Dictionnaires bibliques

Joab

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Joab », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

1°. Fils de Seraïa (1 Chroniques 4.14), fonda une colonie d’ouvriers à Ono, dans une vallée de Benjamin voisine du Jourdain (cf. Néhémie 11.35). Il était petit-fils de Kenaz et neveu de Othniel, le premier des juges (Juges 1.13). À cette époque, qui n’était pas fort éloignée du séjour de l’Égypte, les Israélites avaient, comme on voit, conservé la connaissance des arts et métiers que leurs pères avaient appris pendant la servitude, et qu’ils avaient eu l’occasion d’exercer encore pendant le voyage du désert.

2°. Neveu de David par Tseruïa fille d’Isaï (1 Samuel 26.6 ; 2 Samuel 8.16 ; 17.25 ; 23.18 ; 1 Chroniques 2.16 ; 18.15 ; 27.7 ; 1053 av. J.-C.). Il devint général en chef des troupes de son oncle, et fut redevable de son avancement aussi bien à ses grands talents militaires qu’à ses liens de parenté avec le roi. Il commanda, avec ses frères Asçaël et Abishaï, les troupes de David contre Abner, lorsque David n’avait encore pour lui que la tribu de Juda ; vainqueur, il vengea la mort de Asçaël en tuant Abner dans un guet-apens. Puis lorsque David eut été reconnu roi de tout le pays et qu’il eut transporté sa résidence de Hébron à Jérusalem, Joab ayant enlevé aux Jébusiens la colline de Sion qu’ils occupaient encore, il fut nommé chef suprême de l’armée (2 Samuel 10.7 ; 11.1 ; 1 Rois 11.15), et on ne le voit qu’une seule fois à la tête d’une division sous les ordres de David (2 Samuel 18.2). Il fit ensuite la guerre d’Idumée (Psaumes 60.1), et le siège de Rabba-Ammon où périt Urie, qu’il exposa lui-même sur l’ordre de David.

Pendant l’exil d’Absalom, Joab le servit auprès de son père et réussit à opérer un rapprochement momentané, qu’il ne voulut ou n’osa pas même solliciter complet ; cependant Absalom ayant fait incendier les champs de Joab, celui-ci, fatigué des importunes instances d’Absalom, finit par intercéder pour lui auprès du roi, et obtint qu’il pût rentrer à la cour. Mais, soit qu’il en voulût à Absalom pour le procédé dont il s’était servi, soit qu’à tout prendre il préférât le roi légitime à un usurpateur dont il était peut-être jaloux, il ne s’associa point à la conjuration, resta fidèle à David, battit Absalom à la bataille d’Éphraïm et le tua malgré les ordres exprès du roi (2 Samuel 18). Ce meurtre resta impuni devant la loi, mais David remplaça Joab par Amasa, et le favori disgracié ne put reprendre sa place que par un nouveau meurtre, celui de son rival (2 Samuel 20.8). Il continue alors le siège d’Abel, où s’était réfugié Shéba, et ne se retire qu’après la mort du rebelle. De retour auprès de David, il entreprend malgré lui le dénombrement du peuple, qu’il déconseille (1 Chroniques 21) ; puis, ne pouvant oublier l’affront qu’il a reçu, toujours irrité contre David, voyant ce roi devenir vieux, il cherche à se mettre dans la faveur de Adonija, qui aspire à la couronne ; mais, au milieu d’un banquet des conjurés, arrive le bruit du sacre de Salomon et des mesures royales qui sont prises pour prévenir la réussite du complot. Joab s’enfuit à Gabaon, le sort d’Abiathar l’effraye, celui d’Adonija, frère de Salomon, l’effraye plus encore ; il se cramponne à l’autel, mais Bénaïa se jette sur lui, et, malgré la sainteté du lieu, le met à mort sur l’ordre réitéré de Salomon, à qui David avait laissé l’ordre de ne point l’épargner (1 Rois 2.5ss).

