Dictionnaires bibliques

Galaad

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Galaad », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

1°. Fils de Makir, le premier né de Manassé, naquit pendant l’esclavage d’Égypte (Nombres 26.29 ; Josué 17.1 ; 1 Chroniques 2.21 ; 7.14). Ses enfants s’emparèrent d’une contrée à l’est du Jourdain, habitée par des Amoréens qu’ils dépossédèrent, et déjà nommée par Jacob Gal-Hed, monceau du témoignage ; ils l’appelèrent Galaad, du nom de leur père (Nombres 32.39 ; Genèse 31.47).

2°. Contrée de Galaad. Ce nom est employé par anticipation dans l’histoire des patriarches (Genèse 31.21-23, 26) ; il s’applique tantôt à la contrée elle-même, tantôt à la chaîne de montagnes qui s’y trouvait. Le pays de Galaad, au sud de la vallée de Jabbok, et par conséquent au sud du pays de Basan et à l’est du Jourdain, est ordinairement distingué du pays de Basan, auquel il était du reste uni par une assez grande conformité de nature (Deutéronome 3.10-13 ; Josué 12.5 ; 13.11 ; 17.1 ; 2 Rois 10.33 ; 1 Chroniques 5.16 ; Michée 7.14). Il semble désigner le pays de Gad (Juges 5.17), et en être distingué (1 Samuel 13.7). Cependant, d’après la plupart des données que nous possédons, il paraît que Galaad comprenait le territoire des tribus de Gad et de Ruben, et la partie méridionale de Manassé (Nombres 32.26-40 ; Deutéronome 3.12-13 ; Josué 17.1-6 ; cf. 12.2 ; 1 Chroniques 6.80). Ses villes principales étaient Ramoth, Jahzer et Jabès, qui sont presque toujours suivies de la désignation de Galaad (cependant voir Nombres 32.1). Sa surface forme une espèce de triangle de 8 à 10 lieues de côté : au nord, où il est le plus large, il possède de belles forêts, un air pur et sain, des plaines fertiles et de gras pâturages où paissent des troupeaux très estimés de bêtes à corne et à laine ; vers le sud, au contraire, la contrée se change en une campagne sans arbres, mais très fertile, sur laquelle s’élèvent un grand nombre de collines crétacées, isolées et de forme arrondie. Toute cette région est si riche, les pâturages, en particulier, y sont si bons, que de nos jours encore les Bédouins ont coutume de dire : Tu ne saurais trouver un pays comme le Belka (nom moderne de Galaad). Le baume et les plantes aromatiques de Galaad étaient renommés (Jérémie 8.22 ; 46.41). Le nom de Galaad paraît désigner aussi quelquefois tout le pays au-delà du Jourdain (Deutéronome 34.1 ; cf. 2 Rois 10.33 ; Juges 20.1). Après l’exil le même nom continua d’exister, mais il ne se donna plus qu’à la partie la plus méridionale de l’ancien pays, aux frontières de l’Arabie : le nom de Pérée le remplaça, et comprit une plus grande étendue de pays, quoiqu’il ne désignât pas non plus toute la contrée au-delà du Jourdain. La ville principale était Gadara.

Les montagnes de Galaad, occupant le nord du pays, étaient couvertes de riches prairies et de gras pâturages (Deutéronome 3.12 ; Abdias 19 ; Cantique 4.1 ; 6.5 ; Jérémie 50.19). Elles s’étendaient au travers des tribus de Gad et Ruben, et s’avançaient même jusque dans celle de Manassé : c’était une contrée montagneuse comme les montagnes d’Éphraïm, sans être exclusivement une chaîne de montagnes. Les sommets les plus élevés sont au nord-est ; ils ont vu d’un côté sur la plaine d’Hauran jusqu’à l’Hermon, de l’autre sur les montagnes de Sichem : c’est cette partie qui fut donnée à la moitié de la tribu de Manassé ; elle est située vis-à-vis des montagnes occupées par l’autre moitié de la même tribu (Nombres 32.39-40 ; Deutéronome 3.15 ; Josué 17.1 ; Juges 5.17). Le pays jusqu’au Jabbok est d’une telle beauté, dit Brœm, que l’Europe méridionale possède bien peu de contrées qui puissent lui être comparées. Le climat y est excellent, les collines sont couvertes de vignes, et les montagnes des plus belles forêts ; des chênes toujours verts croissent sur leurs flancs, et diverses espèces de pins en couronnent les cimes. En hiver, il y tombe beaucoup de neige. Dès l’antiquité la plus reculée, les gommes odoriférantes de ces forêts de montagnes étaient bien connues, et on les recherchait aussi pour leurs propriétés médicinales ; des caravanes arabes les transportaient de Galaad par la plaine de Jizréel, et le long des côtes de la Méditerranée, en Égypte, où elles les échangeaient contre du blé. D’après Eusèbe, le mont de Galaad s’étendait depuis le Liban au nord, jusqu’au pays de Sihon roi des Amoréens, ce qui donnerait à la chaîne une longueur de 60 à 70 lieues. Quelques-uns ont cru, à cause de Juges 7.3, que les montagnes de Galaad s’étendaient aussi sur la rive droite, occidentale, du fleuve ; mais la traduction est fautive, il faut lire : quiconque a peur, qu’il s’en aille dès le matin « de la montagne de Galaad », qu’il s’en éloigne : c’est de ce côté qu’étaient venus les Madianites, c’est vers ce côté qu’ils devaient être repoussés, et ceux qui avaient peur n’avaient qu’à s’éloigner de ce but. Il est vrai que de nos jours on trouve encore à l’occident du Jourdain une chaîne de montagnes appelée Dschabl Dschelaad, ou Dscheland, mais l’identité n’est rien moins que démontrée.

