Dictionnaires bibliques
Dragon
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Dragon », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
(Ésaïe 43.20), voir Chacal.
Dragon, ou Serpent ancien (Apocalypse 12 et 13), voir Serpent.
Fontaine du Dragon (Néhémie 2.13), voir Siloé.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Dragon (1)
Ce terme se trouve souvent dans l’Écriture ; il répond d’ordinaire à l’hébreu thannim, ou thunnin, qui signifie un grand poisson, un dragon marin. Les Septante le traduisent communément par dracones, rarement par de grands poissons (Genèse 1.21), quelquefois par des sirènes (Job 30.39 Isaïe 34.13 ; 43.20), ou des autruches (Jérémie 49.32). Saint Jérôme le rend plus souvent par dracones, mais il le prend quelquefois pour des sirènes, ou des lamies. On voit à-peu-près les mêmes variétés dans Aquila, Symmaque et Théodotion. Sous le nom de sirènes, ils entendent apparemment des monstres marins ; car on ne peut pas l’expliquer des animaux fabuleux de ce nom, dont parlent les poètes. Il est certain, en comparant les divers endroits où se rencontre le terme tannin, ou tanninim, qu’il signifie quelquefois de grands poissons, soit des fleuves, ou de la mer (Genèse 1.21 ; Job 7.12 Psaumes 73.13 Isaïe 27.1 Ézéchiel 32.2) et d’autres fois des serpents de terre, et venimeux (Exode 7.9-12 Deutéronome 32.33 Psaumes 90.13 Isaïe 35.7 Jérémie 14.6) et comme je crois, plus particulièrement le crocodile, et la baleine (Psaumes 73.13, Isaïe 51.9, Ézéchiel 29.3).
Quant aux dragons dont on parle, et dont les livres sont pleins, la plupart ne sont autres que de vieux serpents arrivés avec l’âge à une prodigieuse grandeur. Il y en a à qui l’on donne des ailes, des pieds, des griffes, des crêtes et des têtes de différentes figures. On ne doute point qu’il n’y ait des serpents ailés ; il en est fait mention dans Moïse (Nombres 1.6), sous le nom de zaraph. Les Babyloniens adoraient un dragon, que Daniel fit mourir (Daniel 14.22). Rien n’est plus ordinaire, dans la religion païenne, que le culte des serpents et des dragons.
Dragon (2)
Ce terme se prend quelquefois pour le démon. Saint Jean, dans l’Apocalypse (Apocalypse 12.3-4,7), nous dépeint « un grand dragon roux, ayant sept têtes et dix cornes, et sept diadémes sur ses têtes : sa queue tirait en terre la troisième partie des étoiles du ciel. Le dragon se mit devant la femme qui était sur le point d’enfanter, afin qu’aussitôt qu’elle aurait enfanté, il dévorât son fruit. Elle enfanta un fils qui devait gouverner toutes les nations avec la verge de fer. Et il se fit un grand combat sdans le ciel : Michel et ses anges combattaient contre le dragon et contre ses anges ; et le dragon fut vaincu, et depuis ils ne parurent plus dans le ciel. Et le grand dragon fut jeté en terre, ce serpent ancien, qui est nommé le diable et Satan, qui séduit tout le monde : il fut jeté en terre, et tous ses anges avec lui. » Tout cela nous marque le combat du démon contre l’Église de Jésus-Christ, et sa défaite par saint Michel, chef de l’Église militante. Voyez aussi (Apocalypse 13.2-4 ; 16.13; 20.2).
Il y a plusieurs endroits dans les prophètes où le nom de Draco ne peut marquer un animal aquatique, puisqu’il est parlé de leurs cris ; par exemple (Esther 11.6-7) : Voilà deux grands dragons qui s’élèvent l’un contre l’autre, prêts à combattre. À leurs cris toutes les nations se sont émues pour attaquer la nation des justes. Et Jérémie (Jérémie 14.6) ; Les ânes sauvages se sont mis sur les rochers, attirant le vent comme des dragons. Leurs yeux sont tombés en défailliance, faute de nourriture. Et Michée (Michée 10.18) : Je ferai le deuil comme un dragon, et je me plaindrai comme une autruche.