Ainsi mourut ce grand et sanguinaire capitaine, expiant à la fois quatre grands crimes qui, tous les quatre, avaient eu leurs excuses (quel crime n’en a pas !), le meurtre d’Abner qui avait tué Asçaël, le meurtre d’Absalom qui avait été rebelle, celui de Amasa qui avait aussi commencé par la révolte, enfin la conjuration d’Adonija, qui se présentait comme l’aîné des fils et le prétendant légitime. Ambitieux, mais sage et prudent, il a su toute sa vie détruire ou ménager, selon que cela lui était avantageux. Il a attendu la vieillesse pour commettre une imprudence, et elle lui a coûté cher ; il tenait à la vie et n’a pu la sauver, malgré sa passive résistance. Son nom est rappelé (1 Chroniques 26.28), parmi ceux qui consacrèrent à Dieu les dépouilles des vaincus.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

L’article dans Bost

Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Fils de Sarvia, sœur de David, et frère d’Abisaï et d’Azaël. Joab était un des plus vaillants hommes, et des plus habiles généraux du temps de David, mais en même temps, un des plus cruels, des plus vindicatifs et des plus impérieux hommes de son temps. Il rendit de très grands services à David et fut toujours fort attaché à son service. Il était général de ses troupes dans le temps qu’il n’était encore que roi de la tribu de Juda. La première action dont parle l’Écriture (2 Samuel 1.13-14), où il Se signala, fut celle du combat de Gabaon contre Abner, chef du parti d’Isboseth, fils de Saül (vers l’An du monde 2954, Avant. Jésus-Christ 1043, Avant l’ère vulgaire 1047). Tout l’avantage fut du côté de Joab ; Mais Azaël, son frère, y fut tué par Abner, de la manière que nous l’avons raconté dans l’article Azaêl, et dans celui de Abner. Pour venger cette mort, Joab tua en trahison Abner, qui était venu à Hébron pour faire alliance avec David, et pour ramener tout Israël à son obéissance (2 Samuel 3.27-39). David eut horreur d’une action si lâche ; mais il n’osa en punir Joab, qui lui était devenu en quelque sorte redoutable.

Après que David eut été reconnu roi de tout Israël (An du monde 2957, Avant. Jésus-Christ 1043, Avant l’ère vulgaire 1047), il fit le siège de Jérusalem, et promit à celui qui monterait le premier sur les murs de cette ville, et qui en chasserait les Jébuséens, qu’il serait chef et général de ses armées (1 Chroniques 11.16). Joab y monta le premier, et mérita par sa valeur d’être conservé dans un emploi qu’il possédait déjà. Il eut la principale part dans les guerres que David fit contre les Syriens et les Iduméens. Il subjugua les Ammonites [Voyez Abisai], et fit périr le brave Urie dans le siège de Rabbat, leur capitale (2 Samuel 11 ; 12).

Ce fut lui qui fit revenir Absalon de son exil, et qui obtint de David que ce jeune prince rentrerait dans ses bonnes grâces, et aurait l’honneur de paraître à la cour comme auparavant. Mais autant qu’il avait paru ami d’Absalon dans sa disgrâce, autant lui fut-il opposé dans sa révolte. Il le vainquit en bataille rangée près de Mahanaïm (2 Samuel 18.1-14) ; et ayant su qu’il était suspendu par le cou à un chêne, il le tua et le perça de sa propre main, quoiqu’il sût très-bien les ordres contraires que David lui avait donnés à lui en particulier, et à toute l’armée, de conserver son fils Absalon. Et lorsque le roi fit paraître trop de douleur pour la mort de ce fils, Joab osa lui parler d’une manière peu respectueuse, jusqu’à lui dire (2 Samuel 19.5-6) : Vous avez chargé de confusion tous vos serviteurs, qui ont exposé leur vie pour conserver la vôtre, et celle de tous vos enfants et de toutes vos femmes. Vous aimez ceux qui vous haïssent, et vous n’aimez point ceux qui vous aiment. Vous nous avez fait voir aujourd’hui que vous n’avez nulle considération pour vos généraux, ni pour vos soldats ; et que si Absalon vivait, et que nous fussions tous péris dans le combat, vous seriez au comble de votre joie. Ainsi levez-vous tout à cette heure, montrez-vous, et parlez à vos serviteurs ; autrement je vous jure par le Seigneur qu’il ne vous restera pas un homme dans cette nuit, et que vous vous trouverez dans le plus grand danger où vous ayez jamais été.

