Dictionnaires bibliques
Lin
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Lin », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
Il y a en hébreu quatre ou cinq expressions différentes qui sont toutes rendues par lin ou fin lin dans nos traductions ; disons d’abord quelques mots de chacune d’elles.
1°. Bad, les sacrificateurs ont des caleçons de lin (Exode 28.42 ; 39.28 ; Lévitique 6.10) ; au pluriel, un ange est vêtu de lin (Ézéchiel 9.2-3 ; Daniel 10.5) ; la plupart des commentateurs maintiennent cette signification, et Winer pense qu’il s’agit du lin le plus fin, ce qui semble assez probable puisque l’Écriture en fait le vêtement des anges et celui des sacrificateurs ; Harris au contraire voit le très fin lin dans le shesh. Le bad était encore l’étoffe de l’éphod dont David était vêtu lors du solennel transport de l’arche (2 Samuel 6.14 ; 1 Chroniques 15.27), tandis que le manteau dont il était ceint était de bouz, apparemment moins fin. (Winer se trompe en affirmant que dans 1 Chroniques 15.27, le bouz a été substitué au bad de 2 Samueluel 6.14 ; dans ce dernier passage, il n’est question que de l’éphod, et dans les deux l’étoffe indiquée est la même, du fin lin, du bad et non du coton ou bouz).
2°. Bouz, le byssus des Grecs et des Latins ; c’est l’étoffe du manteau de David (1 Chroniques 15.27) ; elle se travaillait dans des fabriques juives en Palestine (1 Chroniques 4.21) ; c’est le fin lin de 2 Chroniques 2.14, du voile du temple (3.14), et des lévites-chantres (5.12). Le même mot se retrouve en Esther 1.6 ; 8.15 ; Ézéchiel 27.16 ; cf. Apocalypse 19.8-14 ; Luc 16.19. Il appartient dans tous les cas à l’hébreu postérieur et a une origine étrangère. Luther l’a traduit soie, de même que shesh. Winer, Gesenius, Parkhurst, Harris (dans son Appendice), et d’autres le rendent par coton, et le font synonyme de l’expression shesh plus ancienne ; quelques-uns entendent par bouz exclusivement le coton de l’arbuste, et par shesh celui de l’arbre, ce dernier étant plus commun en Égypte, et l’autre en Syrie (cf. Ézéchiel 27.7-16) ; mais il ne faut pas trop presser ces finesses d’histoire naturelle (voir Coton).
3°. Shesh, étoffe dont fut revêtu Joseph lorsqu’il fut établi gouverneur en Égypte (Genèse 41.42). Le pavillon et ses courtines étaient également de shesh retors (Exode 26.1 ; 27.9-18), ainsi que les deux pièces de vêtements indiquées (28.39), et la robe dont s’habille la vaillante femme (Proverbes 31.22 ; Ézéchiel 16.10-13 ; Ézéchiel 27.7 ; cf. Luc 16.19). C’était une étoffe précieuse dont les riches seuls pouvaient faire usage. Elle est suffisamment déterminée par ce qui a été dit plus haut ; ajoutons seulement que le nom de shesh s’appliquait probablement aussi par extension à d’autres étoffes, et notamment au fin lin égyptien, qui pour la douceur et la délicatesse pouvait bien souvent se comparer au coton (Exode 39.2, cf. 28.42 ; Lévitique 16.4 ; dans l’original). Il faut remarquer d’ailleurs, que dans plusieurs dialectes de l’Orient un même mot sert souvent encore pour désigner le lin et le coton. Quant à la traduction soie, elle doit être repoussée par le fait que ce tissu qui de nos jours est abondant et presque commun, était alors si rare et si précieux qu’il se vendait son pesant d’or, et que l’empereur Aurélien dut en refuser une robe à l’impératrice, qui la lui demandait avec instances ; on ne peut donc croire que treize siècles avant lui, aux jours de Salomon, les soieries aient pu être comprises au nombre des objets dont s’occupait l’industrie féminine des Hébreux.
