Dictionnaires bibliques

Gallion

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Gallion », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

(Actes 18.12-14, 17)

Frère du philosophe L. An. Sénèque, s’appelait d’abord Marcus Annœus Novatus, mais ayant été adopté par la famille du rhéteur L. Junius Gallio, il prit le nom de sa nouvelle famille. Claude César le fit proconsul d’Achaïe, et Néron le maintint dans sa dignité. Son frère lui dédia son traité sur la Colère, lui rendant en même temps ce beau témoignage qu’il était le plus pacifique et le plus doux des hommes. Les Juifs de Corinthe voulurent faire comparaître Paul devant son siège judicial, mais comme l’apôtre ouvrait la bouche pour se défendre, Gallion ayant su qu’il ne s’agissait que d’une question juive, refusa d’entendre la cause, et les laissa s’arranger entre eux. Les Grecs qui étaient présents, irrités contre ces importuns accusateurs, s’emparèrent du principal d’entre eux, Sosthènes, chef de la synagogue, et le frappèrent de coups, sans que Gallion s’en mît en peine. Quelques années après, Gallion partagea la disgrâce de ses frères, et fut mis à mort avec eux par ordre de Néron.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

L’article dans Bost

Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Frère de Sénèque le philosophe, s’appelait auparavant Marcos Annoeus Novatus ; mais, ayant été adopté par Lucius Junius Gallion, il prit le nom de son père adoptif. L’empereur Claude le fit proconsul d’Achaïe, et en l’an 53 de Jésus-Christ, sous Néron, il était encore proconsul de cette province. C’était un homme d’un esprit doux et agréable. C’est à lui que Sénèque son frère dédia ses livres De la colère. Il eut part aux disgrâces de ses frères, comme il avait eu part à leur faveur ; et Néron le fit enfin mourir comme eux. Les Juifs, irrités de ce que saint Paul convertissait plusieurs gentils, le traînèrent au tribunal de Gallion qui, en qualité de proconsul, faisait sa demeure ordinaire à Corinthe. Ils l’accusaient d’enseigner aux hommes d’adorer Dieu d’une manière contraire à la loi (Actes 18.12-13). Et Paul étant sur le point de parler pour sa défense, Gallion dit aux Juifs : S’il s’agissait de quelque injustice, ou de quelque mauvaise action, je me croirais obligé de vous entendre avec patience ; mais s’il ne s’agit que de questions concernant votre loi, démélez vos différends comme vous l’entendrez ; car je ne veux pas m’en rendre juge. Il les fit ainsi retirer de son tribunal. On saisit en même temps Sosthènes, chef de la synagogue des Juifs, et on le battit devant le tribunal de Gallion, sans que ce gouverneur s’en mit en peine. An de Jésus-Christ 57, de l’ère vulgaire 54.

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

L’article dans Calmet

Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

1. La personne de Gallion

Il était fils de Sénèque le père, ou le rhéteur, et frère aîné de Sénèque le philosophe, l’auteur tragique, qui fut précepteur, puis conseiller de Néron ; frère aussi de Marcus Annaeus Mêla ; ce dernier eut pour fils Lucain, l’auteur de la Pharsale, poème épique en dix livres. Gallion s’appela d’abord Lucius Annaeus Novatus, puis, après son adoption par un ami de son père, Lucius Junius Gallio, nom sous lequel il est connu dans l’histoire. Son frère, le philosophe, parle de lui en disant : « Mon seigneur ». On le désignait sous le nom de « doux Gallion ». La date de son proconsulat à Corinthe (Actes 18.12-17) peut être fixée, grâce à la découverte en 1905 de la « pierre de Delphes » qui le mentionne ; ce fut probablement de mai 51 à mai 52, l’apôtre Paul ayant été amené devant lui dès juin ou juillet 51 (Voir Chronologie du Nouveau Testament, II, 2, où sont exposées les raisons de cette conclusion.).

2. Paul et les Juifs devant son tribunal

Pourquoi Gallion refuse-t-il de s’occuper de l’affaire portée devant lui, et renvoie-t-il les accusateurs de l’apôtre avec ces mots dans lesquels s’exprime tout le dédain du Romain pour ces Juifs méprisés : « … puisqu’il s’agit de discussions sur une doctrine, sur des noms et sur votre loi particulière, examinez cela vous-mêmes, je ne veux pas être juge de ces choses-là » ? On a supposé que l’accusation était la même qu’à Thessalonique : (Actes 17.7) « ils sont tous rebelles aux édits de César, puisqu’ils disent qu’il y a un autre roi, Jésus ». Nous ne le croyons pas : Gallion n’aurait pas pu se désintéresser d’une accusation pareille. Il s’agit sûrement de tout autre chose : l’empereur Claude s’était montré assez tolérant à l’égard des Juifs ; il ne se décide à la sévérité, en les expulsant ou en tâchant de les expulser de Rome, que quand ils deviennent insupportables par les troubles qu’ils suscitent (voir Claude) ; mais si la religion juive est licite (religio licita), c’est sous la réserve expresse que les Juifs eux-mêmes seront fidèles à leurs propres lois ; c’est à cette condition seulement qu’ils ont droit à la protection de l’autorité romaine. Or, les Juifs de Corinthe voudraient prouver que Paul, étant un mauvais Juif, prêche une religion illicite, et doit être envisagé comme rebelle aux édits de César ; en les renvoyant, Gallion les empêche de le démontrer et évite des troubles entre Juifs. C’est de la neutralité officielle, et non une faveur envers saint Paul permettant de supposer que Gallion était chrétien. Le surnom de gallioniste a parfois été donné à des indifférents en matière religieuse.

Ern. M.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

L’article dans Westphal