Dictionnaires bibliques

Fuite

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Fuite », un article après l’autre.

Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Fuite de Jésus-Christ en Égypte.

Après la purification de Marie et la présentation de Jésus-Christ au temple, l’ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et lui dit (Matthieu 2.3-4) : Prenez l’Enfant et sa mère, et fuyez en Égypte, et demeurez-y jusqu’à ce que je vous avertisse d’en sortir ; car Hérode doit chercher à ôter la vie à l’Enfant. Joseph obéit incontinent et se retira en Égypte. Hérode, quelques jours après, fit mourir dans Bethléem et dans sa banlieue tous les enfants mâles qui étaient au-dessous de deux ans, et mourut lui-même cinq ou six mois après, vers la fête de Pâques. Alors l’ange avertit Joseph de revenir en Judée, et lui dit que ceux qui cherchaient à faire périr l’Enfant étaient morts. Ainsi selon notre chronologie, en fixant la fuite de Jésus-Christ en Égypte au trois ou au quatrième février, et son retour en Judée vers le deuxième avril, cette fuite n’a été que d’environ deux mois.

Le faux évangile de l’enfance de Jésus est rempli de prétendus miracles et de circonstances merveilleuses, qu’on prétend être arrivés dans le voyage de Jésus-Christ en Égypte ; mais nous ne faisons aucun cas de ces fictions, plus propres à détruire qu’à édifier. Les Pères ont dit qu’à l’arrivée de Jésus-Christ dans l’Égypte les idoles étaient tombées, et qu’il était allé jusqu’à Hermopole dans la Thébaïde. On montre encore aujourd’hui à deux milles du Caire une fontaine que l’on croit avoir été produite par Jésus-Christ enfant, où la sainte Vierge lava ses langes. C’est ce qui se lit aussi dans l’Évangile de l’enfance et dans quelques anciens.

Les Égyptiens, tant chrétiens que mahométans, ont une tradition qui porte que Jésus-Christ a bâti la ville de Bahana, dans la Thébaïde inférieure proche de Fioum, de même que le patriarche Joseph a bâti cette dernière ; que c’est à Bahana que Jésus-Christ a appelé ses apôtres, qui pêchaient sur le fleuve du Nil ; qu’il y régna en personne et y laissa ses apôtres pour ses successeurs dans cet État. Les Juifs ont été longtemps possesseurs de cette ville, comme successeurs prétendus des disciples de Jésus-Christ. Elle est assise sur un lac qui se forme de la décharge des eaux du Nil, et ce lac est nommé par les gens du pays Mer de Joseph. Il est si couvert d’arbres fruitiers, qu’on ne l’aperçoit que de fort près.

D’autres croient que Jésus-Christ se retira à la Matharée durant sa fuite. Voyez Matharée l’Évangile de l’enfance de Jésus dit qu’à l’arrivée du Sauveur, l’idole de la ville où il arriva tomba d’elle-même, et que le démon publia son arrivée. Eusèbe et saint Athanase, et après eux plusieurs anciens, ont avancé qu’alors toutes les idoles l’Égypte furent renversées. On applique à cet événement le passage d’Isaïe (Isaïe 19.1) et Jérémie (Jérémie 43.13)

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

Au sens propre, ce mot n’a guère besoin d’explication (voir Guerre) ; pour la fuite des meurtriers involontaires, voir Refuge (villes de). Fuir souffrance ou persécutions est humain (Psaumes 55.8 ; Proverbes 19.26 ; Matthieu 24.20) ; mais la peur du danger, qui fait fuir les disciples en Gethsémané (Marc 14.50), les rend infidèles au Maître et au devoir.

Au figuré, les visions apocalyptiques personnifient objets ou même abstractions en fuite : douleur, gémissements (Ésaïe 35.10 ; Ésaïe 51.11), mort, îles, terre et ciel (Apocalypse 9.6 ; Apocalypse 16.20 ; Apocalypse 20.11). La fuite représente aussi le remords du coupable (Genèse 4.12 ; Proverbes 28.1 ; Proverbes 28.17 ; comparez la Conscience, de Victor Hugo, Légende des Siècles), le désir du pécheur d’échapper à Dieu (Psaumes 68.2 ; Osée 7.13) et à son châtiment : (Ésaïe 10.3 ; Matthieu 3.7) espoir d’ailleurs insensé (Psaumes 139.7 ; Job 27.22, cf. Amos 5.18-20). Ce qu’il faut fuir, c’est le péché lui-même et la tentation (Siracide 21.2, cf. Sagesse 1.5 ; 2 Pierre 1.4).

L’allégorie du bon Berger condamne la fuite lâche du mercenaire devant le loup (Jean 10.12), image de l’infidélité des mauvais bergers envers leurs brebis, mais approuve la fuite prudente des brebis devant l’étranger (Jean 10.5), image de leur fidélité à leur Berger véritable. Dieu a le pouvoir de mettre le diable en fuite ; la fuite du démon chassé par la fumée d’encens, idée magique, dans l’apocryphe Tobit (Tobit 8.3), symbolise pourtant une réalité spirituelle : la victoire sur le mal par la prière ; la puissance de Jésus faisait fuir les esprits impurs (Luc 4.36), et son disciple, soumis à Dieu, en résistant au diable verra. celui-ci prendre la fuite (Jacques 4.7).

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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