4°. Pishlhah ou pishthéh (de pashath, carder), est l’expression propre qui est le plus ordinairement employée dans l’Ancien Testament pour désigner le lin (Exode 9.31 ; Lévitique 13.47-48, 52, 59 ; Deutéronome 22.11 ; Josué 2.6 ; Juges 15.14 ; Proverbes 31.13 ; Ésaïe 19.9 ; 42.3 ; 43.17, trad. Lumignon ; Jérémie 13.1 ; Ézéchiel 40.3 ; 44.17-18 ; Osée 2.5-9) – et dans le Nouveau Testament (Matthieu 12.20 ; Apocalypse 15.6). Cette plante bien connue était cultivée avec beaucoup de succès en Égypte, notamment dans le Delta et aux environs de Pelusium, de même qu’en Palestine ; sa tige y atteint encore une hauteur de 1 m et de l’épaisseur du roseau, les Hébreux s’en faisaient des vêtements, des cordes, et même des mèches ou lumignons, et chacun de ces objets fabriqués pouvait prendre le nom de la substance dont il était fait. Les riches se servaient de bad ou fin lin, dont la plus grande partie venait d’Égypte, tandis que les pauvres se contentaient souvent de lin grossier et non roui. L’étoupe (neoleih) est mentionnée (Juges 16.9 ; Ésaïe 1.31), à moins qu’il ne s’agisse dans ces passages de cette espèce de chaume qui tombe à terre quand on teille le lin, et qui n’est bon qu’à être brûlé. D’après Forster, (De bysso) et Michaélis, le pishthah aurait aussi en hébreu, comme il l’a en copte, la signification accessoire de coton, et ils s’appuient sur ce qu’il est dit (Josué 2.6), que Rahab cacha les espions Israélites sous des tiges qui, selon eux, ne peuvent avoir été que des tiges de coton et non des tiges de lin, mais la preuve manque à cette assertion.
Enfin il est parlé (Lévitique 19.19 ; Deutéronome 22.11), d’une étoffe nommée sha’atnez, nom étranger à la langue hébraïque, et que nos versions ont traduit par « de laine et de lin » ; il résulte, en tout cas, du contexte, que ces étoffés devaient être un composé, un mélange ; mais quelques auteurs pensent qu’il s’agit aussi bien d’une bigarrure de couleurs que d’un mélange de matières différentes, voir notre article Accouplements.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire de la Bible (Bost)
Chrétien inconnu, était, selon quelques-uns, fils de Claudia, dont il est parlé dans le même verset. On veut qu’il ait été évêque de Rome pendant douze ans et quelques mois ; mais, selon les uns, il aurait succédé immédiatement à Pierre, qui n’a jamais été dans cette ville ; selon les autres, il aurait été évêque de Rome déjà du vivant de l’apôtre ; d’où il résulte qu’on ne sait rien de positif, et que la seule chose probable ou possible, c’est que Linus ait été pasteur de ce petit troupeau.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Lin (1)
Nommé en hébreu bad, plante assez connue, dont l’écorce, étant préparée, sert à faire des toiles très-fines et très-estimées.
Il y a une autre sorte de lin, que l’Écriture appelle schesch, et que nous croyons être le coton. Voyez ci-devant l’article coton.
Le byssus est aussi compris sous le nom de lin, mais c’était une matière assez différente et du lin et du coton ; c’était une espèce de soie attachée au poisson enfermé dans la nacre rouge, que Rondelet a Apocalypse pelé Pinna manga. Voyez ci-devant Byssus.
Enfin la plante du lin est nommée en hébreu (Exode 9.31) pista, aussi bien que le lin dont on faisait les habits.
