Dictionnaires bibliques

Etienne

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Etienne », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

(Actes 6.5 ; 7.1-60)

Premier martyr de l’Église chrétienne, probablement grec d’origine, si l’on en juge par son nom, et le premier des sept diacres nommés pour aider les apôtres dans le service des tables et des pauvres. Plein de foi et de puissance, il faisait des miracles et des prodiges parmi le peuple, ayant reçu l’imposition des mains. Son activité allait plus loin que sa charge, telle du moins qu’on l’entend à présent, et son amour pour son maître lui mérita l’inimitié du monde ; quelques habitués de la synagogue, irrités de voir leurs lieux de culte toujours moins fréquentés et même abandonnés par un grand nombre de sacrificateurs, irrités surtout de ne pouvoir résister à la sagesse et à l’esprit par lequel il parlait, soulevèrent contre le disciple, comme on avait fait contre le maître, de faux témoins, subornés à prix d’argent, pour l’accuser de blasphème. Le peuple fut soulevé, une instruction judiciaire commença, le saint dut comparaître, et le chapitre 7 des Actes nous donne la première partie du discours qu’il prononça pour sa défense. Dans ce discours l’homme de Dieu, plus jaloux des intérêts de son maître qu’attentif à la conservation de sa vie, au risque de déplaire aux émeutiers qui l’entourent, cherche à montrer à ses juges et à ses auditeurs que la religion chrétienne n’est que le développement du mosaïsme qu’ils aiment, et l’accomplissement des prophéties contenues dans les saints écrits qu’ils vénèrent ; mais en même temps il leur montre que, dans tous les temps, sous les patriarches, aux jours de Moïse, dans le désert, et toujours, les Juifs se sont montrés incrédules aux manifestations divines, rebelles au salut, durs de cœur à croire, et charnels, cédant alors à l’émotion comme à l’indignation qui le remplit, craignant de ne pouvoir achever de développer sa pensée, voyant peut-être l’agitation du peuple et l’irritation de ceux qui l’écoutent, il éclate et s’écrie : « Gens de col roide, et incirconcis de cœur et d’oreille, vous vous obstinez toujours contre le Saint-Esprit, vous faites comme vos pères ont fait. Lequel des prophètes vos pères n’ont-ils pas persécuté ? Ils ont même tué ceux qui ont prédit l’avènement du Juste, duquel maintenant vous avez été les traîtres et les meurtriers, vous qui avez reçu la loi par la disposition des anges, et qui ne l’avez pas gardée ». Conclusion foudroyante qui achève d’irriter la populace et cause la mort du prophète ; on se met à crier, on se bouche les oreilles, on fond sur le prophète qui voit avec ravissement les cieux ouverts pour le recevoir, et qui se livre à eux sans résistance ; il s’endort au milieu des pierres qui l’accablent, et sa dernière pensée est une intercession pour ses assassins.

Le sang des martyrs est la semence de l’Église, a dit un père (Tertullien) ; celui qui jaillit des membres meurtris du diacre vint tomber sur un jeune homme qui gardait les habits de ses meurtriers ; cette plante amère devint plus tard un arbre de vie, et Saul fut le grand apôtre des Gentils.

Le discours d’Étienne ne nous est évidemment rapporté qu’en partie, et cette partie même est abrégée ; le fil n’est pas toujours facile à suivre, comme aussi personne ne pouvait rapporter d’une manière exacte les paroles mêmes qui avaient été prononcées ; d’ailleurs, interrompu brusquement, il ne laisse que pressentir la marche de son discours ; plusieurs auteurs ont essayé de diverses manières de suppléer ce qui manque ; il nous semble que ce que nous avons dit est ce qui cadre le mieux soit avec la position du diacre accusé, soit avec la partie connue de son discours. Il faut y voir une prédication plutôt qu’une défense, une accusation plus qu’une justification ; et le visage du martyr resplendit d’une joie sainte, comme le visage d’un ange, quand il se vit appelé à rendre publiquement témoignage de son amour et de sa foi.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

En grec Stephanos, qui signifie une couronne. Saint Étienne premier martyr, était apparemment du nombre des Juifs hellénistes, qui avaient cru en Jésus-Christ. Saint Épiphane croit qu’il était du nombre des soixante et dix disciples de Jésus-Christ : mais cela n’est nullement certain. Jésus-Christ avait destiné ses soixante et dix disciples à enseigner et à prêcher ; et il semble que saint Étienne, et les six autres premiers diacres n’avaient point encore de destination particulière, lorsqu’on les choisit pour le service des tables. Ce fut l’an 53 de Jésus-Christ que les sept diacres furent élus. Saint Étienne est toujours mis à leur tête, comme le premier et le plus digne. On croit qu’il avait étudié aux pieds de Gamaliel. Comme il était plein de zèle et du Saint-Esprit (Actes 6.5-6), il faisait de grands prodiges, et de grands miracles devant le peuple et quelques-uns de la synagogue des affranchis, des Cyrénéens, des Alexandrins, et quelques autres, étant entrés en dispute avec lui, ne pouvaient résister à la sagesse et à l’esprit qui parlaient par sa bouche.

