Dictionnaires bibliques
Creche
Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Creche », un article après l’autre.
Dictionnaire de la Bible (Bost)
L’humble et premier berceau du Fils de Dieu qui s’est fait fils de l’homme (Luc 2.7). Si l’étable dans laquelle naquit notre Sauveur, était en effet pratiquée dans le roc, ainsi que le disent la plupart des anciens pères, il est possible que la crèche ait aussi été taillée dans les flancs de la caverne, mais on peut croire qu’une auge de bois la garnissait intérieurement, et que c’est dans cette auge que Jésus fut placé. D’autres prétendent que cette crèche était de terre, et qu’elle fut remplacée par une crèche d’argent. Même observation ici que sur la couronne d’épines, il suffit d’aller voir sur les lieux ; cette crèche miraculeuse se trouve à Rome dans l’église Santa-Maria Maggiora ; elle est de bois. Est-elle authentique, c’est une autre question : on ne risque rien de la mettre avec les saints langes que l’on montre à Saint Paul, quoiqu’il y en ait aussi quelques fragments en Espagne ; avec le saint berceau et la sainte chemise que l’on montre en la même ville de Rome, tous menus fatras dont les pères ne disent mot. Bien sûr est-il que si ces objets étaient à Jérusalem lorsque cette ville fut détruite, ils furent détruits avec elle ; que s’ils n’y étaient plus, et qu’ils fussent déjà à Rome, il n’en est toutefois point encore question du temps de saint Grégoire, à la fin du sixième siècle, et dès lors cette ville a été mainte et mainte fois prise, pillée et saccagée. « Il n’y a nul de si petit jugement qui ne voie la folie ». Calvin.
Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com
L’article dans BostDictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)
Proesepe, ou Proesepium ; mangeoire des animaux. Saint Luc raconte (Luc 2.7) que la sainte Vierge et saint Joseph n’ayant pu trouver place dans l’hôtellerie publique, furent obligés de se retirer dans l’étable, où la sainte Vierge mit au monde Jésus-Christ, et l’ayant emrnaillotté, le coucha dans une crèthe. Les anciens Pères qui parlent du lieu de la naissance du Sauveur, marquent toujours qu’il naquit dans une caverne creusée dans le roc. Saint Justin et Eusèbe disent que ce lieu n’est pas dans la ville de Bethléhem, mais à la campagne et près de la ville. Ils en devaient être mieux informés que d’autres, puisque saint Justin était du pays, et qu’Eusèbe y avait sa demeure. Saint Jérôme met cette caverne à l’extrémité de la ville de.Bethléhem, vers le midi. [Voyez Bethléem].
La sainte Vierge fut obligée de mettre l’enfant Jésus nouveau-né dans la crèche de l’étable où elle était, parce qu’elle n’avait point de berceau, ni d’autre lieu où elle pût le placer. La crèche était apparemment ménagée dans le rocher, et il pouvait y avoir, au dedans de la crèche de pierre, une auge de bois, où l’enfant Jésus fut couché. La crèche que l’on conserve à Rome est de bois. Un auteur latin, cité dans Baronius sous le nom de saint Chrysostome, dit que la crèche où Jésus-Christ fut mis, était de terre, et qu’on l’avait ôtée pour mettre en sa place une crèche d’argent.
Les peintres ont accoutumé de représenter auprès de la crèche du Sauveur un bœuf et un âne. On cite pour ce sentiment ce passage d’Isaïe (Isaïe 1.3) : Le bœuf a reconnu son Maître, et l’âne la crèche de son Seigneur ; et ces autres d’Abacuc (Abdias 3.2) : Vous serez connu au milieu de deux animaux ; et plusieurs Pères, qui disent que Jésus-Christ dans la crèche a été reconnu par le bœuf et par l’âne l’auteur du poeme sous le nom de Lactance est exprès pour ce sentiment ; aussi bien que l’auteur du livre des Promesses, cité sous le nom de saint Prosper. Mais, nonobstant ces autorités, plusieurs crititiques doutent que le bœuf et l’âne aient été dans l’étable de Bethléhem ; ni l’Évangile, ni les plus anciens Pères ne l’ayant poiiit remarqué ; et les passages d’Isaïe et d’Abacuc, que l’on cite pour le prouver, ne le marquant pas distinctement,
Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com
L’article dans CalmetDictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)
L’Ancien Testament parle de crèche pour l’âne (Ésaïe 1.8), le bœuf (Proverbes 14.1), le buffle (Job 39.1).
Dans le Nouveau Testament, Luc seul emploie ce mot et quatre fois : à l’occasion de la naissance de Jésus (Luc 2.7 ; Luc 2.12 ; Luc 2.16), et à propos du sabbat, dans une question qui parle de bœuf et d’âne (Luc 13.15). Le mot grec phatnè signifie mangeoire ou râtelier, donc crèche dans son sens le plus simple ; mais il pouvait aussi désigner le contenant, c’est-à-dire l’enclos même où l’on enfermait le bétail. Le mot catalunia, traduit « hôtellerie » dans Luc 2.7, n’est pas non plus très défini (voir Hôtellerie) ; il désigne ordinairement un caravansérail, mais quelquefois aussi une salle de repas (Luc 22.11). De plus, il n’est pas sûr qu’il y eût un rapport entre l’hôtellerie et une crèche (Luc 2.7) ; le texte ne dit pas : la crèche. Donc ce verset semble impliquer au moins ceci : Marie, faute de place dans la salle des voyageurs, coucha l’enfant dans le coin réservé aux bêtes. C’est l’essentiel de la tradition.
Dès le début du IIe siècle une tradition persistante veut que Jésus soit né dans une caverne. Quelle que soit l’origine de ce récit, il n’est pas incompatible avec ce qui précède, car on abritait parfois les montures dans des excavations naturelles attenant aux auberges, comme il se fait toujours dans les pays accidentés. Bien des visiteurs modernes ont vu en Palestine des arrangements de ce genre. L’église de la Nativité, à Bethléhem, est bâtie sur une grotte, dont la mangeoire a été transportée à Rome. Voir Dalman, Les itinéraires de Jésus, p. 61ss.
Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com
L’article dans Westphal