Dictionnaires bibliques
Damas
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Damas », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
1°. Au milieu d’une vaste plaine de la Syrie qui s’étend vers le nord jusqu’aux chaînes de l’Antiliban, et dont le Chrysorrhoas qui la traverse, se divisant en plusieurs bras, fait une des contrées de la terre les plus fertiles et les plus riantes, s’élève de nos jours encore l’antique et célèbre ville de Damas ; le fleuve la sépare en deux parties. Sa position comme point central entre l’Asie Mineure et l’Asie intérieure, lui donna, dès les temps les plus reculés, une grande importance sous le rapport commercial et politique. Maintes fois détruite par des tremblements de terre ou par les chances des combats, elle a toujours été rebâtie, grâce à la beauté de sa position, à la douceur de son climat, à la variété de ses productions en tous genres ; ses habitants y voient le paradis terrestre. Maintenant elle est encore le chef-lieu d’un pachalik turc et ne compte pas moins de 200000 âmes, dont 25000 chrétiens.
Elle est déjà nommée comme existant à l’époque d’Abraham, et quelques auteurs font de ce patriarche le premier roi de Damas, après que son fondateur Dammésec eut été détrôné par lui. Éliézer, l’intendant de la maison d’Abraham, était Damascénien (Genèse 13.2) ; Abraham poursuivit Kédor-Lahomer et les cinq rois alliés jusqu’à Hobar qui est plus au nord et à la gauche de Damas (14.15). Depuis ce moment il n’en est plus reparlé jusqu’au temps de David qui s’en empara (2 Samuel 8.5-6). Elle fut reprise déjà sous Salomon par Rezon fils d’EIiada (1 Rois 11.24). Parmi les rois qui la gouvernèrent depuis cette époque, nous remarquerons surtout les suivants, dont l’histoire fut plus ou moins liée à celle du peuple d’Israël :
Ben-Hadad I. Fils de Tabrimmon, fils de Hezion ; il fit alliance avec Asa roi de Juda, contre Baësha roi d’Israël, et remporta sur ce dernier une importante victoire (1 Rois 15.18).
Ben-Hadad II. Fils du précédent ; il marcha contre Achab roi d’Israël, et fit le siège de Samarie, aidé de trente-deux rois, mais il fut obligé de quitter la place. L’année suivante il fut de nouveau battu par Achab, et comprit que le Dieu d’Israël était un Dieu de la plaine comme un Dieu des montagnes ; il dut faire la paix, et rendre les villes que ses ancêtres avaient prises sur Israël (1 Rois 20). Il se releva cependant contre Joram, fils d’Achab.
Hazaël. Un de ses officiers, lui succéda après l’avoir étouffé dans son lit ; il fut dans la main de Dieu un instrument pour châtier à la fois son prédécesseur qui avait combattu contre le peuple de l’alliance, et ce royaume des dix tribus qui avait abandonné le culte du vrai Dieu : il ravagea en particulier les provinces situées à l’est du Jourdain, et s’avança jusque sous les murs de Jérusalem (1 Rois 19.14-15 ; 2 Rois 8.28 ; 10.32 ; 12.17).
Ben-Hadad III. Fils de l’usurpateur s’empara du nom de l’ancienne dynastie. Trois fois il fut battu par le roi d’Israël Joas, et finalement fut obligé de rendre toutes les conquêtes de son père (2 Rois 13.25) ; on peut même conclure de 2 Rois 14.28, qu’il perdit momentanément sa capitale.
Retsin. Ce qui causa la ruine du petit royaume de Damas, c’est que ce malheureux prince s’étant ligué avec Pékach roi d’Israël, contre Achaz roi de Juda, celui-ci se vit obligé de solliciter l’alliance et l’intervention de Tiglath-Piléser. L’Assyrien, pour faire une diversion utile à son allié, entra sur les terres de Retsin, prit Damas, tua Retsin lui-même, emmena une partie de ses sujets en captivité, et réunit ce territoire à l’empire d’Assyrie (2 Rois 16.9 ; Ésaïe 17).
Damas continua cependant de subsister, mais soumise ; elle passa successivement sous la domination des Babyloniens, des Perses, des Séleucides, et enfin depuis Pompée sous celle des Romains (cf. Ésaïe 7.4-8 ; 8.4 ; 10.9 ; 17.1 ; Amos 1.3-5 ; Ézéchiel 27.18 ; Jérémie 25.9 ; 49.23-24 ; Zacharie 9.1). Elle compta toujours parmi ses habitants, surtout sous les Séleucides, un grand nombre de Juifs (Actes 9.2.). Elle marqua encore dans l’histoire du christianisme, comme le lieu de la conversion et de la première prédication de Paul (Actes 9.3-19 ; Galates 1.17).