Alors ils subornèrent des gens, qui dirent qu’ils l’avaient ouï blasphémer contre Moïse et contre Dieu ; et, par ces calomnies, ils émurent le peuple, qui l’entraîna devant le conseil de la nation, ou le Sanhédrin ; et ils produisirent contre lui de faux témoins, qui déposèrent qu’ils l’avaient ouï parler contre le temple et contre la loi, et avancé que Jésus de Nazareth détruirait le lieu saint, et abolirait l’observance de la loi de Moïse. Étienne parut au milieu de l’assemblée ayant le visage brillant comme un ange ; et le grand-prêtre lui ayant demandé ce qu’il avait à répondre à ces accusations (Actes 1), il fit un discours, dans lequel il montra qu’il n’avait rien dit ni contre Moïse, ni contre le temple ; mais que les Juifs eux-mêmes avaient toujours été opposés à Dieu et aux prophètes : Il leur reprocha leur endurcissement et leur infidélité ; la mort qu’ils avaient fait souffrir aux prophètes, et enfin à Jésus-Christ.

À ces paroles ils entrèrent en fureur, et ils grinçaient les dents contre lui. Mais Étienne levant les yeux au ciel, vit la gloire de Dieu, et Jésus qui était debout à la droite de Dieu ; et il dit : Je vois les cieux ouverts, et le Fils de l’Homme qui est debout à la droite de Dieu. Alors les Juifs s’écrièrent tout d’une voix, et se bouchèrent les oreilles, comme ayant horreur de ce prétendu blasphème ; et se jetant sur lui, ils le traînèrent hors de la ville, et le lapidèrent. Les témoins mirent leurs habits aux pieds d’un jeune homme nominé Saul, qui était alors un des plus ardents persécuteurs des chrétiens, et qui fut dans la suite un des plus, zélés prédicateurs de l’Évangile. Étienne cependant invoquait le Seigneur, en disant Seigneur, ne leur imputez point ce péché ; et après cette parole, il s’endormit au Seigneur ; et quelques personnes pieuses prirent soin de l’ensevelir, et de faire ses funérailles avec un grand deuil (Actes 8.2).

Voilà ce que l’Écriture nous apprend de saint Étienne et de son martyre. On lit plusieurs particularités de sa sépulture, et ensuite de la découverte de son corps, dans un ouvrage imprimé à la fin du septième tome de la nouvelle édition de saint Augustin ; sous le nom du prêtre Lucien. Son culte est très-ancien et très-célèbre dans l’Église, et Dieu a opéré par ses reliques une infinité de miracles, dont la plupart sont très-avérés.

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

(grec stephanos = couronne). Premier martyr de l’Église chrétienne (Actes 6 et Actes 7). Il était l’un et le plus remarquable des sept « distributeurs » dont la nomination fut imposée par l’extension de la première communauté chrétienne et par les plaintes des éléments de cette communauté venus de la Dispersion juive en pays grec (Hellénistes).

La constitution familiale de l’Église primitive où tout était en commun (Actes 4.22) exigeait des apôtres, à côté du ministère de la parole, des travaux absorbants d’administration et de service général. Ils se déchargèrent de ces soins secondaires sur des hommes de confiance, « pleins d’esprit et de sagesse ». Ce furent les premiers diacres (voir ce mot).

L’exemple d’Étienne, comme celui de Philippe Actes 8, prouve qu’ils ne renonçaient pas pour cela à l’évangélisation. À la suite de controverses avec des Juifs, dans une ou plusieurs synagogues de Jérusalem, ses contradicteurs aux abois l’accusèrent de blasphème et le firent emmener au Sanhédrin par une foule ameutée. Accusé d’attaquer le Temple et la Loi, il s’expliqua en un long discours, dont le résumé de Actes 7 peut n’être pas complet. Pour prouver qu’il ne blasphème pas en mettant Jésus de Nazareth au-dessus du Temple et de la Loi, Étienne s’appuie sur l’histoire du peuple hébreu, errant au désert avec les patriarches, avec Moïse derrière l’arche de l’Alliance, puis sédentaire avec David et Salomon au moment de la construction du temple de Jérusalem.

Montrant ainsi que Dieu parlait à son peuple avant même la promulgation de la Loi, qu’il habitait avec son peuple avant même la construction d’édifices « faits de main d’homme », Étienne met en contraste avec cette constante fidélité de Dieu la constante ingratitude de son peuple ; il souligne ce contraste de citations prophétiques (verset 42-50), et conclut par une virulente apostrophe contre ceux qui ont persécuté les prophètes, contre les meurtriers du Juste. Les cris de haine l’interrompent. Devant ses juges il a une vision céleste qu’il décrit : cela met le comble à leur fureur. Sans jugement régulier, on le traîne aux portes de la ville, où on le lapide. Il meurt en pardonnant à ses bourreaux, comme son Maître (verset 60).

Ce martyre fut le signal d’une persécution qui, par la dispersion des chrétiens, sema l’Évangile à travers l’Orient. Saul de Tarse, qui devait devenir l’apôtre Paul, assistait au supplice d’Étienne (Actes 7.58 ; Actes 22.20). L’influence de ce spectacle sur sa conscience et son âme n’est pas plus douteuse que celle du discours sur sa pensée. Voir « Étienne précurseur de Paul », dans A. Sabatier, l’apôtre Paul. M. J.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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