David ressentit ce trait de l’insolence de Joab ; mais il n’était pas en état de le réprimer comme il aurait voulu. Lorsque Siba, fils de Bochri, commença à lever l’étendard de la révolte, et que la plus grande partie du peuple le suivait, David commanda à Amasa (Amasa était fils de Sarvia, aussi bien que Joab, mais d’un autre père. Absalom dans sa révolte avait donné à Amasa le commandement de ses troupes. David le confirma dans cet emploi. Voyez (2 Samuel 17.25-26) de ramasser des troupes dans la tribu de Juda et de le poursuivre (2 Samuel 20.3-5), donnant ainsi l’exclusion à Joab, qui avait été jusqu’alors commandant général des troupes d’Israël. Mais Amasa ayant un peu trop tardé à venir, David dit à Abisaï, frère de Joab, de poursuivre Siba. Joab l’accompagna avec les Céréthéens et les Phélétéens de la garde du roi. Amasa arriva peu de temps après ; et étant allé joindre Abisaï et Joab à Gabaon, Joab, faisant semblant de le baiser, lui enfonça son poignard dans le ventre. Ainsi périt Amasa, qui devait être général des troupes d’Israël. Joab termina la guerre contre Siba le plus heureusement du monde, sans risquer aucun combat et sans exposer les troupes du roi, parce qu’on lui jeta la tête de Siba par-dessus les murs d’Abila, qu’il se disposait d’assièger (2 Samuel 20.19-21). Il revint à Jérusalem, et David lui laissa le commandement général de ses armées, apparemment en considération du grand service qu’il venait de lui rendre.

Lorsque David, poussé par le mauvais esprit, et par une curiosité blâmable (2 Samuel 24.1-4 ; 1 Chroniques 21.1-3, An du monde 2987, Avant. Jésus-Christ 1013, Avant l’ère vulgaire 1017), entreprit de faire le dénombrement de son peuple, il en donna la commission à Joab. Celui-ci fit ce qu’il put pour détourner le roi de cette résolution ; mais ayant été obligé d’obéir, il ne le fit qu’à regret, et n’exécuta qu’en partie ce que le roi avait commandé (1 Chroniques 21.6). David lui-même reconnut sa faute, et Dieu l’en punit d’une manière très-sévère.

Adonias, fils de David, se voyant, après la mort d’Absalon, l’aîné de la famille royale, songea à se faire reconnaître pour roi (1 Rois 1.1-4). David était fort avancé en âge, et ne se mêlait que peu des affaires du gouvernement. On n’ignorait pas que David n’eût dessein de laisser la couronne à Salomon ; mais comme ce prince était encore fort jeune, Adonias se flattait qu’avec le secours d’un puissant parti qu’il s’était fait, il pourrait à son exclusion monter sur le trône d’Israël. Il eut soin principalement de mettre dans ses intérêts Joab, général de l’armée, et le grand prêtre Abiathar ; et ayant fait un grand festin aux principaux chefs de son parti sur la fontaine de Siloé, il se fit saluer comme roi par ceux qui étaient de la fête (1 Rois 1.8, An du monde 2989, Avant. Jésus-Christ 1011, Avant l’ère vulgaire 1015). Mais David, ayant été informé à temps de ce qui se passait, fit couronner et sacrer Salomon par le grand prêtre Sadoc et par le prophète Nathan, et le fit asseoir sur son trône à la vue de tout le peuple. À cette nouvelle, Adonias se sauva au temple, comme à un asile ; et Joab et les autres se retirèrent dans leurs maisons.

