blasphème et de lèse-majesté (cf. Exode 22.28) elle obtint des anciens et des notables de la ville sa condamnation et sa lapidation.
D’après 2 Rois 9.26, ses fils auraient été mis à mort avec lui. Ce crime judiciaire, qui révèle l’asservissement de la nation au despotisme royal, provoque l’intervention du champion jéhoviste de la justice : comme Achab est en train de « prendre possession » de la vigne de Naboth, le prophète Élie (voir ce mot) y surgit devant lui, le condamne et lui prédit le malheur et l’extermination de toute sa maison. Lorsqu’après sa mort cette prédiction se réalisa dans le massacre de son fils Joram et de sa femme Jézabel par le justicier Jéhu (2 Rois 9.21 ; 2 Rois 9.37), le vivant souvenir du meurtre de Naboth planait encore sur cette tuerie (verset 21-25 et suivant) comme le forfait le plus criant de la dynastie baaliste.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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