On a voulu conclure de Juges 12.7, Jérémie 22.6, et surtout Osée 6.8, qu’il y avait aussi une ville de Galaad ; mais les deux premiers passages ne peuvent rien prouver, et celui d’Osée peut se traduire « Galaad est comme une ville d’ouvriers d’iniquité ». Le prophète le compare à une ville plutôt qu’à un pays, parce qu’une ville représente davantage un rassemblement d’hommes ; les traces que l’on trouve encore de bourgs ou village nommés Dschelaad, sont insuffisantes.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Galaad (1)

Fils de Machir, et petit-fils de Manassé (Nombres 26.29), il eut son partage dans les montagnes de Galaad, au delà du Jourdain. C’est de là qu’il prit le nom de Galaad ; car ces montagnes portaient déjà ce nom longtemps avant sa naissance. Il eut pour fils Jézer, Hélec, Asriel, Séchem, Sémida et Hépher. Voyez (Nombres 26.30-31).

Galaad (2)

Galaad, dont le nom est fréquemment reproduit, partie de la Palestine située à l’orient du Jourdain, et s’étendant entre ce fleuve et les montagnes de Galaad, depuis le pied du mont Hermon jusqu’au fleuve d’Arnon. Le Jaboc la coupait à-peu-près vers le centre. Le sol y était bon, gras, fertile et riche en pâturages ; le bétail y venait et y multipliait très bien ; aussi fut-elle assignée aux tribus qui possédaient le plus de bétail, à celles de Ruben et de Gad pour la portion située au sud du Jaboc, et à Manassé (demi-tribu orientale) pour la portion qui était au nord de cette rivière. Le pays de Galaad renfermait plusieurs villes importantes. Jaïr, fils de Manassé, en possédait soixante qui prirent aussi le nom général de Havoth-Jaïr, c’est-à-dire, villes de Jaïr. Osée, prophétisant contre ce pays, l’appelle une retraite de fabricateurs d’idoles. Les Galaadites, étaient les habitants du pays de Galaad (Barbié du Bocage).

Galaad (2)

Montagnes de Galaad, à l’orient du Jourdain, qui séparent les pays d’Ammon, de Moab, de Ruben, de Gad et de Manassé, de l’Arabie déserte. Sauvent Galaad est mis pour tout le pays de delà le Jourdain. Eusèbe dit que le mont de Galaad s’étend depuis le Liban au nord jusqu’au pays que possédait Séhon, roi des Amorrhéens, et qui fut cédé à la tribu de Ruben. Ainsi cette chaîne de montagnes devait avoir plus de soixante et dix lieues de long du midi au septentrion, et elles comprenaient les montagnes de Séhir, de Basan, et peut-être celles de la Trachonite, d’Auran et d’Hermon. Jérémie semble aussi dire que Galaad est le commencement du Liban : (Jérémie 22.6). Voyez saint Jérôme et les interprètes sur cet endroit.

Jacob, à son retour de la Mésopotamie, arriva en six jours aux montagnes de Galaad (Genèse 31.21-25). Laban, son beau-père, le poursuivit et l’atteignit comme il était campé sur ces montagnes. Après quelques reproches assez vifs de part et d’autre, ils firent alliance au même endroit, y dressèrent un monceau de pierres pour monument de leur alliance, et lui donnèrent chacun un nom suivant la propriété de sa langue. Laban l’appela Jegar-schahaddutah, le monceau du témoignage ; et Jacob, Gal-haëd, le monceau du témoin ; d’où lui est venu le nom de Galaad.

Comme ces montagnes étaient couvertes d’arbres résineux, l’Écriture vante beaucoup la résine de Galaad (Jérémie 8.21 ; 46.11 ; 51.8). Les marchands qui achetèrent Joseph venaient de Galaad, et portaient de la résine en Égypte (Genèse 37.25).

