Dictionnaires bibliques

Chypre

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Chypre », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

(avant Cypre)

Une des îles de la Méditerranée, située au sud de l’Asie mineure et non loin des côtes de la Syrie. Grande, riche et fertile, elle donnait en abondance de l’orge, de l’huile, des grenades, des figues et du vin ; ses montagnes recelaient des pierres précieuses et des métaux recherchés, et c’est de cette île que le cuivre (ses cyprium) a reçu son nom. La position de Chypre était une des plus avantageuses pour le commerce, et toutes ses villes s’enrichissaient par ce moyen, Salamis, Paphos, Citium, Amathus, Arsinoé, Soli, etc. Les Juifs n’avaient pas été des derniers à s’y établir pour y faire des spéculations, et ils s’y trouvaient en grand nombre lors du passage de Paul. Les Chypriotes avaient une réputation bien établie de mollesse, de volupté, de luxe et de débauche : l’extrême douceur du climat favorisait chez eux tous ces penchants, et c’était à Vénus qu’ils rendaient leurs hommages. Les voyageurs modernes parlent encore avec enthousiasme de ce petit paradis terrestre, et c’est là, si nous ne nous trompons, que M. Lamartine aurait voulu finir ses jours, si la patrie ne l’avait pas réclamé.

Jusqu’au règne d’Alexandre, l’île fut divisée en neuf petites principautés, d’abord sous la domination perse, puis sous celle des Macédoniens. Sous les Maccabées elle devint l’apanage de Ptolémée ; Caton l’Ancien la soumit à Rome ; Auguste en fit d’abord une province de son vaste empire, gouvernée par un préteur, puis il finit par l’émanciper, et nous la voyons (Actes 13.7), gouvernée par un proconsul chypriote.

Paul, Marc et Barnabas y arrivèrent de Séleucie, prêchèrent à Salamis, dans les synagogues, et se répandirent de là dans toute l’île pour annoncer l’Évangile aux païens. Ils trouvèrent à Paphos, résidence du proconsul Serge Paul, un enchanteur ou faux prophète juif nommé Bar-Jésus, qui voulut s’opposer à la doctrine chrétienne, et tâchait de détourner Serge de la foi ; mais Paul frappa ce malheureux d’un aveuglement momentané, ce que le proconsul ayant vu, il crut et fut rempli d’admiration pour la doctrine du Seigneur.

Plus tard, Barnabas retourna à Chypre avec Marc (Actes 15.39) ; la tradition porte même qu’après avoir été évêque de cette île, il y trouva le martyre, qu’il fut lapidé par les Juifs de Salamis, et que son corps fut retrouvé sous le règne de l’empereur Zenon, ayant sur la poitrine un Évangile de Matthieu, qu’il avait copié lui-même de sa propre main.

Conquise par les Arabes, reprise par Richard-Cœur-de-Lion, Chypre fut, pendant plusieurs siècles, gouvernée par des rois de la famille des Lusignan, jusqu’en 1489 ; elle fut ensuite vendue aux Vénitiens, et appartient aux Turcs depuis 1571 ; ils l’ont réduite à l’état le plus déplorable.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

Ou Cypre

Île fameuse dans la Méditerranée. Elle est la plus grande île de cette mer, et située entre la Cilicie et la Syrie. Elle a cent vingt lieues de tour. On en tirait du vin excellent, de l’huile, du miel, de la laine, du cuivre et du cristal l’air qu’on y respirait était doux et pur, et ses habitants étaient plongés dans le luxe et perdus de débauche. Leur principale divinité était Vénus qui y était adorée plus qu’en aucun autre lieu du monde l’île avait reçu des colonies phéniciennes bien longtemps avantque des colonies grecques ne vinssent, postérieurement à la guerre de Troie, y former des établissements. Il y avait, entre autres villes d’origine phénicienne, une place nommée Cittium, dont le nom a servi en partie à motiver le rapprochement que l’on a établi entre le mot Cethim des écrivains sacrés et l’île de Chypre l’île renfermait neuf villes assez considérables pour avoir chacune un roi. Ces rois furent d’abord tributaires de la Perse, ensuite d’Alexandre, et, après ce conquérant, des rois de Syrie l’île passa des mains de ces derniers dans celles des Romains. Après la mort de saint Étienne, l’île de Chypre fut le refuge d’une partie des chrétiens qui quittèrent Jérusalem.

Saint Paul et saint-Barnabé, étant partis d’Antioche (Actes 13.4-6), s’embarquèrent à Séleucie, et arrivèrent dans l’île de Chypre. Étant dans la ville de Salamine, ils prêchèrent Jésus-Christ dans les synagogues des Juifs, et de là ils se répandirent dans toutes les villes de l’île, annonçant partout l’Évangile. Étant à Paphos, ils y trouvèrent un faux prophète, nommé Bar-Jésu, qui était avec le proconsul ou gouverneur de l’île, nominé Sergius Paulus. Ce faux prophète s’opposait à la prédication de Paul, et empêchait que le proconsul ne crût en Jésus-Christ ; mais saint Paul le frappa d’aveuglement, et le proconsul, touché de ce prodige, embrassa la foi (an de Jésus-Christ 44).

Quelque temps après (an de Jésus-Christ 51), saint Barnabé alla de nouveau dans cette île, accompagné de Jean-Marc (Actes 15.39). Il est considéré comme le principal apôtre et le premier évêque de Chypre. On dit qu’il y souffrit le martyre, ayant été lapidé par les Juifs de la ville de Salamine ; et son corps y fut trouvé, du temps de l’empereur Zénon, ayant sur sa poitrine l’Évangile de saint Mathieu, que saint Barnabé avait copié de sa propre main.

