Dictionnaires bibliques
Fiel
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Fiel », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
Le fiel, puissant digestif, mélangé avec le vin passait pour activer l’action de celui-ci, et pour le rendre très particulièrement enivrant, de sorte qu’il exposait promptement à la risée générale celui qui avait bu de ce mélange, en même temps qu’il amortissait chez lui le sentiment de la douleur. C’est dans ce dernier sens qu’on peut comprendre l’usage qui fut fait du fiel dans la boisson présentée à notre Seigneur sur la croix (Matthieu 27.34 ; cf. Psaumes 69.21 ; Jérémie 8.14 ; 9.15 ; Lamentations 3.19). Dans la plupart des cas, c’est par ce mot qu’on a traduit l’hébreu rosch qui signifie poison en général, voir Poison ; le fiel serait plutôt désigné par le mot merèrah (Job 16.13) ou merorah (20.14-25).
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Nous avons déjà parlé du vin mêlé de fiel, que l’on présenta à Jésus-Christ pendant qu’il était à la croix (Matthieu 27.34). Voyez l’article Vin, où l’on tâche de concilier saint Matthieu avec saint Marc, dont l’un parle du vin mêlé avec le fiel, et l’autre du vin mêlé avec la myrrhe. Le prophète Habacuc parle aussi du fiel mêlé avec le vin employé pour enivrer (Habakuk 2.13). Nous croyons que le prophète veut parler de la conduite que Pharaon Hophra, roi d’Égypte, tint avec le roi Sédécias : il promit son secours à Sédécias, et l’engagea à se révolter contre Nabuchodonosor ; mais il lui manqua dans le besoin : Il lui donna à boire son fiel, et l’enivra pour avoir le plaisir de voir sa nudité. Les rabbins racontent que ce fut Nabuchodonosor qui, étant un jour dans un festin avec ses amis, fit venir Sédécias, et lui donna à boire une liqueur enivrante, pour l’exposer à la risée. Mais pourquoi y mêler le fiel ? Le fiel est un puissant digestif : les Éthiopiens s’en servent au lieu de moutarde. Quand Moïse ordonne de manger l’agneau pascal avec de l’amertume, on pourrait bien l’entendre du fiel. Le fiel mêlé au vin le fait passer plus vite, et par conséquent monter plus promptement à la tête. Moïse (Deutéronome 32.32-33) menace de la part de Dieu les Israélites de rendre leurs raisins des raisins de fiel, et leur vin du fiel de dragon ; c’est-à-dire, de changer la douceur de leurs raisins en amertume, et leur vin en poison, qui enivre et qui empoisonne, au lieu de nourrir et de réjouir. On voit par Tobie que le fiel d’un poisson servit à lui guérir les yeux. Pline parle de l’usage qu’on faisait du fiel dans les maux des yeux. Dans Jérémie (Jérémie 8.14 ; 9.15), Donner à boire de l’eau de fiel, marque une affliction très-amère. Et le Psalmiste (Psaumes 69.21) dit que ses ennemis, ou plutôt les ennemis du Messie, lui ont offert du fiel pour manger, et du vinaigre pour boire. Le fiel d’amertume, dans les Actes (Actes 8.23), marque la haine, l’aigreur, la malice, l’envie, etc.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
1.
Au sens propre, sécrétion du foie, autrement appelée bile ; probablement désignée par l’hébreu merord ou merérâ = amertume empoisonnée, dans Job 16.13 (Version Synodale : entrailles), Job 20.14 (les anciens pensaient que le venin du serpent était sa bile) ; Job 20.25 désignerait la vésicule biliaire (Version Synodale : foie).
2.
Le fiel de poisson joue le rôle de médicament merveilleux pour rendre la vue à Tobie (Tobit 6.5-9 ; Tobit 11.4-13).
3.
L’hébreu rôch est le nom d’un produit végétal vénéneux, cité avec l’absinthe : ciguë ou peut-être pavot, au sens figuré d’infidélité à Jéhovah (Deutéronome 29.18), ou de souffrance intense (Lamentations 3.19) ; le premier de ces passages est appliqué par l’apôtre Pierre à Simon le magicien (Actes 8.23) ; comparez Hébreux 12.15 et le sens figuré en français : « Tant de fiel entre-t-il dans l’âme des dévots ! » (Boileau, Lutrin.) La plainte du psalmiste, abreuvé de fiel pour nourriture (Psaumes 69.22), a influencé le récit de la Passion dans Matthieu, qui rapproche ici son texte de l’Ancien Testament, comme en bien d’autres cas, en parlant d’un mélange de fiel (Matthieu 27.34), alors que Marc 15.23 avait parlé de myrrhe ; il ne faut probablement pas y voir de contradiction entre une boisson amère et une boisson parfumée, car le grec kholê qu’emploie Matthieu désigne dans les LXX et ailleurs toute espèce de drogue épicée, comme l’était la potion qu’on offrait aux crucifiés : vin mêlé de myrrhe, résine, safran, ladanum, etc. Voir Absinthe, Ciguë, Baumes, 5.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal