Commentaires de saint AugustinMarc 4

Augustin d’Hippone

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Marc 4:21

CHAPITRE IV. DE LA PRESCIENCE DIVINE EN JÉSUS-CHRIST.

5. Nous lisons dans saint Marc : « Jésus étant repassé dans la barque à l’autre bord, comme il était auprès de la mer, une grande multitude de peuple s’assembla autour de lui », etc, jusqu’à ces mots : « Et les apôtres se réunirent à Jésus, et lui racontèrent ce qu’ils avaient fait et enseigné (Mrc 5, 21, 6, 30). » Ce dernier trait est aussi reproduit par saint Luc sans aucune discordance (Luc 9, 10) ; ce qui précède a été expliqué précédemment. Saint Marc continue : « Et Jésus leur dit : Venez dans un lieu écarté et reposez-vous un peu », etc, jusqu’à ces mots : « Or, plus il le leur défendait, plus ils le proclamaient hautement, et leur admiration redoublant, ils disaient : Il a bien fait toutes choses, il a fait entendre les sourds et parler les muets (Mrc 6, 31 ; 7, 37). » Saint Luc et saint Marc sont encore en ce point parfaitement d’accord, et tout ce qui précède a déjà été expliqué et confronté avec l’Évangile de saint Matthieu. Mais gardons-nous de voir dans les dernières paroles de saint Marc, la négation d’une vérité qui résulte de toutes les actions et des paroles du Sauveur, vérité proclamée par l’Évangile, à savoir que Jésus-Christ lisait, au fond des cœurs, les pensées et les volontés des hommes. En voici un témoignage explicite rendu par saint Jean : « Et Jésus ne se confiait pas à eux, parce qu’il les connaissait tous, et parce qu’il n’avait pas besoin qu’on lui rendît témoignage sur qui que ce fût, car il savait ce qui est dans l’homme (Jn 2, 24-25). » Et comment s’étonner qu’il eût connu les dispositions présentes des hommes, quand nous l’entendons prédire à saint Pierre une volonté qu’il n’avait assurément pas au moment même, celle de le renier, alors que Pierre attestait qu’il était prêt à mourir pour lui ou avec lui (Mat 26, 33-35) ? Or, n’est-ce pas nier cette connaissance et cette prescience, que de dire avec saint Marc : « Il leur défendit de le révéler ; mais plus il le leur défendait, plus ils le proclamaient hautement ? » Puisqu’il savait ; lui qui connaît toutes les pensées présentes et futures des hommes, que plus il leur défendrait d’en parler, plus ils en parleraient, pourquoi donc le leur défendait-il ? Il voulait sans doute montrer aux tièdes, à qui il prescrit de prêcher son nom, avec quel zèle et quelle ferveur ils doivent le prêcher, puisque ceux à qui il le défendait, ne pouvaient garder le silence.

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