Quelques auteurs croient que c’est de la vigne ou du raisin de Chypre que parle Salomon dans le Cantique (Cantique 1.13) ; et M. Welland, qui a visité cette île, dit : « La vigne de Chypre, célébrée par Salomon, n’a rien perdu de son antique gloire ; elle couvre encore, comme aux premiers temps, les côteaux voisins de Litnissol. » Mais, suivant d’autres, il ne s’agit point, dans le Cantique, du raisin de l’île de Chypre (Voyez Cypre, arbrisseau, article suivant). « Dans la plus haute antiquité, dit encore M. Michaud, les femmes de l’île de Chypre avaient coutume de se rendre en procession aux bords de la nier, et de célébrer, par des hymnes et des danses, la naissance de Vénus et la fête d’Adonis. On a conservé jusqu’à nos jours quelque chose de cet usage antique ; il n’est plus question d’Adonis ni de Vénus, mais on se rassemble encore au bord de la mer pour se livrer au plaisir et à la joie, et c’est le second jour de la Pentecôte, qu’on a choisi pour cette commémoration païenne. » Cette île qui avait autrefois neuf royaumes différents et quinze villes richement peuplées, est maintenant déserte, pour ainsi dire : « Elle n’a plus que trente mille âmes. Elle serait la plus belle colonie de l’Asie Mineure ; elle nourrirait et enrichirait des millions d’hommes : partout cultivable, partout féconde, boisée, arrosée, avec des rades et des ports naturels sur tous ses flancs ; placée entre la Syrie, la Caratnanie, l’Archipel, l’Égypte et les côtes de l’Europe, ce serait le jardin du monde. »

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

Grande île, située dans l’angle nord-est de la Méditerranée, à 75 km environ des côtes d’Asie Mineure et de Syrie. Elle a environ 220 km dans sa plus grande longueur et 70 km de largeur moyenne. Sa superficie totale est de 9 600 km carrés. C’est par l’étendue la troisième île de la Méditerranée (après la Sicile et la Sardaigne). Elle a joué un rôle important dans l’histoire de l’antiquité à cause de ses richesses naturelles et de sa fertilité. Elle exportait surtout des bois de cèdre et de cyprès et du cuivre. Ce métal y était extrêmement abondant : le mot cuivre est dérivé de kupros, le nom grec de l’île. Chypre était aussi renommée pour ses sanctuaires de la déesse Aphrodite, en particulier celui de Paphos, le plus célèbre du monde antique. Sa population primitive était probablement d’origine grecque. D’ailleurs la plupart des races se sont mêlées dans l’île de Chypre, qui a toujours été plus ou moins sous le joug étranger. Elle a d’abord été colonisée par les Phéniciens, qui y ont introduit le culte syrien d’Aphrodite. Au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, elle tomba avec la Phénicie sous le joug assyrien ; plus tard les Égyptiens s’en emparèrent (environ 560), puis les Perses (525), enfin Alexandre le Grand (333). Après la mort d’Alexandre elle échut aux Ptolémées (2 Macchabées 10.13). En 59 elle devint province romaine.

Chypre est mentionnée plusieurs fois dans l’Ancien Testament sous le nom de Kittim. Kittim était un port de l’île (aujourd’hui Larnaka), désigné par exemple dans 1 Macchabées 1.1. Ce nom désigne par extension, non seulement l’île entière, mais parfois même l’Occident (Nombres 24.24 ; Daniel 11.30). On a aussi identifié, mais à tort, avec Chypre le Caphtor (voir ce mot) de Jérémie 47.4 et Amos 9.7.

Il ressort du livre des Actes que l’île de Chypre était souvent sur la route maritime entre Palestine et Occident (21.3, 27.4, etc.), et que ce fut une des premières contrées qui reçurent le message de l’Évangile. Une colonie juive importante s’y était formée dès le IIIe siècle avant Jésus-Christ, et s’y adonnait au commerce. Quelques chrétiens, chassés de Jérusalem par la persécution qui suivit la mort d’Étienne, s’y réfugièrent (Actes 11.19) et y introduisirent le christianisme. C’est par l’évangélisation de cette île que débuta l’activité missionnaire de saint Paul (Actes 13.4-13). Barnabas qui l’accompagnait était d’ailleurs originaire de l’île (Actes 4.36). Les deux apôtres traversèrent Chypre dans sa longueur de l’est à l’Ouest, de Salamine à Paphos (aujourd’hui Baffa). C’est pendant ce séjour que se place l’épisode de Bar-Jésus et la conversion du proconsul Sergius Paulus. Lors du 2e voyage, quand Paul et Barnabas se séparèrent, Barnabas retourna à Chypre avec Marc (Actes 15.39).

Le livre des Actes mentionne encore un autre chrétien originaire de Chypre, Mnason, qui fut l’hôte de Paul à Jérusalem pendant le dernier séjour de l’apôtre dans cette ville (Actes 21.16).

Nous ignorons comment le christianisme se développa dans l’île pendant les premiers siècles de l’Église. En 395, au moment de la division de l’empire romain, elle fut attribuée à l’empire d’Orient. À partir du VIIIe siècle, elle fut longtemps disputée entre Byzance et les Arabes. Richard Cœur de Lion s’en empara en 1191 et la vendit à Guy de Lusi-gnan, dont la famille régna plusieurs siècles sur les Cypriotes. Elle passa encore sous la domination des Vénitiens, puis des Turcs et fut enfin cédée par la Porte à l’Angleterre en 1878.

Chypre est aujourd’hui déchue de sa splendeur passée ; ses richesses minérales sont épuisées, ses forêts détruites, son climat malsain ; sa population n’a pas cessé de diminuer depuis le Moyen âge.

Jean M.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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