Dictionnaires bibliques
Hôtellerie
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Hôtellerie », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
À la place de nos auberges et de nos hôtels, on trouve en Orient des caravansérails, appelés aussi khans, ou mensils, espèces de grands bâtiments ou hangars, propres à offrir au voyageur et à ses bêtes un abri gratuit pour la nuit, et quelquefois aussi, mais rarement, des vivres et du fourrage à un prix modéré. Il y en a dans les villes, dans les villages, parfois même au bord des grandes routes ; et c’est probablement de pareilles hôtelleries qu’il est parlé en Luc 10.34, (cf. Jérémie 41.17), peut-être aussi en Luc 2.7, quoiqu’on pense généralement que la maison dans laquelle est né notre Sauveur fût une maison particulière, mise au service de quelques voyageurs à cause des circonstances dans lesquelles le pays se trouvait par suite de l’edit d’enregistrement. Les anciens Hébreux ne connaissaient pas les caravansérails (cf. 2 Rois 4.8 ; Genèse 28.11). Dans ces passages (Genèse 42.27 ; Exode 4.24 ; 2 Rois 10.12 ; Jérémie 9.2), il s’agit probablement d’une espèce de bivouac où l’on passait la nuit, dans des tentes ou dans des cavernes, comme les Orientaux de nos jours savent encore s’abriter partout où ils se trouvent lorsqu’ils n’ont pas de caravansérail à leur disposition. Quelques versions voient aussi une hôtellerie en Josué 2.1, mais la traduction de nos Bibles doit être maintenue. L’habitude de l’hospitalité rendait presque inutile l’établissement d’hôtelleries ; à l’époque même de notre Sauveur, l’hospitalité était plus généralement en vogue que l’usage des hôtelleries, qui, d’ailleurs, ne se trouvaient guère que dans les contrées désertes, comme celle de Jéricho, et sur le bord des grands chemins.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
1.
Celle du bon Samaritain (Luc 10.34) est appelée pandocheïon (signifiant : où l’on reçoit tout le monde), et pouvait être soit une auberge proprement dite, car elles étaient devenues communes en Orient pour les innombrables voyageurs de l’époque gréco-romaine, soit un simple khân ou caravansérail, que les Arabes appellent encore aujourd’hui fondouk (altération de pandocheïon), vaste cour destinée aux bêtes et entourée de murs avec quelques logettes où les premiers arrivés peuvent s’abriter tandis que les autres restent avec le bétail (figure 131). Telles devaient être la cabane de voyageurs ou la halte près de Bethléhem dont parle Jérémie (Jérémie 9.2 ; Jérémie 41.17).
2.
L’hôtellerie de Bethléhem (Luc 2.7) est appelée cataluma (signifiant : où l’on délie attelage ou bagages), et l’on y voit ordinairement un caravansérail tel qu’il vient d’être décrit au paragraphe 1. La traduction des LXX désigne par ce terme grec un campement pour la nuit (Exode 4.24), qui dans les solitudes des pistes de caravanes devait être un simple gîte proche d’un point d’eau, beaucoup plus primitif encore que le khân ; mais ailleurs elle désigne par le même terme une salle à manger (1 Samuel 9.22), et c’est dans ce même sens qu’il apparaît encore dans l’ordre de Jésus aux disciples de préparer l’endroit pour le repas de la Pâque : (Marc 14.14; Luc 22.11) on y voit ordinairement une pièce d’une maison particulière. Le même mot cataluma désigne, dans un papyrus du IIe siècle avant Jésus-Christ, le « logement » préparé dans un temple pour les habitants d’Arsinoé. Donc le flottement de sens de ce terme entre divers genres d’habitations usités à l’époque de Jésus empêche de se prononcer d’une façon absolue ; et l’on pourrait aussi bien supposer qu’il s’agit dans les deux cas (Nativité et sainte Cène) d’une hôtellerie, ou dans les deux cas d’une demeure privée, que d’une hôtellerie dans le premier cas et d’une maison amie dans le second. Sans doute, il pourrait paraître peu vraisemblable que les occupants d’une maison privée eussent volontairement relégué auprès des bestiaux la jeune femme qui allait être mère ; mais il se peut que la raison pour les deux voyageurs de se tourner d’eux-mêmes vers la crèche, d’ailleurs probablement vide d’animaux, ait été plus simplement qu’il n’y avait pas dans la maison de place isolée et tranquille pour une naissance (voir Dalman, Les itinéraires de Jésus, pages 64ss). Voir Hospitalité ; pour l’« hôtelière » Rahab, voir ce mot.
Jean Laroche
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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