On montre encore, à cinq cents pas de Damas, l’endroit ou Paul fut renversé par la voix du ciel, et dans la ville, la rue et la maison où Ananias le baptisa. Cette maison fut d’abord changée en église, les Turcs en ont fait une mosquée. C’est également avec les mêmes garanties qu’on montre dans les environs de Damas le tombeau d’Abel, long d’environ 14 mètres, eu égard à la grandeur des premiers hommes. Quelques écrivains, traduisant le nom de Damas (Dammésec) un sac de sang, pensent que ce fut dans ses environs que se commit le premier meurtre.
2°. La Syrie de Damas, ou Aram Damas, est le nom qu’on donnait à la partie de la Syrie qui formait le territoire de la ville de Damas, au nord-est de la Palestine (2 Samuel 8.6 ; cf. Ésaïe 7.8 ; 17.3 ; Amos 1.5).
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Ville célèbre en Syrie. Elle a été longtemps capitale d’un royaume, nommé le royaume de Damas, ou Aram de Damas, ou Syrie de Damas. On ignore au vrai qui est le fondateur de Damas [Suivant M. Ch. Lenormant, professeur à la Faculté des Lettres de Paris, Hus ou Us, fils aîné d’Aram, cinquième et dernier fils de Sem (Genèse 10.22-28), fut le fondateur de Damas. Après avoir discuté quelques textes de la Genèse : « Le chapitre 10 nous présente donc, dit-il, sur l’origine d’Aram et de Huts, la version la plus vraisemblable et la plus conforme à l’histoire. Nous pouvons conclure de ce qu’il fait Huts fils d’Aram, qu’à l’époque où la branche araméenne se détacha de la tige sémitique pour se répandre dans les vallées du Liban, le nom de Huts désigna un des établissements séparés qui furent le résultat de cette dispersion. » Et plus loin, lorsqu’il trace la marche d’Aram : « Aram … établit son fils Huts à Damas et son autre fils Hul dans la Coelésyrie. »
Damas subsistait dès le temps d’Abraham, et quelques anciens (Justin. T 36) ont enseigné que ce patriarche y avait régné immédiatement après Damascus son fondateur. Ce qui est certain, c’est qu’il avait un affranchi, intendant de sa maison, qui était de Damas (Genèse 15.2), et qu’il poursuivit Codorlahomor et les cinq rois ligués jusqu’à Hoba, qui est à la gauche, ou au nord de Damas (Genèse 14.15). L’Écriture ne nous apprend plus rien de cette ville jusqu’au temps de David. Alors Adad, roi dé Damas, ayant voulu fournir du secours à Adarézer, roi de Saba, David les vainquit tous deux, et assujettit leur pays (2 Samuel 8.5 ; 1 Chroniques 18.4-5). Josèphe dit que ce roi Adad était le premier qui eût pris le titre de roi dans cette ville ; et il le dit après Nicolas de Damas, historien du pays, qui vivait du temps d’Hérode le Grand.
Sur la fin du règne de Salomon (1 Rois 11.23-25), Dieu suscita Razin, fils d’Eliada, qui rétablit le royaume de Damas, et qui secoua le joug des rois de Juda. Assez longtemps après, Asa, roi de Juda, implora le secours de Ben-adad, fils de Tabremon, roi de Damas, contre Basa, roi d’Israël, et l’engagea à faire irruption sur les terres de son ennemi(1 Rois 15.18). Depuis ce temps, la plupart des rois de Damas sont nommés Ben-adad : par exemple, Ben-adad, fils de celui dont on vient de parler, qui assiègea Samarie, accompagné de trente-deux rois, sous Achab, roi d’Israël (1 Rois 20.1-2). Ben-adad fut obligé de lever le siège de Samarie ; et, l’année suivante, ayant remis une armée sur pied, il fut vaincu par Achab (1 Rois 20.23-24), et il s’obligea de rendre au roi d’Israël les places que ses pères avaient prises sur Israël. Ben-adad n’ayant pas fidèlement exécuté sa promesse, et ayant refusé de restituer Ramoth de Galaad, donna occasion à diverses guerres entre les rois d’Israël et ceux de Damas.
Ben-adad fit la guerre à Joram, fils d’Achab, comme il l’avait faite à son père. Il assiègea Samarie, et fit diverses entreprises contre Israël. Mais le prophète Élisée renversait tous ses projets en les découvrant au roi Joram : en sorte que Ben-adad envoya des troupes pour arrêter ce prophète, et pour se le faire amener. Mais Élisée les frappa d’aveuglement, et les fit entrer dans Samarie, sans qu’ils s’en aperçussent (2 Rois 6.13-15). Enfin, quelque temps après, Ben-adad étant tombé malade à Damas, Élisée y alla ; et le roi lui ayant envoyé de grands présents par Hazael, le prophète prédit à Hazael qu’il règnerait ; et Hazael étant retourné vers Ben-adad, l’étouffa dans son lit, et régna en sa place (2 Rois 8.7-8).
