Dictionnaires bibliques
Menahem
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Menahem », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
Seizième roi d’Israël, usurpa une couronne déjà teinte de sang par l’usurpation de Sallum qui la portait, et qu’il fit assassiner. Fils de Gadi, il avait été probablement officier de Zacharie. À la mort de son maître, il accourut, le vengea dans sa capitale, tua le meurtrier et lui succéda sur le trône. Son règne de dix ans fut fécond en crimes et en cruautés ; la ville de Thiphsah ayant refusé de lui ouvrir ses portes, il s’en empara, tua tous les habitants jusqu’aux femmes enceintes, et ravagea son territoire. Idolâtre comme ses prédécesseurs, il vit Pul, roi d’Assyrie, fondre sur Israël, et dut se reconnaître son tributaire ; il lui paya mille talents, et fit peser cette dette sur les riches du royaume, qu’il taxa à cinquante sicles par tête, à la décharge du pauvre peuple, dont il sut, par cette mesure, se gagner l’affection et s’assurer l’appui. Il se maintint ainsi dix années sur le trône, et mourut la cinquantième année du règne d’Ozias, roi de Juda. Sa mort fut naturelle, ce qui était bien rare alors dans le royaume des Dix tribus (770-760 ; 2 Rois 15). Les prophètes Osée et Amos virent, sous son règne, leurs oracles dédaignés, mais n’en continuèrent pas moins leurs avertissements et leurs menaces.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Paraît avoir été, vers la fin du règne de Zacharie en Israël, le gouverneur militaire de Thirtsa, l’ancienne capitale du royaume des Dix Tribus avant Samarie. Lui et Sallum, un Galaadite, aspiraient au trône. Lorsque son concurrent s’en fut emparé, après avoir assassiné le roi, Ménahem se hâta d’attaquer Samarie, mit à mort Sallum après un mois de règne et s’empara du pouvoir royal, qu’il détint de 743 à 737. Le pays ne se soumit pas d’emblée à son sceptre, car on le voit, repartant de sa forteresse de Thirtsa, diriger ses coups contre la ville de Thiphsac (qu’il faut probablement corriger en Thappuach) et en massacrer les habitants avec une extrême cruauté (2 Rois 15.16). Le royaume était alors dans un état de guerre civile et d’anarchie peu propres à affermir un trône conquis par la violence (voir les allusions à cette époque dans Osée 7.8 ; Osée 7.11 ; Osée 10.4-6 ; Osée 12.2).
Voilà pourquoi Ménahem, ne sentant pas sa royauté bien fortement établie, fut porté à s’assurer l’appui d’une puissance, l’empire assyrien, qui ne cherchait sans doute qu’une occasion d’intervenir dans les affaires des deux petits royaumes palestiniens. Il n’est pas dit que Ménahem l’ait appelée à son secours, mais on peut croire qu’il se soumit volontiers au paiement d’un tribut qui pouvait lui procurer une certaine protection de la part de la puissance suzeraine.
Les inscriptions de Tiglath-Piléser III (dans lequel on retrouve généralement le roi appelé Pul par 2 Rois 15.19) citent, à côté de ceux d’un roi de Tyr et d’un roi de Damas, le nom de Mi-ni-himmi (signifiant : Ménahem) de Samarie, comme lui ayant payé un tribut, en la 8e année de son règne (738). Tiglath-Piléser, il est vrai, ne parle nulle part d’une expédition qu’il aurait dirigée contre les deux royaumes israélites ; mais il est très probable qu’après avoir soumis les régions syriennes il dirigea ses armées vers le sud, et que ce fut le paiement du tribut par Ménahem qui le détourna de la conquête de Samarie et lui fit regagner son royaume. C’est du moins la conclusion à laquelle fait aboutir 2 Rois 15.20. Ce tribut était de 1 000 talents d’argent, c’est-à-dire de 3 millions de sicles (voir Monnaie). Il fut prélevé sous la forme d’une taxe de 50 sicles, qui frappa chaque Israélite riche, possesseur de terres, ce qui représente un total de 60 000 propriétaires astreints au paiement du tribut.
Ant.-J. B.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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