« On a cru jusqu’à ce jour que les toiles qui enveloppent les momies d’Égypte étaient fabriquées avec du coton : cette opinion a été soutenue par Rouelle, dans un Mémoire imprimé parmi ceux de l’Académie des Sciences, en 1750, et par Larcher, dans les notes qu’il a ajoutées à la traduction d’Hérodote ; elle a été appuyée par Forster, dans sa dissertation de Hysso antiquorum ; enfin elle a été adoptée par M. Jomard (Description de l’Égypte chapitre 9. sect. 1°). Il semblait donc qu’il n’était plus possible d’avoir des doutes à cet égard. Cependant M. James Thompson vient de faire paraître, en Angleterre, des recherches sur les toiles des momies d’Égypte, recherches dont on trouve un extrait dans la Revue britannique (mars. 1837, page 169), et desquelles il résulte que les toiles des momies d’Égypte ne sont point fabriquées avec du coton, mais bien avec du lin. M. Thompson a eu l’heureuse idée de recourir à l’emploi du microscope pour connaître et comparer la forme et les filaments du coton et des filaments du lin. M. Bauer, bien connu du monde savant par ses recherches microscopiques, s’est chargé de cet examen comparatif ; il a reconnu que les filaments du coton diffèrent essentiellement des filaments du lin : les premiers sont aplatis et tordus sur eux-mêmes,… les filaments du lin sont généralement cylindriques. La forme des filaments du coton se retrouve dans les fils des toiles, et même dans les papiers qui ont été faits avec des toiles de coton. Or, rien de pareil à cette forme n’a été observé par M. Bauer dans les filaments des fils dont sont composées les toiles des momies d’Égypte. Il a reconnu, au contraire, dans ces filaments, la forme cylindrique des filaments du lin. M. Thompson a conclu de là, contre l’opinion générale, que les toiles des momies sont fabriquées avec du lin et non avec du coton.
… J’aurais pu résoudre avant M. Thompson le problème qu’il vient d’éclaircir, si j’avais cru qu’il pût y avoir le moindre doute sur la nature de la subetance qui avait servi à la fabrication des toiles des momies d’Égypte, tant les affirmations des savants étaient positives à cet égard. Je me suis empressé d’examiner au microscope les filaments dont sont composés les fils des toiles qui enveloppent les momies j’ai reconnu avec M. Bauer que ces filaments ne ressemblent en rien à ceux du coton, et qu’ils ressemblent parfaitement à ceux du lin…
M. Jomard a eu la complaisance de me donner des échantillons de tissus très-variés, trouvés dans les tombeaux de Thèbes, et qui n’avaient point servi à envelopper les momies ; parmi ces tissus, je citerai une tunique presque entière, des toiles garnies de franges, une sorte de peluche, etc. Tous ces tissus, excepté un seul qui est de matière animale, se sont trouvés être faits avec le lin. Un petit paquet de fil à coudre… trouvé de même dans les tombeaux de Thèbes, est également du fil de lin. Parmi les échantiillons assez nombreux qui m’ont été communiqués par M. Dubois, conservateur du Musée égyptien, se trouvent cinq morceaux de tissus, qui ne le cèdent en rien pour la finesse à nos belles mousselines : ces tissus sont tous fabriqués avec du lin…
Pour savoir si quelques-unes des toiles de l’ancienne Égypte n’étaient point faites avec du chanvre, j’ai examiné au microscope les filaments textiles de ce dernier végétal… Je puis décider qu’aucun des tissus provenant de l’ancienne Égypte, et que j’ai examinés, n’est fait avec du chanvre. C’est donc le lin seul qui a servi aux anciens Égyptiens pour la fabrication de leurs tissus faits de matière végétale, et l’on peut conclure de là que, contre l’opinion générale, ils ne connaissaient point le coton. Quelle est donc cette substance nommée byssus par Hérodote, et avec laquelle étaient faites, selon lui, les toiles qui servaient à envelopper les momies ? On ne peut évidemment admettre avec Forster, que le byssus soit le coton, puisqu’il est prouvé par les observations de MM. Thompson et Bauer, et par les miennes, que les toiles qui enveloppent les momies sont faites avec le lin. Ne pourrait-on pas penser que le mot byssus aurait exprimé la matière filamenteuse textile que fournit le lin, comme les mots de filasse et d’étoupe expriment chez nous cette même matière filamenteuse textile, fournie par le lin ou par le chanvre ? On verrait de cette manière d’où provient l’erreur des savants qui, apprenant par Hérodote que les toiles des anciens Égyptiens étaient fabriquées avec du lin et avec du byssus, en ont conclu que le lin était différent du byssus. Partant de là, ils ont admis que le byssus ne pouvait être que le coton.
L’opinion que j’émets ici touchant la véritable signification du mot byssus me semble être appuyée par la considération suivante : AÉlien donne le nom de byssus aux paquets de filaments soyeux avec lesquels certains mollusques marins fixent leurs coquilles aux rochers. On sait que ces filaments soyeux sont quelquefois employés pour fabriquer des étoffes. Le mot byssus serait donc un substantif destiné à désigner toute espèce de matière composée de filaments très-fins, et susceptible d’être convertie en fils propres et la fabrication des tissus. » M. Dutrochet, Note sur la substance végétale qui a servi à la fabrication des toiles qui enveloppent les momies d’Égypte, insérée dans le recueil des Comptes rendus des séances de l’Académie des Sciences, tome 4 page 7397742, in-4e, premier semestre de 1837.