Il hérita de la haine que ses prédécesseurs avaient eue contre le royaume d’Israël. Il lui fit la guerre et y commit mille ravages. Il attaqua même le royaume de Juda (2 Rois 12.17) ; et Joas, roi de Juda, fut obligé de racheter le pillage de son pays et de sa capitale, par de grandes sommes qu’il lui donna. Ben-adad, fils de Hazael, marcha sur les traces de son père. Il fit la guerre avec succès aux rois d’Israël et de Juda (2 Rois 13.5-21, 25). Toutefois Joachas, roi d’Israël, le battit dans trois rencontres, et l’obligea de lui rendre les villes qu’Hazael avait prises sur son père.
Jéroboam II roi d’Israël, reprit le dessus sur les rois de Syrie. Il conquit Damas et Emath, les deux principales villes de Syrie (2 Rois 14.25). Mais, après la mort de Jéroboam second, les Syriens rétablirent leur monarchie. Razin prit le titre de roi de Damas. Il se ligua avec Phacée, usurpateur du royaume d’Israël, et commit avec lui une infinité de ravages sur les terres de Joathan et d’Achaz, rois de Juda (2 Rois 16.5-10). Achaz ne se sentant pas assez fort pour leur résister, envoya demander du secours à Téglatphalassar, roi d’Assyrie. Celui-ci pour faire diversion, entra sur les terres de Razin, prit Damas, la ruina, fit mourir Razin, et envoya les Syriens ses sujets, en captivité au delà de l’Euphrate (2 Rois 16.9), suivant les prophéties d’Isaïe et d’Amos (Isaïe 7.4-8 ;8.4 ;10.9 ;17.1-3).
Damas se releva de toutes ces disgrâces. Nous croyons que Sennacherib la prit, en venant contre Ézéchias, ainsi qu’Isaïe le marque (Isaïe 9.9). Holopherne la prit aussi du temps de Manassé, roi de Juda (Judith 2.17). Ézéchiel (Ézéchiel 27.18) en parle comme d’une ville florissante de son temps. Jérémie (Jérémie 25.9-10 ; 27.8 ; 49.23-24) la menace des armes de Nabuchodonosor, qui l’assujettit, de même que toutes les autres villes de Syrie. Après le retour de la captivité, Zacharie (Zacharie 9.1) lui prédit des malheurs, qui lui arrivèrent apparemment, lorsque les généraux d’Alexandre en firent la conquête. Il semble que Jonathas Machabée, frère de Simon, se rendit maître de Damas, pendant les troubles de Syrie (1 Machabées 12.32) mais il ne paraît pas qu’il l’ait conservée. Les Romains s’en emparèrent vers l’an du monde 3939, lorsque Pompée, faisant la guerre à Tigranes, y envoya Metellus et Laelius, qui s’en saisirent (Josèphe). Scaurus s’y rendit quelque temps après ; et après lui, Pompée, qui y fit venir Hircan et Aristobule qui se disputaient la royauté.
Damas demeura sous la domination des Romains, jusqu’à ce qu’elle tomba entre les mains des Arabes. Obodas, père d’Arétas, roi d’Arabie, dont parle S. Paul (2 Corinthiens 11.32), était déjà maître de Damas sous Auguste y mais il ne la possédait pas dans une entière indépendance. Ce roi, comme plusieurs autres, était soumis aux Romains. Arétas, qui avait un gouverneur à Damas, lorsque saint Paul y vint, se brouilla avec les Romains ; et lorsque les Juifs de Damas voulurent faire arrêter cet apôtre, Arétas était en guerre avec eux (an de Jésus-Christ 37). Voilà à-peu-près ce qu’il est nécessaire de savoir sur les divers états de la ville de Damas, par rapport aux livres saints, et à l’histoire des Hébreux et du Nouveau Testament.
Naaman, général des troupes du roi de Syrie, étant venu trouver le prophète Élisée, pour être guéri de la lèpre ; ce prophète lui dit de s’aller baigner sept fois dans le Jourdain. Mais Naaman tout fâché, répondit (2 Rois 5.1-3) : N’avons nous pas à Damas les fleuves d’Abana et de Pharphar, qui sont meilleurs que tous ceux d’Israël, pour m’y aller laver et pour me guérir ? Il y a des auteurs qui croient qu’Abana est l’Oronte, et Pharphar le Chrysorroas, fleuves célèbres en Syrie. Benjamin de Tudèle dit que le fleuve Abana, ou Amana, arrose la ville de Damas, et Pharphar arrose ses campagnes. Les voyageurs nous apprennent que le fleuve qui passe dans Damas, s’appelle encore aujourd’hui Tarfar, Tarfaro, Farfaro, ou Fer, ou Pir. Étienne le géographe donne au fleuve de Damas le nom de Baradine ; et Maundrel assure que les Syriens le nomment Barrady. Ce fleuve a sa source dans l’Antiliban, et va se perdre dans des marais, à quatre ou cinq lieues de Damas, vers le midi. Ce voyageur dit qu’il n’a pu trouver dans ce pays aucun vestige du nom d’Abana, ni de Pharphar.
On montre à cinq cents pas de Damas, du côté du midi, sur le grand chemin, le lieu où saint Paul fut renversé par cette voix : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? On y bâtit une église, qui est à présent entièrement ruinée. On voit encore dans la même ville, la maison que l’on dit être celle de saint Ananie, qui baptisa et instruisit saint Paul ; laquelle est changée en église, et dont les Turcs ont fait une mosquée. Plusieurs écrivains ont cru que Caïn et Abel avaient leur demeure auprès de Damas, et que c’est du sang d’Abel dont cette ville a pris son nom ; car, en hébreu, Dam-sak signifie un sac de sang. On montre encore dans ces quartiers-là le tombeau d’Abel, qui est, dit-on, de la longueur de quarante pieds. Mais ou ne peut faire aucun fond sur de pareils récits.
Les Arabes donnent à cette ville le nom de Damaschk, ou Demeschk, ou celui de Scham, qui est le nom de la province dont Damas est la capitale. Ils croient communément que cette ville a tiré son nom de Dameschek Eliézer, serviteur ou intendant de la maison d’Abraham, et que ce patriarche en est le fondateur. Il y a toutefois des historiens arabes qui font la ville de Damas encore plus ancienne que le siècle d’Abraham, et qui prétendent qu’elle a été fondée et nommée par Demschak, fils de Chanaan, fils de Cham et petit-fils de Noé.
Le géographe Persien dit que la campagne ou plaine de Damas, qui s’étend entre le Liban et l’Antiliban, et que les Arabes appellent Ganthah, est un des quatre paradis de l’Orient. Les trois autres sont Obolla dans la Chaldée, où il y a une rivière de même nom ; Schebbaoran, en Perse, et la Sogdiane, que les Orientaux appellent la vallée de Samarcand. Ils prétendent qu’Adam a été créé près de Damas, d’une terre rouge que l’on voit au même endroit, et qui leur a paru plus propre que d’autre à former de la chair vive. Plusieurs placent au même endroit le paradis terrestre.
La ville de Damas, selon le géographe Étienne, a tiré son nom de son fondateur Damascus, fils de Mercure et d’Alcimède. Dans le premier livre des Chroniques (1 Chroniques 18.5-6), Damas est nommée Darmasch au lieu de Damask. Quelques-uns dérivent le nom de Damasch, ou Damsak de l’hébreu Dam, sang, et sak, un juste, comme pour marquer que cette ville a été souillée du sang d’Abel. Damas a été ville épiscopale métropolitaine sous le patriarche d’Antioche ; mais aujourd’hui le patriarche grec d’Antioche y réside. Le temple de Damas passe pour un des plus beaux qu’aient les Turcs. Ils disent que ce temple fut d’abord bâti par les Sabiens, disciples de saint Jean-Baptiste, qui y conservaient le chef de ce saint précurseur suspendu à la voûte : ensuite les chrétiens s’en rendirent les maîtres, et en furent chassés par le Calif Valid, fils d’Abdalmelech, qui dépensa pendant plusieurs années tout le revenu qu’il tirait de la Syrie à l’embellir. Il y a un dôme magnifique qui porte le nom de dôme d’Aliat ; il est accompagné de plusieurs autres dômes de moindre grandeur, dont l’un s’appelle le dôme de la montée, ou de l’ascension de Mahomet au ciel : le troisième, le dôme de la résurrection des morts ; et le quatrième, le dôme de la balance ou du jugement dernier. Malgré toutes les révolutions qui sont arrivées à Damas, cette ville passe encore aujourd’hui pour une des plus belles et des plus considérables de l’Orient [L’Arabe Calid, surnommé le glaive de Dieu, à la tête des guerriers musulmans, prit Damas sur les chrétiens, qui devaient fuir et disparaître devant la face dévorante de l’Islam, devant cette religion nouvelle prêchée le sabre à la main, et dont les farouches sectateurs menaçaient d’asservir la terre tout entière. On peut lire dans Gibbon l’histoire du siège de la conquête de Damas par ces fanatiques enfants de Mahomet. Damas, après cela, fut l’objet de la convoitise des princes musulmans, le théâtre sanglant de leurs rivalités perpétuelles.