Cette dernière démarche de Joab indisposa de plus en plus David contre lui, de sorte que quelque temps après, se sentant près de sa fin (An du monde 2990, Avant. Jésus-Christ 1010, Avant l’ère vulgaire 1014), il dit à Salomon (1 Rois 2.5-7) : Vous savez de quelle manière m’a traité Joab, fils de Sarvia, et ce qu’il a fait à deux généraux de l’armée d’Israël, à Abner, fils de Ner, et à Amasa, fils de Jéther, qu’il a assassinés, et dont il a répandu le sang en pleine paix, comme il aurait fait durant la guerre. Vous en userez selon votre sagesse, et vous ne permettrez point que dans sa vieillesse il descende en paix dans le tombeau. Quelque temps après la mort de David, Joab ayant appris que ce jeune roi avait fait tuer Adonias, qui lui avait fait demander Abisag pour femme, et qu’il avait relégué le grand prêtre Abiathar dans sa maison de campagne à Anathoth, crut qu’il devait lui-même songer à mettre sa vie en sûreté. Il se retira donc dans le temple du Seigneur, et prit la corne de l’autel, pour se garantir de la mort. Mais Salomon ne crut pas que le privilège de l’asile dût l’empêcher de le faire mourir. Il envoya Banaïas, fils de Joïada, qui lui ordonna de sortir de là ; mais Joab ayant répondu qu’il ne sortirait point, et qu’il mourrait au même lieu, Salomon commanda qu’on le tuât au pied de l’autel ; ce qui fut exécuté. Ainsi mourut Joab [Voyez asile]. Il fut enterré par Banaïas dans sa maison dans le désert (An du monde 2990, Avant. Jésus-Christ 1010, Avant l’ère vulgaire 1014). [Voyez l’histoire de Joab dans mon histoire de l’Ancien Testament, livre 4].

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

L’article dans Calmet

Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

(signifiant : JHVH est père).

1.

Fils de Tséruja sœur de David (2 Samuel 2.18 ; 2 Samuel 17.25 ; 1 Chroniques 2.16), frère d’Abisaï. Il partagea l’existence aventureuse de David en butte à la jalouse inimitié du roi Saül. Puis David, monté sur le trône, fit de Joab son général en chef. À ce titre il combattit Ammon, Aram (2 Samuel 10.13 ; 2 Samuel 11.1), Édom (1 Rois 11.15 et suivant). Après avoir obtenu la rentrée en grâce d’Absalom, il demeura fidèle à son roi quand ce fils dénaturé fomenta son insurrection, que Joab contribua largement à réprimer. Partisan d’Adonija comme successeur de David, il fut tué, sur l’ordre de Salomon, par Bénaja, le nouveau général, qui n’hésita pas à le frapper sur « les cornes » de l’autel (1 Rois 2.28-35) ; une tradition (1 Rois 2.5 et suivant) attribue à David mourant l’initiative de ce meurtre.

À la fois intrépide et habile jusqu’à la ruse, Joab représente bien une époque de mœurs encore rudes et même violentes. C’est à lui, après David, qu’Israël dut alors sa prépondérance sur les peuples voisins. Dévoué jusqu’au crime (2 Samuel 11.14 et suivants) au roi son oncle, s’effaçant à propos derrière lui (2 Samuel 12.26 et suivant), il occupa la première place à la cour et sut exercer un véritable empire sur le monarque (2 Samuel 11.21 14) ; il fut, peut-on dire, plus royaliste que le roi, lorsqu’il tua Absalom de sa main, parce qu’ainsi l’exigeaient la cause même de la royauté et la terrible nécessité créée par l’insurgé ; Joab sut ensuite représenter à David combien sa douleur paternelle devait céder à ses devoirs d’homme d’État. Jalousé, il se débarrassa sans scrupule de son rival, Abner, général de Saül, et plus tard frappa de même son propre cousin, Amasa, général de Salomon, lorsque celui-ci demanda à faire sa soumission. Même lorsque Joab contrariait la politique de David, comme dans la répression de la révolte de Séba, le roi ne savait pas lui imposer sa volonté (2 Samuel 20) ; tout au plus le maudissait-il (2 Samuel 3.29 ; 2 Samuel 3.39).

2.

Descendant de Juda (1 Chroniques 4.14).

3.

Chef d’une famille revenue de l’exil avec Zorobabel (Esdras 2.6 ; Esdras 8.9 ; Néhémie 7.11)

JQ- M.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

L’article dans Westphal