Dans d’autres passages où l’on parle de la ruine d’une ville, des ravages d’une province, d’une terre réduite en solitude, on dit (Isaïe 13.21 ; 39.13 Jérémie 9.11 ; 10.22 ; 14.6 ; 49.33 ; 51.34-39) qu’elle devient la demeure des dragons ; comme en effet les serpents, les dragons, les bêtes venimeuses, ont leur retraite dans les lieux inhabités, dans les ruines des villes, dans les masures : d’où vient que les anciens leur ont attribué la garde des trésors. Mais il faut avouer que souvent ce nom se prend pour un grand poisson, un animal aquatique. Les Hébreux mettaient à-peu-près dans la même classe les poissons et les serpents : ils les comprenaient également sous le nom de reptiles et de serpents.
Chez les profanes le dragon était le symbole de la santé : ils ne dépeignaient pas Esculape, ni la déesse Hygicia, la Santé, sans un serpent auprès d’eux, ou autour de leur bâton, ou dans leur main. Les vrais dragons, au rapport de Solin, ont la gueule petite, et ne peuvent mordre ; ou s’ils mordent, leur morsure n’est pas venimeuse. Les Égyptiens les appelaient de bons génies, et les tenaient apprivoisés dans leurs maisons. Il ne faut pas croire que ce soit de ces dragons dont nous parlent les prophètes ; ceux-ci étaient des animaux dangereux, mauvais, funestes, sauvages, etc.
Dragon (3)
Fontaine du Dragon, dont il est parlé dans le second livre d’Esdras, était à l’orient de Jérusalem. Néhémie, étant sorti la nuit par la porte de la vallée, passa devant la fontaine du Dragon et devant la porte du Fumier (Néhémie 2.13-14 ; 3.15). On montre encore cette fontaine dans une espèce de cave souterraine, où l’on descend par vingt degrés. Les Turcs l’appellent la fontaine de Marie, et croient que la sainte Vierge s’en est servie pour les usages de sa maison.
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
1.
Ce mot d’origine grec (drakôn) correspond ordinairement dans les LXX à l’hébreu thannîn, qui désigne quelque animal fort redoutable (Psaumes 91.13), souvent associé dans l’imagination populaire aux grands cataclysmes, tremblements de terre, apparitions ou disparitions de sources (cf. Add Esther 1.5 ; Esther 7.4): d’où peut-être le nom de la Source du Dragon à Jérusalem (Néhémie 2.13). Cette conception dépend en une certaine mesure des mythologies antiques, notamment de la cosmogonie babylonienne, avec le gigantesque combat du dieu Mardouk contre le monstre de l’Abîme : Tiamat (voir Cosmogonie) ; mais le monothéisme biblique épure ces notions païennes en faisant du Dragon un symbole des ennemis de Jéhovah et de son peuple : par exemple Nébucadnetsar (Jérémie 51.34) et surtout l’Antéchrist et Satan dans les tableaux de l’Apocalypse qui inspirèrent plus tard tant de légendes de saints victorieux de dragons (Apocalypse 12.3 ; Apocalypse 13.2 ; Apocalypse 16.13 ; Apocalypse 20.2). Dans ce dernier texte, dragon= serpent ; en effet, thannîn désigne quelques fois le serpent (Exode 7.9ss, etc.) ; dans l’apocryphe Bel et le Dragon (verset 23 et suivants), cet animal peut aussi bien être un serpent, et la Version Synodale a, suivant les éditions, dragon ou serpent dans Deutéronome 32.33 ; inversement, l’animal volant qu’elle appelle dragon dans Ésaïe 14.29 ; Ésaïe 30.6 est en hébreu un sârâph = serpent. Dans une demi-douzaine de passages (les plus mythologiques), thannîn est mieux rendu par « monstres marins » (Genèse 1.21 ; Job 7.12 etc.). Voir ces mots.
2.
L’hébreu thannîm, pluriel de thann, rendu par dragons dans l’ancien Ostervald, est traduit avec raison : chacals ; voir ce mot.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal