Dictionnaires bibliques
Jéhu
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Jéhu », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
1°. Prophète, et fils de Hanani le prophète (953 av. J.-C.). On ne sait autre chose de lui sinon qu’il exerça son ministère au temps de Baësha, roi d’Israël (1 Rois 16.1-7, 12), et que Dieu l’employa encore un demi-siècle plus tard pour porter au roi de Juda, Josaphat, un message à la fois de reproche et de pardon (2 Chroniques 19.2). Il est aussi nommé (2 Chroniques 20.34), comme auteur d’un ouvrage historique. Enfin, selon quelques personnes, il faudrait lire Jéhu au lieu d’Élie dans le passage de 2 Chroniques 21.12, parce qu’Élie était déjà monté au ciel avant le règne de Joram.
2°. Dixième roi d’Israël ; il occupa le trône pendant vingt-huit ans (884-856). D’abord simple officier de l’armée de Joram, il avait été désigné comme successeur de ce roi par l’onction sainte que le prophète Élisée lui avait administrée de la part de l’Éternel (1 Rois 19.16). Mais une impatience charnelle, et le manque de foi, le portèrent à presser l’exécution du décret divin qui le destinait à fonder une nouvelle dynastie, et il se fraya le chemin du trône par l’assassinat. Il exécuta l’extirpation de la famille d’Achab et de tous les serviteurs de Baal avec une énergie foudroyante ; il fut dans la main de Dieu un instrument de destruction, mais lui-même était loin d’être droit dans ses voies. Il abolit le culte extérieur de Baal, mais l’idolâtrie resta dans les cœurs, et lui-même adora les veaux d’or, comme firent aussi ses successeurs. Dieu donna en conséquence de mauvais jours à Israël, et pour déraciner l’idolâtrie par les tribulations et les calamités, il permit que les Syriens, conduits par Hazaël, inquiétassent les dernières années de ce règne, vainquissent les Israélites, et s’emparassent de tout le pays situé au-delà du Jourdain. Quant aux détails de l’usurpation de Jéhu et à la manière dont elle s’accomplit, il faut lire 2 Rois 9 et 10 ; aucun récit ne saurait être plus concis, plus énergique, plus rapide, que le récit de l’historien sacré. Le nom de Jéhu se retrouve encore en 2 Rois 12.1 ; 13.1 ; 14.8 ; 2 Chroniques 25.17 ; Osée 1.4.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Jéhu (1)
Le prophète Jéhu fils d’Hanani, fut envoyé par le Seigneur vers l’an 3073 ou 3074, avant Jésus-Christ 927 ou 926, avant l’ère vulgaire 931 ou 930 vers Basa, roi d’Israël, pour lui dire (1 Rois 16.1) : Je vous ai élevé de la poussière, et je vous ai établi chef de mon peuple d’Israël ; et après cela vous avez marché dans les voies de Jéroboam, et vous avez fait pécher mon peuple. C’est pourquoi je retrancherai votre postérité de dessus la terre, et je ferai de votre maison ce que j’ai fait de celle de Nabat. Celui de la race de Basa qui mourra dans la ville, sera mangé par les chiens ; et celui qui mourra à la campagne, sera mangé par les oiseaux du ciel. Le texte de la Vulgate ajoute que Basa, irrité de la liberté de Jéhu, fils d’Hanani, le fit mourir : mais le texte hébreu met simplement : Jéhu, ayant déclaré à Basa que le Seigneur avait prononcé contre lui, et que le Seigneur traiterait sa maison comme il avait traité celle de Jéroboam. Que pour cela il le fit mourir. On ne dit pas si c’est Basa qui fit mourir Jéhu, ou si c’est le Seigneur qui fit mourir Basa.
Ce qui pourrait faire croire que c’est plutôt ce dernier, c’est que l’an du monde 3107, environ trente ans après la mort de Basa, on voit de nouveau Jéhu, fils d’Hanani, qui vient faire des reproches de la part du Seigneur à Josaphat, roi de Juda (2 Chroniques 19.1-2) : Vous donnez, lui dit-il, du secours à un impie, et vous faites alliance avec un ennemi du Seigneur ? Vous vous êtes rendu digne de la colère du Seigneur ; mais parce qu’il s’est trouvé de bonne œuvres en vous, le Seigneur vous a épargné. Certainement, si Jéhu eût été mis à mort par Basa, il n’aurait pu se présenter si longtemps après à Josaphat. Quelques-uns veulent qu’il y ait eu deux Jéhu, fils d’Hanani. Mais j’aimerais mieux dire que, dans le premier passage que nous avons proposé, il s’agit de la mort de Basa, et non de celle de Jéhu, que de multiplier les personnes sans nécessité. Au reste, on ne sait rien davantage de la vie de Jéhu. Hanani, son père, était aussi un prophète dont on a parlé sous son titre.
Fils de Josaphat (2 Rois 9.2) et petit-fils du Namsi, capitaine des troupes de Joram, roi d’Israël, fut destiné par le Seigneur pour régner sur Israël, et pour venger les crimes de la maison d’Achab. Le Seigneur avait donné ordre à Élisée de sacrer Jéhu (1 Rois 19.16) ; mais cet ordre ne fut exécuté que par un des enfants des prophètes, qu’il y envoya en sa place (2 Rois 9.1-5) ; apparemment afin que la chose se fit dans un plus grand secret. Le Seigneur parla à Élisée et lui déclara sa volonté sur Jéhu, l’an du monde 3097, avant l’ère vulgaire 907, et Jéhu ne fut sacré roi qu’en 3120, avant l’ère vulgaire 884, et vingt-trois ans après que l’ordre en eut été donné àÉlisée. Jéhu était à Ramoth de Galaad, et assiègeait la citadelle de cette ville avec l’armée de Joram, roi d’Israël, lorsqu’on vit arriver un jeune prophète, qui le tira à part du milieu des officiers de l’armée, parmi lesquels il était assis ; et lorsqu’ils furent seuls dans une chambre, le prophète lui répandit de l’huile sur la tête, et lui dit : Voici ce que dit le Seigneur : Je vous ai sacré aujourd’hui roi sur Israël. Vous exterminerez la maison d’Achab, et vous vengerez le sang des prophètes qui a été répandu par Jezabel. J’exterminerai par votre main la maison d’Achab, et je la traiterai comme j’ai traité celle de Jéroboam, fils de Nabat et celle de Basa, fils d’Ahiu. Jezabel sera mangée des chiens dans Jezrahel, et personne ne lui rendra les derniers devoirs.
Le prophète n’eut pas plutôt dit cela, qu’il tira la porte et se sauva, de peur qu’on ne le reconnut ; et Jéhu étant rentré au lieu où étaient les autres officiers du roi, ils lui demandèrent de quoi il s’agissait, et le pressèrent de leur dire ce que cet homme était venu faire. Il leur déclara ce qui s’était passé, et que c’était un prophète envoyé du Seigneur pour le sacrer roi. Ils se levèrent aussitôt ; et chacun prenant son manteau, ils en firent une espèce de trône à Jéhu ; et sonnant de la trompette, ils crièrent : Vive le roi Jéhu ! Or Joram, roi d’Israël, était alors à Jezrahel où il se faisait traiter de quelques blessures qu’il avait reçues au siège de Ramoth. Jéhu ordonna donc qu’on ne laissât sortir personne de la ville, et en même temps il partit pour aller surprendre le roi à Jezrahel. Comme il approchait de la ville, la sentinelle avertit qu’il voyait une troupe qui venait en grande hâte. Joram envoya un officier avec un chariot de guerre, pour reconnaître qui c’était : mais Jéhu, sans répondre à cet officier, lui dit de le suivre. Joram y en envoya un second, à qui Jéhu fit le même commandement. Enfin Joram y vint lui-même, monté sur son chariot, accompagné d’Ochozias ; roi de Juda, qui était aussi monté sur son chariot ; et ils rencontrèrent Jéhu sur le champ de Naboth de Jezrahel.
Joram demanda à Jéhu : Apportez vous la paix ? Jéhu lui répondit : Quelle paix pouvez-vous attendre, pendant que les fornications de Jezabel, votre mère, et les sorcelleries subsistent en tant de manières ? Joram aussitôt tournant bride, et prenant la fuite, dit à Ochozias : Nous sommes trahis, Ochozias. En même temps, Jéhu banda son arc, frappa Joram entre les deux épaules, lui perça le cœur, et le tua dans son chariot (An du monde 3120, Avant. Jésus-Christ 880, Avant l’ère vulgaire 884, 2 Rois 9.25). Alors Jéhu ordonna que l’on jetât son corps dans le champ de Naboth de Jezrahel, pour accomplir la parole du prophète Élie, qui l’avait ainsi prédit. Ochozias, prenant aussi la fuite, fut blessé à mort par l’ordre de Jéhu, mais il se sauva dans son chariot jusqu’à Mageddo, où il mourut.
Jéhu vint ensuite à Jezrahel, où Jezabel était. Comme il entrait dans la ville, Jezabel, qui était à sa fenêtre, lui dit : Celui qui a tué son maître peut-il espérer quelque paix ? Jéhu levant la tête, et la voyant, commanda à deux ou trois eunuques qui étaient en haut de la précipiter par la fenêtre. Ce qu’ils firent aussitôt, et elle fut foulée aux pieds des chevaux qui entraient, et les chiens la mangèrent, en exécution des menaces d’Élie ; en sorte que quand Jéhu envoya pour la faire enterrer, on ne trouva que ses os. Après cela, Jéhu envoya dire à ceux de Samarie (2 Rois 10.1-3) qui nourrissaient les soixante et dix fils d’Achab, qu’ils pouvaient choisir celui d’entre ces enfants qu’ils jugeraient à propos, pour le mettre sur le trône. Mais ces gens, saisis de frayeur, répondirent qu’ils étaient à Jéhu, et qu’ils lui obéiraient en toutes choses ; de sorte que Jéhu leur ordonna de faire mourir tous les enfants du roi, et de lui en envoyer les têtes ce qu’ils exécutèrent dès le lendemain. Alors il fit mourir tous les parents d’Achab, ses amis, les grands de la cour et les prêtres qui étaient à lui dans Jezrahel.
Après cela, il vint à Samarie ; et en chemin il trouva les parents d’Ochozias, roi de Juda, qui allaient à Jezrahel pour saluer les enfants du roi et de la reine, dont ils ne savaient pas encore la mort. Jéhu les fit arrêter au nombre de quarante-deux qu’ils étaient, et les fit tous massacrer. Un peu plus loin il trouva Jonadad, fils de Réchab ; et l’ayant fait monter sur son chariot, il lui dit : Venez avec moi, et vous verrez mon zèle pour le Seigneur. Et quand il fut entré à Samarie, il fit mourir tous ceux qui restaient de la maison d’Achab, sans en épargner un seul. Puis ayant assemblé le peuple de Samarie, il leur dit : Achab a rendu quelques honneurs à Baal ; mais je veux lui en rendre de plus grands qu’on fasse donc venir tous les ministres, les prêtres et les prophètes de Baal, pour une grande fête que je veux célébrer en son honneur. Lorsqu’ils furent tous venus et assemblés dans le temple de Baal, il ordonna qu’on leur donnât à tous des habits, et leur dit de prendre bien garde qu’il n’y eût parmi eux aucun étranger. Après quoi il dit à ses gens de faire main basse sur eux, et de n’en épargner pas un seul. Ainsi ils furent tous égorgés dans le temple de Baal. On arracha de là la statue de Baal, on la brisa et on la brûla ; puis on détruisit ce temple, et on en fit une place destinée à satisfaire aux besoins de la nature.
Le Seigneur, satisfait de la vengeance que Jéhu avait exercée contre la maison d’Achab, lui promit que ses enfants seraient assis sur le trône d’Israël jusqu’à la quatrième génération. Mais en même temps l’Écriture (2 Rois 10.29-32) l’accuse de ne s’être point retiré des péchés de Jéroboam, fils de Nabat, qui avait fait pécher Israël, et qui y avait introduit le culte des veaux d’or.
Le prophète Osée (Osée 1.4-5) le menace de la vengeance du Seigneur en ces termes : Dans peu de temps je vengerai le sang répandu à Jezrahel, sur la maison de Jéhu, et je ferai cesser le règne de la maison d’Israël. Je briserai l’arc d’Israël dans la vallée de Jezrahel. Jéhu avait à la vérité exercé la vengeance du Seigneur sur la maison d’Achab, mais il avait aussi vengé ses injures particulières, ou plutôt il l’avait fait dans un esprit d’animosité et d’ambition. Il avait suivi sa passion plutôt que la volonté du Seigneur. Il n’était pas demeuré dans les justes bornes. Dieu récompense son obéissance, mais il punit son injustice, et son ambition ; il punit son idolâtrie et le sang qu’il avait injustement répandu. Il régna vingt-huit ans sur Israël, et Joachaz, son fils, régna en sa place (2 Rois 10.35-36).
Les quatre descendants de sa race qui régnèrent sur Israël furent Joachaz, Joas, Jéroboam II et Zacharie. Le règne de Jéhu fut traversé par la guerre que lui fit Hazael, roi de Syrie (2 Rois 10.33-34). Ce dernier prince ravagea toutes les frontières ou les extrémités du royaume d’Israël, et tailla en pièces tout ce qu’il y trouva. Il désola surtout le pays de delà le Jourdain et les tribus de Manassé, de Gad et de Ruben, qui y demeuraient. On ne sait pas le temps de cette guerre. Il est probable qu’elle est du commencement de Jéhu, et qu’Hazael, ayant appris que Jéhu avait quitté Ramoth de Galaad, se jeta dans ce pays et le subjugua.
Jéhu (3)
Quatrième fils de Roboam, roi de Juda et d’Abihaïl (2 Chroniques 11.19).
Fils d’Obed, père d’Azarias (1 Chroniques 2.38).
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
(l’hébreu signifie probablement : c’est Lui qui est JHVH).
1.
Guerrier de David (1 Chroniques 12.3).
2.
Descendant de Juda (1 Chroniques 2.38).
3.
Prince Siméonite (1 Chroniques 4.35).
4.
Prophète, fils de Hanani, qui prit parti contre le roi Baésa et écrivit des mémoires (1 Rois 16.1 ; 1 Rois 16.7 ; 1 Rois 16.12 ; 2 Chroniques 19.2 ; 2 Chroniques 20.34).
5.
Roi d’Israël, chef d’une dynastie (de 845 à 818 ou de 842 à 815 environ). Il apparaît d’abord comme officier supérieur, peut-être général en chef, au service du roi Joram. À la mort de celui-ci, pendant les guerres syro-éphraïmites, l’ambitieux Jéhu se fait proclamer roi par l’armée à Ramoth, ville-frontière à l’est du Jourdain ; l’onction royale lui est donnée par un envoyé du prophète Élisée. Le livre des Rois attribue à Jéhu personnellement le meurtre de l’héritier légitime du trône, Joram, devant Jizréel, de sa mère Jézabel dans la même ville, et de son allié Achazia, roi de Juda, près de Jibléam. Non content d’avoir ainsi frappé les dynasties régnantes, le farouche usurpateur les aurait fait exterminer en la personne des soixante-dix princes de Samarie et des quarante-deux princes de Juda, sans parler des prophètes et autres adorateurs du Baal tyrien, dont il détruisit le temple à Samarie. Il ne put remporter ces sanglants succès sans avoir d’abord rallié l’opinion des milieux israélites intransigeants, depuis longtemps contrariés par la politique religieuse des souverains de la dynastie d’Omri. Les Récabites, par exemple, zélateurs du jéhovisme le plus rigide et archaïque, apparaissent gagnés dès l’abord à la cause de Jéhu. Le récit, aussi dramatique que littéraire (2 Rois 9-10), qui relate sa révolution, permet donc de voir en lui l’habile homme saris scrupules, qui sait exploiter en faveur de ses ambitions les sentiments religieux les plus vivaces et les plus populaires chez ses compatriotes. Néanmoins, la piété déjà éclairée qui annonce celle des grands prophètes éprouvait devant le cynisme criminel de ce personnage une indignation plus ou moins contenue ; elle ne cessa d’attendre de l’Éternel la juste sanction des forfaits du nouveau roi, fût-ce sur sa descendance ; cf., environ cent ans après, Osée 1.4.
On ne sait guère ce que fut la politique extérieure de Jéhu. Il eut surtout à faire face aux hostilités persistantes entre Israël et les Araméens de Damas ; ces campagnes lui coûtèrent ainsi qu’à ses descendants de lourdes pertes territoriales (2 Rois 10.32 ; 2 Rois 13.7). La fortune ne tournera que sous Jéroboam II En outre, lorsque l’année assyrienne de Salmanasar III attaqua Aram, Jéhu paya tribut au conquérant, comme le représente l’« obélisque noir » (figure 27, 28), pour éviter la défaite qui frappait ses voisins. Cette politique allait coûter cher au royaume d’Israël, tant les Araméens surent lui infliger leurs représailles. Jéhu régnait encore lorsque tout son territoire transjordanique fut conquis par Hazaël, roi de Damas.
Jq. M.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal