Dictionnaires bibliques
Nabal
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Nabal », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
Descendant de Caleb, riche et grossier berger de Mahon, près du mont Carmel, méconnaît les services que lui a rendus David en protégeant ses troupeaux, et lui refuse brutalement quelques vivres qu’il lui demande pour ses soldats affamés. C’était peut-être un parvenu dont les richesses avaient desséché le cœur à l’égard du pauvre ; mais, en offensant un guerrier comme David, il fit une faute autant qu’un péché, et mérita bien le nom de Nabal qu’il portait, et qui signifie fou. Avare envers le pauvre dans la plus belle et la plus riche saison de l’année, à l’époque où la tonte des brebis eût dû, plus que jamais, lui imposer la générosité comme un devoir, il ne fut point avare envers lui-même, et ne se refusa aucune des réjouissantes orgies que la circonstance occasionnait trop souvent. Il fit un festin de roi, fut joyeux et s’enivra complètement.
Mais David avait juré qu’il ne laisserait rien à Nabal, depuis un homme jusqu’à un chien ; il s’avançait avec 400 hommes, et la vertu, comme la sagesse de Abigaïl, purent seules empêcher le guerrier courroucé d’exécuter ses menaces. Nabal désenivré, ayant appris le danger qu’il avait couru, et dont il avait été délivré par une épouse dont il était indigne, fut saisi d’effroi : « son cœur mourut au-dedans de lui, et devint comme une pierre ». Il mourut, au bout de dix jours, d’une maladie subite qui l’emporta, et qui fut, sans doute, causée par le saisissement qu’il avait éprouvé avant d’être seulement remis de ses débauches. David ne put cacher sa joie en apprenant que l’ennemi du roi choisi de Dieu avait été châtié d’une manière aussi prompte et aussi providentielle, non point que la mort de Nabal ait rien eu de miraculeux en elle-même ; l’homme avait été puni par où il avait péché, par sa débauche, son avarice, sa brutalité ; le fruit du péché, c’est la mort. Le nom de Nabal n’est plus rappelé qu’en 1 Samuel 27.3 ; 30.5 ; 2 Samueluel 2.2 ; 3.3 ; il est toujours joint à celui de son épouse, qui était devenue celle de David, comme si l’historien sacré voulait, en rappelant cet événement, montrer que la main de Dieu était avec David contre ses ennemis, et contre Saül en particulier, dont la cause était compromise aux yeux des fidèles par le châtiment de Nabal.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Homme très-riche, mais très-brutal et très-peu sensé, de la tribu de Juda et de la race de Caleb, dont la demeure ordinaire était apparemment à Maon, ville des plus méridionales de Juda, et qui avait un grand nombre de troupeaux au Carmel, qui n’était pas loin de Maon. Ce Carmel est différent d’un autre mont Carmel, situé sur la Méditerranée, entre Dora et Ptolémaïde. David durant sa disgrâce sous Saül (1 Samuel 25.2-3), ayant été obligé de se retirer dans le désert de Pharan, et aux environs du Carmel, eut toujours un très-grand soin que ses gens non-seulement ne fissent aucun tort à ce qui appartenait à Nabal, mais même qu’ils aidassent ses pasteurs en tout ce qu’ils pourraient. Ayant donc appris que Nabal était venu pour tondre ses troupeaux, il lui envoya dix jeunes hommes de sa compagnie, pour lui faire civilité, et lui demander honnêtement quelque chose pour sa troupe. Mais Nabal répondit : Qui est David, et qui est le fils d’Isaï? On ne voit autre chose aujourd’hui que des serviteurs qui fuient leurs maîtres. J’irai donc prendre la chair de mes moutons, et les provisions que j’ai faites pour mes gens, et je les donnerai à des inconnus ? Les hommes que David avait envoyés, vinrent lui rendre compte des dispositions de Nabal, et lui racontèrent tout ce qu’il avait dit.
Alors David, outré de colère, fit armer quatre cents hommes de ses gens, et partit dans la résolution de passer au fil de l’épée et Nabal et toute sa famille. Dans cet intervalle, un des serviteurs de Nabal avertit Abigaïl, femme de son maître, laquelle était fort sage et fart prudente, de tout ce qui s’était passé. Il lui dit que les gens de David leur avaient été d’un très-grand secours dans le temps qu’ils étaient avec eux dans les déserts de Pharan, et qu’ils méritaient bien qu’au moins Nabal ne les outrageât point de paroles ; et qu’il était à craindre que David, qui avait la force en main, ne s’en vengeât bientôt. Abigaïl incontinent prépara des provisions et des rafraîchissements qu’elle envoya à David ; et montant elle-même sur un âne, alla en diligence, à l’insu de Nabal, pour faire ses excuses à David. Elle le rencontra qui venait avec ses gens armés, en résolution de faire main-basse sur la maison de Nabal ; et elle sut si bien le fléchir par ses discours, que David rendit grâces à Dieu de ce qu’il l’avait envoyée pour désarmer sa colère.
Abigaïl retourna ensuite vers Nabal, et le trouva qui faisait en sa maison comme un festin de roi. Son cœur nageait dans la joie, et il avait tant bu qu’il était ivre : Abigaïl ne lui parla de rien jusqu’au matin ; mais le lendemain, lorsqu’il eut dormi, sa femme lui fit rapport de bout ce qui s’était passé ; et cette nouvelle le frappa tellement qu’il devint immobile comme une pierre ; et son cœur fut tellement saisi de frayeur que dix jours après il mourut. David ayant appris sa mort.
Dit : Béni soit le Seigneur, qui m’a vengé de la manière outrageuse dont Nabal m’avait traité, et qui n’a pas permis que je tirasse moi-même vengeance de l’injure qu’il m’avait faite.
Quelques jours après, il envoya demander Abigaïl en mariage et l’épousa. Nabal signifie un fou un insensé.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
(signifiant : fou). Descendant de Caleb, riche propriétaire de troupeaux dans les montagnes du sud de Juda. Son histoire (1 Samuel 25) le présente comme un homme à l’esprit borné, dur, impulsif, intempérant et méchant : sa femme reconnaît qu’il porte bien son nom de fou (verset 25). Invité par David, alors chef de bande, qui avait respecté et même protégé ses biens, à contribuer au ravitaillement de ses hommes harassés par Saül, Nabal, sous l’influence du vin, renvoya avec mépris les émissaires de son bienfaiteur. Celui-ci, outré, avait juré sa perte, et Nabal ne fut épargné que par l’intervention de sa femme, Abigaïl (voir ce mot), qui alla au-devant de David avec de riches présents et d’habiles excuses. Lorsque, le lendemain, revenu de son ivresse, il apprit par sa femme ce qui s’était passé, il fut frappé d’une attaque, sans doute d’apoplexie, dont il mourut au bout de quelques jours.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal