Dictionnaires bibliques

Apollos

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « Apollos », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

Juif d’Alexandrie, qui arriva à Éphèse dans le temps même où Paul entreprenait son troisième voyage à Jérusalem. C’était un homme éloquent, et profondément versé dans les Écritures. Quoiqu’il ne connût encore que le baptême de Jean, il enseignait avec chaleur les choses qui regardaient le Seigneur Jésus. Aquilas et Priscille l’ayant entendu prêcher avec hardiesse dans la synagogue, le prirent chez eux et l’instruisirent plus à fond de la doctrine chrétienne. Il partit d’Éphèse pour l’Achaïe, muni de lettres de recommandations, et il fut très utile aux nouveaux convertis en les affermissant dans la foi. De Corinthe il se rendit dans l’île de Crète avec Zénas ; puis à Éphèse, où il était lorsque Paul écrivait sa première lettre aux Corinthiens (Actes 18.24 ; 19.1 ; 1 Corinthiens 16.12 ; Tit. 3.13). Quelques personnes pensent que la prédication d’Apollos à Corinthe y avait occasionné le schisme dont Paul fait mention dans sa première épître ; mais d’autres, et cette opinion paraît plus vraisemblable, croient que Paul emploie les noms d’Apollos et de Céphas par ménagement pour les vrais auteurs du schisme, pour généraliser ses observations et pour rendre ses raisonnements d’autant plus concluants (1 Corinthiens 1.12 ; 3.4-6 ; 4.6).

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

Apôtre chrétien d’origine juive, collaborateur et continuateur de Paul. Ce nom est une abréviation d’Apollonius, forme extrêmement commune dans les inscriptions du temps, et donnée par le manuscrit D, Actes 18.24.

1. Sources

1 Corinthiens 1.12 ; 1 Corinthiens 3.4-6 ; 1 Corinthiens 3.22 ; 1 Corinthiens 4.6 ; 1 Corinthiens 16.12 ; Actes 18.24-28 ; Actes 19.1, peut-être aussi Tite 3.13.

2. Origines et formation

D’après les Actes, Apollos était Juif d’Alexandrie, éloquent, érudit et versé dans l’exégèse de l’Ancien Testament ; la même source nous donne un autre renseignement très curieux : Apollos était déjà chrétien avant son arrivée à Éphèse où il rencontra Paul et ses disciples. Il enseignait en effet, « avec ferveur et avec exactitude ce qui concerne Jésus… et prêchait hardiment dans la synagogue ». Mais son christianisme se distinguait de celui de Paul par le fait qu’il ne connaissait pas d’autre baptême que celui de Jean-Baptiste. Il ignorait donc et le baptême chrétien seulement par l’Esprit, dont parlent par exemple Marc 1.8 ; Actes 1.6, et le baptême chrétien par l’eau et par l’Esprit (Jean 3.5 et épîtres de Paul) en usage dans les églises pauliniennes. Aussi Apollos a-t-il dû être converti à Alexandrie ou ailleurs, par des missionnaires de la première heure ou du moins de la première espèce qui, comme Jésus et ses premiers disciples, n’avaient reçu d’autre baptême que celui de Jean.

3. Conversion à l’Évangile paulinien

C’est à Éphèse qu’il reçut, d’Aquilas et de Priscille, l’enseignement chrétien complémentaire (Actes 18.26). Nous ne savons au juste si le baptême chrétien lui fut imposé. C’est extrêmement probable, d’après l’analogie de certains « disciples » mentionnés dans Actes 19.1-7, qui étaient à peu près dans le même cas.

4. Rôle dans l’Église

Apollos se rendit d’Éphèse à Corinthe (Actes 19.1 ; 1 Corinthiens 1.12), où sa prédication fut tellement appréciée qu’un parti spécial se groupa autour de lui (1 Corinthiens 1.12 ; 1 Corinthiens 3.4-6 ; 1 Corinthiens 3.22). Paul condamna ce schisme comme tous les autres, mais conserva à Apollos, qu’il considérait comme le continuateur de son œuvre, et sa confiance et son affection ; il l’exhorta même à retourner à Corinthe, qu’il avait quittée entre temps (1 Corinthiens 4.6 ; 1 Corinthiens 16.12). Cela prouve qu’Apollos, comme d’ailleurs Paul lui-même, n’a été que l’auteur involontaire de ces séparations. Nous ne savons rien sur son sort ultérieur, vu que l’identité du chrétien de même nom, mentionné par Tite 3.13, avec le nôtre n’est pas assurée.

5. Écrits d’Apollos

Comme Apollos, d’après les Actes, excellait dans la démonstration de la messianité de Jésus par une exégèse de l’Ancien Testament qui, étant donnée sa formation alexandrine, c’est-à-dire philonienne, ne pouvait être que l’explication allégorique et typologique, Luther et d’autres ont voulu lui attribuer l’épître anonyme adressée « aux Hébreux » (voir Luther, édition Colangen, VII, 181 ; XVIII, 38). Cette hypothèse est généralement abandonnée de nos jours (voir Hébreux), mais l’enseignement de l’épître aux Hébreux peut cependant donner une idée assez exacte de ce que devait être celui d’Apollos.

6. Tradition catholique

L’Église a canonisé Apollos avec un grand nombre de chrétiens du même nom et lui a consacré le 9 décembre.

Jean H.

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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