Commentaires de saint AugustinGenèse 34
Augustin d’Hippone
Lire Genèse 34 dans la BibleGenèse 34:25
CVIII. (Ib 33, 5 ; 34, 25.) Comment les enfants de Jacob ont pu faire tant de mal aux Sichimites ? – Jacob s’entretenant un peu auparavant avec son frère Ésaü appelle ses fils des enfants, ce que le grec exprime par ce mot παιδία ; on peut demander comment ils ont pu faire un massacre et un ravage si considérable dans la ville, en mettant à mort, même au milieu de leurs souffrances, ceux qui s’étaient circoncis à cause de leur sœur Dina. Mais il faut observer que Jacob demeura longtemps dans ce pays et que pendant ce temps sa fille et ses fils grandirent. Il est écrit en effet : « Et Jacob vint à Salem ville des Sichimites qui est dans le pays de Chanaan, en quittant, la Mésopotamie de Syrie et il s’établit à côté de la ville et il acheta à Émmor père de Sichem, pour cent agneaux, la partie du champ où il établit sa tente, et il dressa là un autel et il invoqua le Dieu d’Israël. Or Dina, fille de Lia et de Jacob, sortit pour faire connaissance avec les filles de ce pays » etc (Gen 33, 18-20 ; 34, 1). Voici donc ce qui ressort de ces paroles : c’est que Jacob ne demeura point dans ce pays transitoirement, à la manière d’un voyageur, mais qu’il y acheta un champ, y établit une tente, y dressa un autel et par conséquent y demeura un temps considérable. Quant à sa fille, arrivée a cet âge où elle pouvait déjà se faire des amies, elle voulut faire connaissance avec les filles des habitants de la cité et alors arriva à son occasion cette scène de sang et de pillage qui, je le pense, n’a plus besoin d’explication. Car Jacob devenu extrêmement riche ne comptait pas autour de lui une suite peu nombreuse ; et si ses fils sont désignés nommément dans cette circonstance, c’est parce qu’ils étaient les chefs et les auteurs de cette entreprise.
Genèse 34:30
CIX. (Ib 34, 30.) Nombre des personnes de la suite de Jacob. — Jacob, redoutant la guerre avec les voisins de la ville de Salem, attaquée par ses fils, dit : « Nous ne sommes qu’en petit nombre, et ils se réuniront pour m’accabler. » S’il parle ainsi du petit nombre des siens ; c’est parce que la guerre pouvait lui venir de plusieurs points à la fois, et non parce qu’il n’avait pas assez de monde pour se rendre maître de la ville. N’avait-il point dans le voyage partagé les siens en deux troupes ?
Commentaires de saint Augustin — Augustin d’Hippone. Domaine public
Genèse 34:2