Commentaires de saint AugustinNombres 3
Augustin d’Hippone
Lire Nombres 3 dans la BibleNombres 3:10
V. (Ib 3, 10.) Sur la loi qui punit de mort quiconque n’étant point lévite s’ingérera dans les fonctions sacrées. — « L’étranger, qui y touchera sera puni de mort. » Il faut rechercher quel est le sens de ces paroles du Lévitique : « Celui qui touchera le tabernacle, sera sanctifié (Lev 6, 18.) ; » puisque nous lisons ici : « L’étranger qui y touchera, sera puni de mort » ce qui doit s’entendre de tous ceux qui ne sont pas de la tribu de Lévi. Toucher, dans ce dernier passage, ne signifierait-il point : exercer les fonctions sacrées dans le tabernacle, honneur qui était exclusivement réservé aux Lévites par Dieu lui-même ? C’est de cela effectivement que traitait le texte.
Nombres 3:12
VI. (Ib 3, 12-31.) Sur le rachat des premiers-nés. – Comment Dieu prend-il les Lévites à la place des premiers-nés des enfants d’Israël ? Le nombre des premiers-nés du peuple s’étant trouvé plus considérable que celui des Lévites, comment Dieu ordonne-t-il qu’ils soient rachetés au prix de cinq sicles chacun ? La même chose n’eut pas lieu pour les troupeaux, quoique Dieu ait pareillement exigé pour lui-même les troupeaux des Lévites en échange des premiers-nés des troupeaux d’Israël. Comment ensuite leurs premiers-nés ou ceux de leurs troupeaux appartenaient-ils à Dieu, puisqu’il fut prescrit d’échanger contre des brebis les premiers-nés impurs, même des hommes ? Comment les fils des Lévites n’étaient-ils pas aussi, dans la suite, censés tenir lieu de ces premiers nés ; car cette tribu pouvait en se perpétuant, tenir lieu des premiers-nés à venir : si ce n’est parce qu’il était juste que Dieu considérât comme siens propres, les enfants nés de ceux qui lui appartenaient, et qui lui avaient été donnés en place des premiers-nés sortis d’Égypte ? Ceux qui appartenaient déjà à Dieu, pouvaient-ils, sans injustice, servir en échange pour d’autres premiers-nés ? Dieu reçut en effet, à la place des premiers-nés, une portion tirée du peuple et des troupeaux, et cette portion, c’était les Lévites et leurs troupeaux qui la formaient. Ce qui en naissait, Dieu en était le maître ; le peuple ne pouvait plus le donner, puisqu’il ne lui appartenait plus ; dès lors les premiers-nés appartenaient à Dieu et devaient lui être présentés ; et les enfants des Lévites ou les petits de leurs troupeaux ne pouvaient en tenir lieu.
Commentaires de saint Augustin — Augustin d’Hippone. Domaine public
Nombres 3:5