Galaad (3)

La Vulgate semble dire que Jephthé fut enterré dans une ville nommée Galaad (Juges 12.7). Mais au même endroit la Vulgate dit que c’était sa ville, et, par un autre texte, il parait que sa ville était Maspha en Galaad (Juges 11.34). N. Sanson pensait aussi lui-même que Galaad pourrait bien marquer, non la ville, mais le pays où Jephthé fut enterré. Dom Calmet l’explique en ce sens (Géographie sacrée de la Bible de Vence).

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

1.

Contrée qui, au sens le plus large, est limitée au nord par le Yarmouk, au sud par l’Arnon, à l’est par le désert, à l’ouest par le Jourdain et la mer Morte. Pays montagneux, couvert de pâturages, assez boisé sur le versant occidental, où les eaux abondantes forment des torrents qui coulent encaissés. Pour la première fois mentionné à propos des démêlés entre Jacob et Laban (Genèse 31.21).

La région se faisait une renommée pour sa myrrhe et son baume, que l’on exportait jusqu’en Égypte (Genèse 37.25 ; Jérémie 8.22 ; Jérémie 46.11) et pour ses pâturages abondants (Cantique 4.3 ; Cantique 6.5 ; Nombres 32.1). On comprend donc facilement pourquoi le roi Sihon n’accorda pas à Israël le passage sur ce territoire (Nombres 21.23) que revendiquèrent Gad et Ruben, riches en troupeaux (Nombres 32.1 ; Nombres 32.5). Moïse le leur accorda, mais donna le nord du pays à la moitié de la tribu de Manassé (Nombres 32.33) qui lutta contre Galaad (Nombres 32.39).

La systématisation des statistiques sacerdotales fit de Galaad un fils du Manassite Makir (Nombres 26.29 ; 1 Chroniques 2.21) et un grand-père de Tsélophcad (Nombres 27.1). Il y eut de même une confusion autour de la personne de Jaïr, fils de Manassé, artisan de la conquête (Nombres 32.41), et Jaïr, juge en Israël ; voir (Juges 10.3 et suivant) Bourgs de Jaïr. Ce qui est sûr, c’est que la lutte fut parfois très vive contre les populations voisines (Ammonites, Moabites), qui disputaient la région de Galaad aux premiers chefs d’Israël : Jephté (Juges 11), Saül (1 Samuel 11). Lors de la lutte engagée sous l’inspiration de Débora, les Israélites en Galaad étaient restés neutres (Juges 5.17), mais leur pays servit plus tard de retraite à ceux de leurs compatriotes fuyant les Philistins (1 Samuel 13.7), ou d’asile aux dissidents (Isboseth, 2 Samuel 2.8). David s’y réfugia à son tour, au moment de la révolte d’Absalom (2 Samuel 17.27) et Barzillaï assura son entretien et sa protection (2 Samuel 19.31 ; 1 Rois 2.7). Le pays resta d’ailleurs sous la juridiction des premiers rois d’Israël (2 Samuel 24.6 ; 1 Rois 4.13).

Le prophète Élie habitait en Galaad (1 Rois 17.1), et Amos menaçait de la vengeance de l’Éternel Damasquins et Ammonites, coupables de crimes contre les Galaadites (Amos 1.3 ; Amos 1.13), qui n’en étaient pas pour autant irréprochables (Osée 6.8 ; Osée 12.11). On recrutait- chez eux les hommes des coups de force (2 Rois 15.25). Le pays en lutte contre Damas (Amos 1.3 ; 2 Rois 10.33) n’échappa pas à l’Assyrie (2 Rois 15.29) ; ses habitants furent emmenés captifs. Les rescapés rentrèrent après l’exil, avec Néhémie (Esdras 2.61 ; Néhémie 7.63), mais étaient une minorité au milieu d’une population païenne. Alexandre Jannée fit souvent la guerre en cette région, que l’influence romaine marqua dès l’époque d’Hérode le Grand.

2.

Fils du Manassite Makir (Josué 17.1 ; Nombres 26.29 ; 1 Chroniques 2.21), grand-père de Tsélophcad (Nombres 27.1).

3.

Fils de Micaël (1 Chroniques 5.14).

4.

Nom d’une montagne (Juges 7.3) qui, d’après le contexte, se trouvait à l’ouest du Jourdain et près de la vallée de Jizréel. Le texte hébreu est d’ailleurs très difficile et probablement corrompu. Il n’est donc pas sûr qu’une montagne de Galaad ait existé à l’ouest du Jourdain, différente de la région montagneuse à l’est du fleuve.

A. P.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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