À l’occasion de cette note, le même recueil (même volume, page 743) rapporte une observation présentée par M. Costaz, qui constate la culture du liftdans l’ancienne Égypte, et que voici :
« Parmi les peintures des grottes d’Eléthyie, dont la description, par M. Costaz, fait partie du grand ouvrage sur l’Égypte, se trouve un champ planté en lin parvenu à maturité : des ouvriers sont occupés à arracher le lin ; auprès d’eux se voit un atelier où d’autres ouvriers travaillent à séparer la graine de la tige. Pour y parvenir, ils emploient un appareil encore usité parmi nous pour le même effet. Ils tiennent à la main une poignée de tiges, le sommet tourné en bas ; ils passent ces tiges entre les dents d’un peigne placé à terre dans une position inclinée, relevée du côté des dents ; ce peigne est maintenu en place par le pied de l’ouvrier, qui retire le lin à lui. Les dents étant espacées d’une quantité moindre que le diamètre de la graine, celle-ci est arrachée et retombe en tas au dessous du peigne. On fait mention de la graine, parce qu’elle caractérise la plante. Cette observation constatant la culture du lin en grand dans l’ancienne Égypte, suggéra dès lors à M. Costaz, sur la toile qui enveloppe les momies, des réflexions analogues à celles que M. Dutrochet a présentées. »
Lin (2)
(saint Lin), dont parle saint Paul dans sa seconde Épître à Timothée (2 Timothée 4.21) : Salutant te Linus, et Claudia, et fratres omnes, était, selon quelques-uns, fils de Claudia, dont il est parlé dans le même verset, Saint Irénée, Eusèbe, Optat, saint Épiphane, saint Augustin, saint Jérôme et Théodoret, assurent que saint Lin succéda immédiatement à saint Pierre dans le siège de Rome. Il gouverna douze ans et quelques mois. Le livre des Constitutions apostoliques dit qu’assez longtemps avant la mort de saint Pierre, saint Lin avait été ordonné évêque de Rome par saint Paul. Rufin avance que saint Lin et saint Anaclet ayant administré. l’Église de Rome du vivant des apôtres saint Pierre et saint Paul, mais en leur absence, saint Pierre, un peu avant sa mort, choisit enfin saint Clément pour lui succéder dans la chaire de Rome ; et saint Épiphane veut que saint Clément ait par modestie refusé. d’exercer cette charge, jusqu’après la mort de saint Lin et de saint Clet. De tout cela il est aisé de conclure que l’on ne sait que très-imparfaitement l’histoire de saint Lin. Ce fut durant son pontificat qu’arriva la ruine de Jérusalem, l’an 70 de Jésus-Christ
Les Grecs en font la fête le 5 de novembre, et les Latins le 23 de septembre. Voyez M. de Tillemont.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Plante textile, de la famille des Linacées, genre linutn ; il en existe 90 espèces dans les régions tempérées et subtropicales. Ce sont des herbes, quelquefois des sous-arbrisseaux, à feuilles ordinairement alternes, entières, étroites ; à fleurs régulières en grappes, jaunes, bleues, blanches ou rouge sanguin ; tout y est par 5 : sépales, pétales, étamines fertiles, étamines stériles, carpelles soudés en ovaire à 5 loges, le fruit étant une capsule s’ouvrant en 10 coques à une graine. Le lin a été connu dès la plus haute antiquité. L’espèce la plus importante est le linutn usitatissimum, plante annuelle, à tige dressée d’environ 50 cm et ramifiée à la partie supérieure seulement ; feuilles linéaires, vert glauque ; fleurs bleues en corymbe paniculé ; graines luisantes, brunes. L’écorce fournit une filasse très fine. La graine est riche en mucilage, en huile, en albumine ; l’huile de lin est siccative et fort employée en peinture.