Au temps des Croisades, la douzième année du règne de Baudouin II les Francs de Palestine se mirent en route pour aller assièger Damas (décembre 1130) mais il leur sembla que Dieu s’opposait à leur entreprise, et ils revinrent sur leurs pas, quoique les hostilités eussent déjà commencé. Plus tard, sous Foulques d’Anjou, successeur de Baudouin 2.Zenghi, prince de Mossoul, se disposait à venir s’emparer de Damas ; le Sultan qui gouvernait cette ville, implora le secours des chrétiens, leur promettant de les aider à reprendre Panées, qui avait été récemment livrée à Zenghi. Ce dernier, à la vue de l’armée chrétienne, près de Damas, abandonna son dessein. Le sultan de Damas, reconnaissant, contribua puissamment à arracher à Zenghi la ville de Panées, qui revint ainsi en la possession des chrétiens. Dans la croisade de Louis VII et de Conrad (1145-1149), sous Baudouin III fils et successeur de Foulques, les chrétiens tentèrent de nouveau le siège de Damas ; après y avoir déployé beaucoup d’héroïsme, et au moment de saisir la victoire, la discorde, appelée par l’ambition des chefs, s’établit parmi eux, et ils furent obligés de se retirer. Plus tard, Saladin fut couronné sultan de Damas et du Caire. Afdal, son fils aîné, lui succéda à Damas ; il se livra à la débauche, et Malek Adhel, son oncle, lui fit la guerre au nom d’Aziz, autre fils de Saladin et sultan d’Égypte. Il prit Damas, en chassa Afdal, et s’y établit souverain.
En 1200, un tremblement de terre détruisit en partie cette ville. Quelques années après, Malek-Adhel, renonçant à la souveraine puissance, et partageant ses États entre ses fils, donna au second, c’est-à-dire à Coradin, la souveraineté de Damas. Cette capitale ne cessa pas d’être disputée par les princes musulmans, ambitieux et avides du pouvoir. Près de deux siècles s’écoulèrent pendant lesquels Damas ne jouit de la paix que par intervalles ; puis parurent les Tartares. « En 1401, dit M. Poujoulat, époque où ces conquérants barbares épouvantaient l’Orient de leurs victoires, Damas était défendue par les armées l’Égypte, et les compagnons de Timour ou Tamerlan furent d’abord repoussés. La révolte des mameluks ayant obligé le sultan de reprendre le chemin du Caire, les Damasquins, quoique réduits à leurs propres forces, continuèrent à résister. Timour offrit de lever le siège à des conditions que les habitants crurent pouvoir accepter. Mais le conquérant tartare viola le traité sous la foi duquel il avait pénétré dans la ville,. et ordonna le carnage à ses troupes… Le glaive n’épargna qu’une seule famille… Et un certain nombre d’artisans armuriers qu’on envoya à Samarcande ; c’est depuis ce temps que Damas a perdu ses fabriques de lames tant vantées. L’incendie fit de la capitale syrienne un monceau de cendres et de ruines, et le beau Barrady coula solitaire à travers les décombres et les jardins dévastés. »
Damas est appelée aujourd’hui par les Arabes El-Cham, la Syrie, parce qu’elle en est la capitale, et non point El-Chams, le soleil, selon quelques auteurs. Pokoke, Maundrel, Niebuhr, Volney, Ali-Bey, plusieurs voyageurs anglais modernes entre autres Richardson, ont parlé de Damas ; mais on connaît peu cette ville quand on ne l’a vue qu’a travers leurs récits, pleins, à la vérité, de détails curieux. M, Poujoulat, qui a aussi visité Damas, a fait sur cette antique cité le travail le plus intéressant et le plus complet qui existe jusqu’à ce jour. Voyez dans la Correspondance d’Orient, les lettres 145, 149 tome 6, pages 148-235. C’est principalement le tableau de la ville et des mœurs de ses habitants à notre époque. Nous y trouvons quelques traits que nous devons mentionner ici :
« Les peuples qui ont passé par Damas n’y ont laissé aucune trace de beaux monuments. La porte de Saint-Paul (Bab-Boulos), à l’orient, est le débris le plus remarquable de la vieille cité… La grande mosquée, celle qu’on a coutume de fermer en signe d’alarme, fut autrefois une église consacrée à saint Jean-Baptiste, selon les uns, à saint Jean Damascène, selon les autres ; quelques auteurs prétendent aussi que cette église était dédiée au prophète Zacharie et qu’elle date de l’empire d’Héraclius ; cette dernière opinion est fondée sur ce que dans le premier siècle de l’ère chrétienne, les fidèles et surtout les Grecs aimaient à placer leurs temples sous l’invocation des anciens patriarches et des prophètes. Les auteurs arabes nous apprennent que le calife Valid, an 86 de l’hégire, répara et embellit le monument ; ce qui a fait croire que la grande mosquée de Damas était l’ouvrage de ce calife. Je n’ai pas le temps de fouiller dans les vieilles origines pour déterminer avec une incontestable vérité, quel fut le premier fondateur de ce temple, sous quel saint patronage ce sanctuaire fut d’abord placé ; je me borne à dire que la grande mosquée est le plus beau monument de Damas ; l’édifice est d’architecture corinthienne ; la vue extérieure du monument présente des formes et un caractère qui rappellent les grandes œuvres du génie grec ; le premier âge de la foi chrétienne n’a rien enfanté de plus remarquable. « La nef du centre, dit Ali-Bey, cité par M. Poujoulat, renferme le sépulcre du prophète Jean, fils de Zacharie… ». Les musulmans damasquins croient posséder le tombeau de Jean-Baptiste ; avec un peu d’attention et de critique, on peut reconnaître leur erreur. C’est à Tibériade que le précurseur du Christ eut la tête tranchée ; les disciples de Jean l’ayant su, dit l’Évangile, vinrent prendre son corps et le mirent dans un tombeau. Il est donc bien évident qu’il faudrait chercher le sépulcre du fils de Zacharie dans la Galilée et non point à Damas… Une tradition musulmane annonce qu’à la fin du monde saint Jean descendra dans la grande mosquée de Damas, comme Jésus, d’après la même tradition, descendra dans le temple d’Omar à Jérusalem, et Mahomet dans le temple de la Mecque…
D’après les informations que j’ai prises, et par un calcul qui d’ailleurs ne peut être qu’approximatif, je porterai à cent trente mille environ le nombre des musulmans à Damas ; on compte à-peu-près deux mille Juifs, dix mille Grecs catholiques, cinq mille Grecs Schismatiques ; le reste de la population chrétienne est arménien et syrien…
Le faubourg du sud de Damas se nomme Rab-Allah (la porte de Dieu), parce qu’il fait face aux chemins de Jérusalem et de la Mecque…
À une heure de Damas, à l’est, les Israélites vont visiter, au village de Jobar, le tombeau d’Élisée, renfermé dans une synagogue. Pokoke dit que cette synagogue, autrefois une église grecque, marque le lieu Où le prophète Élisée couronna Hazael roi de Syrie, selon les ordres du Seigneur. On a remarqué que les habitants de Jobar ne coupent point le blé, mais qu’ils l’arrachent suivant une coutume mentionnée dans les livres saints. Le village de Bezé, à une demi-heure au nord de Jobar, indique la place où Abraham atteignit les quatre rois qui retenaient Loth prisonnier ; c’est, dit-on, sur la montagne voisine de Bezé que les quatre rois reçurent la sépulture…
Je ne me suis pas donné la peine d’aller voir ce qu’on appelle la grotte de Jérémie ; l’endroit du paradis terrestre où le Seigneur fit entendre au premier homme son arrêt de mort après son péché ; le lieu où coula le sang d’Abel ; ces traditions de localité ne supportent pas la critique.
Je reviens à Damas pour m’arrêter un moment au lieu où le persécuteur de l’Église, qui depuis fut saint Paul, se sentit frappé d’une lumière du ciel, et entendit une voix… Ce lieu est à un demi-mille de la ville, du côté de la porte de Saint-Paul, ou Porte orientale, à peu de distance du cimetière chrétien ; près de là se voit un massif de maçonnerie qui peut-être appartient à quelque chapelle bâtie en mémoire de la conversion de saint Paul. Cet homme… fut conduit miraculeusement à Damas, dans une rue appelée la rue Droite, et que les chrétiens montrent encore. Ananie, dont j’ai visité la maison souterraine, alla trouver Paul pour lui rendre la vue et le faire chrétien. Il tomba des yeux de Paul quelque chose qui ressemblait à des écailles ; le jour lui fut rendu, l’eau du baptême coula sur son front… Les Juifs, ne pouvant résister au nouvel Apôtre avec les armes de la parole, résolurent de le perdre. Celui-ci, averti du complot, ne trouva d’autre moyen de salut que la fuite. À la faveur des ombres de la nuit, ses disciples le descendirent dans une corbeille, le long du mur, et des catholiques grecs m’ont fait voir, près d’une porte murée, à l’Ouest de la ville, l’endroit par où saint Paul parvint ainsi à s’échapper… Le lieu consacré par le souvenir de la conversion de saint Paul fait partie d’un vaste terrain uni, inculte et sans arbres. C’est là que la caravane de la Mecque a coutume de se réunir tous les ans avant de se mettre en marche, sous la conduite du pacha de Damas…» Voyez Abana, raisin.
Dans un ouvrage récemment publié, M. Victor Hennequin, malheureusement affecté d’une manie qui consiste à parler avec assurance de beaucoup de choses qu’il n’a point étudiées, s’exprime dans les termes suivants : « Tyr, Babylone, Ninive, ont péri comme l’avaient prévu les poètes ; mais ils avaient prédit en termes non moins formels la destruction de Damas, aujourd’hui florissante. Prophétie d’Isaïe (Isaïe 17.1) contre Damas : Voilà que Damas va cesser d’être une ville, et elle deviendra comme un monceau de pierres d’une maison ruinée. Isaïe a prédit à faux la destruction de cette ville. » M. Hennequin ignore l’histoire de Damas. Plus d’une fois cette ville a cessé d’être une ville et présenté l’aspect d’une maison ruinée. « Damas, dit Barbié du Bocage, fut prise, pillée, incendiée, et ses habitants transférés par Téglath-Phalasar… à Kir… Cependant Damas s’était relevée de ce désastre, lorsque Nabuchodonosor y porta le fer et le feu, etc. Damas n’était plus une ville lorsqu’elle n’offrait aux regards qu’un monceau de décombres, et la prophétie d’Isaïe était alors vérifiée ; mais Isaïe n’a pas prédit que des ruines de Damas il ne sortirait point une autre ville de Damas. Le texte et les faits accusent l’auteur qui a donné lieu à notre remarque, et qui ne se doute même pas que les prophéties des poètes bibliques sont de l’histoire écrite à l’avance].
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
Immense oasis à la lisière du désert de Syrie, abritée au pied de l’Antiliban, arrosée par divers frais torrents (cf. 2 Rois 5.12) comme le Barada, qui assurent la fertilité de la plaine environnante, Damas devint certainement de fort bonne heure une halte des plus appréciées et un centre de caravanes fort important, entre les peuples de la Méditerranée et ceux de la Mésopotamie, comme entre l’Arabie et les rives de l’Oronte ; elle a toujours eu de nombreux khans ou caravansérails pour les marchands de passage (figure 60).
Une tradition populaire, qui subsiste encore de nos jours, fait de Damas la plus ancienne ville du monde. Son origine, en effet, est totalement inconnue. Josèphe (Antiquités judaïques, I, 6.4) en attribue la fondation à Uts, petit-fils de Sem ; et Nicolas de Damas, le biographe d’Hérode le Grand, dit qu’Abram y régna avant de se rendre en Palestine (ibid., I, 7.2, cf. Genèse 14.15).
Les premières mentions de la ville, dans le rapport des conquêtes du pharaon Thoutmès III, vers 1450 avant Jésus-Christ, et dans les tablettes de Tell el-Amarna, vers 1400, nous la montrent sous la suprématie égyptienne ; il semble pourtant qu’elle passa bientôt sous la domination hittite. Ramsès II (1292-1225), le pharaon qui opprima les Israélites en Égypte, arriva peut-être jusqu’à Damas ; en tout cas, lorsque l’empire hittite fut en décadence, Ramsès III (1198-1167) reconquit, mais pour peu de temps, cette ville, dont la population, vers cette époque, devint de plus en plus araméenne.
La conquête de Damas par David (2 Samuel 8.5 et suivants) ne semble pas être un fait historique ; si elle eut lieu, elle fut bien éphémère, puisque Rézon, fils d’Eljada, se révolta contre son maître, Hadadézer, roi de Tsoba, au cours de la guerre entre ce dernier et David, s’empara de Damas et y fonda, vers 950, une dynastie hostile aux Israélites (1 Rois 11.23-25).
Son successeur fut Hézion (1 Rois 15.18), à moins que celui-ci ne soit Rézon lui-même, comme quelques critiques le croient ; le fils de Hézion, Tabrimmon, fut l’allié d’Abijam (1 Rois 15.19), vers 916. Ben-Hadad Ier, fils de Tabrimmon, prêta son secours à Asa contre Baésa (1 Rois 15.16-22), vers 900, et obtint d’Omri des bazars à Samarie pour les marchands de Damas (1 Rois 20.34), vers 886. Ben-Hadad II (Bir-Idri ou Hadad-Idri en assyrien), qu’on identifie quelques fois, sans raison suffisante, avec Ben-Hadad Ier (cf. 1 Rois 20.34), est le vrai fondateur du royaume de Damas : 32 rois lui sont soumis (1 Rois 20.1). Tandis que son père avait imposé ses conditions de paix à Omri (1 Rois 20.34), Ben-Hadad II fut battu par Achab ; il avait assiégé le roi d’Israël dans sa capitale (1 Rois 20.1 et suivants, le siège de Samarie décrit en 2 Rois 6.24-7.20 semble être celui de 857), mais fit des conditions de paix si humiliantes qu’Achab, encouragé par un oracle prophétique, fit une sortie « et fit éprouver aux Syriens une grande défaite », vers 857. L’année suivante (1 Rois 20.22 et suivants) leur défaite fut encore plus décisive : Ben-Hadad choisit la plaine de Jizréel (Aphek) comme champ de bataille (l’Éternel avait triomphé à Samarie puisqu’il était « un dieu des montagnes »), mais son armée fut anéantie. Ben-Hadad se rendit sans conditions, et Achab, contrairement à l’avis des prophètes (1 Rois 20.35-43), offrit une paix honorable, sur la base du statu quo ante (verset 34) : il comprit qu’il n’aurait pu soumettre Damas pour longtemps et pressentait la menace assyrienne. La paix (cf. l’histoire de Naaman, 2 Rois 5) dura trois ans (1 Rois 22.1), au cours desquels Salmanasar III, roi d’Assyrie, se battit à Karkar (854) contre une coalition comprenant Hadad-Idri (Ben-Hadad) de Damas avec 1 200 chars, et d’autres princes.
Le roi assyrien se vante d’avoir vaincu ; mais il dut rentrer dans son pays sans avoir obtenu des résultats tangibles, et dut entreprendre deux autres campagnes contre Ben-Hadad (849 et 846), puis deux encore contre le successeur de ce dernier, Hazaël (842 et 839), sans pouvoir prendre Damas. En 843 Achab et Josaphat montèrent à Ramoth en Galaad, que Ben-Hadad n’avait pas rendue à Israël, bien qu’il l’eût promis : l’expédition réussit, mais Achab paya de sa vie la victoire (1 Rois 22). Hazaël, d’après 2 Rois 8.7-15, avait été reconnu par Élisée comme successeur de Ben-Hadad, et, en effet, gagna la couronne en étouffant le roi malade (842).
De 839 à 805 l’Assyrie n’attaqua point Damas, ce qui permit à Hazaël de ravager (Amos 1.3 et suivant, 2 Rois 8.12) et de conquérir (2 Rois 10.32 et suivant) les provinces de Jéhu à l’est du Jourdain : il tirait vengeance du roi qui ne l’avait pas aidé contre Salmanasar en 839. Hazaël continua d’opprimer Israël pendant le règne de Joachaz (2 Rois 13.3 ; 2 Rois 13.22) ; les 2 000 chars de guerre d’Achab furent réduits à 10 sous Joachaz (2 Rois 13.7). Hazaël marcha vers le sud et conquit Gath ; Juda n’échappa qu’au prix d’une forte indemnité (2 Rois 12.17 et suivant, cf. 2 Chroniques 24.23 et suivants).
Au début du règne de Ben-Hadad III (2 Rois 13.3), Damas conserva sa puissance, mais pour peu de temps : Adad-Nirari III envahit son royaume en 805, l’assiégea et exigea une forte somme ; Joas en profita pour reprendre les villes enlevées par Hazaël à Israël (2 Rois 13.25), et Zakir, roi de Hamath (était-il allié des Assyriens ?), se vante, sur une stèle trouvée en 1903 par M. Pognon près d’Alep, que son dieu le délivra d’un siège de Bar-Hadad fils de Hazaël, qui était à la tête d’une coalition des princes araméens. Désormais l’Assyrie ne cessera de tracasser Damas jusqu’à la prise de la ville par Tiglath-Piléser III en 732. En 772 Assour-dan III attaqua Damas (dont le roi était peut-être Tabéel, nommé Ésaïe 7.6), et Jéroboam II rétablit Israël dans son étendue intégrale (2 Rois 14.25). Pour se défendre contre Tiglath-Piléser III (745-727), Retsin de Damas et Pékah d’Israël formèrent une alliance (734). Achaz de Juda se refusa à intervenir et fut attaqué par les alliés, sur quoi il fit appel à Tiglath-Piléser III (2 Rois 16.5 et suivants, Ésaïe 7.1 et suivants, cf. 2 Chroniques 28.5-18 : lire Édomites au lieu de Syriens dans 2 Rois 16.6). Le roi d’Assyrie avait soumis la Phénicie et le pays des Philistins en 734 ; Samarie et Damas étaient isolées : en 733 Pékah fut tué par Osée qui fit acte de soumission ; en 732 Tiglath-Piléser dévasta 591 villages du royaume de Damas, Retsin fut exécuté (2 Rois 16.9) et 800 habitants furent déportés à Kir (ibid., Amos 1.5) ; désormais Damas était une province assyrienne. À l’exception d’une mention faite, par Sargon, Damas n’est plus nommée dans les sources assyriennes.
Sous les Perses (538-333), Damas prospéra de nouveau ; Cambyse y mourut, Darius y plaça sa famille avant la bataille décisive contre Alexandre (Issus). Dans la période hellénistique, Damas perdit beaucoup de son importance, par le développement commercial que prit Antioche. Vers 85, Damas passa sous la domination des Nabatéens (Arétas) et, en 64, Pompée y établit l’autorité romaine. Quand Paul visita Damas au temps de Caligula (37-41 après Jésus-Christ), un autre Arétas roi des Nabatéens y régnait sous l’égide de Rome (2 Corinthiens 11.32). Après la conquête arabe (634) Damas supplanta Antioche en importance, et, pour un siècle (650-750), elle fut la capitale du califat omeyade, comme ensuite du royaume de Saladin (1137-1183).
Pour la conversion de Paul sur le chemin de Damas (d’où la locution désignant une révélation soudaine : trouver son chemin de Damas), et pour la portée de ce fait, voir Paul.
Bibliographie
- Voir Israël, Assyrie et Babylonie
- E.G.H. Kraeling, Aram and Israël, New York, 1918
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
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