Dictionnaires bibliques

André

Ce que les dictionnaires bibliques disent de « André », un article après l’autre.

Dictionnaire de la Bible (Bost)

Fils de Jonas, frère de Simon Pierre, et pêcheur comme lui, était de Bethsaïda, et fut un des premiers disciples de Jean-Baptiste. C’est aussi lui que Jean 1.35-42, nous montre comme le premier de ceux qui se joignirent à Jésus : il suivait le Maître timidement et sans lui adresser la parole, jouissant en silence de cette divine compagnie, ignorant même, peut-être, que Jésus l’eût aperçu. Mais Jésus s’approcha de lui (cf. Jacques 4.8) et le conduisit dans sa propre demeure où il le logea, car le jour était déjà avancé. Toutefois ce ne fut que plus tard que Jésus l’appela comme apôtre sur les bords de la mer de Galilée (Matthieu 4.18 ; Marc 4.16), et dès lors il accompagna le Seigneur jusqu’à la fin. Son caractère était moins vif et moins ardent que celui de son frère, et son rôle fut modeste ; nous ne le voyons qu’une fois seul dans la compagnie des trois grands apôtres (Marc 13.3). Il paraît avoir été lié plus particulièrement avec Philippe, qui le consulta (Jean 12.22), sur le désir de quelques Grecs de voir Jésus (cf. aussi Jean 6.7-8). Après la Pentecôte, la tradition nous le montre tournant ses pas vers la Scythie, puis vers Byzance où il aurait établi Stachys (Romains 16.9), comme premier évêque de cette future métropole. Partout il eut à combattre la magie et la foi au démon, et il le fit avec puissance et par des prodiges qui lui obtinrent des succès signalés. Il paraît qu’après avoir prêché l’Évangile dans la Grèce, il souffrit le martyre à Patras, en Achaïe.

Dictionnaire de la Bible — Jean-Augustin Bost, source levangile.com

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Dictionnaire historique et critique de la Bible (Calmet)

André (1)

Capitaine des gardes de Ptolémée Philadelphe, roi d’Égypte, qui inspira à ce prince la résolution de donner la liberté à cent vingt mille Juifs qui demeuraient dans ses États. Il fut appuyé dans sa demande par Aristée, Zozibe et Tharentin, aussi gardes de Philadelphe. Tout cela n’est fondé que sur le récit d’Aristée dans son histoire des Septante interprètes, qui passe dans l’esprit de plusieurs savants pour une fable faite à plaisir. Voyez Aristée.

André (2)

Apôtre de Jésus-Christ, était natif de Bethzaïde, et frère de saint Pierre. Il fut d’abord disciple de saint Jean-Baptiste, qu’il quitta pour suivre le Sauveur, après le témoignage que saint Jean lui rendit, en disant : Vous êtes l’Agneau de Dieu qui ôtez les péchés du monde. Il suivit le Sauveur avec un autre disciple de Jean, et alla dans la maison où logeait Jésus (Jean 1.39). Il y demeura depuis environ quatre heures du soir, jusqu’a la nuit. C’est le premier disciple que Jésus reçut à sa suite.

André lui amena son frère Simon, ou Pierre, et ils passèrent un jour avec lui (Jean 1.41) ; après quoi ils allèrent aux noces de Cana, et enfin retournèrent à leur occupation ordinaire. Quelques mois après, Jésus les ayant rencontrés qui pêchaient ensemble, les appela tous deux, et leur promit de les faire pêcheurs d’hommes. Ils quittèrent aussitôt leurs filets pour ne se séparer jamais de sa personne (Matthieu 4.19).

L’année suivante, Jésus-Christ étant dans le désert au de la de la mer de Galilée, demanda à ses disciples comment il donnerait à manger à cinq mille hommes qui l’avaient suivi. Saint André lui dit qu’il y avait là deux poissons et cinq pains d’orge (Jean 6.9). Peu de jours avant la Passion, quelques gentils ayant désiré voir Jésus-Christ, ils s’adressèrent à saint Philippe, qui en parla à saint André, et tons deux ensemble le dirent au Sauveur (Jean 10.11-22). Deux ou trois jours après, saint André et quelques autres apôtres demandèrent à Jésus-Christ quand la ruine du temple devait arriver. Voilà ce que l’Évangile nous apprend de ce saint apôtre [On publia sous le nom de saint André un Évangile et des Actes, que le concile de Rome, sous le pape Gélase, rejeta comme apocryphes. J’ignore s’il reste quelque chose de Évangile de saint André ; quant à ses Actes, qui étaient reçus par les Manichéens, saint Augustin dans son traité de la Foi contre ces hérétiques, en cite deux passages, qui étaient contraires au mariage. L’Adversaire de la loi et des prophètes, réfuté par le même Père, les avait allégués en plus d’un endroit. M. Dujardin, envoyé en Égypte par M. de Salvandy, ministre de l’instruction publique, a trouvé, entre autres manuscrits, une copie des Actes de saint André, écrite en dialecte saïdique].

Quelques Anciens croient que saint André prêcha dans la Scythie (Eusèbe, Origène…). D’autres, assurent qu’il prêcha dans la Grèce ; mais les uns croient que ce fut dans l’Épire, les autres dans l’Achaïe, d’autres à Argos. Les nouveaux Grecs lui attribuent la fondation de l’Église de Byzance, Constantinople ; ce qui n’est connu par aucun Ancien. Les actes de son martyre, qui sont assez anciens, mais que les critiques ne croient point originaux, portent qu’il fut martyrisé à Patras en Achaïe, ayant été condamné à mourir sur la croix, par Egée, proconsul de cette province. On ne sait point en quel temps il a été martyrisé ; mais tous les martyrologes anciens et nouveaux des Grecs et des Latins conviennent à mettre sa fête le 30 de novembre. Son corps fut enterré à Patras, où il avait été crucifié. De là il fut transporté à Constantinople, où il fit grand nombre de miracles. On voit aujourd’hui dans l’église de Saint-Victor, de Marseille, une croix que l’on croit être celle où saint André fut attaché. Elle est de la figure d’une croix ordinaire ; elle est enfermée dans une châsse d’agent. On ne sait pourquoi le peintres nous représentent la croix de sait André comme un 10. Saint Pierre Chrysologue dit qu’il a été crucifié à un arbre. Le faux saint Hippolyte assure qu’il l’a été à un olivier. Toutefois la tradition qui le représente attaché à une croix de saint André est assez ancienne.

Dictionnaire historique et critique de la Bible — Augustin Calmet, source levangile.com

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Dictionnaire encyclopédique de la Bible (Westphal)

(signifiant : viril ; nom grec, porté chez les Juifs depuis l’époque séleucide).

L’un des Douze, frère de Simon Pierre ; ils étaient fils de Jona ou Jean (Matthieu 16.17 ; Jean 1.42) et originaires de Bethsaïda sur le lac de Génézareth (Jean 1.44) mais habitaient ensemble à Capernaüm (Marc 1.29), y vivant de leur pêche. Luc 5.9 dit à ce sujet que Jacques et Jean, fils de Zébédée, étaient « associés » de Simon : le même terme grec (koïnônos) a été trouvé entre autres dans un contrat de pêcheurs égyptiens du IIe siècle, où « Hermès prend Corneille comme son « associé », dans la proportion du sixième du prix de location annuelle du lac ». André, avant de connaître Jésus, a entendu Jean-Baptiste et s’est attaché a lui (Jean 1.35 ; Jean 1.40) ; il est l’un de ses deux disciples (l’autre, anonyme, étant fort probablement Jean, fils de Zébédée) auxquels le Précurseur montre Jésus, qu’ils se mettent à suivre aussitôt, dans l’attente respectueuse d’un enseignement nouveau : c’est ainsi qu’ils obtiennent de lui cet inoubliable entretien de « la dixième heure » (fin de l’après-midi), si révélateur pour André, qu’il en porte immédiatement la nouvelle à Simon, en un témoignage spontané qui est le cri du cœur d’un ardent messianiste.

D’après Jean 1.41 dans le manuscrit du Sinaï, « il fut le premier à trouver son frère, Simon » : cette remarque sous-entend que son compagnon fut le second à faire la même chose, c’est-à-dire que Jean alla chercher Jacques ; quoi qu’il en soit, André mérite bien le titre que lui donnent les anciens auteurs chrétiens : prôtoklélos = premier appelé ; il a le mérite, plus grand encore, d’être celui qui « amena à Jésus » son futur grand apôtre Pierre (Jean 1.35-42). Il est ainsi le premier missionnaire, dès cette première rencontre avec leur nouveau Maître, sans attendre la vocation précise à l’apostolat que Jésus leur adresse un peu plus tard, au bord du lac où les pêcheurs ont repris leurs filets, et les abandonnent à son appel (Marc 1.16ss ; Matthieu 4.18 et suivants).

Si les synoptiques ne mettent plus en scène André, ses deux autres apparitions dans le quatrième Évangile le montrent agissant avec Philippe, et dans les deux cas encore « amenant quelqu’un à Jésus » : la première fois, c’était son frère, ensuite c’est le petit garçon aux cinq pains et deux poissons, dont il regrette l’insuffisance (Jean 6.8 et suivant), enfin ce sont les Grecs anxieux de voir Jésus (Jean 12.20-22) ; il est donc aussi — déjà — missionnaire en dehors d’Israël. Ces traits de caractère intentionnellement conservés par le quatrième Évangile sont confirmés par la place qu’il occupe dans toutes les listes des Douze : (Marc 3.18 ; Matthieu 10.2; Luc 6.14 ; Actes 1.13) il fait partie du premier groupe, celui des quatre plus proches du Christ, qui sont encore nommés ensemble une fois (Marc 13.3) ; mais si les listes de Matthieu et Luc le joignent à son frère, il est pourtant celui des quatre qui n’appartient pas au cercle des trois intimes (Marc 5.37; Luc 9.28 ; Matthieu 26.3) ; il se trouve ainsi rapproché de Philippe, précisément, qui dans les quatre listes est en tête du deuxième groupe de quatre.

André nous apparaît donc comme un tempérament actif : un courageux, un serviable, un bon cœur préoccupé d’autrui, mais homme de second plan qui s’efface modestement, et qui s’entend avec l’esprit pratique de Philippe pour faire sans bruit besogne utile.

Il disparaît du Nouveau Testament et de l’histoire de l’Église. Une tradition (Eusèbe) en fait l’évangéliste des Scythes (et par là, plus tard, le patron de l’Église russe) ; une autre, celui de la Macédoine, la Thrace et la Grèce, où il aurait été crucifié à Patras, n’expirant qu’au bout de deux jours après avoir continuellement exhorté les spectateurs à la repentance et la fidélité. La forme en X de la « croix de saint André » est une tradition beaucoup plus récente. De même la légende (du VIIIe siècle) qui en fait le patron de l’Ecosse.

Jean Laroche

Dictionnaire encyclopédique de la Bible — Alexandre Westphal, source levangile.com

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