Espèce originaire d’Asie ou du Caucase, cultivée depuis quatre à cinq mille ans par les Assyriens et les Égyptiens ; ceux-ci prétendaient en avoir appris l’utilisation par la déesse Isis. Le lin d’Égypte était le plus fameux dans l’antiquité ; les corps embaumés y étaient obligatoirement enveloppés de bandes de lin, et les prêtres étaient aussi tenus de porter des étoffes de lin (Hérodote), qui en pays chaud sont plus légères et plus hygiéniques que la laine ou le coton ; on pense que les « habits de coton » des prêtres, mentionnés dans l’inscription de la pierre de Rosette, se portaient par-dessus les vêtements de lin, et seulement hors des sanctuaires. Dans un certain nombre des passages bibliques énumérés plus loin, l’influence égyptienne est manifeste. D’après la Mischna, le lin était aussi cultivé en grand en Galilée, tandis que la Judée produisait surtout de la laine ; aujourd’hui, « en Galilée comme dans toute la Palestine on ne cultive plus le lin : la toile de cotonnade l’a supplanté » (Dalman). Pour la fabrication des tissus de lin, voir Filage et tissage.
1.
Le nom biblique le plus général est l’hébreu pichtâh (pluriel pichtim), en grec linos : il peut désigner la plante sur pied, en fleur (Exode 9.31), ses tiges coupées (Josué 2.6), destinées au tissage (Proverbes 31.13), les cordes qu’elles servent à fabriquer (Juges 15.14 ; Ézéchiel 40.3), les fines étoffes préparées en Égypte (Ésaïe 19.9) et les diverses pièces de l’habillement (Jérémie 13.1 ; Exode 28.6-39 ; Exode 28.40 ; Lévitique 13.47 ; Lévitique 13.52 ; Lévitique 13.59 ; Ézéchiel 44.17 et suivant, Juges 16.8). Le lin devient ainsi un terme synonyme de vêtement (Osée 2.5-9 ; Apocalypse 15.6 ; comparez Racine, Athalie, IV, 3 : « … caché sous ce lin, comme eux vous fûtes pauvre… ») ; c’est d’ailleurs le mot lin qui a donné en français linge (voir ce mot). On tressait aussi le lin en mèches pour les lampes (voir ce mot) ; d’où la traduction : lumignon (littéralement, lin) fumant (Ésaïe 42.3, cité Matthieu 12.20 ; de même, dans Ésaïe 43.17, le texte hébreu dit littéralement : éteints comme un lin).
2.
L’hébreu bad, par contre, paraît s’appliquer exclusivement aux vêtements ; il est employé à propos du costume religieux de Samuel (1 Samuel 2.18), des prêtres de Nob (1 Samuel 22.18), de David (2 Samuel 6.14) et de diverses parties des habits sacerdotaux (Exode 28.42 ; Exode 39.28 ; Lévitique 6.10 etc.), et dans les descriptions de personnages célestes (Ézéchiel 9.2 ; Ézéchiel 9.11 ; Ézéchiel 10.2 ; Ézéchiel 10.6 et suivant, Daniel 10.5 ; Daniel 12.6).
3.
Nos versions rendent ordinairement par « fin lin » le terme hébreu chéch ainsi que le mot tardif bouts, d’origine araméenne, devenu en grec bussos (dans les LXX et dans Luc 16.19 ; Apocalypse 18.12) ; le latin byssus est passé dans diverses traductions (Segond, Crampon). Il s’agit d’une des matières premières employées dans la confection des tentures de prix et des vêtements de cérémonie (chéch : Exode 25.4 ; Exode 26.1 ; Exode 26.36 ; Exode 27.9 ; Exode 27.16 ; Exode 27.18 etc, Esther 1.6 [Version Synodale : marbre blanc], Proverbes 31.22 ; Ézéchiel 16.10-13 ; Ézéchiel 27.7 ; bouts : 1 Chroniques 4.21 ; 1 Chroniques 15.27 ; 2 Chroniques 2.14 ; 2 Chroniques 3.14 ; 2 Chroniques 5.12 ; Esther 1.6 [Version Synodale : lin blanc] Esther 8.15 [id.], Ézéchiel 27.16). L’apocryphe Esdras parle aussi d’un diadème de byssus (3.6). Beaucoup d’auteurs y ont vu aussi le lin d’Égypte cf. Genèse 41.42), souvent tissé par des femmes (Exode 35.25). Mais d’autres, peut-être en plus grand nombre aujourd’hui, rapprochant l’hébreu chéch de l’arabe moderne chach (signifiant : gaze de coton), pensent que ce terme ainsi que son synonyme bouts désigne précisément le coton, plante qu’il nous faut décrire maintenant.
