Dictionnaires bibliques
Nabatéens ou nabathéens
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Nabatéens ou nabathéens », un article après l’autre.
Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Ou Nabathéniens, Arabes descendants de Nabajoth. Leur pays s’appelle Nabathène, et il s’étend depuis l’Euphrate jusqu’à la mer Rouge. Ce n’est pas à dire que les Nabathéens soient les seuls qui habitaient ces vastes contrées ; mais ils en sont les principaux habitants. Leurs principales villes sont : Pétra, capitale de l’Arabie déserte, Médaba et quelques autres ; car le pays est, pour ainsi dire, entièrement désert, et les Nabathéens, non plus que les autres Arabes de l’Arabie déserte, ne se mettent point en peine de bâtir des maisons, ni de demeurer dans des villes. La plupart même regardent cela comme une servitude et une lâcheté. La vie errante qu’ils mènent avec leurs femmes, leurs enfants et leurs bestiaux, et la liberté dont ils jouissent, n’ayant à répondre à personne, leur parait le plus grand de tous les biens de la vie ; leurs principales richesses consistent en bétail. Isaïe (Isaïe 60.7) promet à Jérusalem que les gras béliers de Céder et de Nabajoth seront apportés dans le temple du Seigneur, et offerts sur son autel.
Les Nabathéens ne sont guère connus dans l’Écriture que du temps des Machabées. Pendant les guerres que les Juifs soutinrent contre les Syriens, et pendant le soulèvement de presque tous les peuples des environs de la Judée contre les hébreux, les seuls Nabathéens leur témoignèrent de l’affection. Judas Machabée étant allé au secours de ses frères dans le pays de Galaad, fut fort bien reçu des Nabathéens (1 Machabées 5.24-25). Quel que temps après (1 Machabées 9.35), Jonathas Machabée envoya son frère Jean, pour conduire et pour mettre en dépôt chez les Nabathéens les bagages de son armée, qui l’embarrassaient : mais les habitants de Médaba prirent Jean, le tuèrent, et se saisirent de tout ce qu’il avait. Diodore de Sicile met dans le pays des Nabathéens le lac Asphaltite, les palmiers et les jardins de Baume qui sont près de là, et la ville de Pétra. Leur pays s’étendait aussi du côté du Nord, jusqu’au Liban. Denis le géographe met les Nabathéens vers le penchant du Liban. Josèphe dit que Jonathas Machabée étant dans le pays d’Emath, et ayant chassé ses ennemis au delà du fleuve Eleuthère, entra dans l’Arabie, battit les Nabathéens, et vint à Damas. Saint Épiphane dit que les Ebionites venaient principalement du pays des Nabathéens et de Panéade [Voyez, sur les Nabathéens, le mémoire de M. Quatremèrc, membre de l’Institut. On le trouve dans le Nouveau journal Asiatique, loin. 15 n de janvier, février et mars 1835].
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Tribu arabe, rencontrée par les Juifs du temps des Macchabées à trois journées de marche au delà du Jourdain, et qui leur manifesta quelque amitié (1 Macchabées 5.25 ; 1 Macchabées 9.35). On l’a de bonne heure identifiée (Josèphe, Jérôme, Targ. Jon.) avec celle de Nébajoth (voir ce mot), nom qu’il faut peut-être reconnaître dans les Nabatoei de Pline l’Ancien ; cette identification est encore soutenue par quelques auteurs, mais plus généralement abandonnée, pour les différences de forme entre ces deux noms. Même s’il faut distinguer les deux peuplades, l’une et l’autre menèrent une existence nomade dans le désert d’Arabie (voir ce mot) ou sur ses confins. D’après Diodore de Sicile (19.94), des Nabatéens de la mer Morte imposaient le nomadisme à leur clan sous peine de mort. Dans une inscription trouvée à Palmyre, un Nabatéen applique à son dieu Chay al-Kaoum l’épithète : « qui ne boit pas de vin », ce qui rappelle l’abstinence des nomades récabites (voir ce mot) pour raisons religieuses (cf. Jérémie 35.6 et suivants).
Les anciens auteurs (Strabon, Pline, Josèphe) situaient les Nabatéens entre le golfe Aelanitique et l’Arabie Pétrée. Au IVe siècle avant Jésus-Christ, ils adoptèrent une vie plus sédentaire, d’agriculture et de commerce, dans la région du sud de l’Arnon, autour de Pétra (voir ce mot), où ils supplantèrent les Édomites (voir ce mot) et absorbèrent les Moabites (voir ce mot). Vers l’an 100 avant Jésus-Christ, ils constituaient un puissant empire, avec Pétra pour capitale, exerçant leur influence dans toute la Syrie, de Damas à Gaza et jusqu’au centre de l’Arabie. Lorsqu’en 64 avant Jésus-Christ. Pompée eut créé la province de Syrie, les princes nabatéens furent repoussés du nord jusqu’à Botsra et Salkhat. Plus tard ils créèrent de grandes difficultés à Hérode le Grand en soutenant la résistance arabe. Vers l’an 37 de notre ère, il se peut qu’ils aient repris Damas aux Romains sous un de leurs rois Arétas (voir ce mot) jusqu’à l’époque de Néron, vers 53. C’est en 106 que Trajan, aidé de son gouverneur de Syrie, fit entrer dans l’empire le royaume nabatéen sous le nom de province d’Arabie, avec Botsra pour capitale. Les inscriptions nabatéennes de diverses époques sont fort nombreuses dans toute l’immense région transjordanienne.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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