4.
En effet, l’hébreu carpas dans Esther 1.6, traduit « tentures violettes » dans Version Synodale, « bleues et vertes » dans Segond, doit en tout cas désigner le coton (sanscrit karpâsa). Il s’agit alors du duvet de la graine du gossypium arboreum, arbrisseau de la famille des Malvacées, à feuilles ordinairement lobées, à fleurs assez grandes, jaunes ou pourpres. Le fruit est une capsule de 3-5 loges, à graines subglobuleuses ou anguleuses ; les cellules de la surface de la capsule s’allongent jusqu’à former des poils longs de 4-5 cm., d’abord comprimés, puis en saillie au-dehors quand les valves s’écartent : ce sont les brins de coton. Dès le Ve siècle avant Jésus-Christ, le coton a été cultivé en Égypte.
Ch.-Ed. M. et Jean Laroche
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans WestphalDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Membre de l’Église de Rome, dont Paul envoie les salutations à Timothée (2 Timothée 4.21). Irénée (III, 3.9 ; tome 7, col. 849) rapporte que « les bienheureux apôtres, après avoir assuré les fondements de l’Église et l’avoir édifiée, remirent à Lin le service de l’épiscopat » (ou de surveillant, même fonction qu’ancien, cf. Actes 20.17-28). Irénée ajoute : « C’est de ce Lin que Paul fait mention dans ses lettres à Timothée ». Voilà donc qui est clair. Le Lin que la tradition catholique romaine présente comme deuxième pape et successeur du premier pape Pierre, n’est autre qu’un chrétien de Rome auquel Paul et Pierre, après avoir donné à la communauté chrétienne de Rome, qui existait déjà (Romains 8.7 ; Romains 8.13), sa constitution définitive, confièrent la charge de surveillant ou évêque. Pas question dans ce texte de la papauté de Pierre ni de Lin, deuxième pape nommé comme successeur de l’apôtre. Eusèbe confirme le dire d’Irénée en relatant que Lin, mentionné par Paul dans sa lettre à Timothée, fut le premier appelé à la charge d’évêque de l’Église de Rome, après le martyre de Pierre et de Paul. Il fixe à son épiscopat une durée de 12 ans. On n’est pas d’accord sur les dates. Les plus probables sont 67 à 79 après J-C.
Que Pierre ait été rejoindre Paul à Rome et que les deux apôtres aient subi là le martyre est sujet à controverse, mais ne nous paraît guère discutable. Par contre, rien n’autorise à laisser Paul dans l’ombre pour faire de Pierre l’évêque de Rome et de Lin son successeur. Les deux apôtres établissent ensemble, comme premier évêque pour succéder à l’activité apostolique, le chrétien Lin. On est d’autant moins fondé à évincer Paul de l’affaire que la nomination d’évêques d’après le Nouveau Testament remonte à Paul dans les églises pagano-chrétiennes auxquelles il donna leurs statuts (Actes 20.28 ; Actes 21.21 ; Philippiens 1.1 ; 1 Timothée 3.1 et suivant, Tite 1.7) ; aucune nomination d’évêques ou d’anciens n’est attribuée à Pierre.
Les Constitutions apostoliques (7.46), ouvrage composite qui ne date pas d’avant le Ve siècle, mais qui renferme des fragments d’une haute antiquité, disent que Lin fut consacré premier (prôtos) évêque de Rome par saint Paul, et font de lui le fils de Claudia, dont Paul parle dans 2 Timothée 4.21 ; ce témoignage est d’autant plus plausible que l’imposition des mains pour la charge spéciale d’évêque ou ancien, placé à la tête des communautés pagano-chrétiennes, appartient aussi aux institutions ecclésiastiques de Paul (1 Timothée 4.1-16 ; 1 Timothée 5.17 ; 1 Timothée 5.22 ; 2 Timothée 1.6). Voir Clefs [pouvoir des], Apôtre, Tradition, etc.
Alexandre Westphal
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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